Catégorie «Vivre au Vietnam»

Bonne Année 2021 !

Je ne sais pas si 2021 sera meilleure que 2020, mais l’espoir fait vivre !
A Hue, pas de covid mais de la pluie non stop depuis 3 mois… c’est la pire saison des pluies que j’ai vécue depuis mon arrivée ici, il y a presque 10 ans…

Nous avons eu quand même une belle éclaircie pour célébrer une cérémonie traditionnelle, le 1er janvier, devant la porte principale de la citadelle, Ngo Mon.
Il s’agissait de recréer la cérémonie du calendrier, créé en 1844 par le roi Minh Mang. Depuis cette date, et jusqu’en 1975, avait lieu, le 1er jour du calendrier lunaire, la remise du calendrier officiel au roi et à tous les mandarins en charge des provinces. Les calendriers étaient importants autrefois. Des mandarins dépendants du Ministère des Rites observaient le ciel et définissaient les dates clés. Dans le Vietnam d’autrefois, il s’agissait d’abord de définir à quelles dates les travaux agricoles devaient démarrer. Les dates ne dépendaient pas du hasard et faisaient l’objet d’observations du ciel et de savants calculs. Les dates des fêtes traditionnelles, des célébrations des anniversaires royaux, tout était régi selon la tradition.

C’est la première fois depuis l’abolition de la dynastie que cette cérémonie est remise à l’ordre du jour. C’est l’occasion d’admirer de jolis costumes tout en couleur.
Ce fut aussi l’occasion d’accéder à nouveau à l’étage de la porte Ngo Mon, dont la restauration vient de s’achever après plusieurs années de travaux.


Tout Hué est prêt à accueillir de nouveau les touristes en 2021 !

Inondations au centre Vietnam

Les mois d’octobre et de novembre sont le signe de la saison des pluies au centre Vietnam et annoncent généralement l’arrivée d’inondations.


La rivière des parfums, à Hué

Cette année, les inondations furent au rendez vous ! Une inondation comme on en voit tous les 4 ou 5 ans.


Autre vue de la rivière, au niveau de l’ancien cercle nautique. La nouvelle promenade est sous les flots

Pour les étrangers qui vivent ici, c’est l’occasion de pester contre les maisons locales, très mal isolées. Des toits qui fuient, des murs qui suintent, une humidité très élevée, des fenêtres qui ferment mal… alors il faut s’armer de patience et sortir les seaux et les serpillières.
Mais cela n’est rien à coté des campagnes aux alentours, qui restent sur les eaux pendant plusieurs jours, sans électricité.


Le long du canal Dong Ba


Durex vous protege en toutes circonstances…

Le bilan est particulièrement lourd cette année. 17 ouvriers travaillant à la construction d’un barrage au nord de Hué ont été ensevelis par un glissement de terrain. Des militaires sont partis à leur recherche mais 13 d’entre eux, dont un colonel de Hanoi, sont également morts lors d’un nouveau glissement de terrain. Dans la province d’au dessus, au Quang Tri, 22 militaires sont morts dans leur caserne, toujours en raison de glissements de terrains.
En tout, 102 personnes sont décédées à ce jour du fait de la pluie. Suite à ces événements dramatiques, le Vietnam commence à prendre conscience des dangers de la déforestation.


Sous le pont de chemin de fer…

A Hué, en ville, l’ambiance n’est pas aussi triste. Les riverains sont habitués aux inondations et la vie continue. Le transport en barque est bien organisé. Ce n’est pas de la charité, c’est du business…


Dans la rue Chi Lang


Rue Chi Lang, devant l’ancien cinema

Comment bloquer un pays? une inondation sur un lieu stratégique, comme ici sur la nationale 1 à la sortie de la ville.. aucun véhicule n’a pu passer pendant plusieurs jours..

Violente tempête à Hué

Le 18 septembre 2020 restera une journée noire dans les annales de la ville ! Le typhon Noul a parcouru la ville en occasionnant de nombreux dégâts.


Devant la sortie de la citadelle intérieure…

Les jours précédents, on a vu les gens de Hué grimper sur leur toit et effectuer des consolidations de fortune.. Les toits en tôle sont encore légions et seuls de gros parpaings peuvent les maintenir en place. Ce n’est pas très esthétique, mais c’est efficace.

Le matin du 18 septembre, la journée a presque démarré normalement. Aucune pluie, aucun vent, seul le ciel gris annonçait une journée morne. Et puis d’un seul coup la pluie s’est mise à tomber, de plus en plus fort, accompagnée d’orages et d’éclairs. Le vent s’est mis à souffler. On parle de 100km/h. Et puis ce fut de plus en plus violent, avec des rafales dévastatrices. 90 minutes plus tard, tout était fini. Le temps s’est dégagé avec une rapidité déconcertante, la pluie a cessé, le vent a disparu. C’en était fini de la tempête !
Seule l’électricité manquait au programme. Elle sera coupée pour nous toute la journée, bien plus longtemps pour d’autres quartiers. Des pylônes ont été tordus en deux.


Autour de la citadelle…

Mais c’est en sortant qu’on a constaté les dégâts. On pouvait s’attendre à quelques toits envolés et de la tôle un peu partout. Ce fut au rendez vous. Mais la plus grande surprise fut le nombre incroyable d’arbres à terre. On en dénombre partout, des centaines, dans toute la ville, et notamment le long de la rivière des parfums et dans la citadelle. Des milliers de branches cassées.

Je fus surpris de voir que les arbres tropicaux, notamment les flamboyants, ont si peu de racines. Ces arbres poussent à une vitesse incroyable, mais tombent à la moindre tempête.
Mais ce fut le cas aussi de quelques banians séculaires.

Le nouvel hôtel Silk Path avait mis des « béquilles » à tous ses arbres, certains d’entre eux ayant été achetés à vil prix. Aucun n’est tombé. Pourtant le manager est un étranger. On peut se demander pourquoi les gens de Hué ne font pas pareil avec leurs arbres. Quelle tristesse !

Car les typhons ou tempêtes tropicales ne sont pas si rares dans le centre Vietnam. L’histoire est ponctuée de ces cataclysmes. Le plus célèbre d’entre eux a eu lieu en Septembre 1904. Tous les bâtiments de Hué ont été détruits, à l’exception de 3 maisons à terrasse. Cette année la, le pont Truong Tien (Thanh Thai à cette époque), construit 4 ans auparavant, a été retourné comme une crêpe. Seules les maisons traditionnelles annamites, basses et au toit de tuiles très lourdes, ont résisté.


Dans la rue Ngo Quyen

C’est aussi pour cette raison que les vietnamiens détestent s’installer en bord de mer. La cote annamite, qu’on appelait « la cote de fer », porte bien son nom. Elle subissait, et subit toujours, des tempêtes et des typhons dévastateurs venus des Philippines.


Le panneau renversé, le long du canal Phu Cam, témoigne de la force du vent..

Heureusement, on n’a constaté qu’un seul décès dans la province et les dégâts matériels ont été limités. Les pots de fleurs et les cages d’oiseaux sont revenus sur les balcons.


Pauvre ville de Hué !

Le succès des yaourts glacés

On connaissait les yaourts glacés vendus dans de petits sachets en plastique le long des rues au Vietnam. C’est délicieux !.

Un investisseur vietnamien s’est accaparé l’idée et a lancé un concept qui fait fureur aux 4 coins du pays. Du yaourt glacé servi avec un coulis et des fruits. Le tout présenté dans un verre. La recette du yaourt est le secret de l’affaire. Déjà plus d’une centaine de boutiques se sont ouvertes en franchise au vietnam. Et la dernière en date vient d’ouvrir à Hué. Nous y sommes allés tous les jours pendant les 4 jours d’ouvertures et de promotion ! C’est vraiment excellent et bien adapté au pays et à son climat chaud.

Les prix sont quand même un peu élevés pour les locaux : entre 15 et 35 kvnd le verre, suivant la garniture choisie, soit de 0.50 euros à 1.30 euros. Les parfums sont variés : pèches (le meilleur !), fraises, alovera, mangue, durian, jacquier, jeune riz, etc..


La nouvelle boutique de Hué

La marque Thiriet vient de lancer en France le yaourt glacé avec coulis en boite de 500ml. Preuve qu’un nouveau dessert est peut être en train de naitre..

Vietnam : et le Covid revient ..

Ce 25 juillet, le Vietnam s’apprêtait à fêter 100 jours sans nouveaux cas de Covid ! Un succès mondialement reconnu, une grande fierté pour les autorités et un grand soulagement pour la population. Cette réussite s’était faite au prix d’une fermeture très rapide des frontières et une mise en quarantaine extrêmement rigoureuse des contacts avec les cas avérés.

Hélas, le compteur s’est arrêté à 99 jours. Un cas s’est déclaré à Danang, ville de 1,1 millions d’habitants, puis plusieurs autres dans la même ville, principalement dans les hôpitaux de la ville. Immédiatement, 80.000 touristes locaux furent évacués de la ville, et des quartiers entiers mis en quarantaine. Tous les moyens de transports avec la ville ont été stoppés net.


Les grands moyens pour chasser le virus ! (photo vn express)

La patient zéro a fait l’objet de toutes les attentions, mais impossible de comprendre comment il a été infecté. Une filière illégale de franchissement de la frontière avec la Chine a depuis été identifiée, mais il semble que le cas zéro ne provienne pas de cette source de risque potentiel.

Depuis, une vingtaine de nouveaux cas est déclarée quotidiennement, tous liés à l’infection de Danang. La situation est moins favorable que la 1ere vague d’infection : l’actuel virus est plus contagieux.

La ville de Danang s’est soudainement « éteinte ». Tous les commerces inutiles ont du fermer. Le port du masque est bien sur obligatoire. Et cette semaine, d’autres mesures drastiques se sont mises en place. Des coupons ont été fournis aux habitants. Ils n’ont le droit d’aller au marché qu’une fois tous les 3 jours (une réelle épreuve pour les vietnamiens !).

La traçabilité est maximum. Parmi les 80.000 touristes évacués le premier jour, 3000 personnes ont été identifiées comme n’ayant pas remplies leurs obligations déclaratives. Ils s’exposent à des sanctions pénales.


Une affiche de prévention (« en cas de toux, de fièvre.. rendez vous immédiatement dans un centre de soins »)

Et à Hué ? Aucun cas pour le moment, et c’est tant mieux ! la ville est redevenue très calme, les gens âgés restant chez eux et les transports avec les autres villes étant interrompus..

A ce jour et depuis le 25 juillet, on déplore 477 cas de covid, 24 morts, 172.000 personnes en quarantaine dont 30.000 dans des centres fermés.

Ajout : il a fallu 1 mois pour éradiquer la 2eme vague du covid. A fin aout 2020, il n’y a plus de cas local de covid au vietnam.

Silk Path Hotel, le dernier venu des 5 étoiles de Hué

La ville de Hué s’embellit de jours en jours, notamment les bords de la rivière des parfums, et le secteur du tourisme compte bien en tirer profit !

Quand je suis arrivé il y a 10 ans à hué, il y avait 4 hôtels 5 étoiles. Ils sont à présent plus d’une dizaine. Dans une ville de 350.000 habitants, c’est pas mal! L’objectif de la province de Hué est clair : développer le tourisme des pays d’Asie grâce à des liaisons aériennes directes. L’agrandissement de l’aéroport de Hué est en cours et dans quelques mois, dès la fin de l’épidémie du Covid, on espère voir des vols directs entre Hué et le Japon, la Corée et la Chine.. Autant d’opportunités en plus pour le tourisme de luxe. Le tourisme local n’est pas en reste non plus, avec les riches familles de Hanoi qui viennent passer quelques jours à Hué.


La piscine de l’hotel, au centre d’un vaste jardin

L’hôtel la Résidence, géré il y a quelques temps encore par le groupe Accor, a été repris par son propriétaire japonais et a subi d’importantes rénovations. Le style Art Déco le rend particulièrement attrayant pour les amateurs d’art. Mais les prix ont progressé aussi, ce qui le rend moins accessible.

Ancient Hué, à quelques kilomètres de la ville, s’est lui aussi transformé, passant d’un restaurant de charme à un hôtel de luxe, dans le style des maisons traditionnelles de Hué.


L’hotel Silk Path

Les hôtels Imperial, Indochine et surtout Vinpearl permettent d’apprécier la ville vue d’en haut.

Senna Hotel s’est ouvert il y a quelques mois, également en centre ville, mais avec un jardin hélas dominé par un affreux bâtiment..

Le dernier né vient d’ouvrir, c’est l’hotel Silk Path. Le groupe vietnamien possède déjà des hôtels à Hanoi et à Sapa. Il a acquis aussi la maison-jardin que les touristes aiment bien visiter en allant vers la pagode Tien Mu.

L’hôtel bénéficie d’un bel emplacement, dans la rue Le Loi, non loin de la gare, et à quelques mètres seulement du départ de la nouvelle promenade de long de la rivière. Certaines chambres ont aussi la vue sur le charmant canal An Cuu, autrefois voie d’accés pour rejoinder la lagune.


Le Lobby de l’hotel

Il remplace le « Green Hôtel » dont il a gardé une partie de la structure. Mais les travaux de rénovation et d’embellissement furent considérables. Tout a été refait pendant plus de 2 ans. Le groupe est la propriété d’une famille de Hanoi. L’ancien hotel appartenait, quant à lui, à un ancien ministre de la culture.. Quand on connait les prix de l’immobilier en centre ville, ca laisse rêveur..


Les nuages, motif traditionnel local, sont particulièrement bien réussis dans cette décoration

Dans cet hotel, on appréciera l’emplacement, le jardin, la piscine de 30 metres de longueur, une vraie piscine dans laquelle on peut nager et pas seulement barboter.. En revanche, on ne peut que regretter le manque d’imagination de l’architecte pour les bâtiments. On retrouve ici le style contemporain de Hanoi, c’est à dire très « tape à l’œil » et sans rien d’original, ni de local. Venir à Hué pour voir des chapiteaux corinthiens, c’est un peu décevant, surtout dans une ville ou la légèreté a toujours fait la splendeur de l’architecture.

Cerise sur le gateau, la couleur blanche omniprésente ajoute un coté fade et désuet. Pas sure que ca fasse plaisir à la nouvelle génération de voyageurs cosmopolites.

Mais bon, pour la grande majorité de touristes, cet hotel les ravira, en leur offrant un luxe à un tarif inaccessible dans leur pays d’origine.