Covid au Vietnam : la situation s’améliore

A ce jour, 24 octobre, on recense encore plus de 3000 cas par jour au Vietnam, après avoir dépassé plus de 10.000 cas par jour pendant plus d’un mois. L’épidémie a cependant été principalement contenue à Saigon et la province industrielle limitrophe, celle de Binh Duong.


Lutte contre le covid a saigon, le 6 aout dernier (photo vnexpress)

La seule solution qui s’imposait était la vaccination en masse des habitants. Partant de presque 0 au début juillet, la population est à présent vaccinée à 50% pour une première injection et 20% complètement. C’est encore peu, mais le retard se comble petit à petit.

Hue a été épargné à nouveau par cette nouvelle vague de covid. Des restrictions avaient été mises en place, comme l’interdiction de se baigner dans la rivière des parfums, activité populaire depuis quelques mois.. Les monuments historiques aussi, mais de toute façon, il n’y avait aucun touriste vietnamien. La plupart des mesures ont été levées au début de ce mois. Les écoliers sont retournés à l’école, ce qui est de bon augure. Seuls les espaces publics comme les karaokés, les cinémas sont encore complètement fermés. Les déplacements entre les provinces sont en revanche toujours difficiles, voire impossibles.


Un camion spécialement conçu pour la vaccination a été mis au point au Vietnam (photo vnexpress)

Mais c’est dans le sud que la situation a été très difficile. Le confinement stricte a duré plus de 3 mois. L’absence de résultats positifs a forcé les autorités à interdire aux gens de sortir pour faire les courses. Ce sont les militaires qui se sont chargés de cette tache !

L’image que l’on retiendra de cette tragédie est les 1500 enfants de Saigon qui sont devenus orphelins suite aux décès de leurs parents voire des grand parents, tous ayant été contaminés dans leur logement exigu.

Officiellement, le nombre de décès a dépassé 300 par jour pendant 2 mois.

La face visible du Covid au Vietnam fut la fuite de 1,3 millions de travailleurs du sud vers leurs régions natales au début juillet, lorsque l’activité économique s’est arrêtée. Escortés par la police, ces migrants ont traversé le pays en moto pour ensuite être mis en quarantaine dans leur province. Mais devant les risques « d’exporter » le covid dans les régions, les travailleurs vivant dans le sud ont été sommés de rester sur place. Faute d’épargne, ces familles ont vécu un enfer, mangeant parfois que des nouilles instantanées pendant 2 mois. L’état a fini par leur verser un maigre pactole pour survivre.


Migrants repartant chez eux, roulant parfois plus de 2000 km..(photo vnexpress)

Apres avoir été vacciné et suite au relâchement des restrictions début octobre, ce sont à nouveau des centaines de milliers de gens qui ont fui les 2 régions du sud. Les scènes de début juillet ont à nouveau fait la une dans la presse. Les premiers à fuir sont les migrants sans existence légal et que le gouvernement ne recense pas.

Ces migrations inquiètent au plus haut niveau, d’un point de vue économique cette fois ci. Les usines du sud vont commencer à rouvrir, mais doivent faire face à une hémorragie de personnel. Même si ceux qui sont partis vont sans doute revenir, ce ne sera pas avant le Tet, début février. D’ici la, les entreprises de chaussures, d’électronique, du textile, mais aussi du commerce vont souffrir. Les occidentaux ne sont pas sur d’avoir leurs cadeaux « made in vietnam » au pied du sapin cette année ! Le seul point positif est pour les travailleurs : on peut en effet espérer que les offres de travail soient plus attractives pour les faire revenir…


Mur érigé entre 2 quartiers à saigon, l’un étant plus touché que l’autre par le covid ! Le mur a finalement été enlevé assez vite…(photo vnexpress)

Pour le tourisme enfin, rien de nouveau. Les frontières sont toujours fermées. Pour les français vivant au Vietnam, la France a envoyé des vaccins et il est probable que tous ceux qui le voulaient ont eu leur injection. A Hué, les étrangers ont reçu leur 1er injection il y a 3 semaines.

Hommage au Père Etcharren, missionnaire

Le Père Etcharren est décèdé à Hué ce 21 Septembre 2021.


Le Père Etcharren (au centre) lors de son sacerdoce (voir article en avril 2018)

Apres avoir été ordonné prêtre aux Missions Étrangères de Paris (MEP) à l’age de 25 ans, il arrive comme missionnaire la même année au Sud-Vietnam, 3 ans après le départ des français. Quel accueil les vietnamiens allaient-ils lui faire ? C’était sa grande préoccupation. Finalement, tout se passa bien.. Il apprend le vietnamien puis devient vicaire à Notre Dame de Lavang en 1959. Puis il passe quelques années comme professeur à Hué, d’abord au Collège de la Providence, puis au petit séminaire du diocèse. Il est ensuite nommé curé de Dong-Ha et responsable du district du 17ème parallèle. En 1972, il accompagne les réfugiés de son secteur au camp de Hoa-khanh, près de Da-nang, puis, en 1973, s’occupe de la réimplantation de ces réfugiés dans la province de Binh-tuy.

En 1975, il doit quitter le Vietnam. De retour en France, il s’occupe de l’accueil des réfugiés vietnamiens. Il occupe ensuite différentes fonctions au sein des MEP jusqu’à en devenir le Supérieur Général de 1998 jusqu’en 2010. Il passe ensuite sa retraite à Hué, ou il célèbre 60 années de sacerdoce en 2018 (photo ci dessous, prise à la cathédrale Phu Cam).

Il est enterré au cimetière du Grand Séminaire de Hué. Il repose avec de nombreux missionnaires Français, au milieu de prêtres vietnamiens.

La mosquée indienne de Hué

Pour les quelques Huéens que nous avons interrogés, il s’agit d’un temple hindou.. Mais ce n’est pas un temple, c’est une mosquée construite par et pour des indiens musulmans. Elle est tellement discrète et bien cachée qu’il m’a fallu plusieurs années à Hué pour apprendre son existence. Etonnamment, même Tim Doling n’en parle pas dans son guide pourtant très exhaustif (1) et c’est un petit plan sommaire de la ville, distribué dans quelques hôtels de la ville, qui indique son emplacement !

Elle se situe dans une étroite ruelle au niveau du 120 de la rue Chi Lang, située dans le quartier Gia Hoi, autrefois la partie commerciale de la ville occupée principalement par les chinois.

Grace aux informations collectées aux archives des colonies à Aix en Provence (2), on sait que cette mosquée a été construite en 1921 à la demande des musulmans locaux, une communauté de 35 personnes. La demande de permis de construire a été formulée par des sujets britanniques. Ces musulmans étaient probablement originaires de la région de Madras, au sud de l’inde. On sait en effet que la plupart des musulmans indiens présents en Indochine provenaient de cette région. Ils ont érigé des mosquées non seulement à Saigon, Hanoï et donc hué, mais aussi à Mytho et Tra Vinh. Ils parlaient le Tamoul.

Dans un livre sur Hué, on estime la communauté indienne en 1905 à 10 individus seulement. Les chinois sont estimés la meme année à 450 personnes. La ville à l’époque avait 60.000 habitants.

Dans l’annuaire de l’Indochine de 1925, deux commerces indiens sont signalés à Hué :
KASSIMSSAH, mercerie et divers, rue Paul-Bert.
MOUGAMADOU ISSOUMESAH, marchand d’étoffes, rue Paul-Bert.
La rue Paul Bert est la rue actuelle Trang Hung Dao, et c’était la « nouvelle » rue commerçante de la ville, face au marché Dong Ba.

12 ans plus tard, toujours dans l’annuaire de l’Indochine, on note trace de 2 commerçants indiens:
AVE-MOHAMED ISSOUP, Tissus en gros et demi-gros, au 143 rue Paul Bert et toujours Issoumessah. Ces 2 commerçants font partis de la centaine de personnes ayant le téléphone à cette époque à Hué. On peut donc en déduire que ces indiens étaient des commerçants importants de la ville. Dans un autre ouvrage, on indique que les indiens de Hué faisaient toujours venir leur marchandise de Tourane. Le tissus provenait de Singapour ou de Bombay.

Et quand on interroge les « anciens » de Hué, on nous parle toujours tissus. Ces indiens vendaient des tissus aux motifs uniques, des soieries introuvables ailleurs et toujours à des prix très raisonnables. Près de la mosquée, on nous a parlé aussi d’un vendeur d’épices et de curry. Les indiens de Hué ont-ils fait souche ? on n’a trouvé aucune famille d’origine indienne à Hué. La plupart des indiens sont partis sous la période Diem (1955—1963) et en 1975 pour les derniers. Les restaurants indiens actuels sont des implantations récentes.


La porte du lieu de culte

Sur l’unique carte postale trouvée sur les indiens de Hué, sans doute prise dans les années 20, on voit plutôt un commerce d’objets en argent.

Mais revenons à notre mosquée. A l’époque, le terrain allait jusqu’à la rivière. Apres 1975, les terrains ont été cédés à de nouveaux habitants. Quant à la mosquée elle-même, elle a été vendue à une famille de fonctionnaire qui la possède toujours, mais ne l’habite plus.


On distingue le mihrab, niche creusée dans le mur pour indiquer la Mecque.

Il faut dire que la surface n’est pas très grande, à peine 100 m2 tout compris et pas plus de 50m2 pour les parties habitables. On note de nombreuses colonnes et arches. A l’intérieur, on retrouve toujours le mihrab qui indique la direction de la Mecque. En revanche, pas de trace du bassin pour les ablutions. Pas vraiment non plus de minaret. Le carrelage est superbe, on le retrouve dans de nombreuses constructions de ces années là.

Les photos ont été prises en 2020 ou nous avons eu la chance de pénétrer à l’intérieur sans pour autant rencontrer le propriétaire. La propriété s’est assez dégradée depuis.

(1) Exploring Hue, Tim Doling, disponible au Vietnam
(2) Merci au groupe de recherches mené par Caroline Herbelin pour ses précieuses informations

Les Indiens en Indochine

La présence d’une mosquée indienne à Hué autrefois me donne l’occasion d’évoquer la présence des indiens en Indochine.

Les premiers indiens sont arrivés à la demande des français peu après la conquête de la Cochinchine. Ces indiens, des tamouls, sont venus des territoires français en Inde, principalement de Pondichéry et de Karikal, au sud de l’inde. Ils avaient l’habitude de travailler avec les français, ils parlaient leur langue, ils étaient loyaux. Ils occupaient ainsi des postes subalternes dans l’administration. Leur statut spécifique leur permettait d’obtenir, tout comme les français fonctionnaires, des congés réguliers pour retourner dans leur pays. Certains travailleront aussi comme comptable dans les maisons de commerce de Saigon. Beaucoup plus tard, en 1909, des soldats indiens des territoires français viendront rejoindre les troupes françaises en Indochine.

On croise aussi d’autres indiens à Saigon, et notamment les cochers des « boites d’allumettes » ou « malabars », ces petites carrioles tirées par des chevaux locaux, et qui servent de moyens de transport collectifs.

Mais les plus connus sont les Chettys. Ils sont aussi tamouls, mais hindous. Ils forment la corporation des changeurs d’argent, des préteurs. Ils rendent d’innombrables services à la population locale, y compris les petits fonctionnaires français, car les banques ne prêtent qu’aux riches ! Bien sur, les taux sont proches de l’usure et les chettys, comme les chinois, sont souvent montrés du doigt. On ne les aime pas car leur profits sont renvoyés en Inde et ne profitent pas à la colonie. Certains sont devenus de gros propriétaires fonciers. La face visible de leur richesse est la beauté des processions qu’ils organisent lors des fêtes religieuses.

D’autres tamouls, des musulmans cette fois ci, sont venus aussi en Indochine pour faire du commerce. On les retrouve dans le commerce de l’or, de la bijouterie et surtout du textile. Les vietnamiens produisaient de l’étoffe grossière. Les français fabriquaient localement du tissus en grande quantité, mais ne se souciaient pas du gout des locaux. En revanche, le tissus des indiens avait une excellente réputation : prix, qualité et colories. Certains commerçants ont fait fortune, comme Adbul Aziz à Saigon et Mohamed Said à Hanoi. En 1928, Gilbert Tranh Chanh Chieu appelle au boycott de ces marchands de tissus indien, tout en incitant les vietnamiens à faire mieux. En vain.

Combien sont-ils en Indochine ? en 1910, on estime leur nombre à 1000. En 1937, on parle de 6000 indiens dont 1000 ou 2000 issus des territoires français. 1000 seraient musulmans. Comme on le voit, leur présence n’est pas considérable. Ils ont un avantage non négligeable par rapport aux locaux, c’est le droit de pouvoir circuler et de commercer librement partout.

Les indiens sont considérés comme de très bons commerçants, courtois, discrets, honnêtes. Mais on leur reproche de n’être « que de passage ». Ils sont solidaires entre eux, au sein de leur communauté. Ils se marient surtout entre eux. Les plus riches peuvent avoir une famille en Inde et une autre en Indochine. Les enfants sont éduqués en Inde et viennent en Indochine pour développer les affaires familiales.

Au départ des français, la situation des indiens est moins favorable avec le gouvernement Diem. Malgré une stricte neutralité, les indiens sont perçus par la population locale comme les « collaborateurs » des français puis des américains. Apres 1975, ils devront quitter le pays, comme tous les étrangers. Ceux qui viennent des anciens comptoirs français pourront partir librement en France, comme Français ou comme refugiés suivant leur statut.


Mosquee indienne à Saigon

Sources : gallica et des articles trouvés sur internet. Il ne semble pas exister d’ouvrages complets sur ce sujet. Cela pourrait faire l’objet d’une thèse intéressante.

Covid 19 vietnam: l’impasse du « zéro covid »

Le Vietnam a été acclamé par le monde entier en 2020 pour son efficacité en matière de lutte contre le Covid, en limitant à la fois les confinements globaux tout en maintenant une croissance économique de plus de 2,9% ! Des résultats qui ont été obtenus directement grâce à la stratégie « zéro Covid » basée sur une traçabilité des cas contacts et leurs isolements strictes. Et aussi sur la fermeture des frontières.


Véhicule de prévention à Hué le 11 juillet 2021

Sauf que les variants se jouent de cette politique ! Certains pays limitrophes ont donné des signes avant coureurs, comme Taiwan, le Laos, le Cambodge et surtout la Thaïlande.
Les premiers cas de la 4eme vague au Vietnam sont arrivés fin avril, dans des zones industrielles de la région de Saigon. La difficulté tient à la taille des usines, dont on découvre que certaines d’entre elles ont plus de 50.000 ouvriers (dans la chaussure) ! Comment faire pour isoler les ouvriers tout en maintenant les objectifs de production ? Le manque de structures d’hébergement rend la mission quasi impossible. D’où la forte hausse des contaminations. Pendant le mois de mai et juin, les chiffres tournaient autour de 200 cas de covid par jour. A ce rythme, on peut encore croire à l’éradication de l’épidémie.

Et puis d’un seul coup, début juillet, les chiffres se sont emballés en dépassant 1000 cas par jour… la courbe est exponentielle et atteint à la date d’aujourd hui, 24 juillet, 7000 nouveaux cas par jour.


Certaines usines logent leurs ouvriers confinés sur place.. (photo vnexpress)

Le Vietnam a-t-il été trop confiant dans sa stratégie du « zéro Covid » ? La vaccination n’est vraiment à l’ordre du jour que depuis quelques semaines. Alors que les pays occidentaux ont tout misé sur la vaccination, le Vietnam a pris du retard. 0,3% des habitants ont reçus les 2 doses à ce jour contre plus de 44% en France.

Du coup, les confinements stricts de villes ou provinces sont la seule solution actuelle. Saigon, ville de plus de 10 millions d’habitants est confinée depuis le 8 juillet. Interdiction de sortir de chez soi. Ceux qui connaissent Saigon savent qu’un confinement là bas n’a rien à voir avec un confinement en France. Les logements sont exiguës et sans confort, la surpopulation est forte, la chaleur débilitante. Les gens ont l’habitude de vivre dehors. Au pays de l’ultra frais, la nourriture devient un problème. Comment se nourrir alors que les marchés sont fermés ? Ici, on ne connait ni les surgelés ni les boites de conserves ni meme le stock de denrées alimentaires! L’essentiel de la population ne peut plus exercer son gagne-pain quotidien, des vendeurs de billets de loterie aux xe om. Le ville est à l’arrêt, une chose inimaginable, jamais vu jusqu’ici, même au 1er jour du Têt !

D’autres provinces sont aussi confinées strictement, dans le sud principalement, comme la ville de CanTho. Mais l’épidémie se répand, et les mauvaises nouvelles aussi : Hanoi est elle aussi confinée strictement depuis ce matin, 24 juillet.


Confinement à Saigon (photo vnexpress)

A Hué, on retient son souffle. La nouvelle vague du Covid n’a apporté que quelques cas. Mais, à titre de prévention, toutes les activités sociales ont été interdites ou limitées pendant 1 mois en juin. Tous les rassemblements sont interdits et continuent de l’être à la date d’aujourd hui. La semaine dernière, les activités sur la rivière des parfums, comme le paddle, le pédalo, la baignade, ont été suspendues.

Toutes les provinces se ferment sur elle même, et il est très difficile de se déplacer. Des contrôlés sanitaires sont partout, on vous suit à la trace. Si vous revenez d’un endroit infecté, vous devez vous soumettre à une quarantaine de 2 voire 3 semaines.. En partie en zone fermée.

Ces nouvelles mesures sont aussi une souffrance pour les enfants car nous sommes en pleine vacances scolaires. Aucune activité de groupe n’est autorisée.

Bon exemple en 2020, le Vietnam se trouve aujourd hui dans une impasse. Comment juguler 7000 cas de covid par jour ? Impossible. Comment confiner des villes entières pendant plusieurs mois ? Impossible. Reste l’accélération de la vaccination. Plus facile à dire qu’a faire, cela prend aussi du temps. Et je ne parle même pas de la réouverture des frontières aux touristes..


Confinement dans l’ancienne rue Catinat (photo vnexpress)

Le Vietnam a toujours prouvé sa formidable capacité d’adaptation aux événements les plus durs. Alors attendons la suite avec optimisme!

Hué : une maison unique des années 50

Une maison unique par son style se trouve au 43 de la rue Nguyen Thai Hoc, en face du stade. J’ai toujours cru que cette maison avait été convertie en pagode, du fait de la présence d’un grand bouddha dans le jardin, mais en fait non. Il s’agit d’une maison conservée pour honorer la mémoire de la famille Tran Ky. En dehors du gardien, membre de la famille, personne ne vit dans les pièces principales.

Cette maison a été construite au début des années 50 par une famille « possédant plusieurs fermes dans les environs de Hué » (1). Le mari, un docteur vietnamien, était parti au nord Vietnam rejoindre les troupes nationalistes, laissant sa femme et ses enfants en plan. Pour faciliter l’éducation de ses enfants, leur mère a décidé d’acheter un terrain en ville puis de mandater un architecte moderne pour construire la maison. Rappelons que le stade a été construit en 1936 et ce quartier, constitué de rizières uniquement, va se développer tout doucement à partir de cette époque. Il faut dire que ce quartier était fréquemment inondé, ce qui n’attirait pas les foules. Les enfants serviront par la suite le régime sud vietnamien en s’engageant dans l’armée. En 1975, la maison est saisie par les autorités, puis restituée après plusieurs années de demarches quotidiennes de la part de leur mère.

La famille vit à présent aux Etats-Unis.


Les grilles de fer forgé sont particulièrement modernes pour l’époque

La maison est assez simple, de plein pied. Elle est composée de 3 pièces, le tout ne dépassant pas 90m2. A l’arrière, séparée de la maison principale comme c’était le cas autrefois, on y trouve la cuisine. En 1975, une partie du terrain a été accaparé par deux familles. Aujoud’hui, la propriété fait encore 1000m2, ce qui est tout à fait notable dans ce quartier, ou les prix flambent (la valeur du terrain dépasse les 5 millions de dollars…).


Sur Facebook, on m’a indiqué que cette decoration était un « atomic boomerang » en vogue à l’époque


Le carrelage est un mix entre tradition et modernité

(1) source familiale via fb