En furetant dans les bâtiments anciens de l’hôpital, quelle fut ma surprise de découvrir une immense croix de lorraine enchâssée dans le mur d’une ancienne chapelle ! Symbole de la résistance lors de la 2eme guerre mondiale ? sans doute pas.. Ia croix de lorraine fut aussi, on l’a oublié, le symbole de la lutte contre la tuberculose à partir des années 20.
Et c’est effectivement dans l’ancien institut antituberculeux qui se trouve cette croix, dans la rue Ngo Quyen, face à l’hôpital international. En 1925 meurt de tuberculose le plus illustre des annamites, le roi Khai Dinh. Peu de temps après, sous l’impulsion de Mr Rigaux, industriel à Hué et du médecin chef Normet, une association voit le jour, la « Ligue des Amis de l’Annam ». Une loterie est organisée pour financer la construction des bâtiments qui verront le jour en 1928. On lui donne le nom de Pierre Pasquier, à l’époque Résident Supérieur de l’Annam et généreux donateur. Cet institut, équipé de radiologie, accueille à ses débuts 150 malades et, sous la responsabilité du médecin Le Van Ky, des centaines de consultation par jour sont organisées pour les malades qui peuvent être traités chez eux. Pour le faire fonctionner, on sollicite les sœurs de Saint Paul de Chartres. En 1934, 2 nouveaux bâtiments modernes sont construits. L’administration finit par se substituer à l’organisation privée pour assurer le fonctionnement.

La forte humidité, la contagion familiale par l’insuffisance des notions d’hygiène courante, favorisent les maladies pulmonaires.
Du coté des traitements, la vaccination généralisée des enfants au BCG au début des années 20 a un impact direct sur la tuberculose. En revanche, de nombreux adultes en sont atteints, notamment les fonctionnaires travaillant pour les français, ce qui contrarient les autorités. Des congés de longues durées avec maintien d’une partie du traitement sont mis en place dans les années 30. Mais il faudra attendre la diffusion de la pénicilline à la fin des années 40 pour voir la tuberculose fortement régresser.
Aujourd’hui, les bâtiments sont toujours utilisés pour les maladies respiratoires. Un Christ Roi continue de protéger les patients à une dizaine de mètres en hauteur, sur un piédestal. Les sœurs de Saint Paul occupent toujours le bâtiment limitrophe. Un pavillon a été construit entre temps pour soigner les personnes atteintes du HIV. Comme personne ne veut s’en occuper, les religieuses ont une nouvelle fois répondues présentes.
