Violente tempête à Hué

Le 18 septembre 2020 restera une journée noire dans les annales de la ville ! Le typhon Noul a parcouru la ville en occasionnant de nombreux dégâts.


Devant la sortie de la citadelle intérieure…

Les jours précédents, on a vu les gens de Hué grimper sur leur toit et effectuer des consolidations de fortune.. Les toits en tôle sont encore légions et seuls de gros parpaings peuvent les maintenir en place. Ce n’est pas très esthétique, mais c’est efficace.

Le matin du 18 septembre, la journée a presque démarré normalement. Aucune pluie, aucun vent, seul le ciel gris annonçait une journée morne. Et puis d’un seul coup la pluie s’est mise à tomber, de plus en plus fort, accompagnée d’orages et d’éclairs. Le vent s’est mis à souffler. On parle de 100km/h. Et puis ce fut de plus en plus violent, avec des rafales dévastatrices. 90 minutes plus tard, tout était fini. Le temps s’est dégagé avec une rapidité déconcertante, la pluie a cessé, le vent a disparu. C’en était fini de la tempête !
Seule l’électricité manquait au programme. Elle sera coupée pour nous toute la journée, bien plus longtemps pour d’autres quartiers. Des pylônes ont été tordus en deux.


Autour de la citadelle…

Mais c’est en sortant qu’on a constaté les dégâts. On pouvait s’attendre à quelques toits envolés et de la tôle un peu partout. Ce fut au rendez vous. Mais la plus grande surprise fut le nombre incroyable d’arbres à terre. On en dénombre partout, des centaines, dans toute la ville, et notamment le long de la rivière des parfums et dans la citadelle. Des milliers de branches cassées.

Je fus surpris de voir que les arbres tropicaux, notamment les flamboyants, ont si peu de racines. Ces arbres poussent à une vitesse incroyable, mais tombent à la moindre tempête.
Mais ce fut le cas aussi de quelques banians séculaires.

Le nouvel hôtel Silk Path avait mis des « béquilles » à tous ses arbres, certains d’entre eux ayant été achetés à vil prix. Aucun n’est tombé. Pourtant le manager est un étranger. On peut se demander pourquoi les gens de Hué ne font pas pareil avec leurs arbres. Quelle tristesse !

Car les typhons ou tempêtes tropicales ne sont pas si rares dans le centre Vietnam. L’histoire est ponctuée de ces cataclysmes. Le plus célèbre d’entre eux a eu lieu en Septembre 1904. Tous les bâtiments de Hué ont été détruits, à l’exception de 3 maisons à terrasse. Cette année la, le pont Truong Tien (Thanh Thai à cette époque), construit 4 ans auparavant, a été retourné comme une crêpe. Seules les maisons traditionnelles annamites, basses et au toit de tuiles très lourdes, ont résisté.


Dans la rue Ngo Quyen

C’est aussi pour cette raison que les vietnamiens détestent s’installer en bord de mer. La cote annamite, qu’on appelait « la cote de fer », porte bien son nom. Elle subissait, et subit toujours, des tempêtes et des typhons dévastateurs venus des Philippines.


Le panneau renversé, le long du canal Phu Cam, témoigne de la force du vent..

Heureusement, on n’a constaté qu’un seul décès dans la province et les dégâts matériels ont été limités. Les pots de fleurs et les cages d’oiseaux sont revenus sur les balcons.


Pauvre ville de Hué !

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