Catégorie «Vivre au Vietnam»

Quoi de neuf à Hué ?

La plus belle réalisation de l’année est sans contexte la promenade sur la rivière des parfums. Longue de plus de 2 km, partant de la nouvelle académie de musique (ancien terrain de l’école Pellerin) et allant jusqu’au pont Truong Tien (ancien pont Clemenceau).
Cette passerelle fait partie d’un projet imaginé par la Corée du sud. Actuellement, une promenade est presque achevée sur l’autre rive.


Le nouvelle promenade, devant l’ancien cercle nautique

Il est aussi prévu de construire un port de plaisance pour les nouveaux bateaux de croisière qui circuleront sur la rivière. Ce port sera situé sur le terrain de l’ancienne brasserie Huda, au bout de la rue Nguyen Sing Cung.

Sur le plan touristique, il est à noter la construction actuelle d’un terminal international pour l’aéroport de Hué. L’objectif est d’attirer les touristes japonais, coréens et, dans une moindre mesure, de chine en vol direct. Une stratégie qui fut très profitable à Danang.

Et pour attirer ces touristes asiatiques, la mode est à la construction d’hôtels haut de gamme. Le Senna Hôtel (ancien nom de la province de Hué du temps des français) vient d’ouvrir presqu’en face de la boulangerie française. Pas de chance, le cadre est gâché par la construction au fond du jardin d’un autre hôtel très haut et très moche… L’hôtel Green Hotel, non loin de la gare, a été complètement « désossé » pour faire place à un hôtel 5 étoiles « Silk Path Grand hôtel », pas encore ouvert malgré de longs mois de travaux. Est-ce un plus pour la ville ? Pas sur le plan architectural en tout cas.


Vue d’une partie de la fondation Le Ba Dang

2019 a vu aussi naitre la fondation Le Ba Dang à quelques kilomètres de Hué, sur la route qui mène au tombeau de Khai Dinh. Le Ba Dang est un artiste vietnamien qui a vécu une bonne partie de sa vie à Paris. Le cadre de cette fondation est magnifique : un très beau jardin et un bâtiment digne des meilleurs architectes du monde. Dommage que le prix d’entrée soit si cher…

Dans la citadelle de Hué, les travaux d’embellissement continuent. La reconstruction du palais Kien Trung, détruit en 1947, est en cours. Ce palais fut construit par le roi Khai Dinh et servi d’appartements à son fils Bao Dai et la reine Nam Phuong. Les arènes ont aussi été restaurées.

Sur le plan commercial, 2019 fut l’offensive de l’enseigne de superettes Vinmart pour s’implanter aux quatre coins du Vietnam, en payant à prix d’or les loyers. Plus d’une vingtaine de supérettes se sont implantées en ville et dans la périphérie. Il y a sans doute un manager français à la tête de ces magasins, car on trouve de la bière belge, des cornichons (les vietnamiens ne les connaissent pas…), du fromage etc.. Et des produits bio. Le tout à des prix très élevés pour la clientèle locale. Depuis, avec 140 millions de pertes à fin septembre 2019 pour 950 millions de CA, l’enseigne a été cédée à un autre groupe vietnamien, Masan…


Une supérette Vinmart dans la rue Chi Lang

Les 4 nouveaux cinémas sont à présent ouverts au public. Lors de la 1er journée de la sortie du film à sucés tourné à hué « mat Biec », nous étions 10 dans une immense salle, un samedi soir..

La mode des cafés est toujours d’actualité. Les expressos ont remplace les cafés filtres. On note aussi l’ouverture de nombreux spa.

Si une petite maison coloniale a été démolie dans la rue Ly Thong Kiet, il est à noter la belle mise en valeur d’une maison coloniale au sein de l’hôpital de Hué pour rappeler la date de création de cet hôpital, 1894. Cette maison va devenir courant 2020 un petit musée.


La maison rénovée de l’hôpital de Hué

L’hypermarché local, Big C, permet de recenser les nouveautés. Les yaourts de la marque True Milk au durian (sau rieng), à l’aloé vera, au the vert, à la noix de coco sont délicieux. De même que le lait à la noix. Des produits qu’on verrait bien sur nos tables françaises !
On trouve d’ailleurs au Big C de plus en plus de produits français, comme les pommes, les biscuits, les produits laitiers.

Les banques au Vietnam

La première chose que l’on voit dans une banque, c’est la passion du cash des vietnamiens.
Derrière les guichets, vous voyez des piles de billets. Certes, cela diminue d’année en année, mais ca reste impressionnant. Lors de la plupart des transactions, notamment immobilières, tout se fait en cash, même si c’est interdit. Tous les vietnamiens n’ont pas de comptes bancaires, loin de la, et il est courant de conserver « le magot » chez soi.


Petit retrait dans une banque… (photo source internet)

Ainsi, il n’est pas rare de voir des clients arriver 10 minutes avant la fermeture de l’agence et sortir plus d’un milliard de dongs, soit plus de 40.000 euros. Cela représente 2000 billets de 500.000 dong, la plus grande coupure. Les billets sont ensuite mis dans un sachet plastique aux couleurs de la banque et les clients s’en vont comme si de rien. L’insouciance des vietnamiens est sans limite ! C’est sidérant.

C’est vrai que les vols sont rares, de même que les hold ups. Et lorsque cela arrive, les voleurs sont tellement novices qu’ils se font prendre rapidement. A ma connaissance, le dernier à Hué date de 2017 et s’est terminé par une arrestation… heureux pays !


On compte et recompte..(source internet)

Les services bancaires sont tous dématérialisés : vous ne recevrez jamais de relevés de compte papier. Les Rib officiel n’existent pas. Mais vous pourrez placer votre argent ou faire des virements à tout heure du jour ou de la nuit, vendre instantanément des devises (si vous en avez), le tout sans date de valeur. Les cartes bancaires sont gratuites.

La fiscalité est royale : pas d’imposition sur les produits des placements ! Avec des taux autour de 7% en ce moment, c’est plutôt avantageux.. Au Vietnam, clairement, il vaut mieux être rentier que travailler…

Les banques sont probablement l’endroit ou la productivité est la plus forte, tout au moins au guichet.. Le personnel est capable de traiter plusieurs clients en meme temps avec une rapidité incroyable. Bien sur, il faut s’habituer à l’absence de confidentialité. C’est le royaume des tampons et du papier. Une rature sur le formulaire ? vous étes bon pour recommencer. Les superviseurs doivent valider chacune des opérations.

En raison du contrôle des changes et de la non-convertibilité de la monnaie à l’étranger, il n’est pas facile de sortir des fonds du pays. Pour les particuliers, les cartes bancaires peuvent rendre bien des services, mais les frais sont élevés. Pour une entreprise, l’achat de devises et leurs transferts ne peuvent se faire que sur présentation de factures et, à posteriori, sur justification du dédouanement. Pas de dates de valeur.

Les étrangers qui vivent au Vietnam n’ont pas les mains libres en matière bancaire. S’il est facile d’ouvrir un compte bancaire (y compris en devise), il n’est pas si simple de l’alimenter. On ne peut le faire qu’au travers de transferts en devises depuis l’étranger ou du virement de son salaire depuis l’entreprise qui vous emploie (avec un contrat de contrat de travail officiel bien sur..). Impossible de faire des versements en espèce. Impossible d’acheter des devises. Les placements ne peuvent se faire qu’au guichet, sous la forme de dépôt à terme. Le terme ne peut pas dépasser la validité de votre visa..
Ainsi, tous les étrangers qui vivent de leur travail au Vietnam sans contrat de travail ne peuvent bénéficier des services bancaires.

Lors de la nouvelle année, les bons clients reçoivent des cadeaux, mais tous les clients ont droits a des calendriers. C’est la tradition depuis toujours. Certains sont magnifiques.

Film tourné à Hué, « Mat Biec », un joli succès au cinéma

Tous les amoureux de Hué se devaient d’aller voir le film « Mat Biec » et c’est ce que nous avons fait. Et nous ne sommes pas les seuls, car ce film, 2 mois après sa sortie a accumulé plus de 2 millions d’entrées, un grand succès pour le vietnam. Toutes les scènes ont été tournées à Hué ou aux alentours.


l’affiche du film

On peut traduire le titre du film par « les yeux au parfum de rêves ». Pour les vietnamiens, c’est le film parfait: une histoire d’amour, la nostalgie du temps passé, la vie au village..

Pour un esprit occidental, c’est plutôt les décors reconstitués des années 60, le Hué d’autrefois (sans la guerre), les flamboyants en fleur, les paysages sublimes de la campagne vietnamienne, les jolies filles en ao dai, les vespas.. Car les films vietnamiens à l’eau de rose sont un peu ennuyeux pour nous, tant par la banalité des histoires que par la lenteur de l’action. Mais ne soyons pas trop dur avec Mat Biec, car c’est vraiment un beau film, surtout avec la musique, très réussie, qui ajoute un fort coté émotionnel.


Une image tirée du film, le Hué des années 60

Quoi qu’il en soit, la simplicité et la pureté des sentiments amoureux des vietnamiens d’autrefois est finalement un joli trésor que les cinéastes locaux ont bien raison de faire revivre.. En l’occurrence ici, on doit ce film à un jeune réalisateur, Victor Vu, vietnamien né aux usa en 1975. Revenu au vietnam, on lui doit une quinzaine de films dont pas mal de succès.

Mat Biec a créé un énorme buzz sur les réseaux sociaux dont les effets ne sont toujours pas éteints. Les lieux de tournages continuent d’être pris d’assaut. Un arbre solitaire au milieu des rizières, à seulement 10 km de Hué, est notamment la cible de nombreux admirateurs du film. Dimanche dernier, 8 semaines après la sortie du film, nous y avons vu plus d’une cinquantaine de personnes en train de faire des selfies ! Autre lieu du tournage, une maison de Bao Vinh en bordure de la rivière des parfums. C’est devenu un café très populaire…


Le café Mat Biec à Bao Vinh, l’un des lieux du tournage

En comparant les lieux réels avec les images du film, on comprend mieux le pouvoir du cinéma: mettre des fleurs là ou il n’y en a pas, transformer un paysage dénaturé en un lieu idyllique.. c’est ce qu’on appelle la magie du cinéma !

Coronavirus au Vietnam

C’est avec beaucoup d’énergie que le Vietnam lutte contre le coronavirus ! A ce jour (13 février), on compte 15 cas, chiffre inchangé depuis plus d’une semaine. Aucun décès n’est à déclarer et les premiers patients sont sortis de l’hôpital.


Lutte contre l’épidémie au Vietnam (source VN Express)

Il faut dire que le Vietnam a mis les moyens pour empêcher la propagation du virus. Les écoles et universités sont fermées depuis les vacances du Têt. Les festivals sont annulés. A Hué, les rues piétonnes ont été « réouvertes » à la circulation pour empêcher tous lieux de rassemblements. Tous les jours, les autorités envoient des textos pour expliquer aux gens les mesures de prudence à appliquer.

La frontière terrestre avec la Chine a été réouvertes pour permettre l’exportation des denrées périssables. Mais cette frontière tourne au ralenti. Pour le tourisme, les visas vietnamiens ne sont plus délivrés aux chinois.

Parmi la population, pas de panique mais de la prudence. Au supermarché de Hué, 50% des gens portent des masques.

L’impact économique est considérable. Et notamment parce que le Vietnam importe énormément de Chine. 60% des matières premieres utilisées dans les usines textiles du Vietnam viennent de Chine. Toute la chaine industrielle vietnamienne risque d’être paralysée à court terme.

Dans l’autre sens, la Chine est vitale pour l’agriculture et les produits de la mer. Elle représente plus de 30% des exportations vietnamienne.

L’arrêt des vols aériens entre les 2 pays a un énorme impact sur les compagnies aériennes. 400 vols sont annulés par semaine. Le patron de Vietnam Airlines a qualifié de « catastrophe » la situation actuelle.

Les profs qui enseignent à titre privé, dont beaucoup de nos compatriotes, n’ont plus de revenus. Le tourisme est fortement impacté : les chinois, qui représentent à présent plus de 35% des touristes, restent chez eux.

Le coté positif, c’est la baisse des prix de certains produits agricoles, comme les pastèques ou les fruits du dragon. A titre personnel, nous avons aussi acheté des canards (variété française, excusez du peu !) qui, faute de pouvoir être exporté (ils sont trop gros après une semaine de fermeture de la frontière..), sont vendus à 2 euros le kilo!

Mais l’impact le plus visible est la tranquillité des villes ! La fermeture des écoles et la suppression des cours particuliers le soir a considérablement fait diminuer la circulation. On se croirait revenu 20 ans en arrière ! Ironie du sort, on peut dire qu’on vit et respire mieux ! Moins de bruit et de circulation, quel bonheur !

Bonne Année le Vietnam !

Mais cette année encore, nous étions au Laos, proche de seulement 100 km à vol d’oiseau de Hué..

Et nous sommes passés par Tad Lo, une cascade bien jolie.. mais le clou de spectacle ici sont les 2 élèphants qui prennent leur bain deux fois par jour, pour le plus grand bonheur des quelques touristes qui résident au resort ou autour (accès libre). Un spectacle fantastique, bien rare de nos jours.. On ne se lasse pas de les regarder, ou même de les toucher car ils sont très familiers. A ne pas manquer si vous voyager au sud laos !

Le bain des éléphants en video :

A propos des éléphants, le dernier Empereur Bao Dai racontait, dans son livre-mémoire « Le Dragon d’Annam », les faits suivants :

« J’éprouve pour les éléphants une tendresse toute particulière. Peu d’animaux sont aussi passionnants que ces gros mammifères à observer en liberté. Généralement, ils se déplacent en troupeau et contrairement à ce que l’on raconte, c’est presque toujours une femelle adulte qui le conduit.
L’éléphant ne vit guère au-delà de soixante-dix ans. Lorsqu’il est vieux et commence à devenir une charge pour les autres, il se sépare de lui-même du troupeau. Ces solitaires deviennent hargneux. Chez cet animal, la vieillesse s’accompagne assez souvent d’une paralysie progressive de la trompe. Or cet organe particulièrement sensible est indispensable à l’éléphant pour assurer sa nourriture. Un éléphant adulte consomme environ cinq cents kilos d’herbes et de fourrage par jour. Finalement, l’animal recherche un point d’eau, et s’allonge dans la boue espérant trouver dans la fraîcheur de l’humidité un apaisement à ses souffrances. Mais incapable de se relever, n’arrivant plus à se nourrir, il meurt au bout de quelques jours. Sa dépouille sera rapidement dévorée par les carnassiers et les charognards de toute taille. Quant à la carcasse de l’éléphant, en raison d’une mauvaise calcification elle se décompose très vite. Bientôt, du seigneur de la forêt il ne subsistera plus que les défenses. Pour peu que la scène se soit répétée plusieurs fois aux abords du même marécage et que celui-ci, par suite d’un déplacement de cours d’eau, se soit desséché, voilà comment a pu naître la légende des « cimetières d’éléphants ». [..]. En tout cas, personnellement, je n’en ai jamais vu. En revanche, j’ai connu un garde forestier qui avait vu la fameuse danse des éléphants racontée par Kipling et j’ai souvent entendu parler d’étranges phénomènes auxquels donne lieu la mort des éléphants.
Je suis convaincu que si l’on ne peut affirmer que cet animal, doté d’une mémoire et d’une intelligence assez extraordinaires, possède une connaissance particulière de la mort, il en a une notion certaine, très rare, même chez les animaux supérieurs. Il existe, en Annam, un temple des éléphants. Jadis, les éléphants de combat tués à la guerre, recevaient des titres, l’un d’eux avait été nommé duc. Après leur mort, on leur élevait des stèles pour conserver et honorer leur mémoire. »