Rénovation des arènes de Hué !

Les arènes de Hué forment un monument atypique propice à l’imagination ! Leur récente rénovation et leur ouverture au public sont l’occasion de se pencher sur l’histoire des combats d’éléphants et de tigre à hué.


Vieille carte postale colorisée des arènes de Hué (copyrighted fd fievez)

Précisons d’emblée que les combats sont inégaux : tout est fait pour que les éléphants l’emportent sur les tigres. Pour une raison bien compréhensible : les éléphants sont rares et chers, alors que les tigres pullulent. Sous le roi Ming Mang, Jean Baptiste Chaigneaux parle de 800 éléphants pour le royaume d’Annam. A défaut d’artillerie, la puissance d’un état se mesure au nombre de ses éléphants. D’ailleurs, non loin des arènes, se trouve la pagode Vo Re, « l’éléphant qui barrit », construite en hommage à ces précieux auxiliaires. Les éléphants de guerre honorés ici sont considérés comme des génies protecteurs de la nation.

Les arènes proprement dites ont été construites sous Minh Mang en 1830. Le diamètre est de 44 mètres pour un périmètre de 140 mètres, des dimensions modestes donc. On n’est pas à Rome ! Il ne s’agissait pas de combats populaires non plus. Le roi et la famille royale s’installaient en haut des arènes, face aux cages des tigres, avec un escalier réservé à leur usage. A leur droite, se trouvaient quelques hauts mandarins et les invités civils à partir de la présence française. Les combats se déroulaient de temps en temps, rarement plus d’une fois par an, lors d’occasions spéciales. Le dernier combat eu lieu en 1904 sous l’empereur Thanh Thai.


Carte postale datée de 1904

La première description occidentale des combats entre éléphants et tigres date de Pierre Poivre,present à Hué vers 1750. A l’époque, les combats ont lieu sur l’ile Da Vien. 40 éléphants y sont transportés pour l’occasion. En face, à l’autre extrémité de l’ile, des tigres, préparés pour le combat, c’est-à-dire bien amoindris. Le Roi et sa suite sont sur des galères. Au signal, on libère un tigre (mais qui reste attaché à un piquet..) et un des éléphants vient à sa rencontre. Poivre décrit la scène : « Il replie sa trompe de crainte d’être saisi par cet endroit sensible, et avec ses deux dents soulève le tigre qui est sans défense, et le fait pirouetter assez haut, puis recommence ce jeu jusqu’à ce que le tigre soit entièrement mort. Alors des soldats avec des fagots de paille viennent lui brûler les barbes afin que personne ne puisse s’en servir pour composer des poisons, car les gens du pays prétendent que ces poils sont extrêmement dangereux. » Ce jour là, 18 tigres auront été tués de cette manière.

Un peu plus tard, c’est Jean Baptiste Chaigneau qui nous raconte les combats que ne semblent pas avoir changé depuis 1750. Dans ses souvenirs, il évoque un incident dramatique. « Sous le règne de Gia-Long[1802-1820], j’ai assisté, étant dans le bateau de mon père, à l’un de ces spectacles, dont le résultat a été funeste à un cornac et à plusieurs des soldats qui entouraient le lieu du combat. Le tigre qu’on mettait en présence des éléphants avait déjà fait plusieurs victimes lorsqu’il fut pris dans un piège; Aussi voulut-on que son exécution eût lieu avec le plus de pompe possible, et il y avait, ce jour-là, un public fort nombreux. Ce tigre était d’une taille peu ordinaire. Il semblait ne rien redouter, et, lorsqu’on le fit sortir de sa cage, il bondissait, cherchant à rompre son câble. Mais, ne pouvant y réussir, il se cacha et se résigna momentanément. Cependant un éléphant, poussé avec vigueur par son cornac et son piqueur, avançait à grands pas, et déjà il était près du petit bois où le tigre se tenait blotti, lorsque celui-ci, comme un trait, s’élança sur la tète de son agresseur, et, avec sa patte de fer, appliqua sur la tempe du cornac un coup tellement violent, qu’il l’étourdit et le fit tomber à terre. Pour comble de malheur, l’éléphant, ne se sentant plus dirigé, rebroussa chemin, et, dans sa fuite, passa sur le corps du pauvre cornac. Un cri d’horreur se fit entendre de toutes parts. Les soldats emportèrent le corps de ce malheureux, et l’on se prépara à un nouveau combat. Un autre éléphant fut désigné pour entrer en lutte; »


Autre carte postale des arènes

Mais, malgré toutes les précautions, le tigre ne se calma point. Chaigneau précise : « Retenu par son câble, sa fureur devint extrême: il bondissait de colère, il se débattait avec rage, et, par un suprême effort, il rompit le lien qui le retenait captif. Ce fut un moment affreux pour ceux qui étaient présents à ce combat; il y eut un désordre général parmi les soldats comme parmi les curieux. Ceux-ci surtout, effrayés, voulant éviter la rencontre de l’animal furieux, prirent la fuite, renversant, culbutant tout ce qu’ils rencontraient, bravant ainsi un danger réel pour éviter un danger inconnu. Le tigre, se voyant libre, abandonna son adversaire. Sans doute, sa préoccupation du moment était de regagner les montagnes : aussi chercha-t-il avec persistance à se frayer un passage, malgré la gêne que lui faisaient éprouver ses entraves; il fit, en courant, le tour du champ de combat ; partout il voyait des lignes épaisses de soldats qui le menaçaient avec leurs piques et leurs sabres. Mais, payant d’audace et bravant tous les obstacles, il avait déjà réussi à se faire une trouée dans la première ligne de soldats, après avoir blessé quelques- uns d’entre eux, lorsque le mandarin chargé du commandement de la troupe fit entendre un gros Jurement : «Si vous ne me reprenez à l’instant cet animal, dit-il à ses soldats, je vous fais trancher la tête à tous. A ces paroles menaçantes, les soldats se précipitent sur le tigre; celui-ci s’échappe de leurs mains, non sans avoir causé quelques accidents; ils le reprennent une seconde fois, l’animal s’échappe encore. Enfin, pour éviter de plus grands malheurs, le mandarin donna l’ordre de le tuer. Alors une forêt de piques tombèrent sur lui et il fut percé de part en part. On le traîna sans vie près du buisson, où l’on fit venir plusieurs éléphants qui le jetèrent en l’air chacun à son tour, et le dernier finit par le fouler avec ses pieds. »


Article paru dans Le Petit Journal en 1904

A l’époque de Minh Mang, les combats sont organisés le long de la rivière des parfums, à proximité de la citadelle. Le roi suit les combats depuis son bateau. Mais en 1829, un tigre s’échappa, se jeta à l’eau, et commença à nager vers le bateau du roi. La légende dit que le roi lui-même maintena le tigre au large à l’aide d’une gaffe, avant que ses troupes puissent le tuer. C’est à l’issue de cet incident que la décision de construire des arènes fut prise.

En 1884, on prévoit d’offrir aux représentants de la France un combat lors de la ratification du Traité de Protectorat entre la France et l’Annam (traite Patenôtre). Le journal « Le Monde Illustré » publie un article complet sur les fêtes qui ont eu lieu à ce moment là, en commençant par la préparation du combat.
« La difficulté du combat est de se procurer un tigre[vivant]. Quant aux éléphants, ils abondent dans la citadelle. Le tigre, nous l’avons eu. Ce n’a pas été sans peine. Il a fallu aller jusqu’aux portes de fer, dans le voisinage de Tourane, pour le découvrir. Au moyen d’appâts savamment combinés, en flattant les goûts du tigre pour la chèvre et le chevreau, les chasseurs ont réussi à l’amener jusqu’à une immense clairière où ils s’étaient proposé de le faire prisonnier. Les chasseurs doivent ramener le tigre vivant. Armés de murailles de bambous, ils se développent en tirailleurs et forment autour de leur proie un immense cercle qui, comme la tour fantastique d’Edgar Poe, se rétrécit peu à peu et se resserre sur l’animal. Quand le cercle est suffisamment rétréci, on apporte une cage en bois solidement construite et l’on prie poliment le tigre de s’introduire dans l’appartement qui lui est destiné. Souvent le tigre fait des difficultés. Il ne se laisse pas facilement persuader, on insiste, et, moyennant un bras ou deux, moyennant une jambe ou une tête d’Annamite, on finit par l’enfermer dans sa prison. Sur les épaules des chasseurs, on le ramène à la capitale.

Notre tigre n’a rien coûté en bras, en jambe, ou en tête. Arrivé à Hué, on l’a déposé sous une des cales de la rivière où reposent les jonques du roi et le public a été admis à l’injurier. Le tigre est le grand ennemi de l’Annamite. Chacun a quelque parent à lui reprocher. Aussi les épithètes violentes ne chôment elles pas. Le tigre, dans sa cage, semble ne rien comprendre à ce débordement de colère. On ne le voit pas, le tigre. La cage est bien fermée; mais on le sent. Quelle odeur!


Cage du tigre, dans l’article du Monde Illustré paru en 1884

La nuit, on l’entend. Il pleure sa captivité. Et quand « Ong Cop », monseigneur le tigre, pleure, tous les animaux, dans le voisinage, tremblent et frémissent de leurs deux ou de leurs quatre pattes, chacun suivant ses moyens. Notre tigre a passé la nuit près de la Résidence [Supérieure de l’Annam]. Avec le soleil, il se lève, ou plutôt on l’enlève dans sa cage et on le transporte de l’autre côté de la rivière. Il s’agit de le préparer pour le combat. Quelle préparation ! La cage est mise sous un énorme filet. Un plancher mobile écrase la pauvre bête, qui est obligée de laisser passer les pattes par les fentes de la cage. Trois Annamites sont là de chaque bord — en costume rouge, bordé de jaune, comme les soldats. L’un est armé d’une pince en forme de lunette. Un autre est armé d’une pince plate. Le troisième d’une pince coupante. Les pattes à peine sorties de la cage sont vigoureusement amarrées par des cordes de bambous. La patte est manœuvrée par la pince à lunettes qui lui donne la position la plus favorable à la préparation que l’on a en vue. La pince plate saisit une griffe. La pince coupante coupe la griffe. Le tigre n’est pas content et témoigne son mécontentement comme il peut. Mais l’Annamite qui, juché sur la cage, dirige l’opération, modère l’ardeur de l’animal en appuyant plus ou moins fortement sur le plancher. Sous le filet une gantière fabrique quatre gants de cuir dans lesquels on fera entrer bon gré mal gré les pattes du tigre. Ainsi préparé, le tigre combattra l’éléphant. C’est au supplice et non au combat qu’on envoie ce pauvre tigre! Possible, il ne faut pas abîmer les éléphants de Sa Majesté. De si bonnes bêtes! Et si douces, quand elles ne sont pas au temps des amours! On les voit se promener dans les rues de la citadelle avec le sentiment de leur dignité — majestueusement — sur leur dos, on aperçoit deux insectes: ce sont leurs cornacs. De père en fils, on est cornac dans certaines familles privilégiées de Hué. Au temps des amours, il n’est pas rare que l’éléphant joue au bilboquet avec son cornac.

[..]. Le combat doit avoir lieu à 2 heures ½ [..] Hélas! Arrive une lettre de faire part! Le tigre est mort. — On nous l’apporte, comme Marlborough, sur les épaules de quatre vaillants guerriers- A force de le préparer, on l’a tué. »


Dessin des arènes paru dans le bulletin des Amis du Vieux Hué (BAVH)

Le dernier combat eu lieu en 1904 sous l’empereur Thanh Thai. Le récit est relaté dans « Le Petit Journal Illustré » :

«Il [Le Roi Thanh Thai] entendit que tous profitent de ses distractions. Il résolut donc d’offrir à la population européenne de Hué un spectacle peu commun, le combat d’un tigre et d’un éléphant.

Le tigre, récemment capturé par sa Majesté, avait sur la conscience quelques existences indigènes. Quant a l’éléphant, c’était une femelle venant du Quang Ngai ou elle avait tué son cornac et mise à mal 3 autres annamites. Les deux adversaires promettaient. Malheureusement, avant le jour choisi pour le combat public, sa majesté avait voulu essayer, en sa présence, dans l’arène impériale, les 2 ennemies. Ils sortirent de cette 1ere épreuve, le tigre bien affaibli, et l’éléphant sérieusement griffé. Aussi firent-ils preuve d’une molle ardeur lorsqu’ils parurent devant le tout Hué, quelque peu désappointé.

Excité par les cris des cornacs et poussés à coup de perche l’éléphant pris l’offensive après bien des hésitations. Le tigre sauta sur l’éléphant, qui lui pris le corps en travers avec la trompe et le serra à lui briser les cotes. Se dégageant, le tigre essaya de grimper sur la jambe gauche de derrière de son adversaire. Celui-ci, que la colère à la fin gagnait, lui envoya un formidable coup de pied puis attendit. Le tigre se coucha au pied du mur et n’en bougea plus. Il était mort. Le combat n’avait dure que quelques minutes. »


Dessin paru dans l’article du Monde Illustré en 1884

Ainsi se termina les combats dans les arènes de Hué. Le nombre d’éléphants diminua progressivement, car leur coût d’entretien était très élevé. Récemment, deux éléphants étaient encore de parade dans la citadelle. Mais ils sont morts en 2018. Les tigres, quant à eux, ont continué à infester l’Indochine jusqu’à la fin de la guerre. D’après les habitants, il n’était pas rare d’en voir les traces jusqu’en 1975.
La restoration des arènes a été bien faite… il ne manque qu’à imaginer les combats qui ont pris fin il y a un peu plus d’un siècle…

Sources principales: Gallica et BAVH
Extrait du livre « Souvenirs de Hue » de Chaigneau : Souvenirs_de_Hué_(Cochinchine)___[…]Chaigneau_Michel_tigre

La magie des rizières en terrasse de Pu Luong

Pu Luong est un village situé à une centaine de kilomètres des villes de Thanh Hoa, Ninh Binh ou même Hanoi. Sa beauté réside dans de magnifiques rizières en terrasse situées au milieu de nombreux pics karstiques.. C’est pourquoi on parle de Pu Luong comme la « baie d’Halong terrestre des rizières ». Cerise sur le gâteau, Pu Luong est un territoire occupé par la minorité ethnique des Thai Noirs dont les maisons sont toutes sur pilotis… De quoi ravir les photographes et les amoureux de la nature..

Totalement inconnue du grand public il y a encore 5-6 ans, cette zone est sortie de l’ombre grâce à l’implantation d’un resort qui en a fait la promotion. Google Earth permet de découvrir l’étendue des rizières du ciel…

De notre coté, nous avons loué une moto à Ninh Binh et nous sommes allés à Pu Luong par les petites routes. Le trajet est magnifique mais nécessite un copilote armé d’un bon gps ! La route directe, que nous avons prise au retour, est rapide mais n’offre aucun intérêt particulier.
Après le pont qui passe sur le Song Ma, la route de Pu Luong offre une vingtaine de kilomètres très bucoliques, traversant des villages traditionnels Thai. La zone des rizières s’étend au moins sur 20km de long.

La grosse erreur serait de croire que nous sommes en altitude à Pu Luong. En fait, si les montagnes karstiques sont hautes, jusqu’à 1700 m d’altitude, la zone de Pu Luong est entre 100 et 400 mètres d’altitude. On ne vient pas ici pour trouver le frais en saison chaude, hélas… A notre passage, il faisait plus de 36 degrés, rendant impossible les ballades en journée.

Nous sommes allés à Pu Luong début juillet et nous sommes tombés un peu à la fin de la période du repiquage de la 2eme culture de riz. Il y a 2 récoltes de riz la bas, fin mai / début juin et fin septembre / début octobre.

Pour faire de la marche, la meilleure période semble être entre octobre et avril, lors de la saison sèche. Les mois d’été sont à proscrire tellement la chaleur vous accable. C’est aussi la saison des pluies.

Depuis que Pu Luong est sorti de l’anonymat, les resorts et homestays poussent comme des champignons. Actuellement, le plus populaire est le « Pu Luong HillSide Logde » avec sa magnifique piscine logée au cœur d’une rizière en terrasse. Je n’ai pas pour habitude de promouvoir des hôtels, mais les propriétaires, une famille Thai très dynamique, font leur maximum pour expliquer la culture locale et nous avons bien sympathisé avec eux. Combien de temps les « locaux » pourront ils tenir face aux investisseurs de hanoi ? toute la question est la, et la spéculation foncière actuelle fait craindre une bétonisation du lieu comme à Sapa.. Raison de plus pour y aller (très) vite !


La piscine du lodge…

En règle générale, il n’y a pas grand monde les jours de semaines. Mais les gens de Hanoi arrivent pour le week end et les prix y sont plus élevés.

Pu Luong est le nom de la destination, mais les rizières s’étendent bien sur sur plusieurs villages. Comme toujours au Vietnam, rien n’est fléché, il faut donc s’armer d’un gps pour arpenter les rizières et découvrir les villages environnants.

Les Thais sont très heureux de voir des touristes. Ils sont très souriants et se laissent facilement prendre en photo..

La terre est très riche à Pu Luong. Tout pousse facilement. Vous verrez aussi de nombreux arbres fruitiers. Evidemment, les prix sont bien meilleurs qu’en ville pour la production locale.


Maison traditionnelle Thai. Le vieux monsieur fait des hottes qu’il va vendre 1 euro…


L’intérieur d’une maison traditionnelle.

A la différence des minorités éthiques du nord Vietnam, les Thais ne portent plus leurs habits traditionnels au quotidien. Même au marché, vous ne verrez rien de pittoresque, à l’exception de quelques hottes.

Il y a un marché le jeudi et le dimanche à Pho Doan. On y trouve du tabac vendu en vrac, quelques fruits locaux, des escargots de la montagne et meme quelques fausses piastres. Quelques hottes traditionnelles y sont aussi vendues pour les locaux. Rien d’exceptionnel.

Le lait français moins cher que le lait vietnamien !

Pauvres agriculteurs français ! Même après 10.000 km de transport, votre lait vaut moins cher que le lait des fermes locales..

Le lait Prosperité est vendu un euro le litre (24900 vnd), 15% moins cher que le lait local (29500 vnd).

Comment peut on accepter ca ? A force de banaliser le lait, de le vendre dans des contenants ordinaires, sans faire aucun effort pour promouvoir les conditions d’élevages bien meilleures en France qu’ici (ferme de 10.000 vaches..), il ne faut pas s’étonner du résultat !

Le lait doit rester une boisson extraordinaire, un cadeau de la nature, un délice sans nom.. Combien de vietnamiens aimeraient avoir les moyens d’en boire tous les jours ? Ils savent tous que c’est bon pour la santé, et que c’est grace au lait que les enfants pourront être grands en taille, un rêve pour tous les vietnamiens… Au lieu de surfer sur toutes ces qualités, on vend le lait comme des produits sans valeur.

Alors, paysans français, au lieu de pleurer sur vos revenus en berne, il est temps de redresser la tête, d’être fier de vos produits! Apprenez à promouvoir votre lait, installez des fontaines à lait dans toutes les écoles et les lieux publics ! Et innovez ! Le lait micro-filtré, si bon au gout, est une innovation française, de l’Inra. Qui connait ce type de lait ? pourquoi ne développons pas cette technique à l’étranger ? Avec tout ca, les ventes suivront et vous retrouverez le sourire…

Henri Bogaert, la réussite exceptionnelle du 1er colon de Hué

Désiré – Henri Bogaert est né à Noorpenne (nord de la France) en 1859 d’une famille d’ouvriers agricoles. 20 ans plus tard, il est incorporé dans un régiment d’artillerie de marine pour son service militaire qui dure, à l’époque, 5 ans. Il apprend à Toulon la pyrotechnie et 3 ans plus tard, il est embarqué pour la campagne du Tonkin en tant que sous-chef artificier. Il s’illustre probablement dans la prise de Sontay fin 1883 contre les pavillons noirs (troupes chinoises) sous le commandement de l’Amiral Courbet. Mi 1884, il est libéré de ses obligations militaires et il décide de rester sur place. Il rejoint l’administration des douanes pendant 15 mois avant de démissionner. Il observera donc la prise de Hué par les troupes françaises en juillet 1885 sans y participer.


Henri Bogaert, photo de l’Association des Amis du Vieux Hué

Et dès novembre 1885, c’est une nouvelle vie commence pour lui. Il sera Colon ! Il décide de rester à Hué à une période où le choléra fait des ravages parmi les troupes françaises. L’Annam est en proie à beaucoup d’insécurité, l’empereur Ham Nghi est en fuite, et la capitale dévastée. Il fallait donc une bonne dose de courage pour rester sur place…

Il s’installe d’abord au port de Thuan An, le point de passage obligé pour tout ce qui entre et sort de Hué, hommes ou marchandises. En ces périodes troublées, il y a 4 régiments de marine, une clientèle toute trouvée ! H. Bogaert reprend alors un comptoir commercial et ouvre une succursale le long de la cote, à Dong Hoi, situé à 140km de là…

Il importe la 1ere machine à glace de l’Annam ! à cette époque, la glace est un vrai luxe. Des machines similaires viennent juste d’être mises en service à Hanoi et, avec Victor Larue, à Saigon et Haiphong. Au grand bonheur des militaires et des quelques européens qui y résident et qui ne peuvent se passer d’une pratique bien française, l’apéritif !

Il installe cette machine au Mang Ca, partie de la citadelle de Hué occupée par les troupes françaises. A cet endroit, il lance aussi un atelier de construction et de réparation et une scierie qui fonctionne avec une machine à vapeur, la 1ere en Annam.

En 1888, il achète une chaloupe à vapeur pour assurer le service du transport des marchandises entre Hué et Tourane. Il crée aussi une petite flottille de sampans qui assurent, avec les convois militaires hebdomadaires, un service entre Thuan-An et Dong-Hoi, desservant ainsi deux fois par mois les nombreux postes situés entre ces deux points. Entre temps, son jeune frère, Aimé Bogaert, est venu le rejoindre. C’est le début de la fortune !

En 1890, Henri fait un séjour en France dans son village natal pour prendre épouse.

Ses affaires continuent, malgré la baisse de la présence militaires à Thuan An après la capture du roi Ham Nghi en 1888.. En 1895, son frère Aimé décède. La même année, c’est son premier fils qui décède à l’age d’un an. En 1897, c’est le coup de grâce pour Thuan An : un typhon mémorable balayera les bâtiments encore en place et changera la passe de place.

Malgré tout, H Bogaert garde le cap et prépare l’avenir!

En 1896, Il découvre un gisement de calcaire sur le site de Long Tho, à 6km de Hué. Il y avait là un atelier de fabriques des fameux « bleus de Hué » mais les chinois qui détenaient seuls ce savoir faire ont fui lors des événements de Hué en 1885. Il est convaincu qu’après cuisson, ce calcaire donnera une excellente chaux hydraulique. Il commence donc la construction d’une usine qui fonctionnera en 1901.


L’usine de Long Tho (« le dragon éternel »)


L’usine de Long Tho, vue de la pagode Thien Mu, 1906

En 1899, il devient planteur aussi avec une plantation de café à Cu Bi, à 15km de la ville. C’est la mode à cette époque, et un autre colon de la 1ere heure, Camille Paris, fera de même à Tourane (Danang).

Ses affaires fonctionnent à merveille, et il est celui qui construit les ¾ des bâtiments en maçonnerie de la ville. En 1901, la même année que l’ouverture de l’usine de chaux hydraulique, il construit et ouvre le Grand Hôtel Bogaert. Il est face au nouveau pont dont la construction avait été décidée par Paul Doumer. On peut lire « Monsieur Bogaert, qui jadis habitait Calais (il est reste par ailleurs abonné au « Petit Calaisien », dont les numéros s’étalent sur les tables à coté de l’Illustration et du Courrier de Haiphong), nous donne des chambres bien tenues (choses rares en Indochine), et un déjeuner français tout à fait réconfortant, avec du vrai Bordeaux, s’il vous plait ! Que Bouddha soit propice à cet homme de bien ! » (1). Paul Doumer dira de lui, dans ses mémoires : « Il y avait [..] un petit hôtel fondé et dirigé par un colon actif, courageux et probe, Mr Bogaert, ancien sous officier d’artillerie de marine ».

En 1901, il n’est plus le seul colon à Hué. Henri Cosserat vient d’arriver, les Morins ne vont pas tarder. Ces 2 familles donneront corps à la présence française à Hué pendant de nombreuses décennies. Il y a aussi des missionnaires, dont certains laisseront un souvenir indélébile dans l’histoire, comme Mgr Allys, l’évêque très dynamique, et Léopold Cadière, prêtre érudit, dont les travaux sur la culture locale font encore autorité aujourd’hui. Il était arrive à Hué en 1892.

L’usine de Chaux Hydraulique démarre avec une production de 10 tonnes par jour. La carrière est reliée à l’usine par une double voie Decauville de 900 mètres. Il expédie sa chaux en baril par jonques de mer, jonques qui s’amarrent sur la rivière de Hué, le long de l’usine. Il fabrique aussi à présent des carreaux en ciment. La surface des installations est de 2 hectares et il emploie 450 ouvriers…La chaux est expédiée d’abord vers l’Annam puis vers Saigon. Elle est d’excellente qualité et sert à la construction des ponts, des gares et autres édifices publics.. Seule ombre au tableau, il y a beaucoup d’enfants qui travaillent à transporter la chaux…

La même année, il devient président de la chambre mixte d’agriculture et de commerce de l’Annam. Il y restera président pendant 10 ans.

En 1904, un violent typhon ravage la ville de Hué. Le nouveau pont est partiellement renversé, la plupart des constructions sont détruites. Son hôtel a subi d’importants dégâts et il décide de le vendre à un autre colon, Monsieur Guérin.


Exposition coloniale de Marseille en 1906, l’un des pavillons de l’Annam. Une réplique de la pagode Thien Mu est aussi présentée (carte postale du site www.fortunapost.com)

En 1906, il est chargé de l’organisation et la présence de l’Annam à l’exposition coloniale de Marseille. Un grand succès qui lui donne la légion d’honneur à son retour. Mais cette même année, il obtient une importante concession forestière à Thua Luu, située à mi distance entre Hué et Tourane, le long de la route mandarine. Ou plutôt du chemin de fer qui vient juste d’ouvrir entre les 2 villes !


Sa maison à Tourane (livre « Annam », 1906). Il possédait aussi des résidences à Hué et Thuan An.

Il a obtenu une concession de 3000 hectares pendant 20 ans destiné à exploiter une immense foret encore vierge. Il a installé un petit chemin de fer Decauville. Il s’atèle aussi à la construction d’une scierie hydraulique avec la force motrice d’une rivière. La lagune lui permet de transporter le bois. Un câble transporteur est également installé.


Le réservoir de l’usine de Thua Luu, livre Guide de l’Annam, 1910


L’usine de Thua Luu, guide de l’Annam, 1910

A Hué l’usine de glace produit aussi des boissons gazeuses. Avec son atelier de construction où tous les métiers de bois et de fer peuvent être entrepris, il emploie près de 400 ouvriers ! Une usine de glace est ouverte aussi à Tourane.


L’usine de glaces et la scierie de Hué, années 20, source Anom. A priori, cette usine se trouvait près de la gare. Elle a été rachetée par BGI et détruite après 1975

En 1906, le chemin de fer a révolutionné les transports, et le transport par chaloupe vers Tourane cesse.

En 1909, les haut mandarins du palais royal demandent à M. Bogaert de trouver le secret de fabrication des tuiles vernissées et émaillées dont les bâtiments de la citadelle ont un grand besoin.
Ce savoir faire avait aussi disparu avec la fuite des chinois en 1885. Apres plusieurs essais, Bogaert réussit à produire des tuiles magnifiques. Il en profite pour demander la concession du terrain de Long Tho. Car cette colline est un endroit enchanteur pour les rois d’Annam depuis toujours. Tu Duc aimait s’y promener et y respirer l’air pur… La cour royale est très réticente mais finit par s’incliner. Bogaert peut continuer le développement de son usine. Car la demande est forte, il livre partout en Indochine mais ne peut pas honorer toutes les commandes. Son usine a 16 fours et produit 100 tonnes de chaux par jour et de nombreux produits de céramique.

Thua Luu fait l’objet d’investissements importants. Il débite du bois de chauffage, de construction, de menuiserie et d’ébénisterie. Avec le reste, il fabrique du charbon de bois. Dans le guide de l’Annam de 1914, Eberharth conseille aux touristes de passer une journée à Thua Luu, en y allant par le train (durée du trajet: 2 heures). En haut des collines, panorama admirable sur la lagune et la mer. Dans la foret, cascade aux pieds desquelles on peut pique niquer. Sur les installations Bogaert, on peut lire: « On y installa une scierie mécanique qui débite le bois venant de la foret. Plus de 30km de route ont été construites sous bois. On y verra plusieurs transporteurs aériens auxquels aboutissent des voies Decauville. De plus, l’eau, réputée comme l’une des meilleures du pays, est captée par l’usine et transformée en glace, alimentant ensuite Tourane et Hué. La force motrice nécessaire est fournie par l’eau des torrents captée à 4 et 6km de l’usine; Il a fallu construire dans la roche un canal que l’on suit dans la promenade en foret. Cette eau est amenée dans 2 grands réservoirs creusés dans le roc à flanc de montagne constituant un travail gigantesque, et ces réservoirs alimentent alors une turbine d’environ 220 chevaux »

A Long Tho, où les investissements sont là aussi considérables, il crée la « Société des Chaux hydrauliques » dans les années 1910, avec une participation au capital, semble-t-il, des ciments Portland. Les relations avec cette société ne sont pas claires. Dans tous les cas, cette société, qui possède une énorme cimenterie à Haiphong, prendra finalement le contrôle de l’usine de Long Tho en 1922, à une période ou le prix du ciment est au plus haut.

En 1922, il participe à l’exposition coloniale de Marseille. Il devient, à l’issue, officier de la légion d’honneur.

A-t-il le temps de profiter de la vie ? on sait en tout cas qu’il avait un chalet à Bana, la station d’altitude active à partir de 1923 près de Tourane.

Comme il est le spécialiste de l’hydroélectricité, il s’associe avec M. Lagrange pour se lancer dans la production d’électricité. Lagrange est l’ingénieur qui a fourni l’électricité à Hué ainsi que l’eau courante. Ils obtiennent une concession pour la fourniture d’électricité à Faifo (Hoi An) en 1924 et à Nha Trang en 1926.

Mais l’âge aidant, il prépare son retour en France. Rester à Hué pour ses vieux jours ne semble pas faire partie de ses plans. Alors il cède ses actifs : la réserve foncière de Thua Luu et les nombreuses maisons européennes données en location à Hué à la famille Morin (en viager?), les usines de glaces à Victor Larue (futur BGI), le chalet de Bana à la ville de Tourane, les concessions électriques apportées à la société SIPEA. Il semble que l’usine de Thua Luu ait cessé de fonctionner en 1926, le déboisement ayant tari la source nécessaire à la production d’électricité.


Photo de l’Hotel Guérin, vers 1905. L’hotel Bogaert fut cédé à Guérin en 1904.

En 1928, Henri Bogaert, sa femme et sa fille quittent l’Indochine pour rejoindre Toulon. Il y achète un domaine viticole urbain, le clos La Malgue, 3 hectares. Hélas, il ne profitera pas longtemps de sa retraite. Un an plus tard, âgé de 70 ans, il décède. A la fin la 2eme guerre mondiale, la ville de Toulon est copieusement bombardée par les alliés. Toutes ses archives sont détruites par le feu. La page indochinoise est définitivement tournée.

Que reste t il de tout cela, à un siècle d’intervalle ? L’hôtel Bogaert s’est muté en Hôtel Saigon Morin, l’hôtel le plus emblématique de la ville(et accessoirement l’hotel ou je me suis marié…). La cimenterie Long Tho existe toujours, même si la plupart des activités de production ont été transférées en dehors de la ville. Sur place, on produit encore des parpaings et des carreaux de ciment qui ornent les rues de nombreuses villes du Vietnam. La carrière de calcaire est épuisée depuis longtemps et un grand trou béant la remplace. Dans l’usine et tout autour, tout est d’un autre age. Il est probable que cette zone finira par se transformer en un immense projet immobilier, car sa situation géographique est excellente. A Thua Luu, nous n’avons pas trouvé trace de l’ancienne scierie (mais d’autres investigations s’imposent..). Un grand réservoir avec barrage existe, il est probable que tout cela ait été construit sur les emplacements historiques. Quand à la plantation de café, il est clair qu’elle n’existe plus. Les colons de l’époque ont compris qu’il fallait de l’altitude pour réussir cette culture. Mais la zone de la plantation, le long d’une petite rivière qui donne dans la lagune, est aujourd’hui une terre de maraîchages très fertiles. Autrefois, les légumes étaient acheminés par barque jusqu’au marché central de Hué.


Zone de maraîchages le long de la rivière anciennement Cu Bi, photo GoogleEarth 20200


Quelques restes d’une époque révolue: les anciens fours de l’usine Long Tho (photo 2020)

Mais le plus important est qu’on se souvienne de « Ong Bo Ghe », suivant l’écriture vietnamienne. Tous les gens âgés de Hué parlent de « Long Tho Bo Ghe », car l’usine est indissociable du personnage. Je suis surpris de voir que même les gens nés après le départ de M. Bogaert connaissent très bien son nom et qui il était.


L’usine Long Tho en 2020, vue sur Google Earth

Sources :
– L’excellent site http://entreprises-coloniales.fr/
– La bibliothèque nationale du Vietnam, avec le livre sur l’Annam en 1906, http://sach.nlv.gov.vn/sach/cgi-bin/sach?a=d&d=kAgfP1906
– Gallica, nombreux documents,
– Guide de l’Annam, Eberhardt, 1914, accessible depuis le site www.worldcat.org
– L’association des Amis du Vieux Hue, AAVH, et ses bulletins,
– Le site de la légion d’honneur, http://www2.culture.gouv.fr/documentation/leonore/recherche.htm
– Le site d’archives des territoires d’outre mer, http://anom.archivesnationales.culture.gouv.fr/,
– article de l’Express de 2005 sur le domaine de La Malgue, https://www.lexpress.fr/region/des-blouses-blanches-au-chevet-des-vignes_486737.html
– Thierry Lay pour ses précieuses informations obtenues notamment auprès de la famille.

(1): Voyages pittoresques à travers le monde, Lagrillieres Beauclerc, 1900

La lagune de Hué, vers Hien Van

Un beau matin, nous avons mis le cap sur la partie sud de la lagune de Hué, vers Hien Van. Cette petite localité est située juste avant l’ouverture de la lagune sur la mer. Un pont permet, depuis quelques années, de franchir avec beaucoup de facilité cet obstacle naturel.


La lagune, vue depuis la route de la pagode Tuy Van Dinh

Hien Van abrite un port de pèche et un (petit) marché aux poissons. Ce matin là, à 4h30, nous avons vu une bonne vingtaine de sampans venir apporter leurs prises. Des petits poissons, des crevettes.. on espère que d’autres jours sont meilleurs car la pèche était assez maigre.


Sur la lagune…

Coté mer, ce sont des bateaux plus gros qui partent pécher l’après midi. Dès qu’il fait noir, on les voit allumer les grosses lampes qui attirent les calamars. Ces bateaux rentrent vers 6 heures du matin l’hiver et 11 heures l’été.

A Hien Van, il y a aussi une pagode en haut d’une colline, Chua Tuy Van Dinh, mais les bonzes n’ont pas eu l’idée de couper les branches en hauteur. Alors aucun point de vue, grosse déception.

En ville, il y a un hotel confortable ou pour 10 euros vous pouvez loger. C’est très proche du marché aux poissons.


Poissons de la lagune


Sur la route de Hué, le long de la lagune

Google earth permet de préparer son excursion avec beaucoup de facilité… C’est bien pratique car il n’y a aucune indication touristique. L’erreur serait de ne suivre que les grandes routes au depart de Hué, comme la 49B, alors qu’il y a de bien plus jolies routes qui passent le long des rizières ou des canaux puis le long de la lagune. Un Gps est de toute façon nécessaire.

Du coté mer, il y a aussi de belles plages ou les locaux se baignent après 16h. Un restaurant de plage permet de déguster des fruits de mer. C’est à 4km environ du village.

De l’autre coté du pont, sur la gauche, on trouve, en suivant la petite route, une grande plage aménagée. C’est a 3,5km du pont. La curiosité du lieu réside dans la presence de gros rochers. Sur certains d’entre eux, on pouvait, il y a encore peu, passer la nuit.. Ce jour la, un dimanche en juin, il y avait foule. C’est aussi le lieu du « beach camp Holidays », qui était fermé en raison du Covid.


La plage de Loc Binh


Les gros rochers, qui servent de terrasse pour les restos de plage

Un bel endroit à découvrir à 40 km de hué !

Offrandes Annamites, peinture de 1931

J’aime bien cette peinture que possède le musée du Quai Branly. Elle fait partie d’une frise de 40 metres peintes par Marie-Antoinette Boullard-Devé (1887-1966) pour l’Exposition Coloniale de 1931 de Paris. A l’époque, la frise a prise place dans le pavillon de l’Indochine. A la fin de l’exposition, elle a été démontée pour rejoindre les collections du musée des colonies.

Sur le site du musée, on retrouve plusieurs parties de cette fresque. A voir !

‘http://collections.quaibranly.fr/#bd65d007-69c6-4f79-a67d-b4987d545c90