Dans les vieilles maisons de l’époque coloniale, il est rare de voir du mobilier ou de la décoration murale. Les vietnamiens sont plutôt minimalistes pour leur environnement intérieur, seul compte l’autel des ancêtres (et la photo de mariage des enfants..). Il y a cependant un trésor qui perdure, c’est le carrelage !
Le peintre Inguimberty ne fut pas insensible à la beauté des carreaux de l’Indochine, comme en témoigne ce tableau peint vers 1930 et intitulé « Janette, Dominique et la nourrice » (photo internet).
Voici un échantillon des carreaux remarquables encore visibles de nos jours…

On reconnait ici le traditionnel motif de longévité et, moins courant, les chauve-souris qui symbolisent, elles, le bonheur. Photo prise dans l’ancienne maison de la reine-mère Tu Cung (mere de Bao Dai) à Hué.
On continue a produire aujourd’hui des carreaux originaux ou des copies d’anciens. A Hue, un café a acheté les productions d’un atelier local pour les mettre en décoration (au début de la rue Dien Bien Phu). Effet réussi !
Nous avons visité l’atelier qui fabrique ces carreaux. Le process est assez simple et on peut le voir sur de multiples vidéos sur youtube. On positionne les couleurs sur un cadre, puis on retire le cadre et on ajoute du ciment puis du sable. On presse fortement quelques minutes. Puis on laisse sécher le carreau pendant une semaine. Le plus dur est d’élaborer la pâte de couleurs, car elle ne doit pas se mélanger avec les autres quand on retire le cadre.

L’atelier qui emploie 10 personnes
A l’usage, les carreaux laissent pénétrer les liquides. Il est important de les revêtir d’une couche imperméable, chose qui n’est pas faite lors de la production. Les carreaux nous ont été vendus 0,5 euros pièce.







