Quoi de neuf à Hué en 2020?

2020 fut une année sans touriste, mais cela n’a pas empêché la ville de continuer à se développer, plutôt en bien..

Mais 2021 débute sur une note assez triste et inattendue : la fermeture du café « La Gare » dont j’avais parlé il y a 2 ans. C’est le seul café, logé dans une belle maison coloniale, qui avait pourtant beaucoup de succès. Il a fermé lors du Tet, sans doute victime d’une forte hausse du loyer de la part du propriétaire.
Au Vietnam, pas d’indexation des loyers (d’ailleurs il n’y a aucun indicateur d’inflation) et les négociations se font de gré à gré, au bon vouloir des partis.. Ce qui explique un turnover important des commerces.


L’absence des bateaux dragons sur la rivière des Parfums a laissé place aux baigneurs cette année !

Mais revenons en 2020. Ce fut une période faste de travaux : rénovation du pont couvert Thanh Toan, reconstruction de la porte d’entrée de la prison construite par les français (rue Le Lai), finalisation de la restauration de la porte Ngo Mon de la citadelle. C’est aussi le dégagement des constructions sur l’enceinte extérieure de la citadelle, ce qui permettra, dans un avenir assez proche, de se promener sur les hauteurs de la citadelle. C’est surtout la poursuite de la mise en valeur des berges de la rivière avec la mise en service d’une promenade sur plusieurs kilomètres. A une vitesse astronomique, a été bouclée pour le Tet une piste cyclable à Kim Long vers la pagode Tien Mu. Merci à la Corée de financer une grande partie de ces travaux.


Le dégagement des murailles de la citadelle a permis de découvrir des lieux oubliés…

Le covid et l’absence de touristes ont réduit très fortement le trafic sur la rivière des parfums. Les Huens en ont profité pour se baigner dans la rivière et faire du paddle. C’est une révolution car jusqu’ici les craintes superstitieuses empêchaient ce type de pratique.

L’absence de touristes a contraint de nombreux hôtels et restaurants à fermer. Certains se sont reconvertis en lieux de vente pour les locaux, principalement des cafés.


Une partie de l’ancienne prison a été renovée pour etre transformée en lieu de mémoire

Comme anticipé l’année dernière, l’enseigne Vinmart a fermé de nombreux points de vente, plus de 700 au Vietnam. Il en reste 2300. L’enseigne a été vendue au groupe local Masan, qui n’a aucune expérience dans la distribution, et qui hérite déjà de 100 millions de dollars de perte en 2020… Bonne chance !

La tendance actuelle est à l’ouverture de nombreux coiffeurs pour homme, dans le style des « barbers » américains.. mais aussi des magasins de vêtements d’occasion ou l’on trouve parfois de véritables pépites en provenance des usa. Les Spa fleurissent comme des champignons sans que je sache si c’est vraiment un succès. Quelques pâtisseries et salon de thé ont aussi vu le jour, mais il faudra attendre du temps pour convaincre les vietnamiens de manger des desserts sucrés.. Pour le moment, cela permet à une jeunesse qui s’ennuie (ils sont nombreux..) de faire quelques selfies.

De grosses sociétés de Hanoi et Saigon ont décidé d’investir dans des réseaux de pharmacies. La législation impose qu’un pharmacien supervise les points de vente, mais la législation est suffisamment imprécise pour que ces groupes ouvrent des points de vente sans pharmacien. Rappelons que le prix des médicaments est libre et l’affichage des prix n’est pas obligatoire. Alors il faut aller demander les prix.. Je suis la encore dubitatif sur le succès de ces enseignes, déjà trop nombreuses.

Les travaux continuent en ville et après les canalisation pendant plus de 2 ans, la ville a décidé de refaire les trottoirs… un immense chantier qui permet aux motos d’avoir plus de place pour se garer et non aux piétons de pouvoir circuler plus facilement.. on ne change pas les habitudes aussi facilement.

A noter aussi qu’un port de plaisance est en construction au bout de la rue Nguyen Sinh Cung (quartier Vi da), à la place de l’ancienne brasserie Huda. Il y aura à Hue dans quelques temps des bateaux de croisières, version luxe des bateaux mouches parisiens.. à voir.

La préservation de la ville commence a être reconnue au Vietnam et l’on note de plus en plus de tournages de films « vintages »..

Les dirigeants de la ville veulent faire de Hue la première ville écologique du Vietnam. On prévoit la location de vélos électriques, des parcs a la place des cimetières, la remise au gout du jour des ao dai…bravo !

Les bateaux du centre Vietnam

Nous ne sommes pas allés très loin, simplement de Hoi An jusqu’à l’entrée de la province Quang Ngai, soit à peine 70 km, mais nous avons été emballé de voir autant de bateaux différents, petits ou grands.

A Hoi An même, on croise de magnifiques bateaux ovales en bambou. C’est un travail d’artisan remarquable.

Les petits bateaux ronds en plastique sont de plus en plus visibles après Quy Nhon, mais ici, c’est encore rare.

L’ile de Tam Hai est de toute beauté. On y accède par un bac à chacune des extrémités. Sur l’ile elle-même, des quantités de bateaux de toutes tailles.

La dernière pèche avant le Têt attire de nombreux clients qui se réjouissent de trouver de beaux poissons. Mais on a trouvé les prix bien chers, de l’ordre de 7 euros le kilo !.

En continuant sur la route vers Quang Ngai, à quelques kilomètres de l’aéroport de Chu Lai, le pont Tra Bong permet de « survoler » un grand parking de chalutiers. Ceux-ci sont tous à quai pour le Têt, c’est donc unique dans l’année. Les plus gros partent en général 2 mois pour pécher vers les Philippines.

La spécificité de cette région est la présence de nombreux ateliers de fabrication de bateaux ronds en bambou. Sen fait des bateaux depuis plus de 30 ans. Apres le tressage du bambou, il les enduit de torchis fait à base d’excréments de bœufs ou de buffles. Le séchage prend 20 à 25 jours sous le soleil. Il enduit ensuite les bateaux d’huile. Un bateau de 4,1 m de diamètre coute 10 millions de vnd, soit 400 euros. Les plus petits, 100 euros. Les gros chalutiers en embarquent jusqu’à 40 à leur bord. Sur la zone de pèche, ils servent à pécher les calamars. Les vendeurs de bateaux en plastique essayent de les convaincre d’acheter leurs produits mais sans succès pour le moment : ils sont trop glissants pour les marins pécheurs.

Hoi An, c’est comment sans touriste ?

Nous avons profité de l’ambiance du Têt pour aller faire un tour à Hoi An et découvrir ce qu’était devenue la ville en l’absence de touristes étrangers.

Sans surprise, 90% des boutiques et des hôtels sont fermés. La majeure partie de ces boutiques sont à louer et, plus étonnant, aussi à vendre, signe d’une profonde tragédie. Il faut dire que dans le centre historique, les loyers sont facilement de 5 à 6000 usd pour une boutique, ce qui est considérable pour le vietnam.. Aucun commerçant ne peut supporter ca plus de quelques semaines, aucun propriétaire ne peut s’en passer, sans doute fortement endetté.. A noter quand meme que le célèbre photographe Français Réhahn a conservé sa boutique ouverte, chapeau !

Si il y a bien quelques touristes locaux en cette période de Têt, la vieille ville a été rendue aux locaux. Les motos y circulent librement (avec les klaxons..), les quelques cafés ouverts offrent des prix tres accessibles. Il n’y a plus que de rares restaurants ouverts.

Le plus extraordinaire reste de découvrir la ville libérée de tous ses artifices modernes. Les façades des bâtiments anciens se présentent à nous comme ils étaient autrefois. En poussant quelques portes, on y découvre des vestiges anciens, des décorations murales faites de céramiques ou de panneaux en bois, des puits de lumières habituellement masqués. Nous avons passé des heures à « redécouvrir » la ville. C’est l’occasion de parler aussi à ceux qui vivent la depuis plusieurs générations.

Les temples ou maisons de congrégations chinoises sont en accès libre. Un vieux gardien fut surpris de me voir et m’a demandé mon ticket, faute de réaliser que les tickets ne sont plus en vente depuis des mois.

Mais Hoi An avant le Têt, ce sont les formidables marchés aux fleurs, une tradition éblouissante de couleurs et de variétés.

Nous sommes aussi allés faire un tour vers les plages. Celles qui sont les plus proches de la ville ont disparues lors des derniers typhons. L’érosion maritime est terrible et l’hôtel Victoria a encore dépensé des millions pour sauver ce qui pouvait l’être.

En longeant la cote vers l‘estuaire, on croise aussi des immenses hôtels dont les travaux ont été stoppés. Ce ne sont plus que ruines et désolation.


La magnifique piscine du Victoria Hotel

Vivement que les touristes reviennent !

L’hôpital International de Hué

J’aurais pu intituler cet article « j’ai testé pour vous… » car j’y suis resté 21 jours ! Je parle de l’hôpital situé au 3 de la rue Ngo Quyen et qui fait parti de l’hôpital central de Hué. Car d’ici peu s’ouvrira un autre hôpital international totalement privé situé non loin dans une tour.

21 jours pour une jambe cassée lors d’une prise de photo.. un accident bête et qui vous handicape pendant 4 mois…

Cet hôpital a été ouvert en 2014 et bénéficie des derniers équipements. Par exemple, on m’a posé une plaque en titane de dernière technologie, une plaque qu’on peut garder à vie. Tout l’equipement (scanner, radio etc..) est de technologie occidentale.

Si vous êtes étranger et que vous êtes victime d’un accident dans la région de Hué, vous serez systématiquement conduit dans cet hôpital.

Les services sont équivalents à ceux qu’on connait en Europe mais pas au Vietnam dans les hôpitaux publics : possibilité d’avoir une chambre individuelle avec un lit pour un proche, repas en chambre, médecins attitrés, linge et draps fournis, savoir vivre occidental (fermeture des portes de la chambre par exemple..), paiement réguliers et non à chaque acte, et, cerise sur le gâteau, un personnel médical qui parle souvent français, au minimum l’anglais. Autant de petits détails qui comptent surtout quand on est loin de sa patrie.

Dans mon cas, le chirurgien et l’anesthésiste ont été formés en France et parlent un très bon français.

La qualité des soins est excellente et j’ai été constamment en confiance.

Bien sur, la contrepartie, c’est une facture très élevée. Plus de 9.000 euros pour les 21 jours, dont 5000 pour l’opération. Les pauvres infirmières, elles, ne gagnent qu’entre 150 et 250 euros par mois… N’oubliez donc jamais de toujours voyager à l’étranger avec une assurance médicale qui couvrira vos frais et qui effectuera les règlements à votre place.

Si vous êtes dans cet hôpital et que vous souhaitez de la visite de compatriotes vivants à Hué, n’hésitez pas à m’envoyer un message. Pour des besoins plus spécifiques multi langues, vous pouvez aussi requérir les services de « Hue Local Services for Foreigners ».

Cérémonie de la plantation d’un bambou..

Cela se passe dans la citadelle de Hué et c’est un rituel qui prend une importance toute particulière en cette période de Covid. Il s’agit de planter un joli bambou pour annoncer la nouvelle année et faire en sorte que l’année qui vient soit belle et paisible.

On attache un sceau en haut de l’arbre pour signifier que la cour est en congé pendant cette période de célébration de la nouvelle année.


L’arbre fait 15 mètres de longueur

Apres une séance de culte ou on associe les ancêtres à cette cérémonie, on procède à la mise en terre du bambou

Cérémonie des vœux pour la nouvelle année

Cérémonie toute en couleur dans la citadelle ce 2 février 2021 ! Il s’agit de la reconstitution des vœux de la cour et des mandarins de toutes les provinces du royaume à l’empereur. Cette cérémonie se déroulait historiquement devant la palais Thai Hoa puis au palais Can Chanh. Ce dernier ayant été détruit pendant la guerre, les deux cérémonies ont été reconstituées devant le palais Thai Hoa.

Du temps du premier empereur Gia Long, les mandarins militaires étaient à droite et les mandarins civils à gauche. A cette époque de reconquête du pouvoir, on peut facilement comprendre que les mandarins militaires avaient davantage de valeur. L’empereur Minh Mang rétablit l’ordre normal des choses, en remplaçant les mandarins civils a droite. Ces mandarins formaient l’élite du pays, ayant réussi les très difficiles concours triennaux. Les mandarins militaires n’avaient pas les meme qualités.