Catégorie «Voyages»

Fatigué du Vietnam ? Cap sur Pénang !

Pénang est une île tropicale au nord ouest de la Malaisie, à seulement 1h30 de vol de Saigon. L’ile fut achetée par les anglais en 1780, bien avant Singapour (1819). Ils y ont ouvert un port franc et ont fait venir tous ceux qui le voulaient pour développer le commerce. La ville de Georgetown s’est alors peuplée de chinois, d’indiens, d’arméniens.. Terre de tolérance religieuse, elle a vu naître aussi de nombreux édifices religieux et d’écoles confessionnelles. Pénang a prospéré très vite grâce à son port et les échanges liés à la route des épices.. La montée en puissance de Singapour a fini par faire de l’ombre à Penang qui a commencé à décliner. L’occupation des japonais pendant la 2eme guerre mondiale, le départ des anglais en 1957, l’abandon du statut de port franc en 1969 n’a rien arrangé.. Longtemps oubliée, la ville reprend des couleurs depuis son statut de patrimoine de l’UNESCO obtenu en 2008.


Quelques maisons typiques de Georgetown

Et si aimez les villes-musées, alors vous serez comblés, car rien n’a changé depuis des décades, tout au moins dans la vieille ville! On a l’impression de visiter plusieurs pays en même temps, 70 ans en arrière…Penang compte des milliers de « shop-houses » (maisons construites par les Chinois qui servaient de boutiques et d’habitation), des mosquées, des temples hindous, protestants, chinois, des églises, des maisons de « clans » (Kongsi) chinoises, des demeures anglaises, des maisons de riches marchands et d’innombrables musées… on ne s’ennuie pas !

Et Pénang, c’est aussi le paradis du « street food ». Si vous aimez manger indien ou chinois, alors la ville est faite pour vous.. c’est délicieux.. et sans doute beaucoup plus propre que dans les pays d’origine.. Et vous pourrez aussi ramener des épices et de quoi cuisiner vos currys.. L’île de Pénang est aussi réputée pour les noix de muscade.


La cuisine de rue dans le quartier indien

Plus besoin d’aller en Inde ou en Chine, cap sur Pénang ! la ville est très calme et beaucoup plus « civilisée » que le Vietnam.. de plus, tout le monde parle anglais, et c’est un plaisir de communiquer avec les habitants, la plupart âgés.. quelque part, cela ressemble à l’Indochine d’autrefois, multi-ethniques et riche en patrimoine.. Des scènes du film Indochine ont d’ailleurs été tournées à Pénang. Et quel bonheur d’aller dans un marché aux puces et d’acheter des bibelots anciens, chose impossible au Vietnam.


La magnifique Pinang Peranakan Mansion, à ne pas rater!

Aujourd’hui, la vieille ville est protégée mais beaucoup de maisons sont à vendre ou inoccupées.. Tout autour, de grandes tours se construisent mais sont vides la plupart du temps. Ce sont les Singapouriens qui occupent ces appartements lors de leurs vacances annuelles.. les locaux n’ont pas les moyens d’acheter.. Pour le moment, il y a encore peu de touristes et les prix sont du même ordre qu’au Vietnam.. Air Asia propose des vols quotidiens au départ de Saigon ou de Hanoi avec des prix qui démarrent à 60 usd…c’est l’occasion d’y aller!


Marchand de fleurs pour les offrandes dans le quartier indien


Parcourir toutes les rues de la ville à pied est un réel plaisir…


Ambiance rétro dans cet authentique gargote de quartier


Mac Donald installé dans une vieille bâtisse anglaise

Hué versus Pénang (Georgetown)

Les deux villes ont beaucoup de points en commun et en premier lieu d’avoir un patrimoine exceptionnel reconnu par l’Unesco. Hué pour son patrimoine lié à la dynastie Nguyen et Pénang (1) pour son ensemble architectural unique.

Les deux villes sont touristiques, avec leurs cyclo-pousses et leurs superbes plages. La première chose qu’on remarque en venant du Vietnam, c’est la conduite prudente et respectueuse vis-à-vis des piétons, loin des klaxons du Vietnam !


Fresques murales et autres « street art » à Pénang, pour le bonheur des touristes

L’influence multi culturelle est une évidence pour les 2 villes. Hué a été colonisée par la France pendant 69 ans (1885-1954) tandis que Pénang fut administrée par les britanniques pendant 177 ans environ (1780-1957). De quoi influer durablement sur les habitudes locales et l’architecture. Les maisons coloniales, le pain, le café filtre et de nombreux mots issus du français sont des exemples pour Hué. La conduite à gauche sur de grandes avenues, des demeures entourées d’un gazon impeccable pour Georgetown… Hué possédait aussi une communauté importante de chinois et quelques hindous. Quelques bâtiments sont restés, mais ces communautés ont quitté le Vietnam en 1975. A Pénang, toutes ces communautés sont très vivantes et offrent aux touristes une palette incroyable de cultures différentes. Les vieilles boutiques chinoises avec leurs enseignes traditionnelles et du mobilier suranné offrent à ceux qui aiment l’Asie un voyage dans le temps fantastique.


Plage à Pénang

L’agitation des villes n’est pas la même non plus. Hué est une ville toujours en mouvement, bruyante, tournée vers l’avenir avec une population jeune tandis que Georgetown est une belle endormie, dominée par une population vieillissante. L’immobilier s’en ressent. A Hué, les prix sont élevés et les biens mis en location / en vente partent très vite. A Pénang au contraire, il y a abondance de biens disponibles et les prix ne sont pas si élevés..


Mariage indien à Penang

Le patrimoine des 2 villes est très riche. Celui de Hué s’est cependant altéré au fil du temps, ou plutôt des guerres. Les objets anciens sont partis à l’étranger et les habitations privées ne possèdent plus grand chose d‘ancien. Sans compter tous les bâtiments qui ont été démolis pour laisser place à des constructions plus modernes. A Pénang, c’est tout le contraire. Les propriétaires semblent vivre dans leurs souvenirs et l’on retrouve, comme en Europe, beaucoup de bibelots. Vous trouverez dans la rue Chulia quelques brocanteurs, chose extrêmement rare au Vietnam faute d’offre. Les musées sont un peu différent aussi. S’ils sont essentiellement publics au Vietnam, les musées sont privés à Pénang avec des propriétaires qui savent transmettre leurs passions.


Funiculaire pour monter au sommet de l’ile de Penang

La langue fait aussi la différence. A Pénang, tout le monde parle anglais et il est facile de communiquer. A Hué, c’est autrement plus compliqué !!!


Devant le « Blue Mansion », l’ancienne résidence d’un riche chinois, transformée en hôtel à Pénang.

Coté culinaire, les 2 villes sont bien placées.. Hué offre des spécialités locales excellentes. A Pénang, c’est tout aussi bon, mais plus varié car en provenance d’une multitude de cultures.. Les prix restent très abordables dans les 2 cas. Les cafés sont aussi nombreux de part et d’autres, mais les pâtisseries sont nettement meilleures à Pénang, sans doute en raison des quelques occidentaux qui vivent là. Mais la bière coule à flot à Hué et à des prix très modiques, à l’opposé de la Malaisie ou l’alcool est fortement taxé.

Dans tous les cas, les deux villes méritent le détour !

(1) J’utilise indifféremment les termes « Pénang » et « Georgetown » sachant que Georgetown est la ville ancienne et principale de l’ile de Pénang.

Conduire une moto au Vietnam en connaissance de cause…

Le temps des vacances arrive et beaucoup vont au Vietnam pour l’aventure et l’exotisme. Le meilleur moyen de sortir des sentiers battus et découvrir le « vrai » Vietnam, c’est la moto ! la moto, c’est facile mais ça peut être risqué..
Loin de moi de jouer les rabat-joie mais il vaut mieux agir en connaissance de cause. Comme l’information est assez disséminée sur internet, et que les règles changent souvent, j’ai écrit ces quelques lignes pour vous aider à y voir plus clair.


Le permis de conduire vietnamien

Aucun problème pour louer une moto. Votre hôtel vous en fournira une facilement pour quelques dollars par jour. Aucun permis ne vous sera demandé, bien que ce soit la loi.

Car, pour qu’un francais puisse conduire une moto au Vietnam, il faut posséder :
– Soit un permis local, plutôt réservé pour les expats car il faut un visa de plusieurs mois. On l’obtient par équivalence, sans passer d’épreuves. Les formalités sont accessibles, et il faut compter 2 semaines de délais. Dans ce cas, le permis B français vous permettra d’avoir le permis auto et, si tout va bien, le permis moto vietnamien (jusqu’à 175cc) pour la durée de votre visa.
– Soit le permis européen + le permis international, à la seule condition que celui-ci fasse apparaitre un permis moto (A1 ou plus). Les certificats de conduite ne sont pas reportés sur le permis international, ni même les anciennes équivalences pour la conduite de motos.

Pour être bien couvert, il vous faut une assurance voyage qui inclus la conduite moto (option chez Avi pour quelques euros de plus par mois). Attention, les assurances « offertes » par votre carte de crédit ne couvrent pas le risque lie à la conduite.

Dans tous les cas, vous avez peu de chance que la police vous arrête, sauf à Saigon depuis Août 2019 (voir additif). Mais en cas d’accident, les choses se compliquent.


Verso du permis vietnamien

Sans permis valide, votre assurance sera invalide, quelque soit les options que vous aurez souscrites.

Cela signifie :
– Aucun rapatriement pris en charge,
– Une qualité de soin locale, aucun conseil médical de l’étranger,
– Une couverture sociale en cas d’hospitalisation à minima (la sécu française),
– Aucune avance de frais, vous aurez tout à payer d’avance,
– Des difficultés culturelles à surmonter (communication, nourriture, absence d’intimité à l’hôpital..),
– Des contrariétés assurées pour vos proches !

La responsabilité civile est prise en charge par l’assurance de la moto, obligatoire et souscrite par le loueur. Elle est plafonnée en général à 4000 dollars, car le coût de l’assurance ne vaut pas plus d’un dollar… En cas d’accident, quand vous êtes étranger, la partie adverse fera tout pour vous rendre responsable et payer. Dans la mesure du possible, faites venir la police et essayer d’immobiliser les véhicules impliqués.

Le risque au Vietnam, c’est la cherté des soins. Il s’est créé ces dernières années des hôpitaux dits « internationaux » où la qualité de soins est sans doute meilleure mais où les prix sont surtout très élevés. De quoi vous mettre sur la paille en quelques jours (les exemples ne manquent pas, même parmi les expats). Une opération chirurgicale, ce sera plusieurs milliers de dollars.. Rien à voir donc avec la vie bon marché que vous trouverez par ailleurs. Pour une raison simple, ces hôpitaux, même d’apparence publique, sont gérés sous un régime de droits privés. Et ici, on ne fait pas crédit. Vous devrez payer d’avance les soins, et sans argent, vous n’aurez pas les soins attendus.
Il y a quelques années, je suis resté dans le coma 2 heures à l’extérieur du service des urgences, le temps que mes amis rassemblent une centaine de dollars nécessaires à l’hospitalisation.. Forcement, ce type d’expérience fait réfléchir..
Sans couverture, pas question non plus d’imaginer un transfert dans un autre hôpital ou à l’étranger.. un transfert médicalisé de Hué vers Bangkok, pourtant juste à 800 km, c’est 30.000 usd minimum..De même, si vos proches doivent venir à votre chevet, ce sera pour leur poche..

De retour en France, vous pourrez vous faire rembourser une partie des frais engagés par la sécu. Mais le remboursement se fait à hauteur maximale de 80% et sur la base des tarifs français, qui peuvent être allégrement dépassé à l’étranger. Et bien sur, sur la base des factures, ce qui n’est pas toujours facile à obtenir ici.

Conseils :
– Passer le permis A1 en France, environ 700 euros pour 20 heures de formation,
– Ne pas oublier le permis de conduire international (valable 3 ans, fait par correspondance).


Le Permis de Conduire International

Assurance ou pas, il faut rester prudent !
Même si vous ne suivez pas mes conseils, ne tentez pas le diable.. Protéger vos bras, jambes et pieds, roulez moins vite que les vietnamiens et faites particulièrement attention aux priorités à droite… Évitez de rouler la nuit car les conducteurs éméchés sont nombreux. Et investissez dans un casque digne de ce nom ! il existe des casques à 15/20 euros qui sont autrement meilleurs que ceux du loueur .. Et lors de la location de la moto, mieux vaut signer un contrat avec le prix et la valeur de la moto en cas de perte ou de vol (une moto neuve type Honda wave taxes incluses vaut 1000 euros max)…

Que faire alors si vous avez vraiment envie de faire de la moto sans le permis ?
Vous pouvez opter pour un vélo / scooter électrique ou une 49cc type SuperCub qui ne nécessitent pas de permis moto. Mais je n’en ai jamais vus à la location.
Reste enfin la conduite en moto taxi (les fameux « xe om ») ou en Easy Riders.. là, dans tous les cas, en cas d’accidents, avec votre assurance internationale, vous serez pris en charge.. Parcourir le pays avec des professionnels équipés de bonnes motos, comme les Easy Riders, restent la meilleure formule pour les « prudents ».

A bon entendeur, salut !

PS: ce post est pour les français uniquement, les accords étant différents avec les autres pays, y compris européens.

PS2 : en cas de conduite d’une moto (<175 cc) sans permis de conduire valable, vous serez redevable d'une amende officielle de 1,2 millions de VND maximum en cas de contrôle de police. Le loueur de moto peut aussi être tenu responsable.

Compléments: en avril 2019, un américain de 42 ans a été condamné à 3 ans de prison à Saigon pour avoir tué un cycliste en moto. Il était en état d’ébriété et n’avait pas de permis de conduire valide.

Additif Août 2019: la police de Saigon a désormais ordre de contrôler les étrangers à moto. En cas d’absence de papiers en règle, le véhicule est immobilisée et une amende est due. Il est probable que d’ici peu, toutes les polices des grandes villes vont faire de même…

Périple dans le Sud Laos

Quand on est à Hué, le premier point de passage de la frontière avec le Laos n’est qu’à 120 km (1). On aurait tord de se priver d’une escapade dans ce joli pays !


Un retour bien chargé!

La route au départ de La Lay est excellente et permet de rejoindre Saravan rapidement. Elle est nettement plus intéressante que la nationale qui rejoint Lao Bao à Savannakhet et permet surtout un sacré raccourcie quand on vise le sud Laos.

A deux reprises donc, nous avons décidé d’aller explorer le sud Laos vers les 4000 iles puis autour du plateau des Bolovens. Avec notre petite moto, bien sur, pour plus de liberté !

A cette période du Têt, les paysages sont diamétralement différents. Coté Vietnamien, c’est la saison des pluies, tout est vert, tout est humide. Coté laotien, c’est l’été. Le ciel est bleu, il fait chaud la journée, parfois frais la nuit. Mais si je regarde mon article précédent posté en 2008, il y a une différence majeure. Cette année, rien n’est planté, tout est sec, les rizières sont au repos. En 2008, tout était vert… Les Laotiens ont-ils abandonné la partie ?

Si l’agitation est la marque dominante du Vietnam, c’est le calme permanent coté laotien. Pas ou peu de circulation, presque personne partout où nous passons.

Les quelques routes laotiennes sont en générale larges et assez bonnes. Il faut bien choisir son itinéraire car cela peut être très monotone.

Voici quelques photos pour illustrer notre voyage.


Sur l’ile de Don Det..

La zone des 4000 iles est la partie la plus visitée. Il y a 10 ans, il n’y avait pas ou peu d’électricité sur les iles. A présent, on y trouve même quelques voitures et pas mal de motos. Les guest-houses sont nombreuses mais l’ambiance générale reste paisible. Il y a beaucoup plus de transports sur l’eau, ce qui offre aux touristes les moyens de faire de belles ballades.

Voici une vidéo qui ne manque pas d’action sur les 4000 iles !
‘https://vimeo.com/240863189

Le village de Ban Khiet Ngong est réputé pour ses éléphants. Tous les éléphants (nous en avons vu 3) appartiennent à des familles et sont « au travail » tous les jours. Approcher de tels pachydermes reste un privilège magnifique. On peut faire une ballade à dos d’éléphant mais ce n’est pas très confortable…


Apres cette journée passée au contact des éléphants, nous avons repris une piste chaotique pour rejoindre Attapu. 120 km de poussières et 5 passages de rivières à gué, faute de pont. C’est sportif !


Les pistes au Laos, un grand classique !


Passage de ponts de fer…

Attapu est une petite ville sans grand intérêt, riche en hôtels et en banques. Elle ouvre la voie du retour vers Kontum au Vietnam. C’est une jolie route qui serpente dans les montagnes.


La riviére qui passe à Attapu, un oasis de calme..


Paysages vers le Vietnam

Cette année, nous sommes allés vers Dakchung pour passer la frontière à cet endroit, au niveau de la ville de Hoi An. Hélas, le poste de frontière existe mais n’est pas encore ouvert aux occidentaux… La route pour aller à Dakchung n’est pas terminée. 40km sont encore en travaux et le passage est difficile, sur cailloux. Nous avons crevé 2 fois, quasiment au même endroit, au milieu de nulle part. A l’aller, des gens travaillant sur un chantier nous ont aide à réparer. Au retour, on a chargé la moto sur une camionnette, plus simple ! Le point de départ de cette route (N 16) est Sekong. Un magnifique pont vient d’être inauguré, construit par les japonais. Le parcours est varié, on passe par de nombreux villages ethniques.


Maison à Dakchung


Epicerie traditionnelle

L’itinéraire que nous avons apprécié le plus est celui entre Sekong et Saravan par la route 1H puis 20. Diversité des paysages, de l’habitat, présence de minorités ethniques avec leurs hottes traditionnelles.


La fameuse pipe laotienne..


L’amitié entre le Vietnam et le Laos ! On remarquera la beauté des hottes

L’année précédente, nous étions allés voir la chute de Tad Alang. Un spectacle magnifique et une nuit dans un bungalow en pleine nature.


Magnifique chutes de Tad Alang

Le plateau des Bolavens, c’est surtout le café. Mais les changements climatiques et les besoins en bio éthanol font que les gens plantent plus facilement du manioc.


Habitat traditionnel sur le plateau des bolovens ; le café est en train de sécher.

A proximité de la frontière avec la vietnam, on retrouve les mêmes minorités ethniques : Ta oi, Pako, Katu. Les maisons sont sur pilotis, la vannerie est omniprésente pour le portage ou la pêche.


A l’interieur de la maison sur pilotis de la dame qui nous a preparé le déjeuner…


Vente de vanerie le long de la route…


Bienvenue au Laos ! (enfin, je crois..)

Au Laos, on trouve parfois cet arbre étonnant qui est originaire d’Amerique du Sud. Présentement, on le trouve en Thailande, surtout dans les pagodes. Il s’agit de l’arbre de « fleurs de coton jaune » (Cochlospermum regium). Les fleurs sont grosses comme une main, trés fournies en pétales et douces comme de la soie.. Nous allons essayer de l’acclimater à Hué..

(1) Poste de La Lay, à 40km au nord de A Luoi. Le visa laotien ne peut être délivré à la frontière. Vous pouvez l’obtenir immédiatement au consulat laotien de Danang pour 40-45 usd. Existe aussi un service de bus entre Danang / Hué et Saravan

Booking.com moins cher ? pas si sur..

Peu de chance d’échapper à booking.com ! Le site est partout sur internet et apparait constamment en tête de liste sur les moteurs de recherches.. Un fabuleux concentré de marketing, qui éblouit l’internaute tout en le stressant pour mieux le pousser à l‘achat.

Une formidable machine de vente qui permet à de petits hôtels de quartier de côtoyer des hôtels de standing international ! Les premiers sont ravis de profiter de cette plate forme qui leur amène de manière inespérée une clientèle nombreuse sans avoir à investir un centime dans la pub. Les seconds voient dans les commissions payées une forme de racket devenu incontournable.

Booking.com c’est le 3eme site de e commerce derrière Alibaba et Amazon. 432 millions de nuitées ont été vendues par booking.com en 2015 !

C’est surtout 10,7 milliards de revenus pour 2,1 milliards de profit net (1). 10,7 milliards, c’est comme un super impôt que ponctionne une société américaine sur l’hôtellerie du monde entier! 32% des revenus sont dépensés pour la pub sur internet et surtout pour l’achat de mots clés sur les moteurs de recherche, pour apparaître en premier sur la liste des sites. Ce qui correspond à une dépense de plus de 7 millions de dollars par jour ! Une somme récupérée en grande partie par Google, pour qui Booking.com fait parti du top 5 des contributeurs financiers… Ces achats de mots clés, organisés sous forme d’enchères, coûtent de plus en plus (32% contre 30,8% des dépenses de booking.com en 2014), preuve que la concurrence est forte. Une spirale sans fin qui ne permettra pas aux hôteliers de voir baisser le taux des commissions payées.


Heureuse propriétaire d’une guest house à Savanakhet (Sala Thongyon), au Laos, qui, grace à Booking.com, remplit quotidiennement ses bungalows et ce, dès le premier jour d’ouverture.. Elle fêtait, ce soir la, la première année de son établissement avec quelques clients… (décembre 2016)

Dommage que tout cet argent ne revienne pas à des actionnaires européens .. C’était pourtant bien parti, car cette start-up fut créé en 1995 par un néerlandais. Mais elle a été rachetée en 2005 par Priceline, un groupe américain qui possède aussi Agoda, Racheté 133 millions de dollars, Booking est le fleuron du groupe dont la valeur vaut sur le Nasdaq 96 milliards de dollars !

Seule satisfaction, le siège de Booking.com est encore à Amsterdam. Le groupe emploie 15000 salariés, étalés sur 70 pays .. Au vue des résultats actuels, cela fait plus de 120.000 usd de profit générés par salarié…pas mal !

Les commissions payées par les hoteliers sont d’environ 16%. Le taux minimum est de 15% (cela depend du lieu d’implantation de l’hotel). Certains acceptent de payer 25% pour être mis en avant par le site. Les contraintes pour les hôteliers ne se limitent pas aux commissions payées: ils ne peuvent pas offrir en ligne de meilleurs prix que ceux de Booking. Ce qui permet d’affirmer par Booking qu’il n’est pas possible de trouver moins cher sur le net.

Les hôteliers français, suivis par d’autres à présent, ont obtenu par voie de justice en 2015 quelques concessions :
– Offrir des tarifs de chambres différents d’une plateforme à l’autre,
– Pouvoir offrir des prix à la clientèle moins chers que celles des plateformes, mais uniquement par mail, à la réception ou par téléphone,
– Offrir un nombre de chambre différent d’une plate forme à l’autre ou entre le site de l’hotel et les plateformes(fin de la « parité de disponibilité »),
– Contact possible des anciens clients par mail, y compris ceux issus des plateformes.

Qu’en est-il de la réalité en Asie ?

Difficile de se passer de telles plateformes pour dénicher et réserver les « petits » hôtels (10 usd). Ils n’ont de toute façon pas de site internet. Dans le cas contraire, laisser en ligne ses données de cartes bancaire n’est pas très rassurant(bien que Booking.com transmette lui aussi en clair les numéros de cartes à l’hotelier…). La barrière de la langue est aussi un obstacle bien compréhensible. Mais on peut toujours ne réserver qu’une nuit et négocier directement le prix pour les autres nuitées.

En revanche, pour les hôtels un peu plus luxueux (20 – 150 usd), le résultat est sans appel : les offres sont toujours plus intéressantes sur les sites internet des hôtels.
Habitant à Hué, j’ai comparé les prix de plusieurs hôtels. Les réductions vont jusqu’à 21% ! En moyenne, on gagne environ 12%. Moi, je suis preneur…
Même constat à Singapour et à Bali où j’ai fait mes dernières réservations..


Pub affichée sur le site internet de l’hotel Huong Giang à Hué, Vietnam. J’ai trouvé effectivement 21% d’économies sur le prix des chambres par rapport à Booking.com

Pour les hôtels de grand luxe, l’écart ne se fait pas forcement sur le prix de la chambre, probablement car ils se doivent de respecter les engagements pris avec Booking.com.
Mais les avantages se matérialisent différemment : transfert gratuit pour l’aéroport, réduction sur toutes les prestations, corbeilles de fruits offertes, nuits gratuites etc…

Choisissez donc sur Booking.com votre hôtel de rêve et .. allez sur le site de l’hôtel pour réserver !

Cependant, et pour le Vietnam spécifiquement, nul besoin de réserver. Le pays possède tellement d’hôtels qu’on pourrait y loger tous les migrants de la terre ! Sauf à être très exigeant ou anxieux, Il est toujours plus simple de faire la tournée de quelques hôtels en arrivant sur place et de négocier un bon prix. Le taux de remplissage des hôtels ne dépassent jamais plus de 30% en moyenne….

(1) les données financières sont disponibles pour le groupe Priceline, maison mère de Booking.com. Il semblerait que Booking.com contribue à plus de 85% au résultat du groupe. Par simplicité, j’ai considèré que 100% des résultats du groupe venait de Booking. Les résultats du groupe sont accessible sur le site http://ir.pricelinegroup.com


Principaux résultats financiers du groupe Priceline. (extrait du rapport annuel)


Dépenses internet du groupe (extrait du rapport annuel)

2000 km au Laos…

Cette année, pour le Têt, nous avons décidé de mettre le cap sur le Laos.. De Hué où
nous habitons, ce n’est pas très loin, à peine 100 km … Destination intéressante pour nous: tandis qu’il fait frais au Vietnam (nord et centre) en cette saison, il fait normalement chaud du coté du Laos. Le froid et la pluie venus de chine sont stoppés par la cordillère annamitique qui fait office de frontière.

Un peu plus de 2000km avec notre moto – ou plutôt scooter – en 2 semaines, c’est beaucoup, mais les distances sont grandes en territoire laotien et il y a peu de monde dans les campagnes !


Notre arrivée a Luang Prabang..

Nous sommes partis de Hué vers A Luoi, puis avons suivi la piste Hochiminh jusqu’à Lao Bao, le poste de frontière. Puis direction vers Savannakhet, Thakhet, Paksan et Ventiane. Ensuite, cap vers le nord, vers Luang Prabang avec un stop à Vang Vieng. Retour en arrière pour rejoindre la route vers la plaine des jarres, à Phonsavan. De la, nous avons suivi la route vers l’Est, qui s’est avérée mauvaise après 30 km. On a rebroussé chemin pour suivre la route 1D, superbe route terminée en 2013 et qui nous a permis de rejoindre ensuite la route vers Lak Sao, frontière du Laos avec le Vietnam au niveau de Vinh.

Le contraste est grand entre les 2 pays. Le Vietnam, surpeuplé avec ses 90 millions d’habitants, est un pays plein d’énergie comparé au Laos et ses 6,5 millions d’habitants (pour une surface égal à 60% de celle de son voisin), où les habitants sont calmes et indolents.


Étonnant spectacle de la plaine des jarres

Il y a peu de routes macadamisées au Laos. Celles qui existent sont larges et globalement en bon état. Il y a peu de circulation et les laotiens, comparés aux vietnamiens, conduisent prudemment et respectueusement. Quel bonheur de ne pas entendre de klaxons pendant 2 semaines !

Nous avons bien aimé la gentillesse et la politesse des laotiens. Il y a de l’espace pour tous, et les maisons sont larges avec de grands terrains autour. On mange de l’excellent poisson et la bière Lao Beer est bonne !

En revanche, on a eu le sentiment que les laotiens ne faisaient pas grand-chose pour la mise en valeur de leur pays.. Les étrangers (chinois, vietnamien, thai) sont à présent nombreux dans le pays et font des investissements productifs. Les laotiens exportent le bois et spéculent sur les terrains qu’ils vendent tres cher aux étrangers. Avec l’argent gagné, ils achètent de belles voitures !

D’un point de vue touristique, les anciennes villes « coloniales » (Savannakhet, Thakhet, Ventiane) ne présentent plus d’intérêts. Quelques expatriés essayent avec beaucoup d’énergie de mettre en valeur un patrimoine riche, mais difficile de lutter contre l’indifférence générale à l’abandon.


Vie tranquille au Laos

Les forets font l’objet d’une intense exploitation, et nous n’avons traversé que des forets ordinaires. Nous sommes déçus de n’avoir vu aucun éléphant. En 15 jours de voyage, nous avons vu un serpent, quelques civettes, c’est peu… Si nous avons vu le calao, l’oiseau national, il était mort et à vendre sur l’étal d’une ethnie le long de la route..

Si l’on voit beaucoup de minorités ethniques, celles-ci ne portent plus leur tenue au quotidien.


Rencontre magique et unique le long de la route..

L’écrin du Laos, Luang Prabang, est le seul endroit digne d’intérêt.

Pour beaucoup de raisons, le Vietnam nous semble beaucoup plus intéressant.

Reste à visiter la prochaine fois le nord Laos et le plateau des Bolovens…

A suivre…