On croise encore régulièrement des personnes qui parlent notre langue au Vietnam. Des gens âgées, certes, mais pas seulement. La passion pour notre pays et sa culture est leur point commun. Plutôt que de s’apitoyer sur la baisse d’influence de la langue française, j’ai préféré illustrer mon propos par 3 portraits de vietnamiens, rencontrés au cours de mon périple.
Minh Mang est étudiante à l’université de Hanoi. Elle a un réel talent pour apprendre notre langue et la pratique avec beaucoup de facilité. Son rêve : découvrir Paris et visiter la France…Mais sa préoccupation du moment, c’est d’arriver à trouver un travail en rapport avec ses études de français. Elle n’aurait pas cette appréhension avec l’anglais, dont elle vient de commencer l’apprentissage…
Sœur Marie Quy est religieuse chez les sœurs de Saint Paul de Chartres, à Hué. Elle s’occupe d’enfants issus de familles pauvres. Par amour pour notre langue, elle offre à ses petits protégés des cours après l’école. Je l’ai rencontré en décembre dernier alors qu’elle faisait répéter les chants de noël. Entendre une chorale d’enfants chanter en français à 10000 km de chez soi, c’était tout simplement merveilleux.. Avec peu de moyens, elle arrive à redonner le sourire et un peu d’espoir à tous ces enfants. Si vous passez par Hué, n’hésitez pas à la rencontrer et la soutenir dans son action.
D’une manière générale, les communautés religieuses d’origine française continuent de promouvoir l’apprentissage de notre langue. Les « anciennes » apprennent aux « plus jeunes » à travers des cours souvent ouverts aux personnes extérieures. Cela reste un solide relais dans la promotion de la francophonie.
Monsieur Chlea Lim Trech est aujourd’hui loueur de vélo à Kratie, au Cambodge. « Pourquoi même les français qui viennent me voir veulent me parler anglais ? ». L’ancien instituteur de la ville s’exprime dans un français parfait. Comme toute la population à l’époque des Kmers rouges, il a été contraint d’abandonner son métier au profit des travaux des champs. Et pendant plus de 10 ans ! Il y aura perdu une partie de sa famille, dont sa mère et sa sœur, mais aujourd’hui il a le bonheur d’avoir 5 enfants – tous instituteurs- et 7 petits enfants. Les cambodgiens aiment la France, car, pour eux, c’est grâce à elle que le Cambodge existe encore.