Catégorie «Vivre au Vietnam»

Paysages bucoliques près de Quy Nhon

Sur la route de Quy Nhon (QL 19), à 50km environ, nous nous sommes arrêtés dans un endroit magnifique, à Hoa Son. Et nous y sommes restés deux jours, le temps de se balader tout autour..

Coup de chance, nous avons logé dans une guest-house avec vue sur les rizières, Nha Nghi Huyen Thoai, et nous avons sympathisé avec le propriétaire. Celui ci, enfant du pays, vit aux usa depuis plusieurs années et y gagne bien sa vie en embellissant les ongles des américaines. Avec son argent, il s’est construit un petit musée, à coté de la guest-house, ou il collectionne les objets traditionnels du passé ou des minorités ethniques. Une pirogue, des « pierres qui chantent », des objets de l’époque coloniale etc…

Non loin de la guest-house, nous y avons trouvé une superbe maison familiale, transformée en maison cultuelle.

Dans ces campagnes, les fermes ont toutes le même profil.. Un bâtiment ordinaire est construit dans la cour pour abriter 3 ou 4 bœufs… Non loin, une meule de foin.

Cet endroit est aussi le lieu où les frères Tay Son, actifs vers 1780, se sont répartis les rôles pour mener à bien leur révolution sur tout le territoire.

A quelques kilomètres de là, on trouve d’ailleurs le musée Quang Trung ou se déroule une importante cérémonie tous les 4 ans. De cet événement où affluent de nombreux visiteurs, j’ai gardé en mémoire de jolis sourires…

Quelques souvenirs de Hué à Kontum

Cette année, pour le Tét, nous sommes partis à Kontum puis vers la cote, entre Quy Nhon et Tuy Hoa.. A cette saison, normalement le temps est plutôt frais et pluvieux.. Mais cette année, le temps était magnifique.

Sur la piste Ho Chi Minh, à une vingtaine de kilomètres de A Luoi, on trouve un joli village, A Roang, qui vaut le coup d’œil… Ce sont des minorités Katu et Ta Oi qui vivent là, au milieu des rizières.. Les femmes font du tissage lorsqu’elles en ont le temps, ce qui leur procurent des revenus additionnels. Elles peuvent tisser jusqu’à 3 mètres de tissus par semaine qui leur rapportent 600 Kvnd, soit 25 euros environ. Ici, on commence à tisser à l’age de 12 ans.


A quelques kilomètres de A Roang.


Paysages le long de la piste Ho Chi Minh entre A Roang et Prao.


Quelques passerelles sur les chemins adjacents..


Maison communale à 18km avant Dak Glei.

On rencontre cette dame dans le village de Dak Go, de la minorité Gie Trieng. Sa tenue est très colorée, ce qui détonne! Son fils est parti vivre aux Usa en 1993. Il n’est revenu qu’une seule fois, et sa présence lui manque.
Heureusement, la communauté est nombreuse et tout le monde se soutient. Ici, tous sont protestants.

Apres une longue route, on finit par arriver à Kontum. Le temps de retrouver quelques amis dans le village de Kon K’Tu à quelques kilomètres de la ville.


Ma femme pourrait être de la minorité ethnique Ba Na !


En revanche, pour moi, personne n’y croira !

Une « Têt de cochon » !

Bonne année à tous ceux qui fêtent le Têt ! et cette fois-ci, c’est l’année du cochon…
Ce que j’aime le plus lors du Têt, ce sont les fleurs.. Alors voici quelques photos prises ici ou là…


Le Têt à Hué


Hué est célèbre pour ses ventes de fleurs en papier, faites dans les environs… Les gens en achètent quelques unes pour les mettre sur l’autel des ancêtres.


Vente de fleurs sur les hauts plateaux, au centre du Vietnam


Des fleurs, partout des fleurs…


Avec le slogan « République socialiste du Vietnam pour toujours »


Les vietnamiens adorent décorer leur maison avec ces fleurs..


Magnifiques décors réalisés dans la ville de Tuy Hoa, vers Quy Nhon


L’année du cochon, photo prise à Tuy Hoa

La France fait sa révolution

Ce blog n’a pas pour objet de parler politique, mais je ferai une exception à l’occasion du grand débat national provoqué par la crise des gilets jaunes. Difficile en effet de rester les bras ballants, même à 10.000km de la métropole !


« Payer ses impôts pour construire et protéger la nation »

Le constat de départ est que la France n’arrive plus, depuis de nombreuses années, à financer «son modèle social». Il suffit de regarder les chiffres des derniers budgets de la France pour s’en convaincre. On pense que le déficit est de 3%, suivant les fameuses règles de Bruxelles. Et bien non, c’est bien pire, car on parle de 3% du PIB ! C’est une sacrée différence. En 2018 (1), le budget de l’Etat prévoyait des recettes de 245 milliards pour … 329 de dépenses ! soit un déficit de 82 milliards.. Le déficit réel sera de 76 milliards, soit 30% des recettes ! Le budget 2019 (2) est pire encore en prévoyant un déficit de 108 milliards, 47% des recettes ! Qui dit mieux ?
Autant dire que la France est fauchée, avec une énorme dette et que nous allons droit dans le mur..
On aurait pu s’attendre à une crise financière majeure comme en Grèce, une défiance généralisée de marchés financiers, une forte hausse des taux d’intérêt. Mais finalement le séisme attendu est venu de l’intérieur, des gilets jaunes. Eux attendent plus ou mieux. A court terme, cela ne peut être que moins. Au pied du mur, pas d’autres choix que de reformer radicalement notre pays. Mais pour ça, il faut déjà être honnête avec les français et leur dire la vérité… Et faire profil bas. Dans le classement des pays par Pib par habitant, nous sommes qu’à la 29eme place, derrière 10 autres pays européens (classement FMI 2017)..

Impossible de tout détailler, mais voici quelques idées pour alimenter le débat national…

Décider et Agir vite

Quand on vit à l’étranger, spécialement en Asie, on se dit que les choses vont terriblement lentement en France. Dans notre démocratie, on s’est habitué à d’éternels débats avec, au final, un immobilisme désastreux. L’abandon de l’aéroport de Nantes après des années de discussion en est une belle illustration. Tout comme l’écotaxe pour les camions. Pourtant le monde va de plus en plus vite et la France ne peut se permettre de se transformer en musée.

Aux français de respecter leurs représentants, aux gouvernants de faire preuve d’intelligence, de courage et d’autorités pour mettre en place les reformes votées.

Pas de paix sociale sans justice.

Casseurs et délinquants font de la violence une triste banalité en France. Le sentiment d’impunité encourage des comportements inadmissibles. Il faut une justice ferme, rapide, des peines systématiques et exécutées. Une tolérance zéro, comme à New York avec Guliani. Pourquoi ne pas rétablir les juges de paix, supprimés en 1958 ? Ces structures légères, dont la proximité territoriale est la force, auraient pour mission de régler dans des délais très courts les litiges courants, les incivilités, la violence à l’école, la délinquance ordinaire. Quant aux casseurs, ils doivent être responsables financièrement. Et s’il faut des prisons, qu’on en construise ! Faisons payer aux condamnés leur incarcération s’ils en ont les moyens.

Éradication de la grande pauvreté

C’est une honte pour la France de voir autant de sans abris ou de gens dans le grand besoin. Pourquoi ne pas les autoriser à exercer des petits métiers qui n’existent plus aujourd hui : vendeurs ambulants, pompiste, homme à tous faire, cireur de chaussures, gardiens de parking.. ils auraient une carte leur permettant d’exercer ces métiers sans aucune autre contrainte administrative. Suivant les taches, ils pourraient être payés et accompagnés par des entreprises ou l’administration.
Remettre ces gens au travail, leur donner un vrai statut, c’est de la considération, et non plus de la charité.
Au Vietnam, la mendicité n’existe pas car tout le monde peut avoir accès à un gagne pain (vendeurs de billets de loterie par exemple).

Se concentrer sur les priorités nationales

La France a un siège au conseil de sécurité et continue de jouer les gendarmes à travers le monde. C’est noble, mais on n’en a plus les moyens. Laissons cela, au moins temporairement, à nos alliés européens et incitons d’autres puissances à s’engager sur le plan international. Mise en commun des dépenses au niveau européen, désengagement des actions militaires, réduction du réseau diplomatique (le 3eme au monde !), fin de l’onéreux défilé du 14 juillet.. Mais aussi réduction de notre présence culturelle à l’étranger (930 centres !) qui donne la fâcheuse impression aux étudiants du monde entier que la France est toujours un eldorado.

Hôpital, Enseignement supérieur, maison de retraite etc..

L’accès aux prestations relevant du service public devrait être « sous conditions de ressources ». Ceux qui en ont les moyens payent plus que les autres. C’est le seul moyen d’avoir une éducation de qualité, une médecine à la pointe, une digne prise en charge de nos aînés … la mise en place de l’impôt à la source permet à présent de connaitre en temps réel la situation financière des bénéficiaires et d’ajuster les tarifs des prestations. C’est une chance à saisir !

Ca n’empêche pas non plus de faire des économies. Pourquoi rembourse-t-on encore les médicaments d’origine lorsque les génériques existent ?

Fiscalité

Tout est soumis à impôts en France, nous sommes au maximum et n’avons plus aucune marge de manœuvre. L’importance de la dette et du déficit ne permettent pas d’entrevoir de baisses significatives. A ce titre, on ne peut que blâmer l’inconscience de nos dirigeants qui laissent croire aux français qu’on peut supprimer de manière pérenne l’isf ou la taxe d’habitation sans contrepartie.

En revanche, ce que veulent les investisseurs, c’est de la visibilité. Changer de règles constamment est le meilleur moyen pour les faire fuir.


Photo des années 70 au Vietnam « Si chacun paye ses impôts, alors ce sera moins d’impôts pour tous ». Rappelons que l’une des raisons du rejet des français en Indochine était le poids excessif des impôts…

Développement économique

La logique comptable de réduire la dépense publique doit évidemment aller de pair avec le développement économique de notre pays, seul facteur d’accroissement de nos richesses.

L’Europe (et l’euro) était supposée créer des millions d’emplois. C’est vrai, ce fut le cas, mais pas chez nous. Comment peut-on développer économiquement un pays alors que les salaires sont 6 fois moins élevés en Roumanie ? Nos usines sont d’abord parties en Espagne, puis en Pologne et sans doute bientôt au fin fond de l’Europe ! La main d’œuvre de nos chantiers vient de l’étranger. Et les taxes d’import avec la Chine sont ridiculement faibles alors qu’ils ne respectent aucune des contraintes imposées à nos entreprises.
Il faut trouver un moyen de procurer un avantage à produire ici plutôt qu’à l’étranger. La marge de manœuvre avec l’Europe est tellement faible qu’il est difficile de trouver des réponses. Mais que sera notre pays dans 10 ans ? Plus aucune usine, que des plateformes de stockages de produits importés. D’ici là aussi, la Chine aura produit ses avions et ses trains à grande vitesse.. Que restera t il à la France ?

Rendre obligatoire la provenance des produits de grande consommation sur les étiquettes serait déjà un minimum. Je pense que si tous les produits souvenirs vendus sur les lieux de vos vacances étaient estampillés « made in china », il ne s’en vendrait pas autant..

Au moins on pourrait faire preuve de respect et d’encouragement pour nos entreprises. La manière dont sont montrés du doigt les sociétés du cac40 et leurs patrons est odieux.

Au niveau des entreprises, si on peut dire adieu aux activités industrielles de base, on doit au moins tout faire pour encourager l’innovation. On excelle dans la recherche. D’où l’impérieuse nécessité de favoriser l’application industrielle de nos brevets.

Au niveau individuel, redonner à la valeur travail toutes ses lettres de noblesse et encourager le sens de l’effort.

Au niveau européen, on doit aussi encourager les grands projets industriels du type Airbus. A ce titre, le rejet du rapprochement de Siemens et d’Alstom dans le ferroviaire serait une hérésie.

Lutte contre le chômage.

Nos 10% de chômage sont une honte alors que presque tous les autres pays européens sont au plein emploi (3).

Si la France ne peut fournir d’emplois à ses jeunes, alors il faut les encourager à aller chercher du travail ailleurs. L’Allemagne est en recherche de main d’œuvre qualifiée depuis des années. Pourquoi aucun de nos dirigeants ne s’est entendu avec l’Allemagne pour recruter nos chômeurs plutôt que de les laisser accueillir finalement des migrants ? En France, on ferme plus de 1000 boulangeries-pâtisseries par an. Que les boulangers soient encouragés à aller faire à l’étranger du pain que le monde nous envie. Idem pour nos restaurateurs !

Réformons aussi l’université, cette usine à chômeurs ! Que les facultés ne recrutent que les étudiants dont les filières professionnelles peuvent assurer les débouchés. Formons tous les jeunes, quelles que soient leurs formations, à l’entrepreneuriat. Il nous faut un pays d’entrepreneurs ! Favorisons aussi les double-compétences, techniques et universitaires qui permettent d’engendrer plus d’idées créatives.

Formons les gens aux métiers en besoin et faisons en sorte que ces métiers soient pourvus en durcissant les règles d’indemnisation du chômage si besoin. On ne peut pas se permettre d’avoir autant de postes vacants avec un taux de chômage aussi élevé.

Et puis, il faut une France qui travaille. Libérons d’une manière ou d’une autre les énergies. Les 35 heures ont fait croire qu’on pouvait gagner plus en travaillant moins. Ridicule. Le travail du dimanche est un bon exemple. En quoi l’état doit il se mêler de ce que doivent faire ou pas les gens le dimanche ?

Que penser du « grand débat » ?

Lors de la dernière campagne électorale, des milliers de volontaires sont allés recueillir, pour Emmanuel Macron, les doléances des français… Tout a été dit, tout a été écrit. Qu’est devenue cette prose ? Des milliers de page de rapport sont écrites tous les ans par des experts, des rapporteurs.. Tout est connu depuis bien longtemps, mais nos politiques semblent figer dans l’action, par conservatisme ou par peur de la rue.. J’espère que la crise actuelle va faire bouger les choses, et pas seulement les lignes..

Pour finir sur une note optimiste, on rappellera que la révolution française est intervenue alors que les caisses de la monarchie étaient vides. Cela n’a pas empêché la France de connaitre ensuite un brillant destin.

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Budget_de_l%27%C3%89tat_fran%C3%A7ais_en_2018
(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Budget_de_l%27%C3%89tat_fran%C3%A7ais_en_2019
(3) https://www.touteleurope.eu/actualite/le-taux-de-chomage-en-europe.html

Hué versus Pénang (Georgetown)

Les deux villes ont beaucoup de points en commun et en premier lieu d’avoir un patrimoine exceptionnel reconnu par l’Unesco. Hué pour son patrimoine lié à la dynastie Nguyen et Pénang (1) pour son ensemble architectural unique.

Les deux villes sont touristiques, avec leurs cyclo-pousses et leurs superbes plages. La première chose qu’on remarque en venant du Vietnam, c’est la conduite prudente et respectueuse vis-à-vis des piétons, loin des klaxons du Vietnam !


Fresques murales et autres « street art » à Pénang, pour le bonheur des touristes

L’influence multi culturelle est une évidence pour les 2 villes. Hué a été colonisée par la France pendant 69 ans (1885-1954) tandis que Pénang fut administrée par les britanniques pendant 177 ans environ (1780-1957). De quoi influer durablement sur les habitudes locales et l’architecture. Les maisons coloniales, le pain, le café filtre et de nombreux mots issus du français sont des exemples pour Hué. La conduite à gauche sur de grandes avenues, des demeures entourées d’un gazon impeccable pour Georgetown… Hué possédait aussi une communauté importante de chinois et quelques hindous. Quelques bâtiments sont restés, mais ces communautés ont quitté le Vietnam en 1975. A Pénang, toutes ces communautés sont très vivantes et offrent aux touristes une palette incroyable de cultures différentes. Les vieilles boutiques chinoises avec leurs enseignes traditionnelles et du mobilier suranné offrent à ceux qui aiment l’Asie un voyage dans le temps fantastique.


Plage à Pénang

L’agitation des villes n’est pas la même non plus. Hué est une ville toujours en mouvement, bruyante, tournée vers l’avenir avec une population jeune tandis que Georgetown est une belle endormie, dominée par une population vieillissante. L’immobilier s’en ressent. A Hué, les prix sont élevés et les biens mis en location / en vente partent très vite. A Pénang au contraire, il y a abondance de biens disponibles et les prix ne sont pas si élevés..


Mariage indien à Penang

Le patrimoine des 2 villes est très riche. Celui de Hué s’est cependant altéré au fil du temps, ou plutôt des guerres. Les objets anciens sont partis à l’étranger et les habitations privées ne possèdent plus grand chose d‘ancien. Sans compter tous les bâtiments qui ont été démolis pour laisser place à des constructions plus modernes. A Pénang, c’est tout le contraire. Les propriétaires semblent vivre dans leurs souvenirs et l’on retrouve, comme en Europe, beaucoup de bibelots. Vous trouverez dans la rue Chulia quelques brocanteurs, chose extrêmement rare au Vietnam faute d’offre. Les musées sont un peu différent aussi. S’ils sont essentiellement publics au Vietnam, les musées sont privés à Pénang avec des propriétaires qui savent transmettre leurs passions.


Funiculaire pour monter au sommet de l’ile de Penang

La langue fait aussi la différence. A Pénang, tout le monde parle anglais et il est facile de communiquer. A Hué, c’est autrement plus compliqué !!!


Devant le « Blue Mansion », l’ancienne résidence d’un riche chinois, transformée en hôtel à Pénang.

Coté culinaire, les 2 villes sont bien placées.. Hué offre des spécialités locales excellentes. A Pénang, c’est tout aussi bon, mais plus varié car en provenance d’une multitude de cultures.. Les prix restent très abordables dans les 2 cas. Les cafés sont aussi nombreux de part et d’autres, mais les pâtisseries sont nettement meilleures à Pénang, sans doute en raison des quelques occidentaux qui vivent là. Mais la bière coule à flot à Hué et à des prix très modiques, à l’opposé de la Malaisie ou l’alcool est fortement taxé.

Dans tous les cas, les deux villes méritent le détour !

(1) J’utilise indifféremment les termes « Pénang » et « Georgetown » sachant que Georgetown est la ville ancienne et principale de l’ile de Pénang.