Les trésors de nos musées

Les réserves des musées regorgent de pièces accumulées au fil du temps mais rarement présentés au grand public. Internet permet de rendre accessible ces collections et on ne peut que féliciter les efforts entrepris par certains musées pour numériser ou photographier ces œuvres. C’est le cas du musée du Quai Branly qui met en ligne des milliers de documents – principalement des photos – sur l’Indochine.

Parmi les documents en couleur, on trouve quelques tableaux et dessins fort réussis mais totalement inconnus. C’est l’occasion d’en présenter quelque uns ici pour les faire sortir de l’oubli..

Charles de Fouqueray ( 1869-1956) est le plus connu des peintres présentés ici. Le tableau représente le Port de Saigon. Il a été peint dans les années 20 ou au début des années 30. Il mesure 1,5m*2,5m..

Charles de Fouqueray a étudié à l’école des beaux arts de paris et se passionne très tôt pour les bateaux. A défaut de devenir marin lui-même, il devient peintre officiel de la marine en 1908. Il obtient le prix d’Indochine en 1914, prix qui permet à un artiste de voyager gratuitement jusqu’à la destination.. Il voyage aussi au Moyen Orient et en Grèce et rapportera de tous ces voyages de très nombreux dessins et aquarelles qui lui serviront plus tard pour des peintures à l’huile. Il illustre aussi des ouvrages comme ceux de Farrère ou de Loti. Il participe activement aux expositions coloniales pour des tableaux ou des fresques. En 1929, il reçoit également une commande pour l’hôtel de l’empereur d’Annam à Paris, avenue de Lamballe.

Frederic Bernelle est un autre peintre fasciné par les bateaux. Le musée possède 19 de ses œuvres, des peintures à l’huile et des dessins. Certaines toiles furent destinées à la décoration du pavillon de l’Indochine lors de l’Exposition Coloniale de 1931. Le tableau présenté ci dessous est intitulé « Pécheurs à la crevette devant Hong Bay (baie d’Along) ».

Lucien Lièvre (1878-1936) gagna le prix de Madagascar et celui de l’Indochine. Le tableau présenté est intitulé « Baie d’Along », huile sur toile de 1,8 *1,4m. En Indochine, il sera aussi professeur à l’Ecole des Beaux Arts de Hanoi, sous la direction de Victor Tardieu.

Louis Rollet (1895 – 1988) fait parti aussi de ces peintres voyageurs. C’est un élève de Fouqueray. Il se rendra tout d’abord à Madagascar et influencera fortement la peinture locale. Il gagne ensuite le prix de l’Indochine et s’y rendra en 1930. En 1931, il expose certaines de ses toiles à l’Exposition Coloniale de Paris. Sept œuvres sont accessibles sur le site du musée, dont 3 sur l’Indochine. Celle présentée ci-dessous est intitulée « Dévotions indochinoises » (1,8 m*1,3).

Suzanne Depincé est un autre peintre français du début du siècle dernier. Deux toiles sont dans les réserves, dont cette « jeune annamite » (56 * 35cm).

Joseph Inguimberty (1896-1971) a, quant à lui, été recruté par la mission Tardieu comme professeur des arts décoratifs pour l’école des beaux arts de Hanoi. Il arrive donc en Indochine pour l’ouverture de l’école en 1925 et y restera jusqu’aux événements de 1946. 20 ans de présence pour une production abondante, principalement centrée sur les scènes de vie du nord Vietnam. Il se passionnera aussi pour la laque, technique locale qu’il découvre à son arrivée.

Le tableau qui suit est intitulé « Travaux de ferme au Tonkin », une huile sur toile peinte en 1930 (243 cm* 300 cm)

Autre peintre, autre style… Militaire dans l’infanterie coloniale, Peraqui est actif vers 1930. Il laisse quelques peintures à l’huile et autres dessins qui représentent des scènes de la vie quotidienne des militaires…

Marie Antoinette Boullard-Devé (1890 – 1970) étudie les Beaux Arts en 1908. Elle part vivre en Indochine avec son mari et fera un séjour aux temples d’Angkor. De retour a Paris pendant la guerre, elle partira rejoindre son fils a Tanger ou elle finira sa vie. L’œuvre majeure fut réalisée pour l’exposition coloniale de 1931. Elle mesure 40 mètres de long. Une exposition récente dans l’ancien musée des colonies présenta une partie de cette frise. Les fragments sont accessibles en ligne.

Je n’ai pas trouvé grand chose sur l’artiste Vu Gia (1900-1976). Sa présence est avéré en France. Il peint sur de la soie et son style ressemble aux tableaux de Mai Thu. Le charmant petit tableau présenté ici s’intitule « au commencement de l’amour » (46cm* 33cm).

Paul Sarrut (1882-1969) est un peintre et un graveur né à Bordeaux. Dans les réserves du musée, et concernant l’Indochine, on trouve des portraits de nombreux personnages historiques : Francis Garnier, Chaigneau, Francois Pallu, Monseigneur Pigneau de Behaine, Lambert de la Motte, Alexandre de Rhodes, Doudart de Lagree. Le portrait qui nous intéresse est celui de Phan Thang Giang.

Phan Thanh Gian (1796-1867) fut l’un des plus hauts mandarins de la dynastie Nguyen, du temps de Minh Mang et du roi Tu Duc, à une époque où les puissances occidentales lorgnaient sur le pays. En 1862, il négocie la cession de 3 provinces autour de Saigon en faveur de la France. Puis en 1863, il participe à l’ambassade envoyée en France par Tu Duc pour tenter de racheter les provinces perdues auprès de napoléon 3, en vain. Loyal vis-à-vis tant de son monarque que de ses adversaires, il ne parvient pourtant pas à empêcher la prise des 3 provinces par les français, à la suite de laquelle il se suicidera en 1867. Les français eurent beaucoup d’estime pour ce haut personnage d’Etat.

Toutes les photos proviennent du site http://collections.quaibranly.fr/
Les sources des commentaires sont issus d’internet.

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