Catégorie «Vivre au Vietnam»

Finir aux urgences au Vietnam…

Le domaine de la santé est un thème qui m’intéressait depuis quelque temps, mais je ne pensais pas l’aborder d’une façon aussi directe… Conduit aux urgences d’un grand hôpital public de province, cette expérience me permet de vous relater le fonctionnement d’un hôpital….

La difficulté est déjà d’atteindre les urgences. Pas d’argent, pas d’entrée. Il faut donc trouver quelqu’un pour débourser les 200 usd demandés. La santé se paye cash, c’est le principe en vigueur. Il y a probablement des exceptions pour les étrangers, mais ce ne fut pas le cas pour moi, même si j’étais en coma lorsque je suis arrivé. L’explication est simple : certains hospitalisés se sauvaient pas la fenêtre sans payer.. Alors maintenant, on paye avant d’entrer. Renseignements pris, voici l’explication: en cas d’accident, on peut accéder aux urgences… dans le cas contraire, et si je suis accompagné de gens qui me connaissent (c’était le cas), alors il faut payer pour entrer.. Cela dit, on m’a confirmé qu’on mourrait aussi beaucoup aux portes de l’hôpital…

Mon lit est un excellent poste d’observation.

D’abord, les familles vietnamiennes s’occupent de tout : préparation et prise des repas, toutes les tâches de toilette, la location ou l’achat des « indispensables » : sandales, lit d’appoint, matériel pour uriner… Les familles sont toujours présentes, c’est la force de la culture vietnamienne.

Lorsqu’un étranger est hospitalisé, c’est plus délicat à gérer pour le personnel, car c’est à eux de tout faire !

La question pécuniaire est omniprésente. Il faut payer les actes au fur et à mesure, et régler les factures d’hospitalisation quotidiennement, en cash. Les médicaments ordinaires doivent être achetés directement par les familles. On ne fait pas crédit ici : les traitements s’arrêtent si les factures ne sont pas payées. C’est valable pour tout le monde.

Le personnel médical est nombreux, globalement disponible, et a priori compétent. Mais l’organisation pêche : dans ma chambre, un va et vient de médecins en tout genre. Je ne sais pas qui fait quoi, qui est qui. Un point objectif : la prise de notes n’est pas leur fort et les données que je leur donne à plusieurs reprises sont mal consignées dans mon dossier médical. On m’a là encore donné l’explication: il y a beaucoup de médecins en formation. Ils ont le droit de poser des questions mais pas de répondre.. c’est pour cela qu’ils disparaissent sans crier garde !

Anecdote : mes amis vietnamiens doivent laisser leurs chaussures à l’entrée des urgences. A leur sortie, plus de chaussures !

Il n’y a pas vraiment de barrière de langue, beaucoup de médecins vietnamiens maîtrisent bien le français ou l’anglais.

Je n’aurai pas beaucoup de temps pour vivre mon expérience locale. Mon assureur n’a pas confiance et décide de m’envoyer à Bangkok pour la suite…

A Hué aussi, on a des plages…

Peu de touristes savent que Hué est proche de la mer… Des plages superbes, un sable blanc et une mer de rêve..

Jusqu’ici, il y avait les plages animées pour les vietnamiens, et les plages désertes pour les pêcheurs…Il y a maintenant un endroit réunissant toutes les qualités : plage privée magnifique, parasols et chaises longues pour se relaxer, un bar convivial où l’on peut aussi manger, le tout dans un cadre sympa et bon marché…

Merci à Xuan et Michel, couple franco vietnamien, et leur fils Louis, pour nous offrir enfin ce que tout le monde attendait..

Cet oasis de bonheur, appelé tout simplement « The Beach », est à seulement 14km du centre de Hué. Il suffit d’aller à Thuan An vers les plages publiques puis continuer la route vers le sud en suivant le fléchage.. Inutile d’aller à Hoi An ! A Hué aussi, on a nos plages de rêves !

5 juillet 1885 – le « guet apens de Hué »

Les habitants de Hué rendent le culte aujourd’hui (23 mai, calendrier lunaire) à tous ceux qui ont perdu la vie le 5 juillet 1885, dans ce que les Francais ont appelé le « guet apens de Hué ».


Tout au long de la journée, les huéens honorent le souvenir des morts liés à ces événements (et à ceux de 1968)

A cette époque, la pression des Francais se fait de plus en plus forte sur la Cour de Hué pour faire cesser la résistance contre eux dans le nord du Vietnam (Tonkin). La cour de Hué n’est pas assez forte pour résister à ces « diables de barbare »… et les deux régents qui dirigent le pays à la place du jeune roi Ham Nghi cherchent le bon moyen pour réussir. Extermination des chrétiens (supposés être du coté de l’envahisseur) et attaque des troupes françaises à Hué sont les deux facettes du plan finalement adopté.
Le « guet-apens » contre les français a lieu ce fameux 5 juillet, en plein nuit. 1500 soldats du coté français répartis sur 2 positions, 22.000 coté vietnamien. Les boulets pleuvent sur les positions françaises qui, malgré tout, résistent. La supériorité du commandement et de l’armement fera le reste. On peut lire sur les troupes du Roi : « Ces gens, complètement nus pour la plupart, leurs longs et épais cheveux tombant sur les genoux, armés de mauvais fusils et de coupe-coupe, se sont battus avec une sauvagerie héroïque ». Au petit jour, les français contre-attaquent et s’emparent de la citadelle… C’est la panique générale coté vietnamien : le roi s’enfuit avec l’un des régents, la famille royale quitte le palais dans une pénible débandade. La population, elle, a déjà fuit la ville. Quelques heures plus tard, la drapeau français est hissé sur le cavalier (tour du drapeau). Mais c’est la désolation : 1800 cadavres annamites jonchent le sol. Très peu coté français.
Le pire est à venir. Le régent en fuite appelle à la révolte générale contre les français et les catholiques. 40.000 chrétiens mourront peu après à travers tout le pays. A Hué, le Général de Courcy, à qui l’on doit en partie ces événements malheureux, ne contrôle pas ses troupes et la citadelle est pillée. L’art y perdit des merveilles : des diadèmes, des couronnes,des bagues enchâssées de pierres précieuses, furent enlevés, brisés, et vendus par morceaux (d’après Camille Paris). La ville, faite de paillotes, est en feu. Comme les cadavres ne sont pas ramassés, le choléra éclatera peu après et fera 700 victimes coté français (sur 3500 soldats..).


Cérémonie au temple des ames errrantes, sur la rue Mac Thuc Loan dans la veille ville

Cet événement précipitera l’ascendant des français sur la famille royale et transformera progressivement le protectorat initialement prévu en une main-mise pure et simple du royaume d’Annam. Rattraper le roi Ham Nghi en fuite ne fut pas une sinécure : on mettra plus de 3 ans à l’appréhender..Le régent Thuyet, à l’origine du guet apens, finira ses jours en chine, isolé de tous. Le général de Courcy rentrera en France, s’enfermera dans un lourd silence et mourra prématurément de tristesse, dit on.. Quand aux trésors de la cour d’Annam, ils furent perdus à tout jamais…

Hanoi: vive la bière pression « bia hoi » !

L’été est chaud à Hanoi et rien ne vaut une bonne bière pression prise dans les gargotes le long des rues.. Cette tradition avait tendance à disparaître ces dernières années mais elle est revenue en force depuis quelques temps… Une brasserie alimente désormais les distributeurs, préservant les clients de tout défaut de qualité..


La pression … est manuelle, et la réfrigération est assurée par un gros bloc de glace sur le fut !

La bière est légère, pas chère (7000 vnd le verre, soit 30 centimes d’euros), assez fraîche.. Les habitués en raffolent et les établissements font le plein à toute heure de la journée… On y vient aussi avec ses bouteilles en plastique pour ravitailler ses collègues… Ah la belle vie… Pourquoi donc cela n’existe pas en France ?

Le Parti fait le Printemps..

Au Vietnam, les panneaux de « propagande » ne manquent pas d’imagination …
Le slogan de ce panneau est « le Parti [communiste] c’est le Printemps, le soleil qui façonne [bâtit, construit] la vie nouvelle.. »

Festival d’art traditionnel de Hué

Quelques photos de ce festival qui se déroule tous les 2 ans. C’est l’occasion de découvrir l’artisanat local et de revoir quelques jolies visages…


Les « miss » sont de sortie, pour le plaisir des yeux !


Défilé de cloture, en ce 1er mai, sous la pluie…


Grosse affluence locale durant les 4 jours du festival, le long de la rivière des parfums..


Bel exemple de marqueterie


Les enfants ont participé aussi à leur manière au festival en imaginant ces ao dai de papier..


Exposition de cerf-volants dans l’enceinte des très belles maisons coloniales dorénavant ouvertes au public


Superbe expo organisée par la France sur le thème du textile d’ici et d’ailleurs..


Et comme nous sommes à Hué, pas de manifestations sans rendre hommage aux ancêtres. Ici, on remercie les « anciens », tous les artistes et artisans, d’avoir transmis leurs savoir-faire aux générations futures.