De Nam Dinh à Phat Diem, voyage en terre d’églises (partie 5 et fin)

Avant de partir de Hai Hau, nous nous rendons à l’église Giao Ho Dat Vuot qui est en pleine reconstruction. L’église d’origine date de 1924. La reconstruction est typique de ce qui se fait au Vietnam. Elle est financée entièrement par les paroissiens et les vietnamiens du village partis vivre à l’étranger. Un grand tableau recense le montant individuel des dons, souvent en argent, parfois en nature comme l’achat des immenses colonnes en bois de fer. N’est pas recensé l’important travail manuel fourni par les artisans de la paroisse. Le bois provient depuis plusieurs années d’Afrique du sud. Une colonne vaut plus de 10.000 dollars. Inutile de dire que les paroissiens se sacrifient financement pour leur église dont ils sont, bien sur, très fiers.


L’église d’origine


L’église en cours de travaux


Le tableau d’honneur des dons…

A une dizaine de kilomètres de Hai Hau, au nord ouest, se trouve aussi le ravissant pont couvert de Hai Anh. Il fait parti des 3 plus beaux ponts couverts du Vietnam avec ceux de Hué et Hoi An. Ce pont daterait du XVI éme siècle.

Un peu plus loin, l’église de Pham Phao. Son intérieur, tant la charpente en bois que le retable de l’autel, est magnifique. La paroisse a été créée en 1766 et la présente église date de 1905. L’église de Hai Giap (Giap Phu) est aussi intéressante, mais a été refaite.


L’église de Pham Phao et le riz en train de sécher sur le parvis..


L’intérieur de l’église de Pham Phao

Hai Hâu (Yên Dinh) est aussi non loin de la mer, et c’est l’occasion d’y aller..

Les ruines de l’église de Hai Ly (« église effondrée ») attirent du monde le week end. Cette église, construite en 1943, était à l’origine dans les terres au milieu d’un village de pécheurs. Mais la mer a envahi le rivage à partir des années 1990 et a submergé le village qui s’y trouvait. De ces bâtiments, il ne reste aujourd hui que les ruines de l’église du Sacré Cœur.

Les pécheurs continuent leurs activités et c’est une ballade plaisante de les observer.

Les plages, quant à elles, sont des plages du delta et n’offrent guère de sable fin.. le tourisme est local et le site n’est pas mis en valeur.


Groupe de touristes vietnamiens en plein action avec un drone, devant ce qui reste de l’église


Pêcheurs le long de la plage, à quelques métres de la ruine de l’église du Sacre Coeur

Non loin de la, nous tombons sur une maison à toit de paille. C’est la même famille catholique qui vit la depuis la construction de la maison, il y a près d’un siècle. A l’origine, il n’y avait qu’une couche de paille et c’était une maison ordinaire. Au fil du temps, d’autres couches ont été ajoutées, ce qui donne aujourd hui une épaisseur significative. De gros bambous servent de charpente. Dans la région, nous en avons croisé plusieurs, toujours avec un toit très caractéristique.


La maison en toit de chaume et ses occupants

C’est dimanche et nous voyons plusieurs offices. Comme on le voit sur cette photo, les pratiquants sont nombreux et les églises trop petites. On comprend que les gens aient envie de reconstruire ces églises devenues trop petites…


La messe du dimanche après midi

Nous partons vers l’Ouest. Il est temps de rejoindre Phat Diem, qui est à 25km à l’Ouest.

L’histoire de la cathédrale de Phat Diem est intrinsèquement lie à celle du Père Six, un curé vietnamien à la vie extraordinaire, mort en 1899. Il faut lire mes autres articles sur le sujet ou la réédition du livre « Le Père Six : Curé de Phat-Diem, Vice-roi en Annam », vendu en France.


Vue du clocher


L’autel de l’église principale de Phat Diem

L’église de Phat Diem est devenue un lieu de visite pour les catholiques du nord Vietnam. Il y a des messes presque en continue de 5h du matin à 17h30. Des séminaristes font office de guides et parlent plusieurs langues. La visite guidée vous permet d’accéder au clocher et d’avoir une vue panoramique sur le site. C’est aussi ici qu’a été tournée une scène du film « Indochine ». Le site de Phat Diem vaut à lui seul la visite. C’est le génie artistique religieux du Vietnam catholique qui s’exprime ici.

Devant l’église, on y trouve plusieurs cafés. C’est sans doute le seul endroit de la province ou vous pourrez en boire. Au delà, les abords de l’église et du village sont pauvres et décevants. Si les autorités s’en donnaient la peine, cela pourrait devenir un haut lieu du tourisme au Vietnam.

Dans le village, on trouve aussi d’autres églises construites récemment, mais en conservant le meme style.


Eglise ayant le meme style que Phat Diem, à quelques kilométres.

En repartant vers Nam Dinh, nous passons devant un bâtiment ancien qui sert pour le catéchisme. Je l’avais pris en photo en 2015 et posté sur ce blog.. Dans un Vietnam ou tout change vite, je suis heureux de constater que le bâtiment existe toujours ! C’est à l’église de Tan Ly.


L’ancien bâtiment du catéchisme

Ainsi s’achève ce reportage sur les églises de la province de Nam Dinh. La beauté architecturale de ces églises, la force de la foi des catholiques qui y vivent, l’histoire du catholicisme au Vietnam mériteraient qu’on y consacre un beau livre ou une thèse. J’espère que ce souhait verra le jour avant que tout cet héritage historique disparaisse au profit de la modernité.

Rendez vous en août 2020 pour un nouveau reportage à l’occasion de l’Assomption!

De Nam Dinh à Phat Diem, voyage en terre d’églises (partie 4)

Hai Hâu (Yên Dinh) est à 36 km au sud est de Nam Dinh. D’un point vue historique et religieux, cette petite ville fut le site du premier synode (réunion des religieux du Tonkin) organisé en 1670 par Mgr Lambert de la Motte, fondateur des Missions Etrangères de Paris et, localement, de la Congrégation des Amantes de la Croix. Cette dernière est encore très dynamique au Vietnam.


L’église de Quan Phuong

Arriver dans une petite ville catholique le dimanche sous le soleil est une chance pour la découvrir. De belles églises, un marché aux fleurs animé, un quartier ancien agréable et des rencontres sympathiques nous ont comblés.

La partie la plus intéressante se situe autour de l’église Quan Phuong. On suit ensuite la rue Dong Bien qui suit un petit canal jusqu’au marché du meme nom. On se perd ensuite dans les ruelles pour rejoindre l’église Dong Cuong.

En ce dimanche matin, c’est catéchisme ! Il est 6h30 et les enfants convergent vers la paroisse. D’autres adolescents sont la pour les accueillir, en chantant. Un monument rappelle, à coté de l’église, les nombreux martyrs de cette localité. Il y a encore les bâtiments d’un ancien petit séminaire.


Arrivée des enfants pour le catéchisme, sous l’œil observateur du curé de la paroisse

Ce dimanche, c’est aussi le jour du marché aux fleurs. Il se tient le 5-9-15-19-25-29 de chaque mois (calendrier lunaire).

Dans cette rue, plusieurs maisons anciennes construites pendant la période coloniale. D’après les explications recues, c’est le missionnaire français qui les a fait construire dans les années 20 et 30 pour ses paroissiens, à charge pour eux de rembourser progressivement. Sauf que la guerre est arrivée, et le prêtre a du partir. Beaucoup de catholiques d’ici sont partis au Sud après les accords de Genève en 1954.

Un couple nous invitent à visiter leur maison. Ils avaient vendu leur maison dans les années difficiles en 1982 à la ville pour finalement la racheter récemment. Ils sont admiratifs de leur maison, si bien construite du temps des français, notamment pour l’isolation. Il était tailleur avant de devenir peintre sur verre. Son père est organiste et nous a accueilli aussi dans sa maison, un peu plus loin dans la rue. Tous les habitants du quartier parlaient français autrefois et restent admiratifs de notre culture.


Un joli couple, de surcroît collectionneurs d’horloges et de céramiques


Leur maison datée de 1929.

Je tombe en admiration devant une maison dont la facade ressemble à un décor en sucre. Elle est datée de 1937. L’artisan qui y travaille la journée fait des miroirs. Son père, qui vivait donc dans cette maison, était horloger. La maison n’a pas changée depuis sa construction.


La maison de l’horloger puis du faiseur de miroir.

C’est vrai que les gens du quartier aiment encore beaucoup les horloges. Souvenirs des français ? Comme hier, certains artisans sont encore horlogers, d’autres tailleurs…


Réparateur de montres russes, allemandes, japonaises, françaises et suisse !


Enseigne peinte d’un tailleur. C’est la transcription vietnamienne des mots « complet, veston, chemise »

On arrive au marché qui est different de ceux de Hué. C’est l’occasion de faire quelques photos.


Une vendeuse de sel !


Dans et autour de cette ancienne banque, des vietnamiens passionnés ont eu la bonne idée de faire un hotel (Eco Host). Pour y loger ou pour y boire un café, la visite est vivement conseillée!

Notre coup de cœur porte sur l’église de Dong Cuong, située un peu plus loin dans le quartier. Un beau bâtiment traditionnel « protége » l’entrée de l’église. Elle servait de lieu pour les réunions des notables. A 19h, nous assistons à une procession en l’honneur de la Vierge à laquelle une centaine de personnes participent.


Eglise de Dong Cuong


Batiment « protégeant » l’église de Dong Cuong


Eglise de Dong Cuong, début de la procession

De Nam Dinh à Phat Diem, voyage en terre d’églises (partie 3)

Il est temps de mettre le cap au sud, après la visite de Nam Dinh.

Le delta du fleuve rouge est le berceau du catholicisme au Vietnam. Des jésuites puis des missionnaires, qu’ils soient portugais, français ou espagnols sont arrivés ici dès le 16eme siècle pour évangéliser la population. Alexandre de Rhodes, jésuite français, est aujourd’hui le plus connu d’entre eux au Vietnam : c’est lui qui a publié la première transcription de la langue vietnamienne en caractères romain en 1651. C’est la langue utilisée de nos jours. C’est aussi une terre de martyrs liés aux persécutions qui ont eu lieu jusqu’en 1886. Beaucoup des 117 canonisations faites par Jean Paul 2 en 1988 viennent de cette région.


La facade de l’église Hung Nhuong

Sur notre route, les églises ne tardent pas à apparaître ! A une bonne dizaine de km de la ville, par de petites routes, on rejoint une église perdue dans la campagne. C’est l’église Hung Nhuong à Vinh Thuong. Elle date de 1910, avec 30 m de long, 17 m de large et 14 m de haut. Les deux clochers sont séparés de l’église, comme c’est souvent le cas ici. L’intérieur est en bois, avec des colonnes magnifiques. Cette église est tout à fait représentative du style des églises d’autrefois dans cette région.


Facade latérale de l’église Hung Nhuong


Intérieur de l’église Hung Nhuong

Un peu plus loin, vers le fleuve rouge, on découvre la petite église de Xoi Thuong. Elle a été construite en 1909. Les clochers ont été terminés 10 ans après la construction de l’église. Ils portent chacun une cloche très lourde.
Le sacristain qui nous accueille est un jeune garçon d’une vingtaine d’années. Ses remarques sont assez proches de celles des gens de sa génération. Il n’aime pas l’ancien, il a peur que les églises s’effondrent du fait de leur âge. Il aimerait bien voir cette église démolie et reconstruite en plus moderne.. Les vieilles pierres ont du souci à se faire au Vietnam… Pour l’instant, le curé cherche 120.000 euros pour la réparer.


L’église de Xoi Thuong


Détail sur la facade latérale de l’église Xoi Thuong

Il est temps pour nous de traverser un bras du fleuve rouge en bac.


Sur le fleuve rouge..

Nous arrivons ensuite à la pagode Keo Hanh Thien, qui est la 2eme plus ancienne pagode du Vietnam ; fondée en 1063. Le site est magnifique, et le calme est propice au recueillement. Les reflets dans l’eau du bassin sont magiques. L’architecture est caractéristique du nord Vietnam : des colonnes très massives, des toits retroussés. C’est très différent du style de Hué.


L’entrée de la pagode Keo Hanh Thien

Il se tient ici un festival tous les ans, le 10 Septembre (calendrier lunaire). Une foule considérable converge vers ce lieu pour des processions très colorées.


Dans l’enceinte de la pagode Keo Hanh Thien

L’église de Ngọc Tiên est notre prochaine étape. Cette église fut construite en 1894: 40 m de long, 17 m de large, 15 m de haut. Jusqu’à présent, l’église a été préservée d’une reconstruction moderne….


L’église de Ngoc Tien


Détail de la facade latérale de l’église de Ngoc Tien

Tout au tour de cette église, dans un rayon de quelques kilomètres, il y a plus d’une quinzaine d’églises. Car nous sommes dans le cœur historique du catholicisme au vietnam, symbolisé par la cathédrale de Bui Chu ( Notre-Dame-Reine-du-Rosaire).. Toute cette region était autrefois sous la responsabilité des dominicains espagnols. Une ancienne église, celle de Trung Lao, a été détruite par le feu en 2017.


La cathédrale de Bui Chu

Bui Chu est officiellement devenue une paroisse en 1670. L’église a été inaugurée en 1885, avec une longueur de 78m, 27m de large et 15m de haut. Elle est devenue cathédrale en 1960. Le diocèse de Bui Chu dépend à présent de celui de Hanoi.


Intérieur de la cathédrale


Carrelage à l’intérieur de la cathédrale


Détail de la facade latérale de la cathédrale

Cette église est très connue car intrinsèquement liée à l’histoire de l’église vietnamienne. Tout autour, on y trouve des congrégations religieuses et un séminaire.

On parle beaucoup de cette église depuis quelques mois. En effet, elle devait être démolie en mai 2019 pour cause de vétusté et de risques pour les paroissiens. Devant le tollé provoqué par cette annonce, la destruction a été suspendue. Il n’y a plus d’office dans les lieux, mais elle reste ouverte à la visite. Non loin de la, pourtant, on s’affère à préparer les pièces de charpente de la future église.. Sa destruction n’est donc qu’une question de temps…

De notre coté, on continue notre avancée vers le sud. En longeant le fleuve, on voit de nombreux chantiers de déconstruction de navires. Un petit air de Chittagong au Vietnam !


Chantier de deconstruction de navires le long du fleuve rouge

On arrive ensuite à Hai Hau (Yen Dinh)

De Nam Dinh à Phat Diem, voyage en terre d’églises (partie 2)

Le delta du fleuve rouge est accessible depuis les villes de Nam Dinh ou de Ninh Binh, toutes les deux desservies par le train. Nam Dinh est à 88 km de Hanoi, un peu plus de 1h30 en train.

Ninh Binh est très touristique pour ceux qui se rendent vers la baie d’Halong terrestre. Il est facile d’y louer des motos. Nam Dinh est plus à l’écart des routes touristiques, ce qui fait à la fois son charme et sa difficulté. Les locations de motos n’existent pas, les hôtels sont rares, la nourriture très ordinaire.


Quelques maisons anciennes dans le centre historique de Nam Dinh. Toute la ville est quand meme plus moderne que cette photo!

Nam Dinh fut une ville développée par les français grâce à la Cotonnière du Tonkin, une immense filature créé avant 1900. La ville est encore aujourd’hui le siège d’une multitude d’entreprises textiles. L’entreprise qui a succédé à la Cotonnière a, quand à elle, déménagé il y a quelques années, libérant ainsi des dizaines d’hectares en centre ville. Ceux ci sont en reconversion, essentiellement immobilière.


Les cyclos servent à transporter les marchandises d’un bout à l’autre de la ville.

La ville reste très traditionnelle. On se croirait dans le Vietnam d’avant 1975, mélange de dureté de la vie, de traditions et de respect des valeurs communistes. Les hommes portent encore souvent le casque « Bo Doi », la nourriture est peu variée et typique du Nord Vietnam. Ici, on boit du thé, pas de café. La médecine est plutôt traditionnelle. Le rythme de vie est lent, tout s’arrête à l’heure de la sieste. Il y a beaucoup de retraités. Les tableaux noirs existent encore à l’entrée des ruelles, ces tableaux ou l’on rappelle avec une écriture stylée les devoirs des résidents. De temps en temps, on tombe sur les restes de vieilles maisons de l’époque coloniale, notamment dans la rue Dien Bien.

De la cotonnière du Tonkin, il reste la maison du fondateur, Antonyme Dupré. C’est toujours un musée (voir mon article paru en 2012), ouvert à la demande. Le jardin s’est enrichi d’un café ou vient se délasser la jeunesse dorée de la ville.

De la période coloniale, on peut aussi voir en ville l’ancien séminaire (aujourd’hui l’école primaire Nguyen Van Cu) et l’ancienne école religieuse Saint Thomas d’Aquin (construit en 1924, actuel lycée Nguyen Khuyen).


Détail de la facade de l’ancien séminaire. On notera la présence de sculptures en hauteur, qui représentent toutes des têtes sympathiques

C’est à Nam Dinh que la fameuse soupe Pho aurait été créé, semble t-il conjointement avec les français (le nom viendrait du « pot au feu »). Que reste t-il de cette spécialité ici ? pas grand-chose si on en croit les soupes absorbées localement qui nous ont toutes donné la migraine..

Les transports de marchandises se font encore souvent en cyclo. Mais à notre grand étonnement, nous avons eu la surprise de voir que la plupart d’entre eux sont..électriques ! Comme quoi, le progrès est parfois bien caché et l’on aurait tord de porter des jugements trop hâtifs !.


Commerce du bois et notamment le bois de fer qui vient à présent d’Afrique du sud… On s’en sert notamment pour reconstruire les églises de la région. On notera que le cyclo est à assistance électrique

De Nam Dinh à Phat Diem, voyage en terre d’églises

La région du delta du fleuve rouge, au sud de Hanoi, dégage beaucoup de charme et d’intérêts pour les touristes occidentaux. J’y étais allé en 2012 pour visiter, comme le font les quelques touristes, la superbe église de pierre de Phat Diem. Mais cette année, nous avons décidé d’y rester un peu plus longtemps et d’explorer tous les recoins de cette province. Et nous sommes vraiment tombés sous le charme!


Sortie de messe en semaine dans une veille église de la province

Plusieurs raisons à cela. D’abord la province recèle une multitude d’églises magnifiques dont certaines sont très anciennes. Pour les amateurs de vieilles pierres, c’est un régal ! Les catholiques sont nombreux et très actifs. Il n’est pas rare d’assister à des processions très colorées, notamment en l’honneur de la Sainte Vierge.

C’est aussi une région très agréable à découvrir en moto ou à vélo (mais avec un gps !). Le delta est sillonné d’une multitude de canaux et les parcourir est très amusant. Ici, peu de circulation. Les « actifs » sont partis travailler à Hanoi et seuls restent les retraités et les familles paisibles. Les maisons sont traditionnelles et les canaux sont souvent bordés de fleurs. Le paysage est très bucolique. Les bras du fleuve rouge sont larges et les bacs sont encore aujourd’hui le seul moyen pour les traverser.

La région compte aussi de nombreux édifices remarquables, comme un joli pont couvert, des pagodes, des maisons communales. La petite ville de Hai Hau (Yen Dinh) compte aussi de nombreuses maisons construites du temps de la colonisation. Un témoignage du passé que les français apprécieront…

Visiter cette région est donc un enchantement et nous nous sommes promis d’y retourner pour le 15 aout afin d’assister aux processions de l’assomption.

Partons donc en visite de cette paisible terre d’églises !

Funérailles au Vietnam

Les funérailles au Vietnam sont toujours impressionnantes. J’ai déjà écrit 2 articles sur le sujet sur ce blog, avec tout le détail du cérémonial. Mais je ne résiste pas a l’envie de réitérer, car je suis vraiment admiratif de cette cérémonie. On dit souvent ici « avoir une maison construite par les Français, une femme japonaise, manger chinois et avoir des funérailles vietnamiens ».

Voici donc quelques photos de la conduite au tombeau du grand père d’une des amies de ma femme. Il avait 93 ans. Sa femme en a 92 ans. Une partie de la famille vit aux USA. Ils sont tous revenus pour veiller le corps pendant 5 jours (et nuits..) avant la cérémonie de ce matin, qui a eu lieu dans la banlieue de Hué à 7h30.


Nombreuses bannières offertes par les proches


Egalement en tête de la procession, des fleurs, toujours nombreuses


La procession est accompagnée de musique traditionnelle


Devant le tombeau, le fils ainé qui marche avec un bâton, suivant le rite bouddhiste (normalement il devrait marcher à reculons)


Plus de 50 porteurs pour le cercueil… Il s’agit de le porter toujours parfaitement droit


La procession dans la campagne..


Suivant le niveau de la génération, les enfants portent des tenues de couleurs différentes


Prête bouddhiste officiant devant la tablette du défunt, symbolisant son âme


Arrivée du cercueil sur le lieu de sépulture. Pour éloigner les esprits malfaisants, on jette de faux billets de banque.. et parfois des vrais, pour le plus grand plaisir des enfants


Moins de 30 minutes après, le cercueil est recouvert de sable, permettant à chacun un dernier recueillement

Vidéo de la cérémonie (3 minutes) :