L’autre but de notre voyage était de rencontrer les Pathen. Il faut dire que leur tenue, rouge, est superbe. La première étape fut donc de les localiser car ils sont à peine 6000 de nos jours. La plupart d’entre eux vivent à proximité de Bac Quang, au sud de Ha Giang. Une recherche dans les vieux livres français et une visite au musée ethnologique de Hanoi nous ont aidé à en savoir plus..

Cuisine d’une habitation Pathen
Les Pathen sont arrivés de la chine il y a 200 ans. Ils vivent sur les hauteurs. Autrefois, on les appelait les « coupeurs de bois » et ils pratiquaient la culture sur brûlis. Ils ne se mariaient qu’entre eux.
Pour les rencontrer, nous sommes allés au bout d’une mauvaise piste de 15km, au fond d’une vallée abritant de nombreuses minorités. Les Pathen étaient tout au bout, avec des maisons de plein pied très modestes. Nous avons rencontrés un vieux monsieur en charge des cérémonies de culte pour sa communauté. Age de 70 ans, il a appris le vietnamien sur le tard, mais ne sait ni l’écrire ni le lire. Mais il est riche d’un illustre trésor : un recueil des pratiques cultuelles des Pathen qu’il a lui-même écrit en transcrivant les paroles de son grand père. Ce livre de mémoire est écrit avec des dessins, des symboles. C’est une écriture picturale qu’il nous aide à déchiffrer. On y parle de dragons, du soleil, de la lune, des rizières.. Le support est un papier à base de paille.

Ma femme en train d’essayer de communiquer en Pathen avec un recueil de vocabulaire trouvé dans un vieux livre..

Le livre de recueils des traditions Pathen
Mais nous n’avons pas vu de Pathen portant leur tenue.. la suite de notre périple nous en donnera l’occasion. La première partie de la route entre Bac Quang et Yen Binh (route QL 279) est en effet riche de familles Pathen. Il y avait la autrefois de nombreux « rays » (riziere sèche). Ceux sont maintenant des rizières inondées et des plantations de thé. Le long de cette route, nous croisons une mère de famille en train de tisser une tenue pour sa fille.
Lorsqu’une jeune fille Pathen se mariait, elle emmenait avec elle 4 tenues, un sac et une couverture. De nos jours, cela dépend du temps que sa mère peut consacrer au tissage des tenues. La dot du marié était de 30 pièces de monnaie, un cochon, 12 bouteilles d’alcool et 4 coqs.
Les femmes allaient autrefois dans les champs avec leur tenue.. mais cela a été abandonné en raison du poids des tenues.. en plein soleil, vous pouvez imaginer l’effort qu’il fallait fournir pour les supporter ! De nos jours, on les revêt que pour les mariages et les fêtes.
Le tissus rouge de la tenue est acheté. En revanche, le tissus pour la coiffe et les broderies sont faites par les familles.
Il faut au moins 10 jours pour faire une coiffe qui est composée de 2 mètres de tissus noir et de 2,5 mètres de tissus rouge brodé. C’est comme un turban, le tissus est enroulé sur lui-même. On déroule le tissus après usage.. Autrefois, le chapeau pouvait être large d’un mètre.
La femme mariée porte une ceinture blanche et noire. Elle sera noire pour les célibataires. La mariée portera aussi, le jour de son mariage, un voile sur le visage.
Chose étonnante, les piastres indochinoises servent toujours pour la décoration des tenues…




