Préparation du Têt …

A quelques jours du Têt, on s’active pour acheter des fleurs, préparer les plats traditionnels, saluer Ong Tao (le génie de la cuisine), festoyer avec ses amis et les ancêtres pour célébrer la fin de l’année lunaire..

A Hue, on vend des fleurs en papier fabriquées localement qui mettent une couche de couleur supplémentaire à la ville..

Devant la citadelle, le grand classique des chrysanthèmes à boutons d’or..

Hué: réouverture du palais An Dinh

Magnifiquement restauré mais longtemps fermé au public, le Palais An Dinh vient de réouvrir. Et l’entrée se fait désormais par la porte monumentale qui donne le long du canal An Cuu… Une visite à ne pas manquer !


La porte d’entrée du palais, coté canal

Ce palais fut construit par le roi Khai Dinh entre 1916 et 1920 sur l’emplacement de l’ancienne propriété qu’il occupait lorsqu’il était prince. Passionne d’architecture, Khai Dinh voulait se démarquer de ses ancêtres en utilisant principalement des matériaux occidentaux: briques, fer, acier et ciment. Il y ajoute des motifs en stuc et du papier peint. Le palais est décoré de colonnes corinthiennes et de frontons à la grecque avec des pignons néo-renaissance. La façade comporte des balustrades à la française et de petits motifs asiatiques autour des fenêtres du rez-de-chaussée. Le portail d’honneur est orné de céramiques en porcelaine. L’architecte Bang Hung est vietnamien.


Le palais, vue de la porte d’entrée. Une statue de Khai Dinh trônait autrefois dans le jardin (elle est à présent au mausolée du roi).

Dans cette propriété de 23000 m2, on trouvait des jardins à la française, un théâtre, un zoo et des étables.


Célébration en 1918 lors de l’ouverture du Palais. A l’origine, le palais ne comptait qu’un étage.

Ce palais servit de résidence de ville à la famille royale, plus agréable à vivre que l’austère Cite Interdite, située a 3 kilomètres et qu’on peut rejoindre en bateau. Il fut aussi le lieu de splendides fêtes privées. Khai Dinh préfère la vie au rez de chaussée, aimant jouer aux cartes, boire du cognac et s’adonner a l’opium. Son fils préfère vivre dans les étages plus lumineux. La mère de Bao Dai était vendeuse au marché An Cuu, tout proche, avant d’être servante au palais et de devenir concubine du roi.


L’une des pièces du palais

Dans le vestibule, on trouve 6 peintures des tombeaux royaux de Hue. Probablement réalisées par Le Van Mien (qui fit un séjour en France avant 1900), ces panneaux sont novateurs pour l’époque car on y introduit la perspective. Le papier peint est aussi une autre innovation: peinture sur soie au rez de chaussée et peinture sur papier aux étages.


Tombeau de Minh Mang


L’escalier menant à l’etage

En 1922, la palais fut transféré au fils de Khai Dinh, le futur roi Bao Dai. Apres son abdication en 1945, il y logea avec Nam Phuong et ses enfants ainsi qu’avec sa mère, Tu Cung. Celle ci y restera jusqu’à l’accession au pouvoir de Diem en 1955.
Restauré il y a quelques années grâce à des aides du gouvernement allemand, le palais a retrouvé une partie de sa splendeur, à l’exception du théâtre qui n’a pas été reconstruit. Plus récemment, du mobilier et des souvenirs de l’époque de Khai Dinh et Bao Dai ont été ajoutées. L’absence de documents photographiques ne permettent pas de connaitre avec précision le mobilier utilisé.


Vue du jardin

Chantier naval à Hué

La visite d’un chantier naval traditionnel est toujours une plongée dans le passé; on imagine facilement que les savoir-faires qui sont mis en oeuvre existent depuis plusieurs générations et que les techniques ont peu évoluées…

A Hue, c’est un petit chantier qu’on peut découvrir et visiter en toute simplicité.. une trentaine d’artisans travaillent la a construire et repérer les bateaux des marin pécheurs, des bateaux tout en bois.

Le bois devenant rare un peu partout, les immenses troncs proviennent a présent du laos. On imagine facilement la déforestation actuelle de ce pays au vue des quantités incroyables qui transitent ou aboutissement au Vietnam. Le bois utilisé pour la construction navale est le Hopea Pierrei (go Kien Kien en vietnamien, identifié par le célèbre botaniste Pierre fondateur du jardin botanique de Saigon dans les années 1860), un arbre très haut, une espèce asiatique résistante aux termites.

Pour l’anecdote, la résine de ce bois, lorsque projetée sur une source incandescente, était utilisée autrefois par les acteurs annamites pour simuler la fumée et la flamme des armes à feux dans les pièces de théâtre à Hué..

L’ossature d’un bateau de pèche coûte plus de 3 milliard de Dong, soit 120 000 euros. Le bateau termine coûte plus du double, 280.000 euros…

Je n’ai pas vu de différences sensibles dans les bateaux vietnamiens. Globalement, ce sont les mêmes d’un bout a l’autre du pays. La diversité d’autrefois n’existe plus.

L’ancien carmel de Thanh Hoa

Le carmel de Thanh Hoa a été fondé en 1929 et s’est éteint en 1955. En allant à Thanh Hoa, quelle fut ma surprise de découvrir les restes de ce carmel, toujours en place. Le terrain, de 7000 mètres carrés appartient toujours à l’évêché qui semble attendre le retour les sœurs…


La façade de la chapelle

La façade de la chapelle est dans un style néo-classique dont la construction a du étonné bien des locaux.. On est loin du style local…


L’intérieur de la chapelle

Ce couvent a été fondé par les sœurs du carmel de Hué, qui lui existe toujours. En 1955, les sœurs des carmels du nord Vietnam sont contraintes d’abandonner leur carmel et repartent en France. Les bâtiments des carmels de Hanoi, Bui Chu et Thanh Hoa sont ainsi désertés. Par la suite, certaines religieuses sont revenues au Vietnam pour rejoindre le carmel de Nha Trang.


La grille de la chapelle, derrière laquelle se trouvaient les religieuses..

Rappelons que c’est le carmel de Lisieux, aujourd’hui mondialement connu, qui fut a l’origine de ce mouvement missionnaire vers l’Indochine. Les 4 premières sœurs sont arrivées à Saigon au tout début de la colonisation en 1861, juste après les sœurs de Saint Paul de Chartres. C’était le premier carmel en Asie, et rien ne fut simple. Il faut imaginer le courage – ou plutôt l’inconscience – de ces religieuses arrivées presque sans argent dans une ville de 8000 âmes ou personne ne comprend leur langue. La chaleur, l’insalubrité, les insectes, rats et serpents qui pullulent rendent la situation extrêmement critique. Moins de 3 mois après leur arrivée, 2 sœurs sont rapatriées d’urgence. Mais les choses finiront par s’arranger, presque par miracle..

Aujourd’hui, le Vietnam compte encore quelques carmels actifs, celui de Saigon bien sur, mais aussi à Hué et Nha Trang. On ne peut qu’être admiratif d’un ordre dont la règle impose le silence dans un pays ou le bruit fait figure de culture nationale !

Pour en savoir plus sur le carmel en Indochine:
http://belleindochine.free.fr/Carmel.htm

Saigon, éternelle Saigon…

Voici une photo prise dans les années 30 à Saigon.. On y distingue clairement le fameux marché Ben Thanh (« débarcadere », ainsi appelé car il existait un canal pour y mener, par la suite comblé car pourvoyeur de moustiques..). On y voit aussi l’ancienne gare pour les trains allant à Cholon et la gare des tramways (actuelle gare des bus), le bâtiment du siège des Chemins de Fer, toujours existant à l’angle du boulevard de la Somme…

Cette photo a été trouvée sur Facebook. D’une manière générale, les vietnamiens, y compris les jeunes, adorent l’architecture des maisons construites du temps de la présence française. Ils admirent aussi les plans d’urbanisme de l’époque, grâce auxquels les villes étaient bien agencées et agréables à vivre..Tout au moins les centres villes, car la périphérie n’était que paillotes, à de rares exceptions près..

Au Vietnam, il existe de nombreux sites internet et blog dédiés à l’histoire, ce qui atteste d’un véritable intérêt pour « la vie d’autrefois ». Les photos anciennes y tiennent une place centrale.

7-8 janvier 2015: Non, nous n’avons pas peur !

Les 17 personnes tuées sont mortes comme victimes expiatoires de l’ostracisme, de l’extrémisme, de la folie humaine.. Ne les oublions pas…

En hommage, j’ai choisi de dessiner Cabu, car il a enchanté mes soirées avec le Grand Duduche.. Souriant, jamais bien méchant, il avait choisi l’humour au service de la liberté d’expression.