Lieu de mémoire: le pont du 17eme parallele

En 1954, après la défaite de Dien Bien Phu, les Accords de Genève valident la partition du Vietnam et font de la rivière Ben Hai la zone de séparation entre le Vietnam de Ho Chi Minh au nord et le Vietnam du Sud présidé par Bao Dai. Ils prévoient le retrait des troupes françaises. L’accord ne sera signé ni par le Sud Vietnam ni par les Américains.
L’Accord précise toutefois que “La ligne de démarcation ne peut être que provisoire et ne constitue en aucun cas une frontière politique ou territoriale”. Dans un délai de 2 ans, un référendum devait être tenu dans tout le pays pour une réunification du pays. Entre temps, Diem arrive au pouvoir dans le sud avec le soutien des américains. Le référendum envisagé ne sera jamais réalisé, Diem craignant l’absence de liberté de vote au nord et une victoire des partisans de Ho Chi Minh.. ainsi cette ligne de démarcation perdurera pendant 20 ans, jusqu’à la victoire finale de 1975.


Pont construit par les français en 1950 le long de la nationale 1, l’ancienne route mandarine

Sur le porche, le slogan :  » un Vietnam en paix, unifié, indépendant, appartenant au peuple et prospère »


Le pont est long de 178 mètres, chaque moitie sous la responsabilité du nord et du sud.


Photo de 1961 présentée dans le petit musée attenant au pont.


« Vive les accords de Genève », fresque murale autour de la base du drapeau

Le business des photos mariage…

Un domaine ou les vietnamiens sont très forts, c’est celui des photos de mariage..

Un succès qui s’explique déjà par la taille de la population en âge de se marier et par l’absence d’union libre.. au Vietnam, le mariage est la condition requise pour vivre ensemble.
L’autre clé du succès est l’association de deux activités distinctes mais pourtant parfaitement complémentaires: la photo et les robes de mariés. Le domaine de la photo est concurrentiel mais la location des robes de mariés est hautement rémunératrice. Car les vietnamiennes n’achètent pas leur robe, car elles aiment en changer plusieurs fois au cours des prises de vues ou des cérémonies (la chaleur y est aussi pour quelque chose..) Et le prix de la location est quasiment le prix d’achat d’une robe, mais ça, personne ne le sait… Le marié lui aussi loue en général sa tenue…


La photo avant Photoshop…qui se cache derrière la robe pour la maintenir ?

Les affaires sont donc souvent familiales. La femme s’occupe des robes, du maquillage et de la couture. Quant au conjoint, il s’occupe de la partie photo et vidéo.

Les mariés attendent au minimum 3 choses : un portrait grand format qui sera présenté à l’entrée du restaurant, un album photo souvenir et des photos du repas et de la cérémonie chez les parents. S’ajoute à cela une vidéo qui retrace tous les moments phares de la « plus belle journée de la vie».

Le photographe organise ainsi une ou deux séances de photos, à l’extérieur en général ou en studio pour les moins argentés. Les mariés choisissent les lieux de prises de vue. Les salaires étant faibles, le personnel est nombreux pour accompagner les mariés : un éclairagiste, une maquilleuse plus un aide-à-tout-faire.. La délinquance étant quasi nul ici, pas de risque de se faire voler son matériel.. un matériel toujours onéreux, le meilleur de la technologie importée..

Le prix se fait au forfait, en fonction du nombre de pages de l’album. Un album aux pages épaisses, ou les photos sont mises en forme par le talent personnel du photographes et de son équipe..

Différence notable avec la France, l’album est disponible le jour du mariage car toutes les séances de photos ont été prises plusieurs semaines avant.. Cela laisse le temps aux mariés de faire des séances de poses sans stress et de choisir les photos à mettre en avant pour le mariage.

Une constante au Vietnam, et pas seulement pour les photos de mariage : les retouches Photoshop sont systématiques. Un logiciel Photoshop que tout le monde peut acquérir pour un ou deux euros… Les vietnamiens sont devenus de vrais professionnels de la retouche.


La même photo après Photoshop..

La vidéo est aussi un vrai bijou. Certains sont équipés de camera HD.

De fait, les photographes ont pignon sur rue et les vitrines exhibent à la fois de jolies photos et les robes de mariées. Pas un village au Vietnam sans une boutique « mariage ».

Pour le budget, les couples cassent leur tirelire ou plutôt la tirelire de leurs parents… Pour notre mariage, nous avons dépensé 350 euros pour l’ensemble, avec un album de 30 pages, deux demi journées de prises de vues, plusieurs séquences de maquillages, une photo grand format, une vidéo, les robes de mariés, et plusieurs centaines de photos en numériques…

Il y a surement quelques idées a prendre…

Objets votifs

Les objets votifs sont omniprésents à Hué.. on les brûle lors de cérémonies familiales dédiées aux ancêtres ou lors de séances de spiritisme pour le culte de la déesse mère, par exemple (voir mes différents articles sur le sujet)..

Certains objets valent le détour car ce sont presque des œuvres d’art !

Ce cheval a demandé plus de 10 jours de travail et vaut 4 millions de Dong, soit 150 euros…

Les tenues complètes de mandarin en objet votif se font plus rares de nos jours (on rend le culte jusqu’à la 4eme génération). On remarquera que rien ne manque, ni l’épée, ni la coiffe ni les bottes.. Cette tenue sera brûlée pour honorer la mémoire d’un mandarin et, par ce geste, on lui transmet un tenue digne de son rang « pour que rien ne manque dans l’au delà.. » En retour, a charge pour lui de protéger la famille..

L’atelier de fabrication de ces objets, comme il en existe des dizaines à Hué.

Dans la campagne de Hué

On découvre toujours des coins pittoresques dans la campagne de Hue… Les Dinh (maisons communales) et les anciennes maisons de princes et haut mandarins forment un patrimoine remarquable..


Village de Mau Tai, le long d’un cours d’eau, ou subsistent encore quelques portes d’entrée et murs d’enceinte d’origine..


Porche d’entrée de la maison du haut mandarin Ton That Han, régent de plusieurs rois au début du 20eme siecle


L’autel des ancetres de Ton That Han et de sa femme dans leur maison de Lai The


Maison ancienne perdue dans les arbres.. Ouverte à tous les vents aujourd’hui, elle abritait les autels des ancêtres d’une famille..


A l’interieur de cette maison, des panneaux en bois polychome avec les motifs traditionnels de l’Annam


Detail de la porte de la propriété d’un mandarin


Portrait d’une princesse dans une maison particuliere


Maison communale au village de Van Xa, au nord de Hue


Maison traditionnelle au village de Van Xa


Detail d’un motif au temple dedie a la memoire d’une reine mere, village de Van Xa


Ancienne maison mandarinale, pres du village de Duong No


Architecture du centre vietnam dans cette maison, photo prise non loin de la nationale 1 vers le nord

Les Grands Magasins Charner de Saigon, c’est fini !

C’est un nouveau symbole de la période coloniale qui disparaît de Saigon… Le bâtiment des Grands Magasins Charner est fermé depuis fin septembre et va bientôt être détruit. Il laissera place à une tour de 43 étages qui prendra sa place parmi d’autres au sein du triangle d’or de la ville.


photo internet

Le début du chantier s’intègre dans les travaux gigantesques du centre ville pour le chantier des 20km du nouveau métro, premier du genre au Vietnam. Actuellement, et pour au moins 2 ans, tout l’hyper centre ville est fermé. Touristes, passez votre chemin pour le moment !


le chantier du métro et le « tax center » en novembre 2014 (photo internet)

Le bâtiment des Grands Magasins Charner a été construit entre 1922 et 1924 le long du boulevard Charner, d’ou son nom. C’était, si on en croit les pubs de l’époque, « le plus grand choix de l’Indochine ». Son style est à la fois français et asiatique. On y installe une grande horloge tout en haut de l’édifice.


Pub de 1927

En octobre 1925, on choisit ce bâtiment pour y loger la sirène qui annonce l’arrivée des courriers de France, ces paquebots qui mettaient 28 jours pour rallier la Cochinchine au départ de Marseille.

Le GMC vue du ciel, années 30

En 1942, on y démonte l’horloge pour y construire un nouveau niveau.

Dans les années 60, les espaces du magasin sont loués à des commerçants individuels. Les américains y achètent toutes sortes de marchandises importées. Après la réunification, le bâtiment sert de showroom de machines outils puis retrouvent sa fonction commerciale en 1981. Dans les années 90, on l’appelle le « marche russe » car de nombreux produits viennent de Russie.. puis on l’appellera le « tax center » du fait de sa proximité avec le bâtiment du Trésor. Modernisé en 2003, sa carrière s’achève en 2014., soit 90 ans après son inauguration..


Le bel escalier central

La dernière restauration a sauvegardé l’escalier central, magnifique œuvre riche en fer forgé et carreaux de céramique.. les coq gaulois continuaient de trôner fièrement sur les rampes d’escalier… Espérons que ce patrimoine soit sauvegardé !

Le coq gaulois et sa fière allure !


La rambarde de l’escalier, vue du 1er étage


L’emblème des GMC (à l’envers) et la céramique

Pour en savoir plus sur l’histoire des GMC, lire l’article en anglais sur http://www.historicvietnam.com/saigon-tax-trade-centre/

Le travail du dimanche…

Ce sujet qui agite tant la France est une réalité depuis toujours au Vietnam… Comme en témoigne cette photo prise dans un atelier textile ce dimanche dans la campagne de Hué… Cet atelier fonctionne pour un groupe français, les commandes portent sur 10.000 exemplaires au moins et les délais de production sont courts.. Ces ouvrières, au nombre d’une trentaine sur le site, gagnent 100 à 150 euros par mois, pour 6 jours de travail par semaine.. Les ouvrières du centre Vietnam sont plus appréciées que celles du Sud: plus travailleuses, elles ont aussi davantage le sens du détail, élément essentiel quand on travaille pour les marchés étrangers. En revanche, elles sont plus difficiles à former, m’a-t-on dit, car « moins souples d’esprit » ! Le loyer de cet atelier, situé à 20 km du centre ville, est de 40 euros par mois… Difficile de rivaliser… La mondialisation a de beaux jours devant elle..


Fabrication de shorts de bain, sans doute pour des australiens, vu les grandes tailles !

D’une manière plus générale, le dimanche est moins agité qu’autrefois.. on sent, tout au moins dans les grandes villes, que l’activité se relâche très sensiblement ce jour là… Signe que le pouvoir d’achat progresse…