Catégorie «Vivre au Vietnam»

Chi Lang, une rue fascinante

La rue Chi lang de Hué est longue d’environ 2,5 km. Elle démarre du pont à proximité du marché Dong Ba et se termine dans le quartier Phu Hau après le pont Cho Dinh (« marché du palais »). Depuis plus de 130 ans, cette rue est l’artère commerçante de la ville, du fait de la présence de la rivière (transport des marchandises) et de la citadelle non loin. Une rue essentiellement chinoise à l’origine. Mais pas seulement. Car des membres de la famille royale s’y sont aussi installés ainsi que quelques riches familles vietnamiennes.


Transport de glace en cyclo devant le temple du souvenir chinois Chieu Ung

C’est rue est donc un concentré de vestiges d’autrefois. On y trouve des congrégations chinoises (« assembly hall”), une congrégation catholique, des pagodes bouddhistes, des « shops houses », des édifices coloniaux, des maisons traditionnelles en bois, une mosquée indienne, un cinéma… Les chinois, les indiens et les français sont partis, mais de nombreux bâtiments sont restés. C’est donc un décor magnifique qui vibre encore au quotidien grâce à l’existence de nombreux vendeurs de rues, d’écoles, de marchés pittoresques et d’une kyrielle d’artisans qui officient là au quotidien. La rue ne s’est pas trop modernisée par rapport à d’autres quartiers. Bref, un vrai musée vivant !

Cette rue s’appelait autrefois la rue Gia Hoi. Apres 1975, la rue a été renommée Chi Lang. Humour destiné aux chinois qui habitaient là autrefois ? Chi Lang est en effet le nom d’une province du nord Vietnam par laquelle ont été refoulés les chinois à nombreuses reprises. Et notamment lors de la célèbre bataille menée par Le Loi en 1427.

Il faut arpenter cette rue de long en large à pied pour en apprécier toute la diversité. Les nombreux cafés permettent de se reposer et d’apprécier l’ambiance « familiale ».

Vous trouverez quelques photos prises en Septembre 2019 lors de mes pérégrinations. Des instantanés qui sont révélateurs, je l’espère, de cette rue si particulière. Sans hésiter, c’est ma rue préférée à Hué.


Maison ancienne devant laquelle on prépare de bonnes soupes locales..


Enseigne d’autrefois qui rappelle le succès de la Honda Super Cub..


Les vendeurs ambulants sont nombreux dont cette vendeuse de « dau hu », dessert de tofu et gingembre


Écoliers passant devant une maison traditionnelle


Maternelle installée dans un ancien bâtiment datant de l’époque coloniale


L’une des boutiques d’objets votifs. Il s’agit ici de chapeaux « tonkinois » en papier


Une couturière et sa vieille machine à coudre…


Une boutique ou l’on vend du Cha, galettes de poissons réduits en purée et teintée avec de la crevette


Vendeuse de rue vendant du porc cuit à la broche. Délicieux!


Marchande de soupe qui fait le bonheur de ses clients!


Vendeuses de rue à proximité du marche Dinh. Sur le panneau, il est indiqué qu’il est interdit de vendre quoique ce soit là, suite à la volonté des officiels d’assainir les trottoirs… un combat que ne fait que commencer, les vendeurs n’ayant pas d’autres endroits pour aller..


Travail du bambou sous le pont Cho Dinh. Dans la rue Chi Lang, des artisans font du mobilier en bambou avec un remarquable savoir-faire. Le bambou se plie ou se redresse à la chaleur.


Vendeuse au marché Cho Dinh, presque au bout de la rue. Ce marché « du palais », très ancien, a changé de place plusieurs fois mais a gardé le même nom.


Marché Dinh


Gros plan sur un porche des années 70-80


Porche traditionnel qui vient d’être restauré dans le style local. Il accède a un temple ou l’on rend le culte au 37eme fils du roi Ming Manh


Tous les matins, des cyclos arpentent la rue pour conduire des vendeuses de rues sur leurs lieux de prédilections. Derrière, on distingue l’une des portes d’accès à la congrégation chinoise Fujian

Après le pont Cho Dinh, la rue Chi Lang arrive au quartier Phu Hau et on retrouve l’esprit village. Peu de circulation, une population pas toujours riche, mais une ambiance très sympathique. Tous les habitants se connaissent.


La maison communale (dinh) du quartier Phu Hau


Maison traditionnelle avec jardin


Menuisier fier de ses dernières productions. Les fenêtres, pièces de rambarde, meubles sont encore fabriqués traditionnellement


Un cirque s’est installé en ville et tous les matins, durant une semaine, un clown vient en faire la promotion auprès des enfants … et de leurs parents


Messe du matin (5h30) à la congrégation des Sœurs de la Visitation. Cette congrégation, d’origine française, accueille ici plus de 200 religieuses et postulantes. Certaines religieuses parlent un très bon français…

Bonne visite !

Chaud, il fait chaud !

Le Vietnam est un pays chaud. D’accord, mais il y a chaleur et chaleur ! Cette année est la plus chaude depuis mon arrivée à Hué, il y a 8 ans. Apres une saison des pluies sans pluie, un hiver sans hiver, nous avons vécu, depuis avril, 5 mois de canicule. 40 degrés en moyenne contre 36 degrés d’habitude. Ces quelques degrés en plus font une sacrée différence.

Résultat direct : 5 mois à dormir sur la terrasse, un plaisir que ne connaissent pas les vietnamiens. Mais un lit en bambou ne remplace pas un vrai lit ! Et des journées à passer à l’intérieur avec une clim qui fonctionne non stop…

Mais peu importe mes états d’âmes à coté du monde paysan et de la nature qui, eux, souffrent vraiment. Des incendies en pagaille, des arbres qui meurent, des cultures qui agonisent faute d’eau. L’eau du robinet coule encore, tant mieux. A Danang, ces dernières semaines, l’eau du robinet était salée..

Quelques photos de la situation valent mieux qu’un long discours !


Le lac creusé il y a presque un siècle par les moines bénédictins de Thien An, à quelques kilomètres de la ville. Il reste à présent les vestiges d’un parc d’attraction qui a fait faillite. Le lac est à sec depuis peu. Photo internet


Le lac de retenue du barrage électrique sur la rivière des parfums, à 30km de la ville. Il est presque vide et bien sur, les turbines sont à l’arrêt(photo prise après 8 jours de pluie fin août)


Voici le nouveau golf de Hué, ouvert en catimini il y a moins de 2 ans ! ou plutôt ce qu’il en reste. Faute d’eau, il est complètement sec et a du fermer.

Hué: une ville en mouvement…

Ceux qui se passionnent pour l’histoire du Vietnam passent leur temps à regarder les photos et autres cartes postales d’il y a un siècle. Mais c’est sans se rendre compte que les photos prises il y a quelques années seulement font déjà partie de « l’histoire ».

En regardant par hasard mes photos prises à Hué en 2007, soit 12 ans en arrière, je suis resté ébahi par les changements réalisés en si peu de temps.

C’est le cas pour ces photos prises le long du canal Dong Ba. A l’époque, il reste encore des « boat people », ces gens qui vivent dans leur bateau amarré le long du canal. Ils collectent le sable ou sont cyclos, sont peu instruits et vivent dans la promiscuité. Depuis, grâce à l’action de la ville et de pays étrangers comme la France, ils ont été sédentarisés. On leur a offert des terrains aux limites de la ville, qui valent aujourd’hui pas mal d’argent car situés à présent dans la ville.

La maison de l’angle, elle, est restée en l’état. Il s’agit en fait d’un temple construit vers 1896 par la communauté chinoise du quartier commerçant de Gia Hoi (rue Chi Lang). C’était le lieu de culte du très connu General Quan Vũ Vân Trường, modèle de loyauté, de persévérance et de réussite pour la population chinoise. Les chinois ayant quitté le Vietnam, plus personne ne s’occupe de ce temple. Il est à présent interdit d’accès, menaçant de s’écrouler.

La maison d’à coté a été, quand à elle, reconstruite.

La passerelle a été démontée il y a 3 ans et remplacée par un beau pont.
Les berges du canal Dong Ba ont été désensablées et rénovées. Le trafic commercial sur le canal est presque inexistant à ce jour, seuls quelques bateaux dragons stationnent là dans l’attente d’une activité touristique.

Ces photos sont représentatives d’une ville qui se transforme vite, à l’image du Vietnam. Le patrimoine historique secondaire souffre d’un manque de moyens financiers mais aussi d’un manque d’intérêts de la part de la population.
Pour les mentalités, là, les changements sont plus lents…

Panneau en bois laqué

Le travail du bois reste une spécialité des artisans de Hué. Cette activité fait vivre beaucoup de monde ici, grâce aux nombreuses commandes provenant des congrégations bouddhistes. Les motifs sont toujours à peu près les mêmes, des bouddhas et des objets pour le culte.

C’est l’occasion d’apporter notre valeur ajoutée en introduisant des motifs différents. Ici, il s’agit d’un panneau conçu pour décorer notre intérieur.


Le résultat final

Dans le monde sinisé, les panneaux de bois laqué étaient omniprésents. A l’extérieur, ils faisaient office d’enseignes. A l’intérieur, il s’agissait de panneaux verticaux pour les sentences parallèles. Il suffit de feuilleter les pages du Lotus Bleu d’Hergé pour s’en rendre compte. Des villes comme Hoi An ou Pénang (Malaisie) en comptent encore beaucoup. Les motifs sont en général toujours des caractères chinois.

L’idée était donc de trouver un motif original, de facture plus moderne et d’en confier l’exécution à un artiste local.

Le support est une planche de bois suffisamment dense et sèche pour éviter la déformation. Présentement, le bois a une épaisseur de 5cm. Il a fallu un peu de temps pour trouver un bois aux bonnes dimensions (80 sur 40 cm) et d’un prix raisonnable.

Apres la préparation du bois (ponçage, traitement de protection..), vient ensuite la partie sculpture.

La partie laquage est la plus longue. On applique plusieurs couches de laque noire, sur toutes les faces. Apres le séchage d’une couche, qui prend une journée, on la polit avec du papier abrasif. Il y a plusieurs types de laque. La laque naturelle du Vietnam est très toxique. Ici, la laque vient du japon. Elle est beaucoup plus simple à mettre en oeuvre. Au final, ce panneau aura 8 couches de laque.

On dépose ensuite les feuilles d’or au pinceau. C’est la partie la plus attendue!

Voici deux autres panneaux réalisés en 2019:

Si vous êtes intéressé par la réalisation d’un tel panneau, n’hésitez pas à me contacter. Pour un prix très raisonnable, cela constitue un bel objet qui gardera pour toujours son éclat.

Journée du Vietnam

Le 13 juillet, c’est un jour spécial au Vietnam. C’est le jour du « Tôi yêu tổ quốc Việt Nam », qu’on peut traduire par « J’aime mon pays ». Ainsi, à Hué, à 7 heures du matin, était organisée une cérémonie festive avec de nombreux jeunes réquisitionnés pour l’occasion. Pour faire des photos, c’est un régal. Pour ceux qui sont sous un soleil de plomb, c’est sans doute moins agréable…

Sur la photo, on voit deux policiers sur la tribune (ancien monument aux morts de la première guerre mondiale). Discours ? Surveillance ? pas du tout ! ces policiers sont en train de chanter! heureux pays…

Sâm, résistant et francophile

Nos chemins se sont croisés par hasard il y a quelques années à Hué. Depuis, une amitié profonde s’est forgée entre nous. Il faut dire que Sâm parle un français parfait, a une mémoire exceptionnelle et que sa vie, loin d’être achevée, est particulièrement riche. L’écouter parler, c’est se replonger dans l’histoire, petite et grande, du Vietnam. C’est aussi découvrir que ceux qui ont combattu les français pouvaient être des francophiles passionnés !


Sâm devant la maison familiale de Phuoc Tich

Sâm est né en 1927 dans le village de Phuoc Tich (1), à 40 km au nord de Hué. Le village, fondé en 1470, est réputé pour sa poterie. Treize immenses fours fonctionnent nuit et jour pour produire des bols, des marmites, des jarres, des pots à chaux, des poêles… Sur les 1200 habitants, deux tiers des habitants travaillent à cette activité. Les rois Nguyen apprécient la saveur et le parfum du riz cuit dans ces marmites et en demande 300 par an pour la cour. Le transport se fait en sampan sur la lagune. A cette époque, il faut une quinzaine d’heures pour rallier Hué, le principal lieu d’écoulement.

Le père de Sâm est donc potier. Un dur travail qui inclut aussi la préparation de la glaise qu’il faut aller chercher la nuit à 10km du village. Sâm est le 9eme enfant d’une famille de 10. Sa mère et ses 2 sœurs sont vendeuses ambulantes. Au village, la vie est dure. Heureusement, les nombreux enfants mettent de l’ambiance à la maison. Le soir, on s’éclaire à la lampe à pétrole mais de toute façon on se couche tôt, vers 18h. Les enfants dorment par terre. Il y a beaucoup de moustiques et les moustiquaires, qui apparaissent dans les années 30, sont inabordables. Lorsqu’il y a des inondations, on doit monter sur les toits. Régulièrement les racines et les patates douces remplacent le riz. Les incendies ne sont pas si rares, en raison des nombreux fours. Les distractions au village ne sont pas nombreuses et sont réglées par les cérémonies cultuelles comme la fête du fondateur du village une fois par an.
Les jeunes garçons apprennent de bonne heure une centaine de caractères chinois pour comprendre les inscriptions qui figurent un peu partout dans le village. C’est important pour s’imprégner des traditions et pour connaitre les vertus : le culte des ancêtres, la piété filiale, l’amour du pays, la solidarité. A l’âge de 7 ans, Sâm rejoint l’école du canton. L’instruction se fait cette fois en français. A l’âge de 11 ans, parce qu’il est doué, on l’envoie au collège Quoc Hoc à Hué, la meilleure école de tout le centre vietnam ! Ce sera son premier contact avec des professeurs français, et il les apprécie. Une partie des cours est en français, une autre en vietnamien. On apprend aussi une demi-journée par semaine les caractères chinois. Il faudra attendre 1944 pour apprendre la géographie et l’histoire vietnamienne ! Il loge chez son frère aîné, moniteur à l’école pratique d’industrie. Il retourne 2 à 3 fois par an chez ses parents, parfois à pied (7-8 heures), parfois en train.


Visite de Phuoc Tich, ici devant un ancien temple Cham devenu vietnamien

Apres la prise du pouvoir par les japonais en 1945, Sâm quitte Hué et rentre temporairement au village. Là, il enseigne et fait œuvre de propagande contre les français. En 1946, il repart à l’école Quoc Hoc pour préparer son bac. Mais lorsque les français reviennent, il prend le maquis dans les forêts environnantes pour éviter d’être enrôlé par eux. Il a alors 18-19 ans. Ses parents soutiennent son action. Par nationalisme bien sur, mais aussi parce que les impôts sont lourds. Tous les ans, dès l’âge de 18 ans, il faut s’acquitter d’un impôt fixe par tête. Insupportable pour une grosse partie de la population. Tricher sur les dates de naissance permet de gagner un court répit (Sam est « officiellement » né en 1930, soit 3 ans après sa vraie date de naissance..). On n’aime pas non plus la royauté.

Il peut assister aux funérailles de son père en 1947, mais pas à celles de sa mère en 1951, de peur de se faire attraper par les français qui surveillent le village. Il restera caché à distance. Immense douleur.

La propagande se porte tant vers les vietnamiens qu’il faut convaincre que vers les troupes françaises. Il y a en effet parmi eux de nombreux soldats des colonies africaines que le Viet Minh espère « retourner ».

Dans le maquis, il continue aussi à étudier. Il connait déjà par cœur les fables de La Fontaine. A présent, il lit Rabelais, Anatole France et d’autres auteurs classiques français dont les ouvrages arrivent jusqu’au maquis. En 1953, avec son professeur, Sâm va préparer un mémoire sur l’ouvrage Notre Dame de Paris de Victor Hugo. 24 pages qui lui permettront d’être bachelier.

En 1954, Sâm se marie. Les deux familles se sont entendues sur ce mariage. Les jeunes ne se connaissent pas bien, d’autant plus que tous les deux sont dans le maquis. Le mariage se fait à la lueur de torches et on leur servira des cacahouètes comme repas de noce !

Les accords de Genève en 1955 libèrent un immense espoir dans le peuple vietnamien. Sâm sort du maquis et va à Hanoi à pied. Les femmes ne sont pas autorisées à suivre leur mari. De toute façon, les accords de Genève prévoient des élections 2 ans après et tout le monde compte sur la réunification. Sâm rejoint l’université où il poursuit ses études littéraires à travers des textes d’auteurs vietnamiens, français, chinois, grecs et latins… En parallèle, il travaille pour le comité de propagande du ministère de la culture. Il devient directeur du théâtre de Hanoi en 1967. Il monte des pièces d’auteurs locaux bien sur, mais aussi quelques pièces d’auteurs français comme Le Bourgeois Gentilhomme ou l’Avare.. Les billets ne sont pas chers et le public, malgré la guerre, est encore nombreux. L’ambassade de France soutient ses activités. Il aura aussi l’occasion de rencontrer Ho Chi Minh à plusieurs reprises.


Sâm devant l’autel de ses ancêtres

Pendant ce temps là, autour du village, sa femme travaille comme partisane, agent de liaison et cheftaine de la société des femmes. Elle est emprisonnée 2 fois. En 1968, elle parvient à rallier Hanoi par la piste Ho Chi Minh avec l’aide de l’armée nord vietnamienne. Elle mettra plus de 3 mois pour y arriver, éprouvant la faim et la fièvre. Mais après 13 ans de séparation et de fidélité, le couple se retrouve enfin.

En 1975, dès la réunification, Sâm quitte toute ses fonctions et revient à Hué! Il emmène avec lui un précieux vélo d’origine chinoise qui lui permettra d’aller régulièrement jusqu’à son village natal. Il n’y a en effet plus de train, les rails ayant été démontés pendant la guerre. Il est nommé directeur du service culturel de la province de Hué. Parmi ces attributions, il est aussi vice président du club francophone de la ville.

En retraite, il devient guide touristique. Il accompagnera plus de 120 groupes de touristes étrangers en 18 ans.

Membre de l’Association des Ecrivains de Saigon, il publie des recueils de poèmes. Mais il se met aussi à traduire des livres français en vietnamien, 9 ouvrages pour le moment. Cela permet de joindre l’utile à l’agréable. Car sa retraite est faible et il faut bien gagner sa vie. Aujourd’hui encore, à l’âge de 92 ans, il continue de travailler sans relâche, passant d’un prix littéraire à un autre, avec l’espoir de les voir publier au vietnam.

Il fut aussi vice président du club francophone de Saigon. A 3 reprises, il est allé en France à l’invitation de ses amis français, heureux de l’entendre s’exprimer notamment lors de conférences sur Victor Hugo.

De la guerre, il ne conserve aucune rancune. Cette guerre qui pourtant lui a enlevé 2 de ses frères, tués par les troupes françaises.

Aujourd’hui, Sâm vit avec sa femme dans la banlieue de Saigon. Sa vie est toujours aussi active et son énergie impressionne. Il revient de temps en temps à Hué pour les anniversaires de décès de ses parents et de ceux de sa femme. L’occasion pour moi de revoir régulièrement un cher ami !

(1) Ce village est resté traditionnel avec de nombreuses maisons ou édifices cultuelles anciens. Des aménagements touristiques ont été faits (location de vélo, visite guidée, panneaux d’explication..) et cela vaut la peine d’y faire une excursion à la journée. On peut aussi y passer la nuit chez l’habitant, notamment dans sa maison familiale.