Catégorie «Vivre au Vietnam»

Un mariage (presque) royal !

Ce mariage, c’est le mien avec une jeune fille de Hué ! Tous les vietnamiens rêvent d’épouser une fille de Hué.. à défaut d’être vietnamien, je suis quand même le plus heureux des hommes…

La tradition tient encore une large place dans le centre Vietnam et c’est donc assez facile et agréable d’organiser un mariage haut en couleur… Les photos parlent d’elles-même..

Une nouvelle année pour Bouddha !

L’année 2558 vient de commencer pour les Bouddhistes du monde entier.. c’était hier en effet l’anniversaire de la naissance de Bouddha. Hue est la capitale du bouddhisme au Vietnam et les célébrations y sont très impressionnantes.. Toute la ville est décorée pour l’occasion, avec notamment des drapeaux bouddhistes un peu partout. Un défilé a été organisé à pied, auquel plus de 10.000 personnes ont participe.. et le lendemain, c’était un autre défilé, celui des chars fleuris…


Préparations …


Ces tenues très colorées sont anciennes, puisqu’on les voit sur les photos en noir et blanc de la procession funéraire de l’empereur Khai Dinh en 1925.


Le défilé est parti de la pagode Dieu De pour rejoindre la pagode Tu Dam a quelques kilomètres de la..


Un brûle parfums en fleur…


On aime les bouquets de fleurs au vietnam..


Musique de Hue, bien sur..


Quelques moines marchant pieds nus, issus d’un courant minoritaire au Vietnam


Tenues rappelant que nous sommes dans l’ancienne capitale imperiale..


Sur la rivière des parfums, d’immenses fleurs de lotus..

Nord Vietnam: boucle Ha Giang, Dong Van, Meo Vac

L’un des plus beaux parcours au Vietnam est incontestablement le circuit qui longe de la frontière chinoise au nord de Ha Giang.
C’était autrefois une zone très isolée dont la culture de l’opium constituait la fortune de quelques uns.

La meilleure saison est en avril mai et probablement aussi en septembre, avant la récolte du riz (1 par an, fin septembre a mi octobre).


Végétation spectaculaire peu après le départ de Ha Giang, des lataniers dont on fait des chapeaux coniques

Nous avons fait ce parcours début mars.. Faute de beau temps, nous n’avons pas pu assister aux marchés des minorités ethniques le dimanche.


Au marché quotidien de Yen Minh

L’intérêt du parcours réside essentiellement dans la beauté des paysages. Ils sont assez varies, et changent en fonction de l’altitude. Nombreuses sont les collines et les pics plus ou moins hauts, avec des vallées dans lesquelles travaillent les minorités ethniques. Vers Dong Van, vous traverserez des paysages étonnants, faits de roches karstiques entre lesquelles les minorités essayent de cultiver du mais..


Vers la Chine..

A noter que les ethnies présentes sur ces territoires sont moins colorées que celles de marches de Bac Ha.


Les couleurs portées par les ethnies du nord vietnam


Travail en plein air des ethnies..

La boucle peut se faire facilement avec les motos ordinaires car les routes sont en bon état. Sauf à vouloir suivre les chemins empruntés par les minorités ethniques, pas besoin d’une moto tout terrain (sauf en cas de pluie). Nous n’avons d’ailleurs rencontré aucune Minsk durant notre parcours…


Chute de pierres sur la route.. dans ce cas, impossible de rouler en voiture.. Vive la moto !

Les routes sont néanmoins assez étroites et des camions peuvent arriver en sens inverse à grande vitesse. Il vaut mieux avoir une certaine expérience de la conduite avant de se lancer.. Prudence donc…
Les motos peuvent se louer à Ha Giang (10 dollars environ par jour).
Pensez à faire le plein d’essence dès que vous croisez une station…
Pour les étrangers, il faut se procurer une autorisation pour circuler à proximité de la frontière chinoise. Ce document est délivré (prévoir 20 minutes) par le bureau de l’immigration à Ha Giang (415, rue Tran Phu ; 10 dollars environ en monnaie locale).
Il y a aussi de nombreux bus locaux pour rejoindre Meo vac et Dong Van, mais il vaut mieux avoir le cœur bien accroché..

Le plus grand plaisir reste de suivre la route en lacets à travers un paysage magique. A chaque descente, il suffit de couper le moteur et de rouler en roue libre sur des kilomètres, avec pour seul bruit le silence de la montagne.. Des souvenirs inoubliables..


Au marché

Au départ de Hanoi, prendre un bus a la station My Dinh. 10 bus couchettes par jour, durée du parcours 7 heures ; Prix 200 KD.
Pas besoin de boussole pour ce circuit, il suffit de suivre la route !
Environ 90 km de Ha Giang jusqu’à Yen Minh, 45 km pour rejoindre Dong Van ou Meo Vac. Les deux bourgades sont séparés de 22 km.
Ce circuit peut se faire en 3 jours si vous arrivez à partir de bonne heure de Ha Giang.


Paysages du mois de mars avec des kapotiers indiens magnifiques

Superbes rizières en terrasses lorsque c’est possible, sinon de toutes petites surfaces cultivables entre les blocs de roches karstiques. Les ethnies travaillent dur, passant une bonne partie de la journée à ramasser du bois dans les environs. On les voit continuellement sur les routes, avec leurs hottes. L’alcoolisme continue de faire des ravages dans ces communautés.

Les villes de Meo Vac et Dong Van sont décevantes. Ces bourgades sont colonisées par les vietnamiens depuis quelques années et n’offrent pas d’intérêts touristiques. Dong Van est plus dynamique et davantage tourné vers le tourisme (hôtels en grand nombre). Le tourisme étant l’une des rares ressources, les prix sont plus élevés qu’ailleurs. Compter 300 Kd pour une chambre ordinaire. Etonnamment, il y a peu de produits chinois.


La ville de Meo Vac


Le centre de Dong Van.. il reste encore quelques maisons traditionnelles


Ancienne maison du Comité Populaire a Lung Phin…


Maison transformée en maison d’hôtes à Dong Van…


Notre entreprise tricolore est même présente dans ce bout du monde !

A ne pas rater sur la route de Dong Van: la maison du roi Chinh Duc qui régnait sur tous ces territoires autrefois. Il est mort en 1947 et sa maison est ouverte a la visite depuis quelques années. Son immense richesse, comme en témoigne sa maison, est due aux ventes d’opium. Il commerçait avec l’administration locale française et avec les chinois. Pas moins de 64 pièces dans cette demeure de style locale, française et chinoise. Pièces hautement protégées pour la conservation de l’opium et de ses richesses, salle d’armes, chambres pour ses 3 femmes .. A l’extérieur, étable pour les buffles, écurie pour les chevaux, citerne d’eau.. Toute la propriété est entourée d’un grand mur en pierre percé de meurtrières..


Porte d’entrée de la maison d’habitation


Cette baignoire en pierre était remplie de lait de chèvre pour le plus grand bonheur de ses femmes..


Les bases des colonnes sont magnifiquement travaillées et polies avec des pièces de monnaie de l’époque pour leur donner cet aspect si brillant..


L’une des cours de l’habitation..


La demeure est dans une vallée au milieu de hauts arbres et proches de plusieurs accès..

Objets d’art au temps de la dynastie Nguyen à Hué

Un petit musée privé s’est ouvert récemment à Hué. Il est consacré aux objets d’art commandés par les rois de la dynastie Nguyen (1802-1945) auprès de fournisseurs chinois et européens.

Le cadre du musée est lui même intéressant puisqu’il s’agit de la maison (reconstituée) de Tranh Dinh Ba (1867-1933), qui fut ministre de la Justice sous le roi Khai Dinh (1916-1925).

Sont présentées dans cette collection privée des objets riches en motifs traditionnels de la cours de Hué, comme le dragon royal, la licorne, le phénix, les motifs géométriques (grecques), les nuages stylisés, la lune et le soleil… On trouvera ainsi des plateaux, des boites, des pots à chaux pour le bétel, des bols, des assiettes, des théières.. Les porcelaines de Sèvres, de Vierzon (A Hache) aux armoiries royales sont aussi présentées..

Ce musée est situé dans la citadelle, dans l’ancien quartier des ministères, au 114 rue Mai Thuc Loan à Hué. Cette rue est également intéressante à visiter. Presque à cote du musée, se trouve un lieu de culte dédié aux souvenirs des événements de 1885, au cours desquels les français, attaqués par les vietnamiens, ont répliqué en prenant la citadelle. Tous les ans, le 23 mai du calendrier lunaire sont honorées les nombreuses victimes de ces tragiques événements (angle rue Le Thanh Ton). Au numéro 120 se trouve la maison mandarinale natale de Dang Thuy Trâm, héroïne révolutionnaire durant la guerre et dont le journal intime fut publié avec beaucoup de succès il y a quelques années ( « Les carnets retrouvés »). Un film a même été tiré de son livre (« Ne le brûles pas’, sorti en 2009). Au numéro 112, on trouve une maison jardin ou Ho Chi Minh a vécu entre 1895 et 1901. La maison a été transformée en petit musée et constitue une halte agréable. La visite est gratuite. Au numéro 164, dans la cours de l’hôtel, se trouve le premier baobab ramené d’Afrique au Vietnam.. en face, au 131, le portail aux fleurs de lys d’une maison dont le propriétaire vietnamien est passionné de scoutisme. Un peu plus loin, au 168, se trouve une maison de culte située à l’emplacement de l’école des fils de mandarins militaires. Dans la petite rue adjacente Quoc Su Quan, se trouvent quelques maisons appartenant aux familles d’illustres mandarins.

Le Pont Doumer bientôt détruit ?

Le célèbre pont Doumer (Pont Long Bien) va t-il bientôt passer sous les hordes des démolisseurs ? C’est la question soulevée par un article récent du journal vietnamien Thanh Nien. Divers scénarios sont en effet imaginés par les autorités vietnamiennes, mais tous passent par le remplacement pur et simple du pont.


« Pas d’accord pour la destruction du pont Long Bien » titre le journal

L’attachement des Hanoiens est réel pour ce pont construit par les français entre 1900 et 1902. Mais il est tellement rouillé et mal en point qu’une rénovation est considérée aujourd’hui comme impossible.

Et si ses dimensions étaient cohérentes il y a un siècle, on doit reconnaître que le pont n’est plus du tout adapté à la circulation actuelle. Seuls peuvent circuler les 2 roues, les piétons et le train. Alors le pont est devenu un monument bien encombrant… trop coûteux à rénover, non adapté si on le remplace à l’identique… alors que faire ? pour le moment, la discussion porte encore sur les idées.. mais il est probable que l’état du pont va accélérer la prise de décision..

Les Amis du Vieux Hué: un centenaire bien mérité…

Les français venus en Indochine pendant la colonisation ne sont pas si nombreux à avoir gardé la sympathie des autorités vietnamiennes. Le Père Léopold Cardière en fait partie. Il faut dire que ce missionnaire français, mort en 1955, a consacré une bonne partie de son temps à étudier la société vietnamienne à travers son histoire, ses traditions, sa culture, sa langue.. le tout avec une profonde admiration pour ce peuple cultivé et courageux.

Affecté à Hué en 1913, il se prendra de passion pour “les croyances et pratiques religieuses » des habitants de cette région et publiera un épais volume… Il ressent aussi la nécessité de communiquer sur ce « patrimoine » pour le faire connaitre et donc le protéger. Avec le Docteur Sallet, l’association des Amis du Vieux Hué est créé et le premier bulletin sortira en 1914.

Les 123 bulletins qui seront publiés entre 1914 et 1944 constituent un trésor national. Plus de 16000 pages de texte seront ainsi écrites conjointement par des français passionnés et des mandarins annamites, l’élite vietnamienne en poste dans les différents ministères de la capitale. Tous les numéros sont richement illustrés, parfois en couleur.

Ouvrages de vulgarisation, éclectiques dans les sujets traités, ces bulletins sont une vraie mine d’or pour ceux qui s’intéressent à la culture locale. La collection intégrale des bulletins a fait l’objet d’une numérisation en 2000 sur cd rom par l’Ecole Française d’Extrême Orient et la plupart des numéros a été traduit en vietnamien.

L’immense œuvre de l’Association ne s’est pas éteinte avec le départ des français. Une nouvelle association est née en France (NAAVH) pour continuer à faire vivre ce patrimoine et maintenir le lien avec le Vietnam d’aujourd’hui.

Cette année 2014, centenaire du premier numéro, est ainsi l’occasion de rappeler que l’Indochine a été pour beaucoup de coloniaux une terre d’études et de passions, dans le respect des populations locales.