Catégorie «Religion»

Anniversaire des 170 ans du diocèse de Hué

Le 1er janvier 2020 a eu lieu une procession impressionnante entre l’évêché et la cathédrale de Hué pour célébrer la fondation en 1850 du diocèse de Hué. Plusieurs centaines de paroissiens, de religieuses, de moines, de séminaristes et de prêtes se sont joints à cet événement.


la bannière des 170 ans


Les tambours de Bui Chu et la cathédrale dans le fond


Les paroissiens


Les religieuses des Sœurs des Amantes de la Croix, très présentes à Hué


L’archidiocèse de Hué est sous la protection de Notre Dame de Lavang

A noter aussi qu’il y avait plus de 200 séminaristes, des religieuses des Sœurs de Saint Paul de Chartes, des moines bénédictins de monastère de Thien An (fondé en 1940), pour ne citer que les communautés les plus connues.

Cette procession a été organisée par l’archevêque de Hué, Mgr Nguyen Chi Linh. Mgr Marek Zalewski, nonce apostolique non résident au Vietnam, était également présent.

Ci joint la video de quelques minutes de la procession:

De Nam Dinh à Phat Diem, voyage en terre d’églises (partie 5 et fin)

Avant de partir de Hai Hau, nous nous rendons à l’église Giao Ho Dat Vuot qui est en pleine reconstruction. L’église d’origine date de 1924. La reconstruction est typique de ce qui se fait au Vietnam. Elle est financée entièrement par les paroissiens et les vietnamiens du village partis vivre à l’étranger. Un grand tableau recense le montant individuel des dons, souvent en argent, parfois en nature comme l’achat des immenses colonnes en bois de fer. N’est pas recensé l’important travail manuel fourni par les artisans de la paroisse. Le bois provient depuis plusieurs années d’Afrique du sud. Une colonne vaut plus de 10.000 dollars. Inutile de dire que les paroissiens se sacrifient financement pour leur église dont ils sont, bien sur, très fiers.


L’église d’origine


L’église en cours de travaux


Le tableau d’honneur des dons…

A une dizaine de kilomètres de Hai Hau, au nord ouest, se trouve aussi le ravissant pont couvert de Hai Anh. Il fait parti des 3 plus beaux ponts couverts du Vietnam avec ceux de Hué et Hoi An. Ce pont daterait du XVI éme siècle.

Un peu plus loin, l’église de Pham Phao. Son intérieur, tant la charpente en bois que le retable de l’autel, est magnifique. La paroisse a été créée en 1766 et la présente église date de 1905. L’église de Hai Giap (Giap Phu) est aussi intéressante, mais a été refaite.


L’église de Pham Phao et le riz en train de sécher sur le parvis..


L’intérieur de l’église de Pham Phao

Hai Hâu (Yên Dinh) est aussi non loin de la mer, et c’est l’occasion d’y aller..

Les ruines de l’église de Hai Ly (« église effondrée ») attirent du monde le week end. Cette église, construite en 1943, était à l’origine dans les terres au milieu d’un village de pécheurs. Mais la mer a envahi le rivage à partir des années 1990 et a submergé le village qui s’y trouvait. De ces bâtiments, il ne reste aujourd hui que les ruines de l’église du Sacré Cœur.

Les pécheurs continuent leurs activités et c’est une ballade plaisante de les observer.

Les plages, quant à elles, sont des plages du delta et n’offrent guère de sable fin.. le tourisme est local et le site n’est pas mis en valeur.


Groupe de touristes vietnamiens en plein action avec un drone, devant ce qui reste de l’église


Pêcheurs le long de la plage, à quelques métres de la ruine de l’église du Sacre Coeur

Non loin de la, nous tombons sur une maison à toit de paille. C’est la même famille catholique qui vit la depuis la construction de la maison, il y a près d’un siècle. A l’origine, il n’y avait qu’une couche de paille et c’était une maison ordinaire. Au fil du temps, d’autres couches ont été ajoutées, ce qui donne aujourd hui une épaisseur significative. De gros bambous servent de charpente. Dans la région, nous en avons croisé plusieurs, toujours avec un toit très caractéristique.


La maison en toit de chaume et ses occupants

C’est dimanche et nous voyons plusieurs offices. Comme on le voit sur cette photo, les pratiquants sont nombreux et les églises trop petites. On comprend que les gens aient envie de reconstruire ces églises devenues trop petites…


La messe du dimanche après midi

Nous partons vers l’Ouest. Il est temps de rejoindre Phat Diem, qui est à 25km à l’Ouest.

L’histoire de la cathédrale de Phat Diem est intrinsèquement lie à celle du Père Six, un curé vietnamien à la vie extraordinaire, mort en 1899. Il faut lire mes autres articles sur le sujet ou la réédition du livre « Le Père Six : Curé de Phat-Diem, Vice-roi en Annam », vendu en France.


Vue du clocher


L’autel de l’église principale de Phat Diem

L’église de Phat Diem est devenue un lieu de visite pour les catholiques du nord Vietnam. Il y a des messes presque en continue de 5h du matin à 17h30. Des séminaristes font office de guides et parlent plusieurs langues. La visite guidée vous permet d’accéder au clocher et d’avoir une vue panoramique sur le site. C’est aussi ici qu’a été tournée une scène du film « Indochine ». Le site de Phat Diem vaut à lui seul la visite. C’est le génie artistique religieux du Vietnam catholique qui s’exprime ici.

Devant l’église, on y trouve plusieurs cafés. C’est sans doute le seul endroit de la province ou vous pourrez en boire. Au delà, les abords de l’église et du village sont pauvres et décevants. Si les autorités s’en donnaient la peine, cela pourrait devenir un haut lieu du tourisme au Vietnam.

Dans le village, on trouve aussi d’autres églises construites récemment, mais en conservant le meme style.


Eglise ayant le meme style que Phat Diem, à quelques kilométres.

En repartant vers Nam Dinh, nous passons devant un bâtiment ancien qui sert pour le catéchisme. Je l’avais pris en photo en 2015 et posté sur ce blog.. Dans un Vietnam ou tout change vite, je suis heureux de constater que le bâtiment existe toujours ! C’est à l’église de Tan Ly.


L’ancien bâtiment du catéchisme

Ainsi s’achève ce reportage sur les églises de la province de Nam Dinh. La beauté architecturale de ces églises, la force de la foi des catholiques qui y vivent, l’histoire du catholicisme au Vietnam mériteraient qu’on y consacre un beau livre ou une thèse. J’espère que ce souhait verra le jour avant que tout cet héritage historique disparaisse au profit de la modernité.

Rendez vous en août 2020 pour un nouveau reportage à l’occasion de l’Assomption!

Video sur la cathédrale de Phat Diem :

Culte de la Déesse Mère, édition 2018

Affluence record pour les festivités liées au culte de la Déesse Mère qui se tiennent à Hué, au temple Hon Chen, le 8/9/10 du mois de juillet (calendrier lunaire).

C’est toujours un spectacle très coloré qui étonne nos yeux d’occidentaux. Les « médiums » portent des costumes très sophistiqués et se laissent facilement prendre en photo, pour notre plus grand bonheur. Cela reste pour moi l’événement le plus singulier de l’année. Les participants viennent de tout le Vietnam et des millions y sont dépensés pour s’offrir les services des meilleurs médiums. Sans oublier les offrandes, innombrables.

Pour plus d’explications sur ces cérémonies, se référer à mes articles parus précédemment.


Toutes les catégories de Vietnamiens y assistent, y compris les minorités ethniques.


Tous les « bateaux dragons » de la ville sont réquisitionnés pour l’occasion…


On y croise d’étonnants personnages, qu’on croirait venus d’ailleurs. Il ne faut pas oublier que la déesse vénérée ici est d’origine Cham.. Et des Chams à l’Inde, il n’y a qu’un pas.

60 ans de sacerdoce pour le Père Etcharren

Les Vietnamiens ne font jamais les choses à moitié : pour le jubilé du Père Etcharren, il y avait dans la cathédrale Phu Cam de Hué plus de 12 évêques, 200 prêtres et séminaristes, quelques moines et beaucoup de religieuses.


Avant la messe, des enfants, déguisés en religieux, rejoue la vie du Père Etcharren.

Il faut dire que le Père Etcharren n’est pas un inconnu ici. Apres avoir été ordonné prêtre aux Missions Étrangères de Paris (MEP) à l’age de 25 ans, il arrive comme missionnaire la même année au Sud-Vietnam, 3 ans après le départ des français. Quel accueil les vietnamiens allaient-ils lui faire ? C’était sa grande préoccupation. Finalement, tout se passa bien.. Il apprend le vietnamien puis devient vicaire à Notre Dame de Lavang en 1959. Puis il passe quelques années comme professeur à Hué, d’abord au Collège de la Providence, puis au petit séminaire du diocèse. Il est ensuite nommé curé de Dong-ha et responsable du district du 17ème parallèle. En 1972, il accompagne les réfugiés de son secteur au camp de Hoa-khanh, près de Da-nang, puis, en 1973, s’occupe de la réimplantation de ces réfugiés dans la province de Binh-tuy. En 1975, il doit quitter le Vietnam. De retour en France, il s’occupe de l’accueil des réfugiés vietnamiens. Il occupe ensuite différentes fonctions au sein des MEP jusqu’à en devenir le Supérieur Général de 1998 jusqu’en 2010.

A présent, il prend sa retraite sur les terres de sa mission, à Hué. Il ne sera pas seul, car il existe de nombreuses congrégations religieuses ici, et notamment les Amantes de la Croix qui viennent de fêter leur 350 années de fondation par les MEP.

Procession multicolore pour le nouvel évêque de Hué

L’arrivée d’un nouvel évêque à Hué fut l’occasion d’organiser une grande célébration à la cathédrale Phu Cam. Parasols, tuniques multicolores, c’était un vrai festival de couleurs …
Monseigneur Nguyen Chi Linh est agé de 68 ans. Il était précédemment évêque à Thanh Hoa.


Les enfants de la paroisse de Phu Cam


Tous les prêtres du diocese étaient presents ainsi que de nombreux évêques…

Culte de la Déesse Mère

Il y a quelques mois, je présentais un article sur une cérémonie similaire à Hanoi. Voici quelques photos d’une cérémonie à laquelle j’ai pu assister dans les environs de Hué.


Les 3 médiums en action

Le rite de la Déesse Mère est radicalement différent d’un culte Bouddhiste. Les Bouddhistes sont végétariens, et plutôt discrets. Les adeptes de la Déesse Mère font des offrandes en grand nombre, et notamment de la viande. Les médiums (« len dong ») s’habillent en blanc, sont maquillées « comme des fantômes », donnent l’impression de danser en permanence car elles sont investies de pouvoirs divins.

Lorsqu’il entre en transe, le médium n’est plus lui même… sa voix notamment devient grave et les propos qu’il tient sont ceux de la divinité…

Dans les autres religions, on prie mais on n’a pas de contacts directs avec les divinités. Ici en revanche, le médium entre en transe et la divinité prend possession du corps de celle ci. On peut donc lui poser directement des questions et entendre ses réponses…

On l’invoque pour la santé, la richesse, la réussite commerciale.. mais pour des questions précises qui appellent réponses: localisation d’un membre de la famille, mort pendant la guerre, guérison ou non d’un proche, succès d’un investissement…


ça pourrait être une maison de poupée mais c’est pas pour les enfants..

Les divinités sont très gourmandes en objets votifs… La photo qui suit fait suite à une séquence moins heureuse: la divinité trouve les cadeaux pas assez nombreux et réclament de l’or. L’assistance est préoccupée… on apporte finalement une montagne de lingots d’or en papier.. les visages se détendent, et chacun exprime sa joie lorsque finalement la divinité satisfaite accepte les présents…

Je suis ressorti de la cérémonie avec pleins de papier monnaie dans les poches (des vrais billets !) car les cadeaux sont distribués à l’assemblée.. cela porte chance, ce qui fut le cas pour moi car le soir même je faisais une rencontre fort sympathique… Certains médiums sont très recherchés et les réponses apportées sont, d’après ce qu’on dit, très précises..