L’Indochine vue par les premiers explorateurs européens..

Il faut remonter au XIVéme siécle pour trouver une description du royaume du Champa (royaume précédant le vietnam actuel). C’est à Odoric de Pordenone que l’on doit cette description. Comme le vénitien Marco Polo, le franciscain fit escale sur les côtes de l’Annam au cours de son voyage en Chine. Le départ d’Odoric est lié au concile de Lyon ouvert en 1245 par le Pape Innocent IV qui aboutit à la création d’une mission en Chine, qui sera tenue par Jean de Monte-Corvino. Odoric partit en 1318 pour le rejoindre. Il passa par la Perse, les Indes, Sumatra, Java, la côte d’Annam et arriva à Canton. Son retour s’effectua par le Tibet et l’Arménie.
Ce manuscrit a été copié à la fin du XIVe siècle pour le duc de Bourgogne Philippe le Hardi. Le livre d’origine est la compilation de récits de voyages en Orient composée en 1351 par le bénédictin Jean Le Long d’Ypres, moine à l’abbaye de Saint Bertin. Cet ouvrage comprends 299 feuillets et il est connu sous l’appellation « Livre des Merveilles » à la Bibliothéque Nationale.

En tête de la planche, on lit : «Le livre Frère Audric », et sous la miniature : «Du royaume de Campe ». En voici la lecture, en français d’aujourd’hui !
« Du royaume du Champa. Près de l’île Natem est un royaume qui a le nom de Champa et [c’est un] très beau pays, car on y trouve toutes [forme de vie en] grande abondance. Le roi qui régnait en ce pays quand j’y fus avait bien 200 enfants, autant de fils que de filles, car il doit avoir épousé plusieurs femmes et un grand [nombre] de concubines.
Ce roi a bien 14000 éléphants privés, qu’il fait nourrir et garder par les gens des villes. En ce pays, on trouve de grandes merveilles, car [toutes les espèces] de poisson qu’on trouve en mer vont en ce pays, et l’on ne voit dans cette mer que des poissons. Et chaque espèce de poisson demeurent 3 jours sur la rive. Puis arrive une autre espèce, et ainsi de suite, jusqu’à ce que tous y soient venus une fois l’an seulement. Et quand on demande aux gens du pays [..] ils disent que les poissons viennent faire révérence au roi de ce pays. »

C’est donc une très belle description du pays qui tranche avec les récits parfois effrayants des autres contrées. Là, on parle « d’habitants à face de chien », d’autres « sans anus » ou encore des scénes de canibalisme entre membres d’une même famille… On l’a échappé belle !

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