5 juillet 1885 – le « guet apens de Hué »

Les habitants de Hué rendent le culte aujourd’hui (23 mai, calendrier lunaire) à tous ceux qui ont perdu la vie le 5 juillet 1885, dans ce que les Francais ont appelé le « guet apens de Hué ».


Tout au long de la journée, les huéens honorent le souvenir des morts liés à ces événements (et à ceux de 1968)

A cette époque, la pression des Francais se fait de plus en plus forte sur la Cour de Hué pour faire cesser la résistance contre eux dans le nord du Vietnam (Tonkin). La cour de Hué n’est pas assez forte pour résister à ces « diables de barbare »… et les deux régents qui dirigent le pays à la place du jeune roi Ham Nghi cherchent le bon moyen pour réussir. Extermination des chrétiens (supposés être du coté de l’envahisseur) et attaque des troupes françaises à Hué sont les deux facettes du plan finalement adopté.
Le « guet-apens » contre les français a lieu ce fameux 5 juillet, en plein nuit. 1500 soldats du coté français répartis sur 2 positions, 22.000 coté vietnamien. Les boulets pleuvent sur les positions françaises qui, malgré tout, résistent. La supériorité du commandement et de l’armement fera le reste. On peut lire sur les troupes du Roi : « Ces gens, complètement nus pour la plupart, leurs longs et épais cheveux tombant sur les genoux, armés de mauvais fusils et de coupe-coupe, se sont battus avec une sauvagerie héroïque ». Au petit jour, les français contre-attaquent et s’emparent de la citadelle… C’est la panique générale coté vietnamien : le roi s’enfuit avec l’un des régents, la famille royale quitte le palais dans une pénible débandade. La population, elle, a déjà fuit la ville. Quelques heures plus tard, la drapeau français est hissé sur le cavalier (tour du drapeau). Mais c’est la désolation : 1800 cadavres annamites jonchent le sol. Très peu coté français.
Le pire est à venir. Le régent en fuite appelle à la révolte générale contre les français et les catholiques. 40.000 chrétiens mourront peu après à travers tout le pays. A Hué, le Général de Courcy, à qui l’on doit en partie ces événements malheureux, ne contrôle pas ses troupes et la citadelle est pillée. L’art y perdit des merveilles : des diadèmes, des couronnes,des bagues enchâssées de pierres précieuses, furent enlevés, brisés, et vendus par morceaux (d’après Camille Paris). La ville, faite de paillotes, est en feu. Comme les cadavres ne sont pas ramassés, le choléra éclatera peu après et fera 700 victimes coté français (sur 3500 soldats..).


Cérémonie au temple des ames errrantes, sur la rue Mac Thuc Loan dans la veille ville

Cet événement précipitera l’ascendant des français sur la famille royale et transformera progressivement le protectorat initialement prévu en une main-mise pure et simple du royaume d’Annam. Rattraper le roi Ham Nghi en fuite ne fut pas une sinécure : on mettra plus de 3 ans à l’appréhender..Le régent Thuyet, à l’origine du guet apens, finira ses jours en chine, isolé de tous. Le général de Courcy rentrera en France, s’enfermera dans un lourd silence et mourra prématurément de tristesse, dit on.. Quand aux trésors de la cour d’Annam, ils furent perdus à tout jamais…

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