Catégorie «Vivre au Vietnam»

Autour de Nam Dinh

Outre les églises, la région de Nam Dinh offre des paysages agréables à parcourir en moto, dans une campagne sillonnée de canaux et d’affluents du fleuve rouge..

Il y a 2 récoltes de riz par an, dont l’une au moment de mon passage, mi juin.

La récolte se fait à la faucille, à la différence du delta du Mékong où l’on voit de plus en plus de petites moissonneuses. A cette époque, beaucoup de gens (des femmes surtout) travaillent dans les champs.. La paille est brûlée sur place, occassionnant une épaisse fumée pas toujours agréable.

Les chemins sont obstrués par les batteuses qui vont et viennent suivant la demande des paysans.

Les canards se régalent! Ils grossissent à vue d’oeil et c’est pour cela qu’à la fête du milieu d’année (5 mai, calendrier lunaire), tout le Vietnam mange du canard !!!

Les temples et autres lieux de cultes sont assez nombreux, et toujours très colorés

Pagode faisant la joie des enfants..

2 ponts couverts sont aussi à voir dans cette région: celui de Phat Diem et surtout celui de Hai Hau.

Le toit est en forme de dragon.

Nord Vietnam: l’église de Phat Diem

La plus connue des églises est celle de Phat Diem, construite entre 1878 et 1895 par le Père Six. C’est un chef d’œuvre de l’art annamite et la fierté de la population locale.

La construction de cette église exigea des efforts titanneques car située dans le delta du fleuve rouge, zone spongieuse formée de limons accumulés années après années. Ainsi, pour assurer les fondations, il a fallu enfoncer des madriers et des pierres des années durant avant de pouvoir stabiliser les terrains (fondation à 35 métres). Les pierres et le bois ont été acheminés par bateau, depuis d’autres régions.

D’une intelligence remarquable et maitrisant parfaitement notre langue, ce curé vietnamien fut utilisé comme diplomate par le roi Tu Duc, pourtant persécuteur des catholiques, avec les Français qui, dans les années 1880, ont entrepris la conquête du nord Viêtnam. Le Père Six commença par bâtir quelques chapelles pour tester ses notions empiriques d’architecture, puis finit en apothéose avec la cathédrale.

Celle-ci est longue de 80 mètres de long, 24 de large, et 16 de haut.

A l’entrée de la cathédrale, 5 bénitiers, tous honorés d’une sentence latine.Cela fait plaisir de retrouver une langue de chez nous, plus facile à comprendre que le vietnamien !

En savoir plus sur cette cathédrale ?
http://belleindochine.free.fr/PhatDiem.htm

Nord Vietnam: le temps des cathédrales

Avec le temps, ces églises sont devenues trop petites (une famille compte en moyenne 4 à 5 enfants…) et, pour certaines d’entre elles, nécessitaient d’importants travaux de rénovation dus à la dureté des conditions climatiques (inondations, chaleur, pluie et humidité). La fierté de chaque « clocher » a fait le reste : chaque village s’orgeuille d’avoir une église toujours plus grande, toujours plus belle que celle du village voisin… Depuis 1975, date de la fin de la guerre, 60% des églises ont été reconstruites et agrandies.
Quand on sillonne la campagne, partout l’on voit des chantiers en cours. Au Vietnam, il n’est pas toujours aisé pour l’église catholique de construire des églises, en raison de l’opposition des autorités locales. Ici, les catholiques sont partout, y compris dans les administrations, et l’obtention de permis de construire ne posent plus de problémes.


Photo de l »ancienne église


Le « démontage » de l’église

La village ou je suis resté pendant une semaine est, à ce titre, un très bon exemple. Ninh My compte 2600 habitants, dont 2000 catholiques. L’église d’origine, qui date du début du XXéme siécle, est devenue trop petite. Le village vit uniquement de l’agriculture et n’est pas très riche. Mais peu importe ! Le conseil paroissial a décidé la construction d’une nouvelle église en remplacement de l’ancienne. Mais pas une église ordinaire, non, une église construite dans le style local, avec une charpente en bois.


Le travail du bois, un spectacle étonnant !

Le projet est estimé à 1,3 million d’euro, une fortune pour le Vietnam. Il n’y a plus de bois de fer en Asie ? peu importe, on l’importera d’Afrique! Chaque colonne, haute de plus de 8 métres, coute 7000 usd… Tout le village est sollicité pour ce chantier. Les artisans sont priés de travailler presque « gratuitement », les « viet kieu », ces anciens « boat people » qui vivent à présent à l’étranger sont activement sollicités. Sous l’impulsion du jeune curé (36 ans), un site internet est né pour tenir au courant les donateurs étrangers de l’avancée des travaux (ninhmy.net).


La nouvelle église en cours de construction

Localement, la dévotion de chaque famille est mise à l’épreuve par les « appels aux dons ». Tout est public, pour stimuler l’orgeuil de chacun : l’annonce des dons durant la messe, la remise de diplôme aux donateurs les plus généreux.. Ainsi, la mére de mon amie, qui n’a aucune ressource mais qui doit veiller sur 7 enfants, s’est sacrifiée pour offrir 75 euros, soit l’équivalent d’un mois et demi d’un salaire ordinaire… Toute l’épargne de plusieurs années est consacrée à ce chantier pharaonique. Mais la religion catholique est au coeur de la vie des paroissiens.. Dons matériels aujourd’hui, dons de soi autrefois comme martyr…

Dans cette partie du Vietnam, on construit des églises. Ailleurs, on préfére aider les gens. Dans ma paroisse à Hué, il a fallu 25 ans pour finir la cathédrale. La paroisse organise des distributions de riz tous les mois et 150 enfants recoivent des bourses d’études


Procession lors d’une fête religieuse


Moment de détente avant la procession

Nord Vietnam : une terre d’églises…

A 80 km au Sud Est de Hanoi, dans les diocéses de Phat Diem et Bui Chu, se trouve la plus grosse concentration au monde d’églises catholiques. Pas moins de 1200 églises dans une superficie qui ne dépasse pas la moité d’un département francais ! Nous sommes en plein cœur du delta du fleuve rouge, une zone agricole par excellence, et partout où porte le regard se trouve une voire deux églises, souvent comparables, en taille, à des cathédrales…

C’est dans cette région qu’à commencé l’évangélisation du Vietnam. 1533 fut la date d’arrivée du premier missionnaire européen. Mais c’est surtout à partir du 17éme siécle que le catholicisme a progressé, notamment avec Alexande de Rhodes, célébre pour avoir « latinisé » la langue vietnamienne. Les persécutions y furent aussi très nombreuses, jusqu’à l’arrivée définitive des francais en 1883. Parmi les 117 martyrs canonisés en 1988 par Jean Paul II, nombreux sont ceux qui ont œuvré dans cette région.

Aujourd’hui 70% de la population de cette région est catholique, alors que la moyenne au Vietnam ne dépasse pas 7%.


La cathédrale de Bui Chu, la deuxième plus vieille église du secteur, date de 1885

Les plus anciennes églises encore débout sont postérieures à 1871. Toutes ces églises réprésentent un ensemble architectural exceptionnel. 298 églises possédent une charpente en bois « de fer » ou bois de lim, dont les propriétés sont remarquables : imputréscible, d’une jolie couleur, très lourd (ce bois coule lorsqu’il est dans l’eau) et stable face aux variations hydrométrique. Il est l’un des rares bois à résister assez longtemps aux attaques des termites. Quelques églises possédent aussi des structures en pierre et marbre.

Les clochers, pigeonnier, presbytères, porches de cimetières sont aussi des vestiges du temps passé.


un presbytère dans la campagne


Pigeonnier près de la cathédrale de Bui Chu

Vietnam: c’est aujourd’hui le Bac !

Les scolaires sont en vacances depuis une semaine (jusque mi-aout), les étudiants finissent en ce moment leur examen, et certains d’entre eux sont déja diplomés !


Jeune professeur diplomée

Mais ce week-end, c’est aussi le Bac pour les élèves de la 12eme classe, correspondant à notre terminale. Ici, les épreuves ont lieu aussi le dimanche.. Pendant les épreuves, la police surveille les accès, et les parents attendent sur leur moto à l’extérieur..

L’épreuve d’histoire portait sur les évènements du 23 Aout 1945. A cette date, l’administration française a déjà été défaite (depuis le 9 mars), et le japon vient de capituler. Plusieurs partis nationalistes sont en concurrence pour occuper le terrain et bloquer le retour des français. Une réunion est organisée avec les représentants des différents courants. Au bout de plusieurs heures sans accord, le Viet Minh fait intervenir ses hommes de main qui sèment la panique en frappant les délégués.. Une réunion est à nouveau organisée le soir même, mais seul le Viet Minh s’y présentera, les autres courants étant échaudés. Seul parti en lice, le Viet Minh récupère ainsi le pouvoir ! Ainsi est née la République Démocratique du Vietnam avec Ho Chi Minh à la tête du gouvernement… Les français feront aussi les frais de ces journées noires, avec un déchaînement de violences contre eux… Mais ce n’est surement pas cette histoire là qu’on a demandée aux lycéens de raconter…

Hué : La Pagode de l’Eléphant qui barrit

Du temps de Gia Long et Minh Mang, il y avait entre 500 et 800 éléphants de combats. Chaque éléphant nécessitait pas moins de 4 hommes, principalement pour aller leurs chercher une enorme masse de nourriture au quotidien..

Du temps de Gia Long, les éléphants les plus méritants ont eu droit au grade de mandarins. Ils ont eu le privilége d’avoir des anneaux d’or aux dents…

Mais celui qui nous intéresse est « l’éléphant qui barrit ». Cet éléphant avait lutté avec toute son énergie dans mille et mille combats. Un jour, un ennemi le blessa. Il rassembla ses dernières forces pour revenir à la Capitale, aux écuries familières. Mais, en passant devant une pagode, son courage le trahit. Il poussa un dernier barrissement, piqua ses défenses en terre et s’abattit. On voit maintenant son tombeau à gauche de la pagode, et, par devant, un édicule abrite sa statue…

C’est donc sous le règne de Gia-Long (1802-1820) que cette pagode a été élevée par les soins des cornacs des régiments d’éléphants royaux. Il comprend un édifice principal pour le culte des quinze génies protecteurs des éléphants, et quatre temples, à droite et à gauche, où l’on rend un culte aux tablettes de quatre Eléphants Héros.

En 1824, le roi Minh Mang confirme l’importance de ce culte en décidant de prendre en charge les frais liés à la cérémonie rituelle annuelle.

C’est aujourd’hui un havre de paix, non loin des arénes, au bord d’un petit plan d’eau…