Catégorie «Voyages»

Centre Vietnam: la grotte de Thien Duong

A 200 km environ au nord de Hué, près de la ville de Dong Hoi, se trouvent des grottes très spectaculaires, les grottes de Phong Nha.

Plus loin vers le Laos, on pénètre au coeur de la chaîne annamite, zone difficile d’accès et peuplée simplement de quelques minorités éthniques.


En partant de Donhg Hoi, sur la route des grottes…


Paysages aux alentours du site de Thien Duong

S’il n’y a plus beaucoup de chances d’entrevoir des tigres et des éléphants, les collines abruptes réservent encore bien des surprises…


A l’intérieur de la réserve naturelle

Et la plus grosse surprise fut la découverte d’un immense réseau de grottes, les plus vastes au monde, et dont pour le moment 31 km ont été répertoriés… C’est la grotte du Paradis, Thien Duong en vietnamien.

C’est à un vietnamien, explorateur à ses heures perdues, que l’on doit cette découverte au début des années 2000. Mais il a eu du mal à retrouver le « chemin du paradis » et ce n’est que très récemment que la grotte a pu être localisée puis explorée par des spéléologues britanniques.


L’entrée, vue de l’intérieur de la grotte.

Et depuis fin 2010, le site est ouvert au public. L’aménagement est très bien conçu, avec des véhicules électriques pour accéder au pied de la falaise… avant une ultime montée à pied, 540 marches pour les plus courageux.

L’entrée proprement dite mesure à peine quelques mètres de diamètre, dominée par une immense paroi verticale. De l’extérieur, on sent un souffle frais qui laisse présager une importante cavité. On imagine, en pénétrant à l’intérieur, l’excitation du découvreur de la grotte…

A l’intérieur, les voûtes sont aussi vastes que des cathédrales. Des stalactites et stalagmites forts anciens (la formation de la grotte remonte à plusieurs millions d’années). Le visiteur suit un chemin en bois qui serpente entre les différentes zones sur plus d’un kilomètre. Il y a aucune vie à l’intérieur, ni trace d’eau.


A l’intérieur de la grotte

Pour ceux qui veulent aller plus loin, il est possible d’explorer les 7 kilomètres avec une équipe locale de spéléologues (Il faut compter 2000 kD, soit environ 85 euros pour la journée, équipement inclus).

Le site accueille plusieurs centaines de visiteurs par jour en été, dont une immense majorité de vietnamiens, ce qui est très encourageant pour le développement du tourisme local.


A 20km de là, vers le site de Phong Nha

Cambodge: douceur de vivre à Kampot…

Non loin du Bokor, cette petite ville construite par les francais va probablement se transformer rapidement dans les prochaines années… Un peu à la manière de Savannaket, sa lointaine cousine du Laos qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau (même architecture, même mode de transport, même plan urbain)..

Les étrangers sont de plus en plus nombreux à s’installer dans cette bourgade. Il y fait bon vivre, au bord du fleuve, et la ville a conservé jusqu’ici une bonne partie de son architecture coloniale.

Savez vous qu’il y avait ici 13 fumeries d’opium en 1934?

Certaines maisons sont transformées harmonieusement en restaurants voire en hotels de charme…

Même la prison n’a pas changé d’affectation..

Quant au pont en fer, même s’il est à présent doublé par un autre plus solide, il sert toujours..

Le poivre de Kampot, dont la qualité était reconnue sur toutes les tables françaises autrefois, renait tout doucement..

La douceur de vivre de Kampot…

Cambodge: renaissance du Bokor Palace !

La vieille route étroite construite du temps des français vient de laisser place à une route magnifique, extravagante dirons nous, pour accéder au sommet de cette station d’altitude créé au début des années 20. Aujourd’hui, des centaines de cambodgiens s’afférent non loin du sommet à construire un immense hôtel casino. Quant au Bokor Palace, vestige de l’époque coloniale et abandonné depuis des décennies, il est en cours de rénovation !

La création de la station du Bokor revient au Résident Supérieur Beaudoin. Il s’agit de créer alors une station d’altitude qui soit « mieux et plus grand » que Dalat. Dalat est à 1500 mètres d’altitude contre 1060 mètres pour le Bokor, jugé donc plus accessible pour les populations anémiées. On y aménagera une ferme d’élevage qui fournit du lait, une station agricole avec des cultures maraîchères, des arbres fruitiers, une roseraie et des plantations de thé. Mais pour obtenir des financements pour la station et la promouvoir, rien de tel que d’y installer un palace. A cette époque en effet, on cherche à attirer en Indochine les riches touristes. A peine 500 touristes visitent « les ruines d’Angkor » alors qu’ils sont dix fois plus à visiter les colonies hollandaises de Java… On a de grosses ambitions pour le site du Bokor qui doit devenir à terme le sanatorium du Cambodge, de la Cochinchine mais aussi du Siam. Les européens et américains vivant à Bangkok, distant de 600 km par la mer, sont particulièrement visés, et peuvent se rendre en bateau par liaison hebdomadaire au nouveau port de Réam, situé non loin du Bokor.

Ce sont les prisonniers cambodgiens qui vont construire la route et toutes les infrastructures de la station. Certains réussiront à s’échapper, d’autres y perdront la vie. « Une route splendide grimpe en lacets le long des contreforts du massif de l’Eléphant pendant 28km, serpente en pleine foret vierge, pour finalement aboutir à un plateau d’où la vue s’étend sur le Golfe du Siam ».


L’arrière du Bockor Palace

L’Administration locale subventionne alors massivement toutes les activités liées au tourisme et l’Hotel-Palace du Bokor ne fait pas exception. Le site est choisi pour sa beauté naturelle, et du haut du « nid d’aigle » à 1080 mitres d’altitude, la vue, spectaculaire, donne sur les îles du golfe du Siam dont l’île de Phu Quoc.. Le nom Bokor signifie en Kmer « la bosse du buffle ».


Le Bockot Palace en 1925, avec le drapeau tricolore..

Inauguré en 1925, le Palace compte 18 chambres. L’hôtel dispose du chauffage électrique, équipement exceptionnel pour l’époque. A l’époque, on y reste pour des séjours prolongés, parfois un mois complet. A proximité, un bureau de Poste et une petite église. Quelques chalets et villas occupent le plateau. La station est ouverte 6 mois par an, de novembre à mai. Le site est admirable pour les promenades. Outre la marche, on peut y pratiquer le cyclisme et l’équitation. Les cascades ne manquent pas et l’eau de la source Marie Magdeleine est excellente, Le long des chemins, on trouve des orchidées, des « sabots de Venus » et des « Népenthes » (plante carnivore). Coté faune, des cerfs et chevreuils en grand nombre, des gibbons, des écureuils rouges, des troupeaux d’éléphants sauvages et même parfois, le tigre…

Néanmoins l’arrogance du luxe à Bokor provoque l’ire de quelques journalistes. Pourquoi le budget local servirait-il à faire plaisir à quelques riches fonctionnaires, planteurs et touristes alors que 9/10 des villages du Cambodge ne possèdent pas d’écoles…

Le site lui-même est critiqué. Trop pluvieux (plus de 200 jours de pluie par an..), toujours dans les nuages et surtout trop exposé au vent…

La station n’aura pas le succès de Dalat, qui était prévue pour devenir la capitale de l’Indochine par l’Amiral Decoux, au pouvoir pendant la 2e guerre mondiale. La station de Bokor est abandonnée par les Français en 1940, puis sera occupée par les Khmers Rouge à partir de 1972. Il sera très difficile de les déloger.

Depuis quelques années, le gouvernement cambodgien a décidé de relancer cette station. Casino, hôtels, golf sont prévus et c’est un immense chantier qui a démarré. Le plus dur sera peut être d’accéder en haut de la station par la route, les asiatiques étant très sensibles au mal de cœur ! Après 32 km de grimpette, dans quel état vont arriver nos joueurs de casino ?

Sources principales : L’Eveil Economique de l’Indochine, Le Bokor et la cote d’Opale (1925) disponible sur Gallica

Les japonaises en voyage

Ayant eu la chance de côtoyer des japonais dans l’école d’anglais que j’ai fréquentée puis de voyager avec une japonaise, j’ai eu la chance de découvrir – et d’apprécier- une autre culture et notamment les codes de politesse.

On connaît bien sur les « courbettes » qui seront d’autant plus marquées que la personne est importante. En voyage, à défaut de maîtriser la langue, les courbettes sont bien utiles pour remercier son hôte.

La bénédiction du repas ressemble à s’y méprendre à celle utilisée par les catholiques. Mais en réalité, elle ne s’adresse pas forcément à des divinités, mais tout simplement à ceux qui ont préparé le repas (avec la formule Itadakimasu)

Les échanges de cadeaux font partis aussi des petites attentions qui se pratiquent entre amis. Ainsi, le jour du départ, mes amies m’offraient une carte avec le rappel de tous les bons moments passés ensemble. Plus encore que le contenu, l’emballage compte énormément. Les grands magasins (aux Philippines) disposent de rayons riches en boites, en rubans, en papiers de soie, en cartes, en paquets.. ainsi que le personnel adéquat pour emballer les cadeaux. C’est un vrai business.

Offrir des cadeaux à son retour de voyage est presque une obligation sociale au Japon. Lors des voyages organisés, vous pouvez sélectionner avant le départ les cadeaux du pays de destination que vous souhaitez offrir. Cela fonctionne un peu comme une liste de mariage !
Bien sur, cela a un coût, et c’est pour cela que certains n’annoncent plus à leur entourage leurs départs en vacances !

L’hygiène est aussi un thème cher aux japonais. Ainsi, ils voyageront bien équipés de lingettes et autres produits désinfectants. Les adresses et la propreté des toilettes publiques sont indiquées dans leurs guides de voyages !
Pour autant, cela ne les dissuade pas de voyager. La nouvelle génération est de plus en plus indépendante, et les Japonaises n’hésitent plus à braver le monde, seules s’il le faut ! Elles adorent le vélo (pratique très répandue au Japon), aiment marcher et veulent tout découvrir en un temps record (faute de congés suffisant). A l’exception du dernier point, elles sont d’excellentes compagnes de voyage !

Ile de Bohol – suite

La mascotte de Bohol, c’est le Tarsier, minuscule singe qui vous regarde avec de grands yeux ! Haut de ses 15 cm, il ne bouge presque jamais de son arbre, craint la lumière vive et peut devenir fou en cas de stress. Mais il est tellement mignon ! Doté d’énormes yeux, de longs pieds et d’une queue aussi longue que sa taille, il n’est présent que sur l’ile de Bohol (aux Philippines). Sorti tout droit de la préhistoire, ce petit animal fait le bonheur des touristes qui peuvent l’approcher de tout prêt (en captivité bien sur). Il parait que sa tête tourne sur 360° et que ses yeux brillent la nuit …

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Fruit de l’histoire et du passage des espagnols, on trouve encore beaucoup de maisons en bois. Beaucoup d’entre elles sont aujourd’hui en mauvaise état ou abandonnées. A Cebu City, il est possible d’en visiter deux. Sur la facade, sont inscritls les locataires et leur profession (médecin, ingénieur…).

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Cette famille, comme d’autres, fabrique des panneaux destinés aux huttes et cabanes du pays. Ils sont faits à partir de lattes de bambous. Il faut presque une heure à une personne pour réaliser un tel panneau. Quel est le prix de revente au donneur d’ordre ? 10 pesos, soit 15 centimes d’euros… A ce tarif, c’est surtout les enfants qui triment..

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Les moyens de locomotion ne manquent pas de charme à Bohol… Je comprends mieux l’attitude des Philippins en voyant, derrière le véhicule, l’exemple à suivre sur son socle….

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Très belle forêt plantée à proximité de Loboc. La route est superbe, et c’est un enchantement de zigzager le long de cet oasis de fraîcheur.

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Un peu d’histoire !

Magellan, explorateur portugais au service de l’Espagne est le 1er européenà arriver aux Philippines en 1521. Commence alors l’époque coloniale espagnol. Le pays est dirigé par le lointain Mexique. Si les richesses escomptés font défauts, c’est en revanche une terre bénie pour les missionnaires. D’abord tête de pont pour l’évangélisation de la Chine et du Japon, les Philippines deviennent peu à peu un lieu d’influence considérable pour l’église catholique.
La résistance coloniale s’organise, notamment sous l’impulsion du « Don Quichotte » local, José Rizal, qui est exécuté en 1896. Il devient aussitôt le symbole de la lutte contre les Espagnols.

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(La pays est riche en églises construites durant l’époque espagnole; ici, la basilique Santo Nino, à Cebu City, construite au 16eme siècle sur l’emplacement d’une relique apportée par les Espagnols.)

Les espagnols vendent l’archipel aux Etats Unis en 1898, mais les américains n’accordent pas pour autant l’indépendance. L’influence américaine s’étend à toutes les strates de la société philippine. En 1935, le pays bénéficie d’une certaine autonomie. Le Tagalog devient langue nationale.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, le pays est occupé par les Japonais. Les Philippins subiront massacres et atrocités. Le pays est finalement libéré en 1945 par le Général Mac Arthur après bien des difficultés. Le pays obtient son indépendance en 1946.

Le régime est démocratique, avec un systéme politique inspiré des Etats Unis. Le pays est marqué par le régime du Président Marcos qui gouverna le pays de 1965 à 1986.