La route la plus mythique de l’Indochine est la route Mandarine. Ainsi appelée car elle permettait aux mandarins, les haut fonctionnaires de l’Empire d’Annam, de rallier la capitale, Hué, en venant du nord et du sud du pays. Construite sous l’empereur Gia Long, elle fut longtemps qu’un petit sentier accessible à pied et à cheval. Les « courriers », ces fonctionnaires chargés d’acheminer les dépêches royales dans tout le royaume, l’empruntaient à cheval d’un relais (« tram ») à l’autre.

Le passage en bac, typique de la route Mandarine (collection personnelle)
Elle partait de Ca Mau, la pointe sud du Vietnam actuel, vers Langson, à la frontière de la Chine, distant de plus de 2300 km. Cette route était loin d’une sinécure : il fallait traverser de nombreuses rivières en bac ou franchir des obstacles naturels, comme le col des nuages (entre Tourane et Hué) par des escaliers abruptes. Les mandarins circulaient en chaise à porteur ou à cheval.
Vers 1910, après le chemin de fer, les français commencèrent par aménager une route plus carrossable pour l’automobile. On commença à voir fleurir d’innombrables ouvrages d’art, sous l’impulsion de l’ingénieur en chef Pouyanne.
Pour tous les coloniaux, les seuls à vraiment pouvoir voyager, la route Mandarine fut une formidable voie d’accès pour découvrir le pays. Des plates rizières du delta du Mékong aux pitons calcaires du Haut Tonkin en passant par le cap Varella (la pointe la plus septentrionale de la côte, au nord de Nha Trang) et le col des nuages.. Partout, on traverse des villages à l’accueil chaleureux de la population et respectueux des mandarins locaux. Des « bungalows », les premiers hôtels gérés par le gouvernement, parsèment l’itinéraire pour assurer le gite et le couvert des voyageurs. Il n’est pas rare de croiser le tigre.
La route Mandarine entre Saigon et Phan Thiet, passage de rivières.. (source collection du musée du Quai Branly)
Pour retrouver l’ambiance de cette route, il faut lire le livre « La route mandarine » écrit par Roland Dorgelès en 1925. C’est l’une des meilleures descriptions de l’Indochine de cette époque.
L’ancienne route Mandarine a laissé place à la Nationale 1, mais son tracé n’a presque pas changé. Le km 0 est toujours près de Lang Son.
Sur la route mandarine vers Tuy Hoa (nord de Nha Trang). Photo 1896 par A Salles, gallica


Bonjour François Denis,
Un flash, une pensée pour toi et me voilà sur LinkedIn pour te chercher. Je découvre ta nouvelle vie depuis 4 ans. Félicitation et tous mes vœux de plus grand bonheur.
Je viens de visiter votre site internet, très joli toutes ces illustrations et les photos. Et me voici sur ton blog, bravo. Je crois que là tu es vraiment dans ton éléments à 10 000 lieux de la Tréso de Confo. Pleins de belles et bonnes choses pour la suite. Au plaisir.
Béatrice N. (ex Tréso Confo)