35 millions de dollars !

C’est le prix de vente d’une demeure construite à l’époque coloniale à Saigon… Située entre 3 rues différentes (Vo Van Tam, Ba Huyen Thanh Quan et Nguyen Thi Dieu), son entrée principale est au 110-112 de la rue Vo Van Tan, anciennement rue Testard.


(Photo internet)

Simple consolation, cette proprietee de 2800m2 a été mise en vente à l’origine à 40 millions de dollars… L’immobilier est cher au Vietnam, et pas seulement à Saigon…


Vue de la villa principale du devant

Cette maison, tous les saigonnais la connaissent, car c’est une architecture atypique, pas vraiment française comme les autres villas coloniales… un gout « douteux » diront certains… l’architecte était vietnamien, tout comme son client, un riche commerçant.
Au vue de certaines pièces de ferronnerie, la villa semble avoir été construite dans les années 20..


Vue de l’entrée principale {photo internet).. l’intérieur est, d’après ceux qui l’ont visitée, riche en meubles anciens

La propriété est restée dans la famille depuis l’origine et deux vieilles dames y habitent.. Une grande partie de la famille vit a l’étranger et on dit que les discussions ont été longues pour mettre cette maison en vente. Le souhait d’une partie de la famille était de vendre la propriété mais d’en maintenir les bâtiments. On dit que le consul de France de Saigon, l’un des rares à avoir eu la chance de visiter l’intérieur, s’est pris d’intéret pour cette demeure et a cherché des partenariats pour conserver l’ensemble et l’ouvrir au public. Mais à ce prix la, il est maintenant difficile d’imaginer autre chose qu’une démolition pour construire un grand ensemble..


Vue depuis la rue Ba Huyen ThanQuan


Porte d’entrée principale

La maison n’est plus à vendre !

La maison traditionnelle (voir article récent) s’est vendue rapidement pour 10.000 usd. Bonne nouvelle, elle devrait être reconvertie en restaurant végétarien à Hué..

Le démontage de la maison s’est faite en quelques heures seulement avec 4 personnes..

Le bois des colonnes est en jacquier. On trouve aussi du bois d’Hopea (cay kien) et d’Afzelia (cay go) pour les parties sculptées.. ces bois sont très durs et difficiles à trouver de nos jours. Globalement. l’état du bois était bon.. 6 poutres et colonnes ne sont plus utilisables, dévorées par les insectes… Les parties sculptées sont en très bon état.

Le mur est construit sur 3 cotés.. il est beaucoup plus épais que les murs des maisons actuelles, gage de fraîcheur…


Gros plan sur l’un des motifs, le bambou, pour l’automne


La fleur de prunier, pour le printemps


La fleur de Lotus, pour l’été


Le pin, représentatif de l’hiver

On remarquera la stylisation du Dragon pour 3 d’entre eux…

Fête de la mi-automne

C’était hier la fête des enfants ! Depuis une semaine, c’est l’effervescence dans la ville dès la nuit tombée, avec des dragons qui s’animent à tous les coins de rues… un vrai régal pour les yeux !


Animation pour les petits dans la cours de cette ancien maison communale


Le dragon doit essayer d’attraper le sachet de friandises..


Ambiance de fête dans les rues de la ville hier soir..

Une maison traditionnelle à vendre

Les maisons d’habitations de Hue avaient autrefois les caractéristiques suivantes: maisons de plein pied (c’est un déshonneur de demeurer sous les pieds des autres), une ossature en bois, de nombreuses colonnes, un assemblage uniquement en tenons et mortaises, des murs extérieurs en maçonnerie qui ceinturent sans porter, un toit en tuile… La différenciation sociale se faisait par la qualité des matériaux utilises (bois de fer pour la famille royale), les sculptures, le mobilier, la surface du terrain, le porche de la propriété et la qualité des arbres.. Les maison-jardins étaient occupées autrefois par les mandarins travaillant dans la citadelle. A la différence des maisons du nord Vietnam, les toits ne sont pas aussi trapus, ce qui leur confèrent plus d’élégance et de légèreté.

Non loin de la cathédrale Phu Cam, dans la rue Ham Nghi se trouve encore l’une de ces maisons traditionnelles. La veille dame centenaire qui habitait la était la femme d’un mandarin civil. Sans enfant, elle s’est éteinte il y a un peu plus de 2 ans et la propriété est en vente. La maison sera vendue séparément du terrain.. c’est en effet l’une des caractéristiques de ces maisons en bois: elles sont entièrement démontables.


La maison avant le décès de sa propriétaire


La maison aujourd’hui, d’une surface de 57m2

La maison possède 3 travées et 2 appentis. L’autel des ancêtres se trouve en général dans la travée du milieu, tandis que le lit se trouve dans l’une des autres travées. Le reste de l’espace sert à la vie sociale. La cuisine et la salle d’eau sont situées dans une dépendance, située à l’arrière de la maison.


L’intérieur de l’habitation

Les colonnes sont en bois de jacquier. Elles reposent normalement (ce n’est pas le cas ici) sur des socles en pierre. Le sol était à l’origine en terre, les colonnes enfoncées directement dans le sol. C’est plutôt rare dans les maisons « bourgeoises ».

Ce qui vaut le détour sont les nombreuses sculptures sur bois, dont les motifs sont typiques de Hué.


Panneau de la travée centrale, riche en marqueterie


Détail d’une sculpture sur bois, avec une chauve souris stylisée qui symbolise le bonheur


Motif végétal et symbole de longévité en marqueterie


Sculptures d’une tête de dragon sur une poutre portante


Des pins sont stylises sur cette poutre. Dans les habitations des mandarins civils, on retrouve les 4 motifs floraux traditionnels associes aux 4 saisons: la fleur de prunier (printemps), le bambou (l’été), le chrysanthème {l’automne) et le pin (hiver).


Autre motif sous le toit, avec les fleurs de pruniers, chères aux vietnamiens lors du Tét


L’accès a l’intérieur se fait par ces portes dont le manque de hauteur rappelle que l’annamite est petit en taille !

Pour avoir un ordre d’idée sur les prix, le propriétaire demande pour vendre la maison 11.000 euros et le terrain 420 euros le m2 (surface 366m2) … Mais tout se négocie, bien sur, surtout au Vietnam… Espérons que ce patrimoine reste à Hué !

Funérailles peu ordinaires…

Dans un pays où le culte des ancêtres tient une place si importante, l’organisation des funérailles peut parfois prendre des proportions imposantes.. Nous avons eu la surprise d’assister à une telle procession en traversant le village traditionnel de An Truyen, au bord de la lagune de Hué.

Toutes les opérations relatives au deuil sont soigneusement codifiées. Il ne s’agit pas de réglementations administratives comme en France, mais du respect de la tradition. Si toutes les opérations sont menées a bien, le défunt sera « heureux dans l’au delà » et procurera le bien être à sa famille restée sur terre. Ce simple principe est le fil conducteur du culte des ancêtres suivi par tous les Vietnamiens (rite différent pour les catholiques).

Le choix de le date et de l’heure des opérations funéraires sont donc soigneusement choisies… La conduite au lieu de sépulture peut donc se faire à toute heure du jour ou de la nuit. C’est habituellement dans la pénombre, propice à l’apparition des bons génies..

Dans le cas présent, pas moins de 40 porteurs pour porter le catafalque… Les cercueils au Vietnam sont encore aujourd’hui des pièces de bois incroyablement lourdes, ce qui explique le nombre élevé de porteurs. C’est aussi, bien sur, une question de prestige. Le cercueil doit être transporté avec soin et sans accoups. Un maître de cérémonie, situé debout juste derrière le cercueil, règle le pas et l’équilibre des porteurs. Des petites lampes posées sur le cercueil l’aident dans sa tache. On remarquera que la plupart des porteurs sont pieds nus.

C’est le fils aîné qui est responsable du culte de ses parents.. C’est donc lui qui va marcher en tête de la procession. Il porte des vêtements blancs de toile grossière et sans ourlets, pour rappeler que les tâches temporelles sont devenues sans importance. Autrefois, il marchait à reculons, face au cercueil, avec un gros bâton (issu d’un rite bouddhique). Autrefois également, le deuil était de 3 ans (en pratique un peu plus de 2 ans). Durant cette période, les mandarins se mettaient en disponibilité (et donc perdaient leur traitement..), ne pouvaient se marier ni assister à toutes réjouissances, ni même visiter leurs amis (sous peine de leur porter malheur).. Heureusement, les règles se sont assouplies depuis…

Au début de la procession, se trouvent les bonzes (il s’agit d’un enterrement bouddhiste) qui prient pour le défunt.

Derrière, se trouve, dans un petit autel portatif, la tablette du défunt, qui symbolise son âme.. on l’a recueillie (le dernier souffle) à l’aide d’un voile.

Le nom du défunt et le rappel de ses mérites sont indiqués sur une ou plusieurs bannières au début du cortège.. C’est encore rédigé en caractères chinois, langue des lettrés.

On distribue de la fausse monnaie le long du parcours, avant la procession.. il s’agit d’écarter les mauvais génies et de les maintenir à distance du défunt. Rien ne doit venir perturber l’âme du défunt.

Autrefois, les enfants offraient les cercueils à leur parent de leur vivant. Il s’agissait d’un cadeau très apprécié.. De même, le choix du terrain, toujours positionné à l’aide de géomanciens, était une tache très importante. Les parents étaient alors heureux, certains de disposer d’une sépulture décente à leur mort. Aujourd’hui encore, la plupart des tombes se trouvent en dehors des cimetières.

L’emplacement de la tombe peut être provisoire, dans l’attente d’une sépulture définitive, souvent située à un autre endroit. Par la suite, si la famille du défunt subit à plusieurs reprises des « tourments », on pourra les attribuer à une insatisfaction du défunt. Dans ce cas, on choisira un autre lieu de mise en terre, et le transfert sera, la encore, accompagné de nombreuses cérémonies.

Peugeot à l’offensive du marché vietnamien…

Saluons les efforts des entreprises françaises à venir s’implanter au Vietnam ! Peugeot a décidé de revenir au Vietnam en faisant assembler un modèle destiné uniquement au marché asiatique, la 408.
Il faut dire que marché vietnamien est très particulier en raison des taxes qui s’ajoutent au prix de la voiture.. taxes d’importations de 80% (50% dans la zone Asean), taxes au titre des biens de luxe de 30 à 50%, une taxe d’enregistrement dans les grandes villes de 15% (Hanoi) ainsi que la TVA de 10%.. Autant dire qu’un véhicule importé au Vietnam est au moins deux fois plus cher qu’en Europe.. En toute logique, les taxes appliquées aux véhicules assemblés localement bénéficient d’une fiscalité plus avantageuse.. C’est pourquoi Peugeot a choisi de s’associer avec un partenaire local pour monter ses véhicules.


Présentation de la 408 à l’hôtel La Résidence de Hué

Néanmoins l’addition est encore salée car ce modèle a un prix de vente de 33.000 euros ! Avec un salaire local de 5 millions de dong, il faudra 16 ans pour pouvoir se l’offrir.. autant dire qu’il faut beaucoup d’argent tombé du ciel pour pouvoir en acheter une.. Peugeot vise 5% du marché local à l’horizon 2020, soit 5000 unités sur la base du marché actuel…

Malgré ces prix très élevés, le marché continue de croître.. le partenaire de Peugeot, Thaco (ça sonne un peu bizarre pour un vendeur de voiture !) produit dans la région de Danang des Kia et des Mazda, avec une part de marché de 31%..


Un vendeur de Peugeot dans la rue Paul Bert a Hanoi en 1915 (collection Albert Kahn)