Une star est née !

Elle est haute comme 3 pommes mais a déjà une voix exceptionnelle.. Je suis tombée sous le charme à la première écoute. Nous l’avons rencontré par hasard dans le restaurant que tiennent ses parents à Hué. Son père a vécu de nombreuses années en Allemagne avant de revenir à Hué pour s’occuper d’affaires familiales. Sa mère est originaire de Dalat. Ce couple, encore jeune, a 2 enfants dont la fameuse Ngoc, perle en vietnamien. Dans le restaurant, les parents s’activent aux fourneaux, et parlent facilement avec leurs clients, chose rare ici. Quant aux enfants, ils contribuent à la joyeuse ambiance en mettant la main à la pate. Et lorsqu’on tend l’oreille, on entend à fréquence régulière les tubes chantés par Ngoc. Les parents, bien sur, en sont très fiers et font la promotion de leur fille.


Ngoc et votre serviteur dans le restaurant familial…

Le covid contrarie les plans de Ngoc car elle aimerait bien participer à des concours. Pour le moment, elle anime sa chaine sur Youtube. Mais difficile de se faire connaitre. Espérons que la situation se débloque rapidement pour que son talent soit reconnu au delà des frontières !

Bonne écoute et n’oubliez pas de « liker » !
https://www.youtube.com/watch?v=N4Bq3Ae54w4

Vingroup, le plus gros conglomérat privé vietnamien

En cette fin d’année 2021, on parle beaucoup des risques de faillite d’Evergrande en Chine. En lisant un article sur cette société, quel fut mon étonnement de voir les similitudes de ce groupe avec le groupe vietnamien Vingroup. Rassurez vous, similitudes concernant les domaines d’activités, pas sur les risques de faillite !


La magnifique berline Vinfast Lux A2, sortie en 2021 (photo internet)

Evergrande est actif principalement dans l’immobilier mais aussi dans les parcs de loisirs, les véhicules électriques, les médias, l’eau…, un CA de 68 milliards d’euros réalisés uniquement en Chine avec 200.000 employés. Le tout avec une dette de 260 milliards d’euros, 2% du PIB chinois et actuellement un parc de logements vides qui pourrait loger 340 millions de personnes !

Comme son grand frère chinois, Vingroup est aussi largement présent dans l’immobilier, cela représente 70% de ses ventes. Mais aussi dans l’industrie automobile, les parcs à thèmes, les hôtels et, pour des montants plus symboliques, dans la santé et l’éducation. Il y encore peu, c’était aussi des milliers de superettes à l’enseigne Vinmart, des fermes de produits bio et des téléphones portables..

Son CA était de 4,1 milliard d’euros en 2020, soit 1,8% du PIB vietnamien. Comme Evergrande, ses ventes sont entièrement réalisées localement. ,. Un profit de 91 millions d’euros pour une année 2020 marquée par le Covid, c’est honorable. Mais là ou s’arrêtent les comparaisons avec Evergrande, c’est pour la dette. Elle ne dépasse pas 5 milliards d’euros. Rien à voir donc avec son grand frère chinois. Le ratio anglo-saxon « passif sur fond propres » est de 2,1, ce qui n’est pas affolant pour une telle société.

Ce groupe entièrement privé a été créé en 1993 par Pham Nhat Vuong, un vietnamien parti suivre ses études en Ukraine. Le capitalisme vietnamien est assez riche de parcours similaires. Il faut croire que l’enseignement du capitalisme après la chute de l’URSS était de qualité ! Les actionnaires étrangers représentent 6% du capital, pour 28% pour les vietnamiens. Le reste du capital est aux mains des investisseurs du départ, tous vietnamiens.


Landmark, la tour la plus haute d’Asie, 81 étages, située à Saigon, inaugurée en 2018 par le groupe Vingroup (photo internet)

Par rapport aux groupes occidentaux, la taille du groupe semble bien modeste. Pourtant Vingroup est partout ! Surtout dans des activités destinées aux classes aisées. Les 35 hôtels et résorts Vinpearl sont magnifiques. Celui de Hué est une tour impressionnante de 34 étages ouvert en 2018 (voir article dédié).

On croise aussi partout les superettes Vinmart, vendues au groupe Massan en 2020, mais qui conservent leur enseigne pour le moment. En 2 ou 3 années seulement, le groupe avait ouvert plusieurs milliers de magasins partout au Vietnam, tentant de bouleverser les habitudes des vietnamiens. Il reste aujourd hui au groupe 80 centres commerciaux.

Mais l’étonnement fut encore plus grand quand on a découvert que Vingroup se mettait a produire des voitures ! En un temps record (21 mois), à grand renfort de compétences occidentales et de 4 milliards d’investissement, 3 modèles de voitures sont sortis de l’usine ultra moderne de Haiphong en 2019. Le design de ces modèles, issu de Pininfarina, a été choisi par un panel de 66000 vietnamiens. 31500 voitures ont été vendues en 2020. Et ce n’est pas fini.. Car Vinfast arrive en Europe et aux Usa. A partir de 2022, vous pourrez acquérir les versions électriques de ces modèles, avec des batteries à chargement ultrarapide.. Ce parcours est tout simplement incroyable !

Qu’en est-il des profits ? il est toujours difficile d’obtenir des réponses claires dans des comptes consolidés, mais on peut dire que c’est l’immobilier qui génère l’essentiel des profits du groupe. Comme en Chine, la hausse des prix du foncier est forte, ce qui facilite bien les choses… Tant que les prix montent, les spéculateurs, aussi nombreux au Vietnam qu’en Chine, continuent d’acheter rapidement dans l’espoir de revendre avec profit..

Les autres branches sont presque toutes en perte, mais l’année 2020 est un peu spéciale…

Les informations sur les salaires ne manquent d’étonner. Les revenus moyens des 40100 employés du groupe serait de 21,5 millions de VND, soit 800 euros par mois. En hausse de 28% sur l’année précédente ! Bizarre.. Les salaires ne dépassent pas en général 5 millions en province et 10-15 millions dans les grandes villes.. 55% des employés ont moins de 30 ans, et 40% ont un diplôme d’études supérieures. Est ce la présence d’experts étrangers employés à grand frais qui fait flamber les couts ? Quoi qu’il en soit, Vingroup a la réputation de bien payer ses employés mais aussi de tout exiger d’eux. La pression est très forte et on ne compte pas ses heures. On est corvéable 7 jours/ 7. Les employés sont tenus aussi de s’équiper avec les marques du groupe : téléphones portables, scooter voire voiture pour les cadres..

Que pensez de ce groupe ? Pour un esprit occidental comme le mien, je suis un peu perplexe. Car les prix dans les superettes sont très élevés, les parcs à thèmes sont vides, les scooters électriques ne se sont jamais vendus, les centres commerciaux sont peu fréquentés et les projets immobiliers démesurés. Difficile de faire une opinion dans un pays ou les analystes financiers n’existent pas. Mais je reste admiratif sur la vitesse à laquelle le groupe se développe. J’ai hâte de voir si le groupe réussira son ambition de vendre ses voitures en occident. Ce serait la preuve qu’avec de l’argent et du talent, tout est possible.

Covid au Vietnam : la situation s’améliore

A ce jour, 24 octobre, on recense encore plus de 3000 cas par jour au Vietnam, après avoir dépassé plus de 10.000 cas par jour pendant plus d’un mois. L’épidémie a cependant été principalement contenue à Saigon et la province industrielle limitrophe, celle de Binh Duong.


Lutte contre le covid a saigon, le 6 aout dernier (photo vnexpress)

La seule solution qui s’imposait était la vaccination en masse des habitants. Partant de presque 0 au début juillet, la population est à présent vaccinée à 50% pour une première injection et 20% complètement. C’est encore peu, mais le retard se comble petit à petit.

Hue a été épargné à nouveau par cette nouvelle vague de covid. Des restrictions avaient été mises en place, comme l’interdiction de se baigner dans la rivière des parfums, activité populaire depuis quelques mois.. Les monuments historiques aussi, mais de toute façon, il n’y avait aucun touriste vietnamien. La plupart des mesures ont été levées au début de ce mois. Les écoliers sont retournés à l’école, ce qui est de bon augure. Seuls les espaces publics comme les karaokés, les cinémas sont encore complètement fermés. Les déplacements entre les provinces sont en revanche toujours difficiles, voire impossibles.


Un camion spécialement conçu pour la vaccination a été mis au point au Vietnam (photo vnexpress)

Mais c’est dans le sud que la situation a été très difficile. Le confinement stricte a duré plus de 3 mois. L’absence de résultats positifs a forcé les autorités à interdire aux gens de sortir pour faire les courses. Ce sont les militaires qui se sont chargés de cette tache !

L’image que l’on retiendra de cette tragédie est les 1500 enfants de Saigon qui sont devenus orphelins suite aux décès de leurs parents voire des grand parents, tous ayant été contaminés dans leur logement exigu.

Officiellement, le nombre de décès a dépassé 300 par jour pendant 2 mois.

La face visible du Covid au Vietnam fut la fuite de 1,3 millions de travailleurs du sud vers leurs régions natales au début juillet, lorsque l’activité économique s’est arrêtée. Escortés par la police, ces migrants ont traversé le pays en moto pour ensuite être mis en quarantaine dans leur province. Mais devant les risques « d’exporter » le covid dans les régions, les travailleurs vivant dans le sud ont été sommés de rester sur place. Faute d’épargne, ces familles ont vécu un enfer, mangeant parfois que des nouilles instantanées pendant 2 mois. L’état a fini par leur verser un maigre pactole pour survivre.


Migrants repartant chez eux, roulant parfois plus de 2000 km..(photo vnexpress)

Apres avoir été vacciné et suite au relâchement des restrictions début octobre, ce sont à nouveau des centaines de milliers de gens qui ont fui les 2 régions du sud. Les scènes de début juillet ont à nouveau fait la une dans la presse. Les premiers à fuir sont les migrants sans existence légal et que le gouvernement ne recense pas.

Ces migrations inquiètent au plus haut niveau, d’un point de vue économique cette fois ci. Les usines du sud vont commencer à rouvrir, mais doivent faire face à une hémorragie de personnel. Même si ceux qui sont partis vont sans doute revenir, ce ne sera pas avant le Tet, début février. D’ici la, les entreprises de chaussures, d’électronique, du textile, mais aussi du commerce vont souffrir. Les occidentaux ne sont pas sur d’avoir leurs cadeaux « made in vietnam » au pied du sapin cette année ! Le seul point positif est pour les travailleurs : on peut en effet espérer que les offres de travail soient plus attractives pour les faire revenir…


Mur érigé entre 2 quartiers à saigon, l’un étant plus touché que l’autre par le covid ! Le mur a finalement été enlevé assez vite…(photo vnexpress)

Pour le tourisme enfin, rien de nouveau. Les frontières sont toujours fermées. Pour les français vivant au Vietnam, la France a envoyé des vaccins et il est probable que tous ceux qui le voulaient ont eu leur injection. A Hué, les étrangers ont reçu leur 1er injection il y a 3 semaines.

Hommage au Père Etcharren, missionnaire

Le Père Etcharren est décèdé à Hué ce 21 Septembre 2021.


Le Père Etcharren (au centre) lors de son sacerdoce (voir article en avril 2018)

Apres avoir été ordonné prêtre aux Missions Étrangères de Paris (MEP) à l’age de 25 ans, il arrive comme missionnaire la même année au Sud-Vietnam, 3 ans après le départ des français. Quel accueil les vietnamiens allaient-ils lui faire ? C’était sa grande préoccupation. Finalement, tout se passa bien.. Il apprend le vietnamien puis devient vicaire à Notre Dame de Lavang en 1959. Puis il passe quelques années comme professeur à Hué, d’abord au Collège de la Providence, puis au petit séminaire du diocèse. Il est ensuite nommé curé de Dong-Ha et responsable du district du 17ème parallèle. En 1972, il accompagne les réfugiés de son secteur au camp de Hoa-khanh, près de Da-nang, puis, en 1973, s’occupe de la réimplantation de ces réfugiés dans la province de Binh-tuy.

En 1975, il doit quitter le Vietnam. De retour en France, il s’occupe de l’accueil des réfugiés vietnamiens. Il occupe ensuite différentes fonctions au sein des MEP jusqu’à en devenir le Supérieur Général de 1998 jusqu’en 2010. Il passe ensuite sa retraite à Hué, ou il célèbre 60 années de sacerdoce en 2018 (photo ci dessous, prise à la cathédrale Phu Cam).

Il est enterré au cimetière du Grand Séminaire de Hué. Il repose avec de nombreux missionnaires Français, au milieu de prêtres vietnamiens.

La mosquée indienne de Hué

Pour les quelques Huéens que nous avons interrogés, il s’agit d’un temple hindou.. Mais ce n’est pas un temple, c’est une mosquée construite par et pour des indiens musulmans. Elle est tellement discrète et bien cachée qu’il m’a fallu plusieurs années à Hué pour apprendre son existence. Etonnamment, même Tim Doling n’en parle pas dans son guide pourtant très exhaustif (1) et c’est un petit plan sommaire de la ville, distribué dans quelques hôtels de la ville, qui indique son emplacement !

Elle se situe dans une étroite ruelle au niveau du 120 de la rue Chi Lang, située dans le quartier Gia Hoi, autrefois la partie commerciale de la ville occupée principalement par les chinois.

Grace aux informations collectées aux archives des colonies à Aix en Provence (2), on sait que cette mosquée a été construite en 1921 à la demande des musulmans locaux, une communauté de 35 personnes. La demande de permis de construire a été formulée par des sujets britanniques. Ces musulmans étaient probablement originaires de la région de Madras, au sud de l’inde. On sait en effet que la plupart des musulmans indiens présents en Indochine provenaient de cette région. Ils ont érigé des mosquées non seulement à Saigon, Hanoï et donc hué, mais aussi à Mytho et Tra Vinh. Ils parlaient le Tamoul.

Dans un livre sur Hué, on estime la communauté indienne en 1905 à 10 individus seulement. Les chinois sont estimés la meme année à 450 personnes. La ville à l’époque avait 60.000 habitants.

Dans l’annuaire de l’Indochine de 1925, deux commerces indiens sont signalés à Hué :
KASSIMSSAH, mercerie et divers, rue Paul-Bert.
MOUGAMADOU ISSOUMESAH, marchand d’étoffes, rue Paul-Bert.
La rue Paul Bert est la rue actuelle Trang Hung Dao, et c’était la « nouvelle » rue commerçante de la ville, face au marché Dong Ba.

12 ans plus tard, toujours dans l’annuaire de l’Indochine, on note trace de 2 commerçants indiens:
AVE-MOHAMED ISSOUP, Tissus en gros et demi-gros, au 143 rue Paul Bert et toujours Issoumessah. Ces 2 commerçants font partis de la centaine de personnes ayant le téléphone à cette époque à Hué. On peut donc en déduire que ces indiens étaient des commerçants importants de la ville. Dans un autre ouvrage, on indique que les indiens de Hué faisaient toujours venir leur marchandise de Tourane. Le tissus provenait de Singapour ou de Bombay.

Et quand on interroge les « anciens » de Hué, on nous parle toujours tissus. Ces indiens vendaient des tissus aux motifs uniques, des soieries introuvables ailleurs et toujours à des prix très raisonnables. Près de la mosquée, on nous a parlé aussi d’un vendeur d’épices et de curry. Les indiens de Hué ont-ils fait souche ? on n’a trouvé aucune famille d’origine indienne à Hué. La plupart des indiens sont partis sous la période Diem (1955—1963) et en 1975 pour les derniers. Les restaurants indiens actuels sont des implantations récentes.


La porte du lieu de culte

Sur l’unique carte postale trouvée sur les indiens de Hué, sans doute prise dans les années 20, on voit plutôt un commerce d’objets en argent.

Mais revenons à notre mosquée. A l’époque, le terrain allait jusqu’à la rivière. Apres 1975, les terrains ont été cédés à de nouveaux habitants. Quant à la mosquée elle-même, elle a été vendue à une famille de fonctionnaire qui la possède toujours, mais ne l’habite plus.


On distingue le mihrab, niche creusée dans le mur pour indiquer la Mecque.

Il faut dire que la surface n’est pas très grande, à peine 100 m2 tout compris et pas plus de 50m2 pour les parties habitables. On note de nombreuses colonnes et arches. A l’intérieur, on retrouve toujours le mihrab qui indique la direction de la Mecque. En revanche, pas de trace du bassin pour les ablutions. Pas vraiment non plus de minaret. Le carrelage est superbe, on le retrouve dans de nombreuses constructions de ces années là.

Les photos ont été prises en 2020 ou nous avons eu la chance de pénétrer à l’intérieur sans pour autant rencontrer le propriétaire. La propriété s’est assez dégradée depuis.

(1) Exploring Hue, Tim Doling, disponible au Vietnam
(2) Merci au groupe de recherches mené par Caroline Herbelin pour ses précieuses informations

Les Indiens en Indochine

La présence d’une mosquée indienne à Hué autrefois me donne l’occasion d’évoquer la présence des indiens en Indochine.

Les premiers indiens sont arrivés à la demande des français peu après la conquête de la Cochinchine. Ces indiens, des tamouls, sont venus des territoires français en Inde, principalement de Pondichéry et de Karikal, au sud de l’inde. Ils avaient l’habitude de travailler avec les français, ils parlaient leur langue, ils étaient loyaux. Ils occupaient ainsi des postes subalternes dans l’administration. Leur statut spécifique leur permettait d’obtenir, tout comme les français fonctionnaires, des congés réguliers pour retourner dans leur pays. Certains travailleront aussi comme comptable dans les maisons de commerce de Saigon. Beaucoup plus tard, en 1909, des soldats indiens des territoires français viendront rejoindre les troupes françaises en Indochine.

On croise aussi d’autres indiens à Saigon, et notamment les cochers des « boites d’allumettes » ou « malabars », ces petites carrioles tirées par des chevaux locaux, et qui servent de moyens de transport collectifs.

Mais les plus connus sont les Chettys. Ils sont aussi tamouls, mais hindous. Ils forment la corporation des changeurs d’argent, des préteurs. Ils rendent d’innombrables services à la population locale, y compris les petits fonctionnaires français, car les banques ne prêtent qu’aux riches ! Bien sur, les taux sont proches de l’usure et les chettys, comme les chinois, sont souvent montrés du doigt. On ne les aime pas car leur profits sont renvoyés en Inde et ne profitent pas à la colonie. Certains sont devenus de gros propriétaires fonciers. La face visible de leur richesse est la beauté des processions qu’ils organisent lors des fêtes religieuses.

D’autres tamouls, des musulmans cette fois ci, sont venus aussi en Indochine pour faire du commerce. On les retrouve dans le commerce de l’or, de la bijouterie et surtout du textile. Les vietnamiens produisaient de l’étoffe grossière. Les français fabriquaient localement du tissus en grande quantité, mais ne se souciaient pas du gout des locaux. En revanche, le tissus des indiens avait une excellente réputation : prix, qualité et colories. Certains commerçants ont fait fortune, comme Adbul Aziz à Saigon et Mohamed Said à Hanoi. En 1928, Gilbert Tranh Chanh Chieu appelle au boycott de ces marchands de tissus indien, tout en incitant les vietnamiens à faire mieux. En vain.

Combien sont-ils en Indochine ? en 1910, on estime leur nombre à 1000. En 1937, on parle de 6000 indiens dont 1000 ou 2000 issus des territoires français. 1000 seraient musulmans. Comme on le voit, leur présence n’est pas considérable. Ils ont un avantage non négligeable par rapport aux locaux, c’est le droit de pouvoir circuler et de commercer librement partout.

Les indiens sont considérés comme de très bons commerçants, courtois, discrets, honnêtes. Mais on leur reproche de n’être « que de passage ». Ils sont solidaires entre eux, au sein de leur communauté. Ils se marient surtout entre eux. Les plus riches peuvent avoir une famille en Inde et une autre en Indochine. Les enfants sont éduqués en Inde et viennent en Indochine pour développer les affaires familiales.

Au départ des français, la situation des indiens est moins favorable avec le gouvernement Diem. Malgré une stricte neutralité, les indiens sont perçus par la population locale comme les « collaborateurs » des français puis des américains. Apres 1975, ils devront quitter le pays, comme tous les étrangers. Ceux qui viennent des anciens comptoirs français pourront partir librement en France, comme Français ou comme refugiés suivant leur statut.


Mosquee indienne à Saigon

Sources : gallica et des articles trouvés sur internet. Il ne semble pas exister d’ouvrages complets sur ce sujet. Cela pourrait faire l’objet d’une thèse intéressante.