Il s’agissait hier soir d’une cérémonie agraire en l’honneur du Dieu du sol et des moissons, Xa Tac. On le célèbre au moment où le riz nouvellement semé montre ses premières pousses vertes.
Elle est moins connue que le culte du Nam Giao qui rend hommage au ciel et à la Terre.
Au Xa Tac, c’était autrefois un délégué impérial, en grand costume de cour, qui officiait ; il demandait, au nom de Sa Majesté, que les génies accordent au peuple d’Annam une abondante moisson.
La cérémonie, bien que retransmise sur la télévision locale, n’est pas une attraction folklorique « de plus ». Il n’y a d’ailleurs aucun touriste pour y assister. Les gens de Hué sont très superstitieux et invoquent le Dieu du sol pour obtenir clémences et protections contre les cataclysmes naturelles. Pour certains, les nombreux morts liés aux terribles inondations de 1999 sont expliqués par l’arrêt des cultes à cette époque. Récemment encore, tous les hauts fonctionnaires de la région participaient officiellement à cette cérémonie.
L’officiant est lui même très expérimenté. Il doit suivre un régime végétarien pendant un mois pour purifier son corps et avoir une conduite exemplaire.
Le sacrifice consiste en trois libations et dans la lecture d’invocations. Les offrandes comprennent des buffles, des boucs, des porcs, le jade, la soie et les mets les plus variés.
Après la cérémonie officielle, de nombreuses personnes viennent elles aussi sur place pour s’associer au culte.
Après la cérémonie, le temps du repos pour les participants…
Photo de groupe des invités étrangers de cette cérémonie, de gauche à droite: moi même et mon ami Franco, professeur de français au centre culturel Français, deux spécialistes allemands qui restaurent les principaux monuments de Hué, un couple d’anglais invité par la ville pendant une semaine car ils furent les deux millionièmes visiteurs de la citadelle…







