Conseils pour bien voyager au nord Vietnam (partie 6 et fin)

Il faut vraiment tenir compte du temps qu’il fait ! Seul un temps sec et ensoleillé va rendre le séjour agréable, sans danger, et parfait pour les photos… Il faut donc être capable d’adapter son déplacement en fonction de la météo. Attention ! dans le nord, suivant les saisons, il peut faire très froid et même neiger..


Fleur de bananier sauvage

La moto me semble indispensable pour visiter le nord, encore plus que dans le reste du Vietnam. Les routes sont parfois infranchissables en voiture. Les routes sont tellement sinueuses qu’il faut avoir le cœur bien accroché pour ne pas être malade en voiture. De plus, les chauffeurs ici n’ont qu’un seul objectif, aller le plus vite possible d’un point à un autre.. de fait, les arrêts sont peu nombreux.. Très frustrant ! Notre scooter a parfaitement rempli son rôle, on est passé partout, même à deux et un sac à dos sur la moto. Bien sur, les scooters automatiques sont à éviter en dehors des grands axes: trop dangereux. Il est aussi toujours possible d’aller la-bas avec les bus locaux, et de louer une moto sur place. Pas d’auto-stop ici, mais des taxis moto un peu partout. Il vaut mieux connaitre le Vietnam en general et les bases du langage.


Vous trouverez partout de quoi boire un thé voire fumer une pipe a eau locale..

A part dans les resorts et quelques homestays, il n’y a pas grand-chose à manger pour les touristes dans les villages. La nourriture est peu variée et ca devient vite pénible. Nous avons quand même eu la chance de manger plusieurs fois du très bon poisson au marché, cuit au bbq pour 2 ou 3 euros.. un régal..

Voyager en solo ou avec un guide ? on peut voyager seul avec un gps, mais être accompagné d’un guide est toujours préférable.. Personne ne parle l’anglais dans ces régions.


Motifs ethniques sur jupes plissées

Sur la partie du Vietnam que nous avons visitée, on croise essentiellement l’ethnie Thai (noir et blanc) et Hmong. Les Hmong portent encore tout ou partie de leur tenue traditionnelle, mais les tenues sont faites avec des tissus synthétiques pré imprimes venus de chine.. Dans tous les grands marchés, il y a une machine pour plier les jupes ! Même les hottes traditionnelles en vannerie sont de plus en plus remplacer par des hottes en plastique, importées. Le spectacle n’est donc pas aussi beau qu’à Sapa ou qu’aux marchés traditionnels autour de Bac Ha.. A noter aussi que là ou nous sommes allés, les femmes ne semblaient pas trop aimer être prises en photos..

Pour en savoir plus, vous pouvez aussi découvrir la video que nous avons réalisée:

Vers Mu Cang Chai et le village de La Pan Tan (partie 5)

Apres Tu Le, la route grimpe ! On traverse des forets, on croise une piste d’envol pour parapentes, on passe un col et on arrive enfin sur le site incroyable des rizières en terrasse de Mu Cang Chai. Sur au moins 15km de longueur, s’étalent d’innombrables rizières, toutes plus belles que les autres.


L’arrivée sur Mu Cang Chai et un nouveau resort en construction


L’impressionnante succession de rizières en terrasse

L’altitude tourne ici autour de 1000 mètres, ce qui permet de ne faire qu’une récolte par an. Le riz est planté en mai et récolté à la fin du mois de septembre. Mi octobre, nous arrivons un peu tard mais il reste encore de nombreuses parcelles à moissonner.

Plus important sans doute est le temps qu’il fait. Sans soleil, les rizières perdent de leur charme. Il faut donc bien viser quand on va la bas ! On n’a pas eu trop de chance sur ce coup la ! mais vous trouverez sur internet des quantités astronomiques de vidéos et autres photos.


Paysages à La Pan Tan

La petite ville s’étend sur plusieurs kilomètres et n’offre pas d’intérêt. Un petit marché existe, une gare routière pour ceux qui viennent en bus, quelques homestays en ville.. Ce n’est pas encore Sapa, car peu de touristes étrangers ici, mais cela le deviendra surement assez rapidement. Un immense resort est en cours de finition sur une colline, un endroit magnifique à l’entrée de la zone.

Le site de « la photo », celle qu’on trouve sur internet et sur toutes les pubs, fait l’objet d’un business bien chaotique.. l’accès est payant (environ 1 euro) et les « xe om » (moto taxi) se battent pour vous emmener la haut. Nous n’y sommes pas allés.


Au premier plan, un riz traditionnel planté dans la terre. Cette technique ancestrale est remplacée par le riz sur eau, qui demande moins de soins

On a préféré se replier sur le village de La Pan Tan, un peu en amont, un charmant village qui offre suffisamment de rizières en terrasses pour se promener le temps d’une ou deux journées. Le soleil a fini par apparaitre, permettant de faire de belles photos.


Paysages sur les hauteurs de La Pan Tan


Moisson tardive.. c’est bien pour les photos mais pas bien pour la récolte: trop mur, une partie du riz a pourri


Sur les rizières en terrasse difficiles d’accés, on utilise des « caisses » en bois pour « frapper » les gerbes de riz et détacher les grains. On voit aussi ces memes caisses dans les rizières en terrasse dans le Yunnan chinois


Boutique de tissus ethniques à destination autant des locaux que des touristes

Les rizières de Tu Le (partie 4)

Nous voici donc à Tu Le! 184 km de Hanoi seulement..

On a la chance d’arriver en plein milieu de la moisson! Et notre petit hôtel est au milieu des rizières! Ici, l’altitude est de 650 mètres, ce qui permet 2 moissons par an, en mai et début octobre donc. On croise essentiellement l’ethnie H’mong. Un magnifique resort domine la ville: « Le Champ », chambre à 200 euros en saison!


Vue des rizières depuis notre hotel..


Les jours de moisson, c’est une vraie ruche!

On croise aussi une institutrice ici. Elle nous explique qu’enseigner auprès d’ethnies permettait de gagner 350 euros autrefois mais qu’à présent, les avantages ont disparu. Les salaires sont « normaux », 210 euros… En revanche ici, les prix du foncier sont astronomiques : 200.000 euros pour une (petite) surface commerciale en bordure de la route.. on n’est pas prêt de s’installer ici !

Sur la route des photographes, vers le village de Tu Le (partie 3)

A partir de la ville de Nghia Lo, on retrouve la route QL32 que nous avions prise au départ de Hanoi. 100km de belle route pour aller jusqu’à Mu Cang Chai, la « mecque des rizières en terrasse » du Vietnam. La population est essentiellement de l’ethnie Thai et H’mong.

On découvre beaucoup de choses le long de la route. Les premiers kilomètres sont de la foret puis des plantation de thé sur les collines. Plus loin, on croise une famille qui sépare les écorces des canneliers. Ces arbres poussent bien ici mais retirer l’écorce signifie faire mourir l’arbre. Le bois est alors utilisé pour la fabrication de meubles. On s’arrête dans un village de l’ethnie Man, peu nombreux.


Travail de l’écorce du cannelier: on enléve la partie impropre..


Cannelle: le résultat final

On est invité à déjeuner dans une famille H’mong dont le grand père a combattu au coté des français. L’accueil est très chaleureux, comme toujours, mais ce n’est pas toujours de tout repos pour nous ! Ma femme doit répondre a une multitude de questions (et répéter plusieurs fois les même choses…). Quant à moi, on me pousse à boire toutes sortes d’alcool.. Les repas sont toujours très riches et il est difficile de reprendre la route sans faire une sieste ! Dans la discussion, on comprend que la famille vit bien sans trop travailler.


Maison traditionnelle ethnique ou nous avons été accueillie


Le repas en famille..


Chaque alcool a des vertus thérapeutiques! Celui là est fait avec une variété de fruits de la passion

On arrive à Tu Le, célèbre non seulement pour ses rizières en plateaux, mais aussi pour son riz vert, un riz jeune, parfumé, consommé en dessert et vendu 10 fois le prix d’un riz normal..


Préparation du « Côm », riz célèbre dans tout le nord Vietnam

De Ta Xua à Nghia Lo, une route magnifique qui se mérite ! (partie 2)

Ta Xua est la nouvelle destination à la mode chez les jeunes de Hanoi. Ils y viennent le week end pour faire quelques selfies et puis repartent. Il faut dire que le village de Ta Xua offre des vues incroyables sur les rizières en terrasse qui l’entourent. C’est aussi l’endroit ou l’on joue à cache cache avec les nuages, offrant aux photographes de nombreux clichés inoubliables. A part les initiés, pas de touristes étrangers ici. Le village lui-même n’offre rien d’intéressant. Il ressemble à une ville du far west pleine de poussière ou la spéculation foncière et les travaux vont bon train. Aucun plan d’urbanisme, comme toujours au Vietnam. Alors des homestays poussent comme des champignons, pour le meilleur et le pire.


Vue des rizières de Ta Xua

On accède à Ta Xua par la petite ville de Bac Yen. La pente est rude, on passe de 500 à 1500 mètres en 13km, mais la vue est magnifique, si le temps le permet bien sur..

Mais nous, on n’est pas la pour faire des selfies ! On décide de suivre la petite route DT112 vers Tram Tau et Nghia Lo, 72km. C’est une route en altitude qui sera probablement l’une des plus belles routes touristiques dans les années à venir. Des paysages à couper le souffle, des rizières en terrasse partout, des cascades.. Un très beau parcours.. Mais on se sent un peu seul ! peu d’habitants, pas vraiment de villages. Et aucune circulation, ce qui ne nous rassure pas…

Car l’état de la route pour le moment est un cauchemar. La route est en construction, réparation, élargissement sur plus de 40km. Des glissements de terrain partout, de la boue sur tout le trajet. Heureusement, il fait beau et tout est à peu près sec. Les ouvriers nous disent qu’on peut passer. Eux sont là pour dynamiter la montagne !


Magnifique route, mais pour le moment obstruée!

Quelques kilomètres avant d’arriver à destination, un glissement de terrain obstrue complètement la route. Impossible de revenir en arrière, il faut passer.. Repérages, estimation des risques, aménagement du passage avec quelques pierres… il nous faudra 1 heure pour passer.. On termine finalement le trajet en fin de journée, sans crevaison ni casse. Heureux mais physiquement anéantis ! Il faudra plusieurs jours pour récupérer !


Content d’en avoir fini avec l’ostacle!

Cap sur les rizières en terrasse du nord Vietnam ! (partie 1)

Pour ceux qui aiment les paysages spectaculaires, alors il faut aller au Nord Vietnam ! Une région qui n’est pas excessivement large (300*400km) mais qui offre le Vietnam que nous aimons : nombreuses ethnies, routes bucoliques, paysages magnifiques… Une région à explorer à moto, ce qui permet de s’arrêter et .. de passer partout, car c’est une région qui se mérite !


Vive les vacances!

Cette année, nous avons décidé d’aller découvrir les rizières en terrasse. Il y a bien sur celles de Sapa, bien connues des touristes, mais la bétonisation du site nous fait fuir à tout jamais cette zone. En ce mois d’octobre, nous choisissons d’aller vers 3 zones encore préservées : Ta Xua, Tu Le et Mu Cang Chai.

Notre sac à dos pèse 12km et nous avons prévu de passer 2 semaines en vadrouille.

Nous mettons notre moto sur le train à Hué et nous la récupérons le lendemain à Hanoi (coût 20 euros). Nous sommes alors fin prêts pour partir ! La sortie de Hanoi n’est pas simple mais vite oubliée car à moins de 50km de la capitale, nous sommes déjà dans des paysages très vallonnés.

Apres la ville de Hoa Binh, c’est définitivement la moyenne montagne et l’aventure !

Apres être passés à Da Bac, nous logeons la 1er nuit en bordure de l’immense lac de retenue sur la rivière noire, qui alimente un barrage hydroélectrique construit dans les années 80-90, le plus grand dans toute l’Asie du Sud Est à cette époque.


Le long de la rivière Da, appelée rivière noire par les Français

Nous suivons une très belle petite route peu fréquentée. On comprendra vite pourquoi par la suite ! La route est très vallonnée, on passe par de nombreux villages, rizières, forets d’exploitation…

Il a du beaucoup pleuvoir ces derniers mois car les glissements de terrain sont très nombreux. Mais nous découvrons vite que la mode actuelle est aussi d’attaquer les collines directement avec des pelleteuses pour rendre les terrains constructibles. C’est fou ! Les bordures de la route ressemblent à un gruyère plein de trous !


On passe ou on ne passe pas?!


Va t il rester encore des montagnes dans le nord Vietnam a l’avenir, rien n’est sur!

Les kilomètres s’enchainent à notre plus grand plaisir en finissant par longer la rivière noire (song Da). Mais soudainement, la route s’arrête au bord d’un bras de la rivière. Fin de partie ! Impossible de passer, il n’y a pas de pont ! Faudra t il refaire dans le sens inverse les 85km parcourus ? C’est la l’avantage d’être au Vietnam, il y a toujours une solution !


Fin de partie au kilomètre 85!

Il existe effectivement un petit bateau pour passer d’une rive à l’autre. Sauf qu’embarquer des motos et naviguer sur une embarcation instable n’est ni facile ni rassurant. Il y a beaucoup de noyés tous les ans à cause de ces bateaux. Les motos peuvent valser au moindre mouvement non prévu.. On hésite, on est prêt à abandonner la partie mais les vietnamiens finissent par nous convaincre de continuer. D’ailleurs, ils s’occupent de tout : descente de notre moto jusqu’au bateau par une pente raide, un embarquement de la moto (90 kilos) très sportif.. La navigation se passe bien. Au final, tout s’est bien passé mais on ne le refera pas.. Pourquoi les vietnamiens ne stabilisent pas leur bateau avec des flotteurs en bambou, c’est un grand mystère et une inconscience bien locale !


Trois motos, des femmes et des enfants seront transportes sur ce bateau!

Sur l’autre berge, nous sommes impressionnés par l’entrée d’une immense grotte. Les locaux nous disent que seuls des étrangers bien équipés l’ont explorée, car elle est très difficilement accessible.


Une immense grotte sur le flanc de la montagne

On poursuit sur une nouvelle route et on demande à des habitants de nous héberger quelques kilomètres plus loin. On est content de pouvoir se reposer après ces événements ! Rappelons que dormir chez l’habitant est compliqué au Vietnam, au delà de la barrière de la langue. Moins d’une heure après, la police était là pour vérifier nos identités et s’assurer que tout allait bien.. Ici les gens vivent du riz, s’occupent de leurs buffles et plantent parfois du teck. Peu d’arbres fruitiers à part des caramboles et des pamplemousses. Le village est très isolé l’hiver, ce qui ne nous surprend pas ! Les habitations sont pour la plupart des maisons Thai en bois sur pilotis. Si l’accueil fut très sympathique, on passera néanmoins une mauvaise nuit à cause des moustiques et des piqures d’insectes, des punaises semble t il…

On poursuit la route vers le nord, une route plus facile mais très belle elle aussi, serpentant au milieu de nombreux villages et des premières rizières en plateaux. La vallée est riche, présence de beaucoup de cultures différentes. C’est une vallée d’Eden ! J’adore ! On finit par atteindre Phu Yen puis Bac Yen, au pied des collines de Ta Xua.


Les surprises de la route… on notera les beaux petits chevaux locaux que l’on croise rarement

Notre itineraire :
Sortie de Hanoi par la QL32 puis petites routes jusqu’à Hoa Binh, la DT433 vers Da Bac que nous continuons jusqu’au bout. Ensuite la DT114 jusqu’à Phu Yen. Nous allons ensuite à Bac Yen pour rejoindre le très beau site de Ta Xua. Nous continuons la route en très mauvaise état vers Tram Tau, puis Nghia Lo. Nous retrouvons alors la QL32, la « route des photographes » vers Mu Cang Chai. Nous nous arrêtons à La Pan Tan, très beau village. Le retour se fera par les petites routes en passant par Moc Chau, Mai Chau, Pu Luong et finalement Thanh Hoa.