Quand une famille vietnamienne invite des étrangers à manger, ceux ci sont émerveillés de voir le nombre de mets servis ! Les plats sont aussi nombreux que différents : poissons, viande, nems, légumes, soupes et bien sur, le riz.
Ces repas sont le fruit d’une patiente préparation, car l’on cuisine tout soi même. Il y a bien des surgelés au Vietnam, mais rare sont ceux qui les utilisent. Même chose pour les réfrigérateurs : la culture dominante est celle de l’ultra frais et la grande majorité des femmes vietnamiennes va tous les jours au marché.
Il faut ensuite passer de longs moments à cuisiner et présenter chaque plats dans de petits bols puis sur un plateau rond, autrefois en bois.

Si la forme n’a pas beaucoup varié, le contenu s’est enrichi !
Inutile de dire que dans la société traditionnelle vietnamienne les femmes sont celles qui font tout. Un lourd travail qui prend facilement plusieurs heures par jours. Pour les anniversaires de décès et les repas de culte (2 à 3 fois par mois a Hue..), c’est pire…
Je me suis souvent demandé comment nos repas occidentaux, où l’on se contente d’une entrée-plat-dessert, étaient perçus par les vietnamiens. La semaine dernière, dans le cadre de nos activités professionnelles, nous avons invité une famille traditionnelle de Hué avec deux jeunes enfants et nous leur avons préparé un « fish and chips » avec un excellent poisson et une mousse au chocolat en dessert..Tous ces plats, pris individuellement, sont appréciés par les vietnamiens, nous en avons fait l’expérience antérieurement..
Comme il n’est pas toujours aisé de connaitre l’opinion des asiatiques, nous avons utilisé des amis communs pour connaitre leur sentiment. Bien nous en a pris ! Malgré la passion dévorante du gamin pour la mousse au chocolat, les parents ont trouvé que nous ne savions pas cuisiner et que nous étions « radin » d’avoir préparé aussi peu de plats.. Ils s’attendaient à une orgie de nourritures.. Sous des sourires radieux, ils sont partis en réalités déçus et ont déclarés qu’ils ne reviendront pas..
Cette passion pour la nourriture est devenu, au fil des ans et avec l’élévation du niveau de vie un véritable plaisir débordant. Voire même une obsession et une compétition entre les familles, chacun voulant faire mieux que les autres, question de prestige… Aucune autre activité n’a cette ferveur. La culture, les loisirs, le sport sont loin derrière.. seule la nourriture rallie a elle seule toute la population, dans les campagnes comme à la ville et quelque soit le niveau de richesses.. Comme on peut l’imaginer, des montants énormes sont consacrés aux dépenses de bouches et les restaurants poussent comme des champignons..
Même au quotidien, les vietnamiens ont les yeux plus gros que le ventre et, au sein de notre couple, il m’a fallu beaucoup de temps pour adapter les repas à notre appétit..Avec un succès très relatif ! Car il est difficile de lutter contre la culture dominante… d’ailleurs, on ne dit pas « bonjour » comme en France mais « an com chua ? » qui signifie « avez-vous pris votre repas ? »..
La richesse des produits naturels au Vietnam contribue ainsi au bonheur des foules… heureux soient ils ! Et quelle chance ont-ils de ne pas être sujets à l’obésité !
Un peu de rêve maintenant.. savez vous que vous pouvez embaucher une cuisinière qui ira tous les jours au marché, préparera vos repas du midi et reviendra le soir pour vous préparer le dîner.. tous les jours du mois, pour … 60 euros ! (1,5 millions de dong a hue en 2015).