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Vingroup, le plus gros conglomérat privé vietnamien

En cette fin d’année 2021, on parle beaucoup des risques de faillite d’Evergrande en Chine. En lisant un article sur cette société, quel fut mon étonnement de voir les similitudes de ce groupe avec le groupe vietnamien Vingroup. Rassurez vous, similitudes concernant les domaines d’activités, pas sur les risques de faillite !


La magnifique berline Vinfast Lux A2, sortie en 2021 (photo internet)

Evergrande est actif principalement dans l’immobilier mais aussi dans les parcs de loisirs, les véhicules électriques, les médias, l’eau…, un CA de 68 milliards d’euros réalisés uniquement en Chine avec 200.000 employés. Le tout avec une dette de 260 milliards d’euros, 2% du PIB chinois et actuellement un parc de logements vides qui pourrait loger 340 millions de personnes !

Comme son grand frère chinois, Vingroup est aussi largement présent dans l’immobilier, cela représente 70% de ses ventes. Mais aussi dans l’industrie automobile, les parcs à thèmes, les hôtels et, pour des montants plus symboliques, dans la santé et l’éducation. Il y encore peu, c’était aussi des milliers de superettes à l’enseigne Vinmart, des fermes de produits bio et des téléphones portables..

Son CA était de 4,1 milliard d’euros en 2020, soit 1,8% du PIB vietnamien. Comme Evergrande, ses ventes sont entièrement réalisées localement. ,. Un profit de 91 millions d’euros pour une année 2020 marquée par le Covid, c’est honorable. Mais là ou s’arrêtent les comparaisons avec Evergrande, c’est pour la dette. Elle ne dépasse pas 5 milliards d’euros. Rien à voir donc avec son grand frère chinois. Le ratio anglo-saxon « passif sur fond propres » est de 2,1, ce qui n’est pas affolant pour une telle société.

Ce groupe entièrement privé a été créé en 1993 par Pham Nhat Vuong, un vietnamien parti suivre ses études en Ukraine. Le capitalisme vietnamien est assez riche de parcours similaires. Il faut croire que l’enseignement du capitalisme après la chute de l’URSS était de qualité ! Les actionnaires étrangers représentent 6% du capital, pour 28% pour les vietnamiens. Le reste du capital est aux mains des investisseurs du départ, tous vietnamiens.


Landmark, la tour la plus haute d’Asie, 81 étages, située à Saigon, inaugurée en 2018 par le groupe Vingroup (photo internet)

Par rapport aux groupes occidentaux, la taille du groupe semble bien modeste. Pourtant Vingroup est partout ! Surtout dans des activités destinées aux classes aisées. Les 35 hôtels et résorts Vinpearl sont magnifiques. Celui de Hué est une tour impressionnante de 34 étages ouvert en 2018 (voir article dédié).

On croise aussi partout les superettes Vinmart, vendues au groupe Massan en 2020, mais qui conservent leur enseigne pour le moment. En 2 ou 3 années seulement, le groupe avait ouvert plusieurs milliers de magasins partout au Vietnam, tentant de bouleverser les habitudes des vietnamiens. Il reste aujourd hui au groupe 80 centres commerciaux.

Mais l’étonnement fut encore plus grand quand on a découvert que Vingroup se mettait a produire des voitures ! En un temps record (21 mois), à grand renfort de compétences occidentales et de 4 milliards d’investissement, 3 modèles de voitures sont sortis de l’usine ultra moderne de Haiphong en 2019. Le design de ces modèles, issu de Pininfarina, a été choisi par un panel de 66000 vietnamiens. 31500 voitures ont été vendues en 2020. Et ce n’est pas fini.. Car Vinfast arrive en Europe et aux Usa. A partir de 2022, vous pourrez acquérir les versions électriques de ces modèles, avec des batteries à chargement ultrarapide.. Ce parcours est tout simplement incroyable !

Qu’en est-il des profits ? il est toujours difficile d’obtenir des réponses claires dans des comptes consolidés, mais on peut dire que c’est l’immobilier qui génère l’essentiel des profits du groupe. Comme en Chine, la hausse des prix du foncier est forte, ce qui facilite bien les choses… Tant que les prix montent, les spéculateurs, aussi nombreux au Vietnam qu’en Chine, continuent d’acheter rapidement dans l’espoir de revendre avec profit..

Les autres branches sont presque toutes en perte, mais l’année 2020 est un peu spéciale…

Les informations sur les salaires ne manquent d’étonner. Les revenus moyens des 40100 employés du groupe serait de 21,5 millions de VND, soit 800 euros par mois. En hausse de 28% sur l’année précédente ! Bizarre.. Les salaires ne dépassent pas en général 5 millions en province et 10-15 millions dans les grandes villes.. 55% des employés ont moins de 30 ans, et 40% ont un diplôme d’études supérieures. Est ce la présence d’experts étrangers employés à grand frais qui fait flamber les couts ? Quoi qu’il en soit, Vingroup a la réputation de bien payer ses employés mais aussi de tout exiger d’eux. La pression est très forte et on ne compte pas ses heures. On est corvéable 7 jours/ 7. Les employés sont tenus aussi de s’équiper avec les marques du groupe : téléphones portables, scooter voire voiture pour les cadres..

Que pensez de ce groupe ? Pour un esprit occidental comme le mien, je suis un peu perplexe. Car les prix dans les superettes sont très élevés, les parcs à thèmes sont vides, les scooters électriques ne se sont jamais vendus, les centres commerciaux sont peu fréquentés et les projets immobiliers démesurés. Difficile de faire une opinion dans un pays ou les analystes financiers n’existent pas. Mais je reste admiratif sur la vitesse à laquelle le groupe se développe. J’ai hâte de voir si le groupe réussira son ambition de vendre ses voitures en occident. Ce serait la preuve qu’avec de l’argent et du talent, tout est possible.

Covid au Vietnam : la situation s’améliore

A ce jour, 24 octobre, on recense encore plus de 3000 cas par jour au Vietnam, après avoir dépassé plus de 10.000 cas par jour pendant plus d’un mois. L’épidémie a cependant été principalement contenue à Saigon et la province industrielle limitrophe, celle de Binh Duong.


Lutte contre le covid a saigon, le 6 aout dernier (photo vnexpress)

La seule solution qui s’imposait était la vaccination en masse des habitants. Partant de presque 0 au début juillet, la population est à présent vaccinée à 50% pour une première injection et 20% complètement. C’est encore peu, mais le retard se comble petit à petit.

Hue a été épargné à nouveau par cette nouvelle vague de covid. Des restrictions avaient été mises en place, comme l’interdiction de se baigner dans la rivière des parfums, activité populaire depuis quelques mois.. Les monuments historiques aussi, mais de toute façon, il n’y avait aucun touriste vietnamien. La plupart des mesures ont été levées au début de ce mois. Les écoliers sont retournés à l’école, ce qui est de bon augure. Seuls les espaces publics comme les karaokés, les cinémas sont encore complètement fermés. Les déplacements entre les provinces sont en revanche toujours difficiles, voire impossibles.


Un camion spécialement conçu pour la vaccination a été mis au point au Vietnam (photo vnexpress)

Mais c’est dans le sud que la situation a été très difficile. Le confinement stricte a duré plus de 3 mois. L’absence de résultats positifs a forcé les autorités à interdire aux gens de sortir pour faire les courses. Ce sont les militaires qui se sont chargés de cette tache !

L’image que l’on retiendra de cette tragédie est les 1500 enfants de Saigon qui sont devenus orphelins suite aux décès de leurs parents voire des grand parents, tous ayant été contaminés dans leur logement exigu.

Officiellement, le nombre de décès a dépassé 300 par jour pendant 2 mois.

La face visible du Covid au Vietnam fut la fuite de 1,3 millions de travailleurs du sud vers leurs régions natales au début juillet, lorsque l’activité économique s’est arrêtée. Escortés par la police, ces migrants ont traversé le pays en moto pour ensuite être mis en quarantaine dans leur province. Mais devant les risques « d’exporter » le covid dans les régions, les travailleurs vivant dans le sud ont été sommés de rester sur place. Faute d’épargne, ces familles ont vécu un enfer, mangeant parfois que des nouilles instantanées pendant 2 mois. L’état a fini par leur verser un maigre pactole pour survivre.


Migrants repartant chez eux, roulant parfois plus de 2000 km..(photo vnexpress)

Apres avoir été vacciné et suite au relâchement des restrictions début octobre, ce sont à nouveau des centaines de milliers de gens qui ont fui les 2 régions du sud. Les scènes de début juillet ont à nouveau fait la une dans la presse. Les premiers à fuir sont les migrants sans existence légal et que le gouvernement ne recense pas.

Ces migrations inquiètent au plus haut niveau, d’un point de vue économique cette fois ci. Les usines du sud vont commencer à rouvrir, mais doivent faire face à une hémorragie de personnel. Même si ceux qui sont partis vont sans doute revenir, ce ne sera pas avant le Tet, début février. D’ici la, les entreprises de chaussures, d’électronique, du textile, mais aussi du commerce vont souffrir. Les occidentaux ne sont pas sur d’avoir leurs cadeaux « made in vietnam » au pied du sapin cette année ! Le seul point positif est pour les travailleurs : on peut en effet espérer que les offres de travail soient plus attractives pour les faire revenir…


Mur érigé entre 2 quartiers à saigon, l’un étant plus touché que l’autre par le covid ! Le mur a finalement été enlevé assez vite…(photo vnexpress)

Pour le tourisme enfin, rien de nouveau. Les frontières sont toujours fermées. Pour les français vivant au Vietnam, la France a envoyé des vaccins et il est probable que tous ceux qui le voulaient ont eu leur injection. A Hué, les étrangers ont reçu leur 1er injection il y a 3 semaines.

Covid 19 vietnam: l’impasse du « zéro covid »

Le Vietnam a été acclamé par le monde entier en 2020 pour son efficacité en matière de lutte contre le Covid, en limitant à la fois les confinements globaux tout en maintenant une croissance économique de plus de 2,9% ! Des résultats qui ont été obtenus directement grâce à la stratégie « zéro Covid » basée sur une traçabilité des cas contacts et leurs isolements strictes. Et aussi sur la fermeture des frontières.


Véhicule de prévention à Hué le 11 juillet 2021

Sauf que les variants se jouent de cette politique ! Certains pays limitrophes ont donné des signes avant coureurs, comme Taiwan, le Laos, le Cambodge et surtout la Thaïlande.
Les premiers cas de la 4eme vague au Vietnam sont arrivés fin avril, dans des zones industrielles de la région de Saigon. La difficulté tient à la taille des usines, dont on découvre que certaines d’entre elles ont plus de 50.000 ouvriers (dans la chaussure) ! Comment faire pour isoler les ouvriers tout en maintenant les objectifs de production ? Le manque de structures d’hébergement rend la mission quasi impossible. D’où la forte hausse des contaminations. Pendant le mois de mai et juin, les chiffres tournaient autour de 200 cas de covid par jour. A ce rythme, on peut encore croire à l’éradication de l’épidémie.

Et puis d’un seul coup, début juillet, les chiffres se sont emballés en dépassant 1000 cas par jour… la courbe est exponentielle et atteint à la date d’aujourd hui, 24 juillet, 7000 nouveaux cas par jour.


Certaines usines logent leurs ouvriers confinés sur place.. (photo vnexpress)

Le Vietnam a-t-il été trop confiant dans sa stratégie du « zéro Covid » ? La vaccination n’est vraiment à l’ordre du jour que depuis quelques semaines. Alors que les pays occidentaux ont tout misé sur la vaccination, le Vietnam a pris du retard. 0,3% des habitants ont reçus les 2 doses à ce jour contre plus de 44% en France.

Du coup, les confinements stricts de villes ou provinces sont la seule solution actuelle. Saigon, ville de plus de 10 millions d’habitants est confinée depuis le 8 juillet. Interdiction de sortir de chez soi. Ceux qui connaissent Saigon savent qu’un confinement là bas n’a rien à voir avec un confinement en France. Les logements sont exiguës et sans confort, la surpopulation est forte, la chaleur débilitante. Les gens ont l’habitude de vivre dehors. Au pays de l’ultra frais, la nourriture devient un problème. Comment se nourrir alors que les marchés sont fermés ? Ici, on ne connait ni les surgelés ni les boites de conserves ni meme le stock de denrées alimentaires! L’essentiel de la population ne peut plus exercer son gagne-pain quotidien, des vendeurs de billets de loterie aux xe om. Le ville est à l’arrêt, une chose inimaginable, jamais vu jusqu’ici, même au 1er jour du Têt !

D’autres provinces sont aussi confinées strictement, dans le sud principalement, comme la ville de CanTho. Mais l’épidémie se répand, et les mauvaises nouvelles aussi : Hanoi est elle aussi confinée strictement depuis ce matin, 24 juillet.


Confinement à Saigon (photo vnexpress)

A Hué, on retient son souffle. La nouvelle vague du Covid n’a apporté que quelques cas. Mais, à titre de prévention, toutes les activités sociales ont été interdites ou limitées pendant 1 mois en juin. Tous les rassemblements sont interdits et continuent de l’être à la date d’aujourd hui. La semaine dernière, les activités sur la rivière des parfums, comme le paddle, le pédalo, la baignade, ont été suspendues.

Toutes les provinces se ferment sur elle même, et il est très difficile de se déplacer. Des contrôlés sanitaires sont partout, on vous suit à la trace. Si vous revenez d’un endroit infecté, vous devez vous soumettre à une quarantaine de 2 voire 3 semaines.. En partie en zone fermée.

Ces nouvelles mesures sont aussi une souffrance pour les enfants car nous sommes en pleine vacances scolaires. Aucune activité de groupe n’est autorisée.

Bon exemple en 2020, le Vietnam se trouve aujourd hui dans une impasse. Comment juguler 7000 cas de covid par jour ? Impossible. Comment confiner des villes entières pendant plusieurs mois ? Impossible. Reste l’accélération de la vaccination. Plus facile à dire qu’a faire, cela prend aussi du temps. Et je ne parle même pas de la réouverture des frontières aux touristes..


Confinement dans l’ancienne rue Catinat (photo vnexpress)

Le Vietnam a toujours prouvé sa formidable capacité d’adaptation aux événements les plus durs. Alors attendons la suite avec optimisme!

Spéculation foncière au Vietnam

Quand je suis arrivé au Vietnam il y a 10 ans maintenant, le premier conseil qu’on m’ait donné était soit d’acheter un terrain, soit de mettre mon argent à la banque et d’attendre les intérêts ou les plus values! J’ai aussitôt répondu que je n’étais pas venu au Vietnam pour spéculer…

Ma réponse ne serait pas aussi catégorique aujourd’hui ! Car c’est certain, les prix du foncier ne font que croitre…

Plusieurs raisons à cela.

D’abord l’une des plus fortes populations, soutenue par une natalité toujours dynamique. On est presque 100 millions d’habitants au Vietnam..
Ensuite parce que la richesse de la population augmente vite. On estime à 9000 dollars la moyenne des revenus par habitant, en croissance régulière depuis de nombreuses années. Cette moyenne cache des disparités importantes, mais il est clair que « les riches » sont de plus en plus riches et ont des moyens financiers importants.
Autre raison, liée sans doute à l’origine paysanne des vietnamiens : investir dans la terre a toujours été leur premier reflexe.
La fiscalité est aussi bien sur une autre raison : entre membre d’une même famille, les biens fonciers peuvent se transmettre sans droit de succession.
Et aussi la conviction, rarement prise en défaut, que les prix du foncier vont toujours monter.


Un terrain à vendre dans notre ruelle, à 3km de l’hyper centre: 700 euros le m2, pour 119m2 (19 mvnd/m2), soit 83.000 euros

Cette hausse des prix est difficile à quantifier. A la différence de la France, il n’y a aucune statistique. Les prix au m2 par quartier sont inconnus et il faut aller sur internet pour observer les prix demandés par les vendeurs. Sinon, il faut interroger les habitants pour connaitre les prix du marché. Et encore ! Chacun a son opinion sur la valeur de son bien avec des arguments qui défient parfois la raison. Les terrains en bordure de routes ou à fort passage sont bien sur ici privilegiés..

De fait, les prix sont souvent irrationnels. Un acheteur d’Hanoi qui vient à Hué va trouver les prix très bon marché et va se précipiter pour acheter un bien s’il est bien « conseillé ». C’est aussi cela le caractère vietnamien : toujours dans la précipitation, toujours prêt à croire les rumeurs sans jamais vérifier objectivement la situation.

Voila un terrain propice à toutes les spéculations ! Le covid a supprimé pas mal d’emplois un peu partout dans le pays et certains se sont sentis pousser des ailes d’agents immobiliers. Il n’y a pas ou peu d’agences immobilières au Vietnam, les vietnamiens n’étant pas prêts à dépenser 7 à 10% du prix dans des commissions. Sans capital, la vente d’un bien rapporte 2% à un agent immobilier. Mais les profits sont bien plus considérables lorsque vous spéculez vous-même. Un article de VnExpress du 28 mars 2021 (1) parlait récemment de la formidable hausse des prix dans certaines zones périphériques de Hanoi ou d’Ha long. On parle de prix multipliés par 5 en l’espace d’un an. L’explication est toute vietnamienne. Les courtiers achètent des terrains avec de l’argent emprunté aux banques, créent de fausses rumeurs de construction d’infrastructures, poussent les acheteurs potentiels à acheter très vite.. et puis, quand le filon est épuisé, tous ces spéculateurs s’en vont sur une autre zone, comme une volée de moineaux.. L’un d’entre eux dit même au journaliste qui l’interroge « il n’y a rien de plus rentable, sauf peut être le trafic de drogue ! »…

Et à Hué ? Avec ma femme, nous avons acheté un terrain il y a 2 ans en vue de construire notre maison. Un terrain situé en périphérie, dans un village, proche de la rivière des parfums et face à une superbe rizière. Nous nous sommes dit que nous aurions sans doute 10 ans de tranquillité avant que la ville vienne jusqu’à nous. Peine perdue, la zone a été intégrée à la ville de Hué quelques mois après et la belle rizière s’est transformée en un lotissement. Plus question pour nous d’habiter là bas. Seule consolation, on nous dit que la valeur de notre terrain a été multipliée au moins 3 fois…

Cette spéculation est entretenue par une fiscalité pour le moins clémente. Alors que les plus values foncières sont taxées à 36% en France, ici, il n’y a qu’une taxe de 2% sur le prix de vente, payable par le vendeur, auquel s’ajoute 0,5% de droits d’enregistrements… pas de quoi refroidir les spéculateurs ni enrichir l’Etat.

Comment développer un pays avec de telles règles ? C’est un grand mystère pour moi. De plus, les dépôts bancaires n’étant pas fiscalisés non plus, il est clair qu’il vaut mieux être rentier que salarié.

N’allez pas croire non plus que cette hausse est liée à la faiblesse des prix ! les prix du foncier sont plus chers qu’en France !

Ne rêvez pas trop non plus ! L’achat de terrains est réservé aux vietnamiens. Les étrangers, même mariés à des locaux, ne peuvent jamais devenir propriétaires à titre privé (sauf cas particulier des condominiums).

(1) https://e.vnexpress.net/news/business/industries/people-enter-realty-business-en-masse-as-property-market-bubbles-along-4254580.html

Quoi de neuf à Hué en 2020?

2020 fut une année sans touriste, mais cela n’a pas empêché la ville de continuer à se développer, plutôt en bien..

Mais 2021 débute sur une note assez triste et inattendue : la fermeture du café « La Gare » dont j’avais parlé il y a 2 ans. C’est le seul café, logé dans une belle maison coloniale, qui avait pourtant beaucoup de succès. Il a fermé lors du Tet, sans doute victime d’une forte hausse du loyer de la part du propriétaire.
Au Vietnam, pas d’indexation des loyers (d’ailleurs il n’y a aucun indicateur d’inflation) et les négociations se font de gré à gré, au bon vouloir des partis.. Ce qui explique un turnover important des commerces.


L’absence des bateaux dragons sur la rivière des Parfums a laissé place aux baigneurs cette année !

Mais revenons en 2020. Ce fut une période faste de travaux : rénovation du pont couvert Thanh Toan, reconstruction de la porte d’entrée de la prison construite par les français (rue Le Lai), finalisation de la restauration de la porte Ngo Mon de la citadelle. C’est aussi le dégagement des constructions sur l’enceinte extérieure de la citadelle, ce qui permettra, dans un avenir assez proche, de se promener sur les hauteurs de la citadelle. C’est surtout la poursuite de la mise en valeur des berges de la rivière avec la mise en service d’une promenade sur plusieurs kilomètres. A une vitesse astronomique, a été bouclée pour le Tet une piste cyclable à Kim Long vers la pagode Tien Mu. Merci à la Corée de financer une grande partie de ces travaux.


Le dégagement des murailles de la citadelle a permis de découvrir des lieux oubliés…

Le covid et l’absence de touristes ont réduit très fortement le trafic sur la rivière des parfums. Les Huens en ont profité pour se baigner dans la rivière et faire du paddle. C’est une révolution car jusqu’ici les craintes superstitieuses empêchaient ce type de pratique.

L’absence de touristes a contraint de nombreux hôtels et restaurants à fermer. Certains se sont reconvertis en lieux de vente pour les locaux, principalement des cafés.


Une partie de l’ancienne prison a été renovée pour etre transformée en lieu de mémoire

Comme anticipé l’année dernière, l’enseigne Vinmart a fermé de nombreux points de vente, plus de 700 au Vietnam. Il en reste 2300. L’enseigne a été vendue au groupe local Masan, qui n’a aucune expérience dans la distribution, et qui hérite déjà de 100 millions de dollars de perte en 2020… Bonne chance !

La tendance actuelle est à l’ouverture de nombreux coiffeurs pour homme, dans le style des « barbers » américains.. mais aussi des magasins de vêtements d’occasion ou l’on trouve parfois de véritables pépites en provenance des usa. Les Spa fleurissent comme des champignons sans que je sache si c’est vraiment un succès. Quelques pâtisseries et salon de thé ont aussi vu le jour, mais il faudra attendre du temps pour convaincre les vietnamiens de manger des desserts sucrés.. Pour le moment, cela permet à une jeunesse qui s’ennuie (ils sont nombreux..) de faire quelques selfies.

De grosses sociétés de Hanoi et Saigon ont décidé d’investir dans des réseaux de pharmacies. La législation impose qu’un pharmacien supervise les points de vente, mais la législation est suffisamment imprécise pour que ces groupes ouvrent des points de vente sans pharmacien. Rappelons que le prix des médicaments est libre et l’affichage des prix n’est pas obligatoire. Alors il faut aller demander les prix.. Je suis la encore dubitatif sur le succès de ces enseignes, déjà trop nombreuses.

Les travaux continuent en ville et après les canalisation pendant plus de 2 ans, la ville a décidé de refaire les trottoirs… un immense chantier qui permet aux motos d’avoir plus de place pour se garer et non aux piétons de pouvoir circuler plus facilement.. on ne change pas les habitudes aussi facilement.

A noter aussi qu’un port de plaisance est en construction au bout de la rue Nguyen Sinh Cung (quartier Vi da), à la place de l’ancienne brasserie Huda. Il y aura à Hue dans quelques temps des bateaux de croisières, version luxe des bateaux mouches parisiens.. à voir.

La préservation de la ville commence a être reconnue au Vietnam et l’on note de plus en plus de tournages de films « vintages »..

Les dirigeants de la ville veulent faire de Hue la première ville écologique du Vietnam. On prévoit la location de vélos électriques, des parcs a la place des cimetières, la remise au gout du jour des ao dai…bravo !

Les bateaux du centre Vietnam

Nous ne sommes pas allés très loin, simplement de Hoi An jusqu’à l’entrée de la province Quang Ngai, soit à peine 70 km, mais nous avons été emballé de voir autant de bateaux différents, petits ou grands.

A Hoi An même, on croise de magnifiques bateaux ovales en bambou. C’est un travail d’artisan remarquable.

Les petits bateaux ronds en plastique sont de plus en plus visibles après Quy Nhon, mais ici, c’est encore rare.

L’ile de Tam Hai est de toute beauté. On y accède par un bac à chacune des extrémités. Sur l’ile elle-même, des quantités de bateaux de toutes tailles.

La dernière pèche avant le Têt attire de nombreux clients qui se réjouissent de trouver de beaux poissons. Mais on a trouvé les prix bien chers, de l’ordre de 7 euros le kilo !.

En continuant sur la route vers Quang Ngai, à quelques kilomètres de l’aéroport de Chu Lai, le pont Tra Bong permet de « survoler » un grand parking de chalutiers. Ceux-ci sont tous à quai pour le Têt, c’est donc unique dans l’année. Les plus gros partent en général 2 mois pour pécher vers les Philippines.

La spécificité de cette région est la présence de nombreux ateliers de fabrication de bateaux ronds en bambou. Sen fait des bateaux depuis plus de 30 ans. Apres le tressage du bambou, il les enduit de torchis fait à base d’excréments de bœufs ou de buffles. Le séchage prend 20 à 25 jours sous le soleil. Il enduit ensuite les bateaux d’huile. Un bateau de 4,1 m de diamètre coute 10 millions de vnd, soit 400 euros. Les plus petits, 100 euros. Les gros chalutiers en embarquent jusqu’à 40 à leur bord. Sur la zone de pèche, ils servent à pécher les calamars. Les vendeurs de bateaux en plastique essayent de les convaincre d’acheter leurs produits mais sans succès pour le moment : ils sont trop glissants pour les marins pécheurs.