La route de Tour Cham à Dalat a été construite au début des années 20 pour rallier la nouvelle station d’altitude de Dalat située à presque 1500 mètres d’altitude. Un peu plus tard, à la fin des années 30, c’est le train qui amènera les voyageurs jusqu’à la bas, dont une partie du tronçon est à crémaillère…
Durant l’été 1943, la jeune claudie Beaucarnot voyage en voiture avec ses parents à travers l’Indochine. Son pére, directeur de la société « Les Tuileries d’Indochine », emmène sa famille de Hanoi à Saigon à la faveur d’une tournée d’inspection. Claudie y tient à jour un merveilleux petit journal de vacances…
Le récit complet, ainsi que de nombreux additifs, est disponible sur le site http://www.bucknell.edu/Beaucarnot/diary.shtml
Voilà l’occasion de découvrir cette route qui existe toujours sous son tracé d’origine, et de suivre une partie de l’itinéraire à travers le récit de claudie Beaucarnot
« Nous attaquons la montée de Bellevue. On s’arrête à l’ombre d’un banian, dans un coin charmant. Plus bas coule un torrent. On prend de l’eau. Papa s’étonne de l’absence de votiques dans l’arbre. Car pour les Annamites, le banian est un arbre sacré. On voit toujours des pots de chaux accrochés aux branches des banians et souvent on trouve un petit autel devant. Mais c’est qu’ici, nous sommes en pays Moï: les croyances sont différentes. Les Moïs vénèrent d’autres divinités. »

Un pont de fer, sans doute construit par la société Eiffel qui en a vendu des milliers ici… Ce pont était celui du train.
« Un tournant et nous voyons la route en lacet que nous venons de grimper. Et dans la plaine, au milieu de la forêt, on voit
une longue traînée grise. C’est la route que nous avons prise. On aperçoit la crémaillère de temps en temps au dessous. Voilà, le kiosque de Bellevue écrasé sous les bougainvilliers. Quelle vue splendide d’ici ! »

Sur la route qui mène à Bellevue. Hélas, à Bellevue, je n’ai pas vu trace du kiosque …
« Nous arrivons à l’Arbre Broyé, but de notre voyage et où nous devons passer quelques jours dans un chalet que nous
avons loué pour les vacances. Il y a des cabanes en bois. On se croirait dans la forêt canadienne. Notre petit chalet ne
paie pas de mine extérieurement: il est en bois recouvert de paillote. Mais l’intérieur est mignon, propre et coquet. Tout est clair: les meubles, les rideaux aux fenêtres etc. … Malheureusement, il n’y à ni l’eau ni l’électricité. Papa s’empresse de nous mettre des lampes qu’il branche sur les accus de la voiture. Nous voilà éclairés.
Pour l’eau, ce sera plus long et plus difficile, la source étant assez éloignée. Mais nous y pourvoirons. »

Des maisons en bois, il en reste beaucoup ..
« Par ici toutes les maisons sont en bois: planches ou rondins. Dans la forêt, on fait des coupes de bois. Après la forêt, ce sont des vallons tous cultivés (thé).

Le charme de l’altitude….
La plantation de thé de l’arbre broyé..
« Voici Entre-Rays. Sa petite église en bois ressemble de loin à un jeu de construction. Nous dominons partout les
montagnes couvertes de pins qui ont l’aspect de cèdres »
La petite gare d’Entre-rays.. un bâtiment qui existe toujours, même si les rails ont été démontés depuis longtemps…
« Puis c’est la petite gare du Bosquet au milieu des pins avec ses petites maisons de bois de chaque côté de la route. Nous passons au milieu des plantations de quinquina de l’Institut Pasteur.
La gare du Bosquet, terminus de la ligne qui fonctionne toujours pour les touristes au départ de Dalat.
« Papa vient me chercher et nous retournons à la gare attendre notre train. Nous entrons dans le fourgon postal juste
derrière la locomotive. Et la montée s’effectue, lente, toute cahoteuse à cause de la crémaillère. Par la voie ferrée la vue
est beaucoup moins belle que par la route. Nous arrivons juste avant la nuit à l’Arbre-Broyé. Quel chic dimanche »
« Papa me montre les deux collines entre lesquelles on devait construire un barrage pour inonder la plaine de Dran. Cela aurait fait un lac immense dont le niveau serait monté jusqu’à la cheminée de la scierie Aviat. Les Grands Travaux d’Extrême-
Orient devaient exécuter ce travail dont le projet avait été fait plusieurs années avant cette guerre. Tout est cultivé dans cette vallée qui s’étend sur une cinquantaine de kilomètres de longueur »
Ce barrage sera finalement construit en 1962 avec des capitaux japonais. Les autorités coloniales, en la personne de l’Amiral Decoux, lanceront néanmoins le barrage d’Ankrouet, près de Dalat. Il sera inauguré en 1945.






Ce récit m’a passionnée. Qui l’a fait publier ? Bien à vous