Catégorie «Vivre au Vietnam»

Sâm, résistant et francophile

Nos chemins se sont croisés par hasard il y a quelques années à Hué. Depuis, une amitié profonde s’est forgée entre nous. Il faut dire que Sâm parle un français parfait, a une mémoire exceptionnelle et que sa vie, loin d’être achevée, est particulièrement riche. L’écouter parler, c’est se replonger dans l’histoire, petite et grande, du Vietnam. C’est aussi découvrir que ceux qui ont combattu les français pouvaient être des francophiles passionnés !


Sâm devant la maison familiale de Phuoc Tich

Sâm est né en 1927 dans le village de Phuoc Tich (1), à 40 km au nord de Hué. Le village, fondé en 1470, est réputé pour sa poterie. Treize immenses fours fonctionnent nuit et jour pour produire des bols, des marmites, des jarres, des pots à chaux, des poêles… Sur les 1200 habitants, deux tiers des habitants travaillent à cette activité. Les rois Nguyen apprécient la saveur et le parfum du riz cuit dans ces marmites et en demande 300 par an pour la cour. Le transport se fait en sampan sur la lagune. A cette époque, il faut une quinzaine d’heures pour rallier Hué, le principal lieu d’écoulement.

Le père de Sâm est donc potier. Un dur travail qui inclut aussi la préparation de la glaise qu’il faut aller chercher la nuit à 10km du village. Sâm est le 9eme enfant d’une famille de 10. Sa mère et ses 2 sœurs sont vendeuses ambulantes. Au village, la vie est dure. Heureusement, les nombreux enfants mettent de l’ambiance à la maison. Le soir, on s’éclaire à la lampe à pétrole mais de toute façon on se couche tôt, vers 18h. Les enfants dorment par terre. Il y a beaucoup de moustiques et les moustiquaires, qui apparaissent dans les années 30, sont inabordables. Lorsqu’il y a des inondations, on doit monter sur les toits. Régulièrement les racines et les patates douces remplacent le riz. Les incendies ne sont pas si rares, en raison des nombreux fours. Les distractions au village ne sont pas nombreuses et sont réglées par les cérémonies cultuelles comme la fête du fondateur du village une fois par an.
Les jeunes garçons apprennent de bonne heure une centaine de caractères chinois pour comprendre les inscriptions qui figurent un peu partout dans le village. C’est important pour s’imprégner des traditions et pour connaitre les vertus : le culte des ancêtres, la piété filiale, l’amour du pays, la solidarité. A l’âge de 7 ans, Sâm rejoint l’école du canton. L’instruction se fait cette fois en français. A l’âge de 11 ans, parce qu’il est doué, on l’envoie au collège Quoc Hoc à Hué, la meilleure école de tout le centre vietnam ! Ce sera son premier contact avec des professeurs français, et il les apprécie. Une partie des cours est en français, une autre en vietnamien. On apprend aussi une demi-journée par semaine les caractères chinois. Il faudra attendre 1944 pour apprendre la géographie et l’histoire vietnamienne ! Il loge chez son frère aîné, moniteur à l’école pratique d’industrie. Il retourne 2 à 3 fois par an chez ses parents, parfois à pied (7-8 heures), parfois en train.


Visite de Phuoc Tich, ici devant un ancien temple Cham devenu vietnamien

Apres la prise du pouvoir par les japonais en 1945, Sâm quitte Hué et rentre temporairement au village. Là, il enseigne et fait œuvre de propagande contre les français. En 1946, il repart à l’école Quoc Hoc pour préparer son bac. Mais lorsque les français reviennent, il prend le maquis dans les forêts environnantes pour éviter d’être enrôlé par eux. Il a alors 18-19 ans. Ses parents soutiennent son action. Par nationalisme bien sur, mais aussi parce que les impôts sont lourds. Tous les ans, dès l’âge de 18 ans, il faut s’acquitter d’un impôt fixe par tête. Insupportable pour une grosse partie de la population. Tricher sur les dates de naissance permet de gagner un court répit (Sam est « officiellement » né en 1930, soit 3 ans après sa vraie date de naissance..). On n’aime pas non plus la royauté.

Il peut assister aux funérailles de son père en 1947, mais pas à celles de sa mère en 1951, de peur de se faire attraper par les français qui surveillent le village. Il restera caché à distance. Immense douleur.

La propagande se porte tant vers les vietnamiens qu’il faut convaincre que vers les troupes françaises. Il y a en effet parmi eux de nombreux soldats des colonies africaines que le Viet Minh espère « retourner ».

Dans le maquis, il continue aussi à étudier. Il connait déjà par cœur les fables de La Fontaine. A présent, il lit Rabelais, Anatole France et d’autres auteurs classiques français dont les ouvrages arrivent jusqu’au maquis. En 1953, avec son professeur, Sâm va préparer un mémoire sur l’ouvrage Notre Dame de Paris de Victor Hugo. 24 pages qui lui permettront d’être bachelier.

En 1954, Sâm se marie. Les deux familles se sont entendues sur ce mariage. Les jeunes ne se connaissent pas bien, d’autant plus que tous les deux sont dans le maquis. Le mariage se fait à la lueur de torches et on leur servira des cacahouètes comme repas de noce !

Les accords de Genève en 1955 libèrent un immense espoir dans le peuple vietnamien. Sâm sort du maquis et va à Hanoi à pied. Les femmes ne sont pas autorisées à suivre leur mari. De toute façon, les accords de Genève prévoient des élections 2 ans après et tout le monde compte sur la réunification. Sâm rejoint l’université où il poursuit ses études littéraires à travers des textes d’auteurs vietnamiens, français, chinois, grecs et latins… En parallèle, il travaille pour le comité de propagande du ministère de la culture. Il devient directeur du théâtre de Hanoi en 1967. Il monte des pièces d’auteurs locaux bien sur, mais aussi quelques pièces d’auteurs français comme Le Bourgeois Gentilhomme ou l’Avare.. Les billets ne sont pas chers et le public, malgré la guerre, est encore nombreux. L’ambassade de France soutient ses activités. Il aura aussi l’occasion de rencontrer Ho Chi Minh à plusieurs reprises.


Sâm devant l’autel de ses ancêtres

Pendant ce temps là, autour du village, sa femme travaille comme partisane, agent de liaison et cheftaine de la société des femmes. Elle est emprisonnée 2 fois. En 1968, elle parvient à rallier Hanoi par la piste Ho Chi Minh avec l’aide de l’armée nord vietnamienne. Elle mettra plus de 3 mois pour y arriver, éprouvant la faim et la fièvre. Mais après 13 ans de séparation et de fidélité, le couple se retrouve enfin.

En 1975, dès la réunification, Sâm quitte toute ses fonctions et revient à Hué! Il emmène avec lui un précieux vélo d’origine chinoise qui lui permettra d’aller régulièrement jusqu’à son village natal. Il n’y a en effet plus de train, les rails ayant été démontés pendant la guerre. Il est nommé directeur du service culturel de la province de Hué. Parmi ces attributions, il est aussi vice président du club francophone de la ville.

En retraite, il devient guide touristique. Il accompagnera plus de 120 groupes de touristes étrangers en 18 ans.

Membre de l’Association des Ecrivains de Saigon, il publie des recueils de poèmes. Mais il se met aussi à traduire des livres français en vietnamien, 9 ouvrages pour le moment. Cela permet de joindre l’utile à l’agréable. Car sa retraite est faible et il faut bien gagner sa vie. Aujourd’hui encore, à l’âge de 92 ans, il continue de travailler sans relâche, passant d’un prix littéraire à un autre, avec l’espoir de les voir publier au vietnam.

Il fut aussi vice président du club francophone de Saigon. A 3 reprises, il est allé en France à l’invitation de ses amis français, heureux de l’entendre s’exprimer notamment lors de conférences sur Victor Hugo.

De la guerre, il ne conserve aucune rancune. Cette guerre qui pourtant lui a enlevé 2 de ses frères, tués par les troupes françaises.

Aujourd’hui, Sâm vit avec sa femme dans la banlieue de Saigon. Sa vie est toujours aussi active et son énergie impressionne. Il revient de temps en temps à Hué pour les anniversaires de décès de ses parents et de ceux de sa femme. L’occasion pour moi de revoir régulièrement un cher ami !

(1) Ce village est resté traditionnel avec de nombreuses maisons ou édifices cultuelles anciens. Des aménagements touristiques ont été faits (location de vélo, visite guidée, panneaux d’explication..) et cela vaut la peine d’y faire une excursion à la journée. On peut aussi y passer la nuit chez l’habitant, notamment dans sa maison familiale.

Attention au tourisme de masse au vietnam

15,5 millions de touristes étrangers ont visité le Vietnam en 2018. D’accord, c’est encore loin des 90 millions de touristes venus en France, mais c’est quand même 20% de plus que l’année précédente.

Les premiers visiteurs du Vietnam sont les chinois, avec 5,5 millions de visiteurs, suivis par les coréens, avec 3,5 millions. Et ce sont eux qui font exploser les statistiques : + 44% d’augmentation pour les coréens en une seule année, +24% pour les chinois.. Les touristes asiatiques adorent les plages, alors les villes de Danang et de Nha Trang bénéficient à plein de cet essor. Pas moins de 27 vols par jour arrivent à Danang depuis la Corée !


Nhon Hai, à quelques kilomètres de Quy Nhon, au centre Vietnam (1)

Le problème, c’est que tout ça alimente le tourisme de masse. Les chinois ne voyagent qu’en groupe, adorent la baie d’Along, le bord de mer et manger. Ils n’enrichissent que leurs compatriotes au grand dam des vietnamiens. Les coréens sont plus ouverts et curieux, mais ils n’aiment pas l’aventure.

A Hué aussi, on ressent fortement la hausse du nombre de touristes. Les coréens font surtout des « excursions » à la journée et rentrent à Danang le soir (2*3 heures de route…). Les chinois, eux, ne viennent pas, car la citadelle de Hué les laisse de marbre à coté de celle de Pékin, sa grande sœur. Les français sont 280.000 a visiter le Vietnam, et presque autant à visiter Hué.

Clairement, au Vietnam, ça bouchonne partout sur les sites connus. Le danger serait de suivre bêtement ce flux et d’être déçu du voyage. Alors un conseil : sortez des sentiers battus !

Voici quelques conseils pour laisser place à la découverte:
– N’explorez qu’une partie du Vietnam, sinon vous passerez votre temps dans les transports,
– Tenez compte de la météo, car le pays est grand et le climat n’est pas le même du nord au sud,
– Eviter les « open bus » qui ne vous emmènent que sur des sites ultra visités,
– Ne réservez pas tous vos hôtels à l’avance (il y en a de toute façon partout), laissez vous de la marge pour donner libre cours à vos envies,
– Privilégiez les trajets à moto (avec ou sans chauffeurs),
– Sortez des villes qui reflètent de moins en moins le « vrai Vietnam »,
– Manger local, parler local, c’est tellement mieux !

Bien sur, ça demande plus de préparations… Mais avec les outils comme le gps, les traducteurs en ligne, les sites de contacts, les blogs, il est tellement plus facile d’y arriver.


Eo Gio, près de Quy Nhon (1)


Resort impressionnant dans la baie de Nhon Ly, près de Quy Nhon (1). 96000 touristes étrangers seulement se sont arrêtés dans cette partie du pays en 2018

Ceux qui rêvent de luxe accessible seront comblés. Ces dernières années, à coup de milliards d’investissements, de superbes hôtels et resorts se sont construits un peu partout. C’est un luxe brut, sans âme, mais qui impressionne.

(1) source: photos de Trung Pham visibles sur https://e.vnexpress.net/projects/a-bird-s-eye-view-of-quy-nhon-to-entice-landings-3899767/index.html

En mémoire du Frère Dao


Frère Dao à coté du buste de Frère Aglibert, fondateur de l’école Pèllerin de Hué en 1904 (photo prise en mai 2018)

C’est avec beaucoup de tristesse que nous venons d’apprendre le décès du Frère Dao (ou Rodriguez) ce 25 février 2019 à Saigon, à l’âge de 97 ans. Frère Dao faisait parti de la communauté des Frères des Ecoles Chrétiennes fondée par Saint Jean Baptiste de la Salle (La San au Vietnam). Il était devenu Frère en 1940 et a toujours enseigné au lycée Pellerin de Hué jusqu’en 1975. Frère Dao avait la passion de l’enseignement du Français puis de l’Anglais. Jusqu’à une période très récente, il continuait d’enseigner dans la petite maison des Frères à coté de l’académie de musique (nouvelle affectation de l’école Pellerin), rue Le Loi à Hué. Il était notamment reconnu pour ses qualités à enseigner la prononciation. Tous les ans, il recevait des visites de ses anciens élèves reconnaissants, ceux ci venant de tout le Vietnam et du monde entier. C’est sa passion d’enseigner dans l’amour du Christ qui le faisait vivre.
Qu’on se souvienne de lui !

Un peu de propagande…

Quel fut mon étonnement de voir une ancienne fresque de propagande au détour d’une rue dans la ville de Tuy Hoa (nord de Nha Trang). Elle a sans doute été peinte dans les années 80, dans les années difficiles du Vietnam.


A gauche, on lira « Des récoltes en abondances pour développer le cheptel ».
A droite, « Planter de nombreux arbres fruitiers pour exporter »

Ce panneau la n’est pas récent non plus. Il signifie « Fier que les soldats de la piste Ho Chi Minh combinent l’économie et la protection de la Nation ». L’armée Vietnamienne a la particularité d’être aussi présente dans de nombreux secteurs économiques. L’exemple le plus spectaculaire est le secteur des télécommunications avec Viettel. Néanmoins, ces dernières années, la stratégie est plutôt au recentrage et de nombreuses entreprises publiques ont été cédées au secteur privé.

Hué dans les années 60 : une ville déjà différente

Alors que l’offensive du Têt fait rage à Hué, le journaliste Jean Claude Pomoni publie le 21 février 1968 dans le journal Le Monde un article (1) sur les habitants de Hué qui s’opposent, à leur manière, au régime de Saigon et à la présence américaine. Indépendamment du contexte de la guerre, on redécouvre dans cet article une ville résolument unique que l’auteur qualifiera de « dernière ville vietnamienne » au sud du 17eme parallèle.


Hué, en 1961 (collection Life) (les puristes diront que l’ao dai est du style de Saigon, pas de Hué..)

« Il y a quelques temps encore, quittant Saigon grouillante, bruyante et cosmopolite, on était tout étonné de retrouver à Hué une ville vietnamienne. Le DC-4 d’Air Vietnam atterrissait sur la piste de Phu-Baï, à 14 kilomètres au sud de la ville. Là on était encore dans l’atmosphère saigonnaise : les  » marines  » s’y étaient installés, à grands renforts de bunkers et de chevaux de frise.

La surprise ne venait que plus tard, une fois traversée, au sud, la ville coloniale et franchi le grand pont métallique qui, enjambant la rivière des Parfums, la reliait au nord à la vieille ville dominée par les remparts de la citadelle.

Dans les rues, peu de voitures, et le plus souvent de vieux modèles. Si la richesse existait, elle se faisait discrète. A l’image des bâtiments publics, souvent délabrés, les commerces avaient piètre mine : ici de vieux livres moisis, là quelques pièces détachées pour bicyclettes, moyen de transport très prisé à Hué. Manifestement on était bien loin de Saigon : Hué n’a jamais profité de la guerre.
[..]
Le seul endroit animé était le marché, sur la rive nord de la rivière ; encore ne l’était-il que dans la matinée. Sur l’autre rive on discutait ferme dans les amphithéâtres de l’université construite il y a dix ans. Le niveau des études n’y était guère élevé, mais elle avait son prestige : parmi les étudiants, on comptait, parait-il, des fils de conducteurs de cyclo-pousses, ainsi que les derniers artistes qui s’efforçaient, non sans talent, de peindre et d’écrire la misère de leur pays. Près de la faculté de pédagogie, surplombant la rivière, un grand immeuble tout neuf mais inhabité : un hôtel de repos pour les officiers, mais on avait oublié de le doter du système d’aération nécessaire.

Un signe, parmi d’autres, était révélateur : les étrangers se faisaient rares. L’Occidental de passage ne pouvait s’y tromper : ce n’était pas le fruit du hasard. A l’exubérance des gens du Sud faisait suite la réserve de ceux du Centre. [..] Les Américains évitaient de s’y montrer, surtout en uniforme. Pas de bars, pas d’enseignes au néon, pas de filles, mais quelques restaurants pauvres, où les Huéens allaient manger du  » banh bèo « , spécialité locale, – une rondelle de pâte de riz surmontée d’un peu de viande, d’une crevette ou de pâte de haricot. Rien pour la clientèle américaine.

Même les commerçants les plus avides ne s’y intéressaient manifestement pas. C’est pourquoi les Américains avaient renoncé à s’y installer, ne maintenant en ville que quelques conseillers civils auprès de l’administration locale, doublés d’une poignée d’agents des services de renseignement. Ils avaient préféré se replier sur Phu-Baï, le petit aérodrome, abandonnant ainsi l’ancienne capitale impériale à sa mélancolie, à son amertume et, qui sait, à d’autres…

Il est vrai que, dès le début, les Huéens n’ont jamais caché leur hostilité aux Américains et à leurs amis de Saigon. En 1963 déjà, on s’en souvient, ils se soulevèrent, bonzes en tète, contre Diem, prenant ainsi la tête du mouvement qui aboutit à la chute du régime. A l’époque, les bouddhistes de Hué, appuyés par les intellectuels de l’université locale, ne cachaient pas leur faveur pour une solution négociée au conflit vietnamien, alors que leurs coreligionnaires saigonnais y étaient opposés.

Par la suite, l’hostilité de Hué à l’égard des juntes militaires qui se succédaient au pouvoir à Saigon ne se démentit que rarement. En mars 1966, aux cris de :  » A bas la dictature Thieu-Ky ! A bas les Américains ! « , la ville s’insurgea ouvertement dans une belle unanimité derrière ses bonzes, ses universitaires et ses étudiants. C’en était fini d’un éventuel compromis avec Saigon. Faute d’un choix, la sécession échoua trois mois plus tard. Mais les troupes gouvernementales qui reprirent Hué en mai-juin 1966 n’y trouvèrent que des visages fermés. Les dirigeants étaient passés dans la clandestinité. La population ignorait les autorités, à défaut de pouvoir les bouter dehors.

Dans de telles conditions, on s’explique plus aisément que des universitaires aient pris, il y a trois semaines, la tête du gouvernement révolutionnaire créé lorsque les Nord-Vietnamiens ont occupé l’ancienne capitale impériale. Les étudiants qui se révoltèrent en 1963 s’appelaient Bui Ton ; les professeurs qui collaborent avec le F.N.L. cette année se nomment Ton That Duong. Bui, Ton, That…, à ces syllabes on reconnaît au Vietnam les différentes générations des parents proches ou lointains de la dynastie des Nguyen. Il est vrai qu’à Hué une partie de la population est affiliée à la famille impériale, dont le dernier roi fut Bao Daï. Ce même Bao Daï qui, en août 1945, abdiquant en faveur du gouvernement présidé par Ho Chi Minh, déclarait qu’il préférait  » être le simple citoyen d’un État indépendant que le roi d’une nation subjuguée « , et demandait à sa famille de  » s’unir étroitement à tous nos compatriotes pour aider le gouvernement démocratique à consolider l’indépendance du pays « . A croire que certains d’entre eux ont entendu ce message et s’y sont conformés plutôt que de suivre, à Hongkong, à Da-Lat, à Cannes et enfin à Paris, le velléitaire auteur de ces paroles oubliées.

Dès qu’il fut maître de la ville, le F.N.L. s’empressa il y a vingt et un jours de faire flotter son drapeau sur le palais impérial, au cœur de la citadelle. Il ne faisait que répéter le geste du gouvernement de 1945. Au Vietnam la légitimité n’est vraiment acquise qu’avec l’accord de Hué.

Décidément, même détruite, Hué reste bien la dernière ville vietnamienne au sud du 17e parallèle. »

(1) : Le titre de l’article est « Hué n’avait jamais caché son hostilité au gouvernement de Saigon ». Cet article est disponible dans son intégralité sur le site du Monde, dans la partie « recherche » et accessible aux abonnés.

De Quy Nhon au Cap Varella

La distance n’est pas très grande, à peine 150 km si l’on suit la route nationale. Mais si on s’aventure le long de la cote en suivant le dessin formé par les presqu’îles, on peut y passer beaucoup plus de temps… D’ailleurs, il vaut mieux partir avec un gps, car rien n’est vraiment fléché.. la région n’est pas très touristique, mais pourrait le devenir d’ici quelques années. Les plages sont superbes, les fruits de mer font la richesse de la population, et certains endroits n’ont rien à envier à la Bretagne du Nord ! Sans parler de la couleur de l’eau, extraordinaire…


La plage de Bai Xep


Le port de Tuy Phong 2


La plage de la presqu’ile de Tuy Phong

Le long de cette plage, on y nourrit de toutes petites crevettes. Celles ci servent pour faire des salades ou des sauces. Une fois séchées, elles valent 100 KD (4 euros) le kilo. Quand on se baigne, on les voit sauter tout autour de nous…


Ancienne maison de pécheurs. Elle aurait plus de 200 ans. C’est à présent une maison cultuelle.


Préparation des langoustes pour l’export

On nous a dit que toutes ces langoustes partaient pour la Chine. Celles ci ont un petit calibre, environ 8 par kilo. Le prix de vente serait de 800 KD par kilo, soit 35 euros, ce qui me parait cher. Pour les plus gros calibres, ce serait environ 80 euros. Ces langoustes sont élevées dans des casiers laissées à une centaine de mètres du rivage. Tous les jours, par un tube en plastique qui dépasse du casier, elles sont nourries. C’est un très gros business pour les familles de pécheurs.

Les langoustes, on n’en verra jamais dans nos assiettes.. mais en revanche, on a beaucoup mangé de crevettes..


La plus grande passerelle en bois du Vietnam !


Ancienne maison de pécheurs

Nous avons discuté avec les pécheurs. Tous semblaient ravis de leur conditions de vie. Avec la forte demande, ils peuvent gagner jusqu’à 120 euros par jour avec un simple petit bateau, ce qui est beaucoup pour le Vietnam.


Pointe de Mui Yen. Un bel endroit à découvrir


Vue de l’autre coté de Mui Yen.

A 30km au sud de Tuy Hoa, on trouve le Cap Varella.


Le Cap Varella (ancien nom du temps des francais), Mui Dien en Vietnamien.

Le cap Varella est la pointe la plus à l’Est du Vietnam. Les Vietnamiennes sont d’ailleurs plus poétiques que moi: ils disent « le premier levée du soleil du Vietnam ».


Le phare du Cap Varella, construit par les français.

On peut monter en haut du phare aux heures de midi. Du haut, on peut observer les bateaux de pèches qui s’activent non loin des cotes…


La fameuse route du Cap Varella, très connue du temps des français…

Toute cette région est promise a un grand avenir touristique. Mais pour le moment, cela reste un peu compliqué. Il n’y a pas de « chemin douanier » ni chemin tout court.. L’accès aux plages ou aux ports est difficile sans un bon gps. Et les villages de pécheurs, comme souvent, ne sont pas très propres. Néanmoins, avec une moto et un peu d’indulgence, on passe un bon moment..