Catégorie «Vivre au Vietnam»

Comment un simple fruit peut vous révéler l’histoire d’un pays…

Nous sommes en automne, et c’est la saison des Lêkima ! ce fruit, que probablement peu de touristes ont rencontré sur leur parcours, était autrefois abondant dans la moitié sud du Vietnam. Or aujourd’hui, difficile d’en trouver … A Hué, la quasi totalité des arbres a été coupé..
En fait, ce fruit symbolise la période de collectivisation (thoi bao câp) des années 75 à 86, période au cours de laquelle les conditions de vie étaient particulièrement difficiles.. Et à défaut de pouvoir manger équilibrer tous les jours, les vietnamiens ont été contraints de manger ce qui était disponible, abondant et nourrissant, comme les Lékima. Ce fruit, appelé Sapotier jaune d’oeuf en français, est un fruit à chair jaune, bon à petite dose, mais dont on se lasse vite à l’usage.. Les vietnamiens ne veulent plus manger ce fruit qui leur rappelle de trop mauvais souvenirs…


Des Lêkimas sont en vente chez cette vieille dame qui propose aussi du bétel, l’alcool de riz et une variété de gingembre contre les migraines..

La fleur du Lêkima est une petite fleur blanche qui, elle, est passée à la postérité grâce à l’héroine Vo Thi Sau.

Née en 1933, Vo Thi Sau rejoignit les rangs du Việt Minh à l’âge de 14 ans. En 1950, elle est emprisonnée au bagne de Poulo Condor après avoir tué à la grenade deux vietnamiens qui collaboraient avec les français. Avant d’être fusillée, Vo Thi Sau a cueilli une fleur de Lékima et la mise délicatement dans sa chevelure.. Il n’en fallait pas plus pour réveiller l’ardeur patriotique des vietnamiens et leur faire écrire de nombreux poèmes sur ce geste…


La chair du fruit

Fête de la Toussaint : une pensée pour tous ceux qui sont morts pour le Vietnam..

Les cimetières sont là pour nous rappeler que la guerre du Vietnam n’est pas si loin et qu’une quantité impressionnante de soldats et civils y ont trouvé la mort…

Ces cimetières ne comportent que des combattants du Nord, morts et enterrés loin de leur famille, ce qui est une double peine quand on connait l’importance que tout vietnamien attache à demeurer sur la terre de ses ancêtres. De trop nombreuses tombes sont aussi « Chua biêt tên » c’est à dire sans nom connu.


Un cimetière prés de Dong Hoi, non loin du 17eme parallèle

Nha Trang: Alexandre Yersin à l’honneur

A Nha Trang, vient d’être inauguré un nouveau jardin public en l’honneur d’Alexandre Yersin. Ce scientifique est bien connu des vietnamiens et c’est l’enfant chéri de la ville de Nha Trang ou il a passé une bonne partie de sa vie. Il est en effet mort là bas en 1943.


Le square a été créé sur l’emplacement de sa maison, un peu vite détruite après 1975…

Découvreur du bacille de la peste, explorateur, initiateur de la future station climatique du Lang Bian (la ville de Dalat), développeur des plantations du quinquina, d’hévéas, acteur incontournable des instituts Pasteur de l’Indochine .., Alexandre Yersin a eu une vie bien remplie… Il fait parti des rares français de l’époque coloniale a être encore reconnu dans le Vietnam d’aujourd’hui.

A Nha Trang, vous pouvez visiter le musée qui lui est consacré, à l’institut Pasteur, en centre ville.

A une quinzaine de kilomètres de la ville, vers Suoi Dau (le long de la nationale 1, vers Saigon) se trouve le tombeau de Yersin, sur une petite colline, au milieu d’un paysage verdoyant et vallonné.

Non loin du tombeau, une pagode honore aussi l’âme du scientifique à travers un autel des ancêtres. A l’origine, se trouvait un dispensaire soutenu par Yersin.

Il est probable que dans les mois ou les années à venir des activités touristiques seront proposées sur les traces du Docteur Yersin.
En savoir plus sur sa vie : http://belleindochine.free.fr/Yersin.htm

Le Prince Nguyen Phuc Canh

Une cérémonie toute simple s’est déroulée ce matin (12 aout du calendrier lunaire) à Hué. Le personnage honoré est cependant loin d’être anecdotique dans l’histoire commune de la France et du Vietnam: le Prince Canh est en effet le fils ainé de Nguyen Phuc Anh (roi Gia Long) et il vint à Versailles en 1787 rencontrer Louis XVI. Avec l’entremise de l’Evéque d’Adran qui l’accompagne, il est venu appuyer la demande d’aide de son père qui cherche à reconquérir son royaume face aux Tay Son. Il a alors 6 ans. Malgré bien des vicissitudes ( on est en pleine révolution française…), des officiers français iront aider Gia Long, lui permettant ainsi de rétablir sur le trône la dynastie Nguyen (1802- 1945).

Le Prince Canh aurait pu succéder à son père et donc devenir Roi, mais il mourra en 1801, à l’age de 22 ans, bien avant la mort de Gia Long.


Quelques générations séparent le Prince Canh et les descendants actuels..


L’entrée du temple, dans le quartier Vi Da.

Fête bouddhiste Vu Lan

Pendant 2 jours, Hué a vécu au rythme de la fête Vu Lan, deuxième fête la plus importante chez les Bouddhistes. D’abord fête des défunts et jour d’aumône pour les pauvres, cette fête du 15 juillet du calendrier lunaire (29 août) s’est transformée en fête des mères.
Même si c’est la rose qui est le symbole de cette fête, je dédie cette fleur de Lotus à toutes les mères..

Etes vous enceinte ?

Tous les touristes qui viennent visiter le Vietnam le savent : les Vietnamiens sont très curieux et posent beaucoup de questions « personnelles ». La question de l’age est éminemment importante, puisqu’elle règle les échanges : le « je » n’existe pas ici et doit être remplacé par le bon vocable qui dépend de l’age et de la relation que vous avez avec le correspondant. Viennent ensuite les questions sur votre famille. Question là encore centrale, car point de bonheur au Vietnam en dehors de la famille. Votre travail, le montant de votre salaire, le nom de l’hôtel sont les autres questions habituelles.

N’allez cependant pas croire que ce traitement est réservé aux touristes. Entre eux également, les questions fusent ! Etre encore célibataire pour une jeune fille à 30 ans peut tourner au calvaire lorsqu’elle rentre dans son village natal et que tout le monde lui demande si elle est mariée !

En fait, pour les Vietnamiens, ces questions ne sont pas indiscrètes. Elles alimentent les relations sociales avec une grande simplicité et sans arrière pensée. Pour qui s’intéresse aux vietnamiens, c’est un moyen facile de connaître un luxe de détails sur la vie des gens (leur salaire par exemple !).

La politesse vietnamienne ne permet pas non plus à quelqu’un «d’envoyer balader» son interlocuteur comme nous pourrions le faire en France. Tout au plus, le vietnamien esquivera la question par une réponse ambiguë ou un «devines !», et toujours avec le sourire.