Voyage en Indochine en 1938, Eli Lotar

Photographe et cinéaste français d’origine roumaine, Eli Lotar (1905 – 1969) est arrivé en France en 1924 et est rapidement devenu l’un des premiers photographes d’avant-garde à Paris. Auprès de Germaine Krull et plus tard chez les Surréalistes, son travail a été publié dans de nombreuses publications d’avant-garde de l’époque, et présenté dans plusieurs grandes expositions internationales de photographie. (1)

Très sensible au contexte politique et social des années 30, il multiplie les reportages engagés, des abattoirs de la Vilette aux taudis d’Aubervilliers.

Grace à une rétrospective faite en 2017 au Jeu de Paume à Paris, ses travaux sont mieux connus.

Le centre Pompidou possède, grâce à une donation faite en 1993, une quantité impressionnante de clichés. On découvre ainsi les photos réalisées lors d’un « Voyage en Indochine » effectué en 1938. Ce ne sont pas moins de 1500 negatifs qui sont disponibles en ligne. Il y a beaucoup de photos similaires ou sans intérêt particulier, mais certaines sont vraiment uniques. Elles restituent l’ambiance de cette année 1938 alors qu’on est davantage habitué à voir des photos des années 20 ou du début des années 30.

Il n’y a aucune explication sur ce voyage ni aucune légende attachée aux photos. J’en ai sélectionné 6 et les commentaires sont donc les miens.

L’ensemble des photos est à découvrir sur https://www.photo.rmn.fr/

Cette photo monte une borne qui a du faire fureur lors de sa mise en place! Elle permet d’estimer les distances sur le plan de Saigon, à l’aide d’une règle rotative.. La nuit, la borne s’éclaire grace à un tube néon! A droite, le film du jour au cinema du Majestic, Le femme du Boulanger, sorti en métropole en Septembre 1938. Les cinemas Eden et Majestic étaient les 2 cinémas les plus courus du centre ville.

Le Tramway qui rejoint Saigon à Cholon. La photo est prise depuis l’arrêt qui se trouve en face du marché Benh Thanh, à proximité de l’ancienne gare du centre ville. C’est devenue la gare routière des bus de la ville jusqu’aux travaux actuels du métro.

Des turfistes heureux à l’hippodrome de Phu Tho de Saigon. Les français ont introduit les courses de chevaux, au grand bonheur des vietnamiens qui aiment parier. Les installations existent à priori encore, mais les courses ont été stoppées.

Scène de marché avec les publicités bien connues des français.. On notera la présence d’un cyclo pousse, grande nouveauté à cette époque ! Ils mettront plusieurs années pour arriver à Hanoi.


Funérailles à Saigon, avec un bonze bouddhiste qui ouvre sans doute la procession. Les grandes bannières de cette époque, offertes par les amis du défunt et célébrant ses qualités sont remplacées aujourd hui par des couronnes de fleurs, parfois en grand nombre.

(1) Texte issu du site http://www.culturekiosque.com/travel/item27861.html

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