Renaissance de la stèle du Transindochinois de 1936 !

Ce n’est pas tous les jours qu’une stèle mise en place par les français retrouve sa place ! Il fallait avoir les yeux bien ouverts pour découvrir cette information parue fin juillet 2025 dans la presse vietnamienne.


La nouvelle stèle (source internet)

La stèle d’origine a été érigée fin 1936 pour célébrer la jonction entre la voie ferrée de Hanoi, au Nord, et celle de Saigon, au Sud. Entre les 2 villes, un ruban d’acier de 1728 km. Si on ajoute la ligne pour aller au Yunnan en Chine et celle entre Saigon et Mytho, c’était plus de 2567 km de chemins de fer. La stèle est installée à coté de la gare Hao Son au kilomètre 1221, à environ 25km au sud de Tuy Hoa (1)

On doit cette ligne à Paul Doumer, gouverneur de l’Indochine entre 1897 et 1902. Le projet de chemin de fer avait émergé quelques années avant mais c’est grâce à sa ténacité, son aura que les credits pour ce chemin de fer ont pu être obtenus.


La stele d’origine (source internet- ebay)

C’est d’abord la Chine qui fit rêver les français. On espère faire passer par l’Indochine les marchandises de la Chine du sud et développer un courant d’échange impossible à mener par le Mékong ou le fleuve rouge. Vaste chimère.. Travail titanesque, la ligne du Yunnan est construite entre 1903 et 1909 et fait l’objet d’une concession à une société privée.

La ligne vers Saigon est imaginée plus classiquement pour développer les différents pays de l’Indochine, à une époque ou le transport routier n’existe pas encore. Il faut en effet imaginer qu’à l’époque, il n’existe que le transport maritime, le long de la « côte de fer » pleine de dangers, et la route Mandarine, simple voie accessible aux chevaux et chaises à porteurs, construite le plus souvent en suivant le relief, sans l’atténuer.


Dépliant promotionnel du temps de l’Indochine française (source ebay)

Pour cette dernière ligne, on préfère confier les études à l’administration et organiser des appels d’offres locaux pour la réalisation, tronçons par tronçons. La gestion de la ligne restera aux mains de l’administration. Tout l’équipement ferroviaire est importé.


Carte de réseau réalisé et projeté en 1922 (source = la vie industrielle, site belleindochine.free.fr)

La ligne Hanoi – Saigon suit plus ou moins le tracé de la route Mandarine, l’objectif étant de développer l’activité des ports le long de la côte et de bénéficier du flux de marchandises amenées par les fleuves transversaux. Il est prévu, par la suite, de prolonger la ligne vers le Laos, mais les projets de train ont été remplacés par des axes routiers, plus facile à mettre en place.


Cérémonie en présence de Bao Dai et du gouverneur Robin (source https://www.entreprises-coloniales.fr/inde-et-indochine.html)

Les travaux sont un défi technique. Les typhons, les crues extrêmement fortes, le paysage escarpé, les éperons rocheux vers la mer, la largeur des fleuves à traverser impliquent des chantiers colossaux. Sans compter l’insalubrité des lieux.. Sur le dernier tronçon, on compte 260 ouvrages d’art pour 100 kilomètres ! Parmi les plus impressionnants, on pense bien sur au Pont Doumer-Long Bien à Hanoi (1681m de longueur, achevé en 1902), et celui de Ham Rong, à Thanh Hoa, détruit en 1945. De nombreux bâtiments d’origine ont été détruits pendant la guerre, mais certaines gares d’autrefois existent toujours, comme la gare de Hué, de Haiphong, sans oublier bien sur la superbe gare de Dalat. La gare de Hanoi a été détruite en 1972.

La construction de la ligne se fait par étapes, et prendra plusieurs décennies ! C’est d’abord le tronçon Hanoi-Vinh en 1904, puis celui de Hué vers Tourane en 1906. Le manque de fonds, puis la 1er guerre mondiale ralentit la poursuite de la ligne. Vinh est finalement relié à Dong Ha en 1927. Le dernier tronçon, entre Tourane (Danang) et Nha Trang est entrepris à partir de 1931. Elle a longtemps été réclamée par les planteurs d’hévéas au sud qui espèrent ainsi obtenir des mouvements de population entre le nord, surpeuplé, et le sud, en besoin de main d’œuvre… L’œuvre initié par Paul Doumer est finalisée fin 1936.

La jonction fait l’objet de plusieurs commémorations en 1936. L’empereur Bao Dai et René Robin, le gouverneur de l’Indochine, président les cérémonies du mois d’octobre. Une importante délégation venue de Chine y participe. Les invités sont ensuite invités à découvrir le tunnel sous le cap Varela, un ouvrage exceptionnel de 1200 mètres.
De nombreuses fêtes se tiennent à Saigon par la suite.


Couverture du journal « le Populaire d’Indochine » du 3 octobre 1936 (source gallica)

Sur la stèle, on peut lire « Ici, le chemin de fer Transindochinois conçu par Paul Doumer pour sceller l’unité indochinoise fut achevé le 2 septembre 1936 par la jonction du rail venant de la frontière de la Chine avec le rail venant de Saigon ».

La nouvelle stèle est identique à la précédente, en français et en vietnamien. Paul Doumer fut un grand gouverneur et a initié de nombreux projets favorables à l’Indochine. La France a ainsi financé et construit les infrastructures essentielles du pays, dont certaines, comme le chemin de fer, sont toujours utilisées aujourd’hui. Au delà des grands travaux, il fut à l’origine de la première université de Hanoi, de l’école de médecine, de l’EFEO.. Mais il est aussi celui qui centralisa toutes les décisions et considéra le Tonkin et l’Annam comme des colonies plutôt que des protectorats, au mépris des traités..

La faiblesse de l’activité économique et l’essor de l’automobile rendra difficile l’équilibre financier du Transindochinois. Seules certaines portions de la ligne sont bénéficiaires. Il existe 4 classes tarifaires. On parie d’abord sur la clientèle aisée. Mais à partir des années 20, cette clientèle déserte progressivement le train pour la voiture. On compte ensuite sur le tourisme, mais il est bien maigre à cette époque. Au milieu des années 30, on finit par baisser fortement le prix de la 4eme classe, pour les gens du peuple (et interdit aux occidentaux). Cela fonctionne et conduit à une forte augmentation de la fréquentation. Les locaux utilisent en effet le train pour vendre leurs marchandises à la ville la plus proche.

Hélas la ligne complète du chemin de fer ne fonctionnera pas longtemps. L’occupation japonaise durant la seconde guerre mondiale va détourner une bonne partie du trafic à des fins militaires. A partir de 1944, les américains vont copieusement bombarder les infrastructures. A partir de 1946, le vietminh puis le Viêt-Cong provoquent de nombreuses attaques et embuscades contre les trains et les rails. Tous les ouvrages d’art finissent par être détruits et la ligne rendue inutilisable.


Le pont Ham Rong, près de Thanh Hoa, détruit en 1945 par le Viet Minh

Apres 1975, le train est remis en service, c’est le « train de la réunification », symbole d’un pays en renaissance. Il faudra plusieurs décennies pour reconstruire les ouvrages d’art. Il faudra attendre les années 90 pour retrouver un train digne de ce nom, avec des locomotives modernes (venues de Roumanie pour certaines) et des gares remises à neuf. Pour autant, rien n’a vraiment changé : le tracé est toujours le même, la voie est toujours étroite et unique, les passages à niveaux sont encore manuels en ville… La seule chose qui est disparu ces 20 dernières années, ce sont les vendeuses ambulantes sur les quais de gare. Elles n’ont plus le droit de cité.. l’ambiance s’en ressent. Coté vitesse, cela ne dépasse pas 50km/ heure et il faut 33 heures pour le train le plus rapide pour rallier Hanoi à Saigon, contre 40 heures autrefois.. De fait, l’avion a pris le relais et le pays compte aujourd’hui plus de 22 aéroports actifs!

A titre personnel, j’ai expérimenté un déraillement sans conséquence il y a quelques années, le long du col des nuages. Comme les incidents à cet endroit sont nombreux, un train de secours est positionné en permanence en bas du col, vers Danang. Il intervient donc sur la zone très rapidement avec, à son bord, le personnel et le matériel adéquat pour faire face à tout type de panne. Lors de l’incident, les passagers étaient autorisés à descendre le long de la voie, car la voie unique est sans danger. Moins d’une heure après le déraillement, nous étions repartis.. heureux pays !


Train de la réunification, date et lieu inconnus, source documentaire vietnamien

Mais tout cela pourrait changer dans les années qui viennent. Le Vietnam a décidé la construction d’une nouvelle ligne à grande vitesse. Sa construction devrait démarrer en 2026. Le tracé suivra toujours la cote, mais les arrêts se feront dans de nouvelles gares, à l’extérieur des villes. Cette ligne servira aussi pour le fret et sera construite par des entreprises vietnamiennes. L’objectif est de rallier les 2 capitales en moins de 6 heures avec des pointes à 350km / heure !

Le Vietnam lance ainsi son projet alors que la Chine a beaucoup misé sur le rail ces dernières années dans le cadre de la « route de la soie ». Un train rapide a été construit entre le Yunnan et Ventiane au Laos. Les chinois ambitionnent de prolonger ce train vers la Thaïlande jusqu’à Bangkok et peut être un jour vers Singapour.

De nos jours, le tourisme reste l’un des moyens de maintenir une certaine attractivité au train vietnamien. Des wagons sont privatisés pour offrir à la clientèle aisée un confort plus luxueux. C’est notamment le cas entre Saigon et Nha Trang ou entre Hanoi et Lao Cai.

Les nostalgiques pourront aussi bientôt retrouver un train à vapeur entre Hué et Danang !
Cela promet des photos magnifiques au col des nuages !


Train à vapeur en 1997! source= page fb spécialisée sur les trains au Viêtnam, https://www.facebook.com/NhaGaXep/

(1) : 12°54’23.19″N / 109°22’40.67″E

Le secret des autocuiseurs à riz !

Apres 14 ans au Viêtnam, je reste fasciné par l’autocuiseur à riz (1), appareil présent dans toutes les familles asiatique. On s’en doute, il sert à cuire le riz, base de l’alimentation ici, mais penser qu’il ne sert qu’à ça est une grosse erreur. En réalité, il sert pour toutes les cuissons à base d’eau bouillante. Idéal donc pour les soupes maison. On peut aussi faire cuire les patates, la ratatouille, le curry… Pour la cuisson à la vapeur, rien de plus simple. On dispose le petit panier fourni en haut de la cuve pour y mettre les legumes ou les beignets vapeur, et on pourra donc les cuire en meme temps que la soupe. On peut aussi s’en servir pour réchauffer plutôt que cuire, il suffit de jouer avec l’interrupteur ou les fonctions électroniques proposées.

C’est donc un outil 2 en 1 fort pratique et tellement simple à utiliser.


Adorable petit autocuiseur à riz de la marque Téfal, vendu 25 euros à Hué…(traduction de l’annonce « marque française, leader mondial des articles électroménagers »)

Mais je me suis toujours demandé comment il pouvait cuire le riz, sa fonction premiere, et s’arréter automatiquement dès la cuisson terminée ? Un mystère que je viens de lever grace à un article du journal Le Monde (2).

« En effet, la cuisson s’interrompt dès que tout le liquide a été absorbé, que l’on cuise deux, trois ou quatre mesures de riz. Or, aucune sonde ne contrôle l’humidité résiduelle. Le moyen employé est un trésor d’ingénierie. Le fond de l’appareil se compose d’une résistance chauffante au centre de laquelle on trouve un cylindre monté sur ressort, qui s’enfonce lorsqu’on y pose la cuve amovible. [..]. Lors de la cuisson, et tant qu’il reste de l’eau à l’état liquide, la température ne dépasse pas 100° [..]. Mais quand tout le liquide a été absorbé, la température va rapidement grimper. L’appareil interrompt alors la cuisson. Et cela sans aucun thermostat. Comment est-ce possible ? Eh bien, le cylindre est connecté à un aimant relié à une tige métallique qui commande l’interrupteur. Cet aimant est composé d’un matériau ferromagnétique, qui perd son aimantation permanente lorsqu’il atteint une certaine température définie par le fabricant (un phénomène nommé point de Curie). Durant la cuisson, la température demeure en dessous de ce point, et l’aimant reste accroché au cylindre. Mais lorsqu’elle atteint le point de Curie, l’aimant perd subitement son aimantation et tombe au fond de l’appareil, ce qui coupe le circuit.

Tous les modèles fonctionnent de la même manière : le bol antiadhésif est chauffé par la résistance en forme de disque située au fond de la cuve. »

Ce procédé extrêmement simple permet d’offrir des appareils à moins de 20 euros.. C’est tout simplement génial ! Merci à la science et au physicien Français Pierre Curie qui a découvert cette caractéristique en 1895 !

(1) voir mon article paru en 2018: https://blogparishue.fr/vive-lautocuiseur-a-riz/
(2) « Les meilleurs cuiseurs à riz », article publié le 17 février 2025 dans le journal Le Monde
https://www.lemonde.fr/guides-d-achat/article/2025/02/17/les-meilleurs-cuiseurs-a-riz_6551215_5306571.html?origin=HPcarrousel&lmd_medium=blocservice&lmd_campaign=services_guides-achat_lmfr&lmd_creation=ricecooker

L’arbre du Tet, le « cay neu »

Cay neu signifie « sommet de l’arbre ». C’est une tradition qui s’etendait autrefois dans tout le Viêtnam, comme en témoignent les témoins du temps passé, comme Jean Koffler. Ce missionnaire a eu la chance de vivre quelques années à Hué a une époque ou aucun occidental ne résidait. Ce privilège lui était accordé car il était médecin du Seigneur Vo Vuong, qui a régné au centre Viêtnam de 1736 à 1763.


Dressage du cay neu dans la citadelle (photo journal Lao Dong)

Dans ses mémoires, il écrit, à propos du Tet à Hué : « de grandes perches sont élevées devant les portes du palais royal et de toutes les habitations. Tout en haut sont placés des rameaux verts réunis en faisceau []. Les païens ajoutent certains ornements comme par exemple des papiers légèrement teintés d’or ou d’argent [pour mettre en fuite les démons], une poignée de paille et une petite corbeille dans laquelle ils déposent quelque menue monnaie pour acheter au ciel le bonheur qu’ils désirent. Cette démonstration solennelle ne manque pas d’actes superstitieux. Ils doivent en effet lever et abaisser les perches à certaines heures déterminées, ainsi ils présagent de la bonne ou de la mauvaise fortune que leur portera l’année nouvelle. Si, par hasard, l’une des perches est abattue par le vent ou par toute autre cause, ils sont persuadés, sans qu’il soit possible de les détromper, que cette année sera fatale à quelqu’un de la maison ou de la famille. »


Le transport du bambou n’est pas la chose la plus simple à faire.. (photo television TRT)

Depuis quelques années, la cérémonie du « cay neu » est remis à l’honneur par les responsables de la citadelle. Dix jours environ avant le Tet, un immense bambou est coupé puis amené à la citadelle, pour être dressé devant l’un des bâtiments symboliques de l’ancienne capitale. Pour être valable, le bambou doit être plus élevé que le plus haut bâtiment de la propriété, ici la citadelle.

C’est une très belle cérémonie haute en couleur.

Notre amie Kim Lan organise aussi chez elle cette cérémonie et y convie ses amis.
Le protocole est strictement respecté, avec l’aide de moines bouddhistes pour les invocations et les offrandes.


Preparation de la cérémonie


Lors de l’abaissement du mat, les nombreux invités veulent à tout prix toucher l’étendart pour s’attirer à soi richesses et bonnes fortunes pour la nouvelle année..

Les superstitions sont encore très présentes à Hué et ce n’est pas juste du folklore..

Bonne fête du Têt à Hué!

Et nous voici dans l’année du Serpent!


Décorations du Têt le long de la rivière des parfums, sur l’esplanade de l’ancien monument aux morts (photo internet)


Affluence des grands jours pour se promener dans les jardins de la ville!

Et avant le jour du Tet, nous avons eu de magnifiques marchés aux fleurs..


les bougainvilliers..

A Hué, le Tet n’est pas la période la plus favorable pour la végétation.. il pleut beaucoup à cette période, les journées peuvent être fraiches. Les arbres, comme les frangipaniers, les flamboyants ou les bougainvilliers ne sont pas encore en fleur.


Seances de photos pour les vietnamiens.. ils adorent se prendre en photo!

Alors l’arrivée des fleurs du Tet un peu partout en ville met du baume au cœur et illumine nos déplacements. Elles arrivent une dizaine de jours avant le Tet.

Il y a quelques années, on retrouvait surtout des chrysanthèmes jaunes, qui sont cultivés tout autour de la ville. Ils sont vendus par paire, environ 500kvnd, soit 10 euros pièce. Le plus difficile pour les fermiers est d’arriver sur les marchés avec des fleurs peu ouvertes. Dans les campagnes, on surveille au quotidien le temps qu’il fait, et on allume des lampes la nuit si besoin pour accélérer le développement. C’est tout un art !

Depuis quelques années, on voit aussi d’autres fleurs orner les marchés. Les mandariniers viennent en général du nord Viêtnam. On ne mange pas les fruits, qui sont aspergés de produits chimiques. Mais c’est beau à voir !

On retrouve aussi des bougainvilliers multi couleurs. A force de boutures et de croisements, on arrive à obtenir des arbustes incroyables..

On peut aussi voir des orchidées, de véritables œuvres d’art.

D’un point de vue touristique, le Tet constitue une période atypique. Les vietnamiens sont surexcités à l’approche de l’évenement, achetant quantités de produits alimentaires. On nettoie la maison de fonds en comble. On repeint le mur d’enceinte. On paye ses dettes. Bien évidemment aussi, comme il s’agit d’une fete familiale, on prépare et execute de nombreuses cérémonies dédiées aux ancêtres. Avant le Tet pour les accueillir, puis après le Tet pour leur dire au revoir. Tous les enfants reviennent au domicile de leurs parents pour se réunir. C’est la seule fois de l’année ou cela se produit.


Nettoyage des objets servant au culte des ancêtres..


Les pagodes sont aussi richement décorées..

De nos jours, meme si la plupart des commerces s’arréte au moment du Tet, les touristes peuvent toujours compter sur quelques restaurants ou boutiques toujours ouvertes. Les prix sont un peu plus cher, mais cela reste raisonnable. Les vietnamiens sont très accueillants aussi à ce moment là, et seront heureux de trinquer avec vous.


Decoration d’une maison particulière.. les habitants prennent beaucoup de temps a embellir leur maison.

La vie se ralentit donc quelques jours puis reprend à grande vitesse ensuite, chacun devant repartir chez soi. C’est donc la grande transhumance, à moto et de plus en plus en voiture. Il vaut mieux éviter d’etre sur les routes à ce moment là, car les accidents sont nombreux.

Pour les amateurs de photos, les décorations du Tet sont un formidable terrain de jeux.


Les fleurs en papier, qui viennent décorer l’autel des ancêtres, et les gateaux de riz pour le Tet…

Les biscuits LU, star des épiceries pour le TET

Quand on fait ses courses dans les supermarchés vietnamiens, n’est ce pas formidable de voir des pyramides (ou plutôt des tours Eiffel..) de boites de gateaux LU, l’un de nos symboles nationaux ?

Les boites de gateaux sont un énorme marché au moment du Tet, car les vietnamiens ont pris l’habitude d’offrir des gateaux aux gens à qui ils rendent visite mais aussi, et surtout, de disposer les boites au pied des autels des ancêtres..

Les gateaux Danisa (censés être des gateaux danois) ont longtemps régné en maitre sur ce marché, mais depuis peu, de nombreux challengers tentent leurs chances, dont Lu..

Hélas, à y regarder de plus près, notre fierté nationale en prend un coup !

D’abord, Lu n’est plus une marque française. Elle appartient à une multinationale américaine, le groupe Mondelez, coté au Nasdaq… Lu côtoie ainsi, au sein de ce groupe, d’autres marques très connues, comme Oreo, Toblerone, Milka ou meme Cote d’Or..

Ensuite les gateaux ne sont pas fabriqués par des usines françaises, mais par un fabricant local 100% vietnamien.

Le pire, c’est que les biscuits sont simplement faits sur la base de « recettes françaises ». A la dégustation, je retrouve bien le style des gateaux… vietnamiens ! Et on y découvre qu’il y a 25% de sucre!

Sur certaines publicités, on parle de « beurre Français », mais sur la boite elle-même, on parle simplement de « beurre », au coté de nombreux additifs, colorants, d’huile de palme, et de « compoud », c’est-à-dire de produits recomposés, comme le chocolat.. Cette confusion serait interdite sur de nombreux marchés, notamment aux Usa. J‘imagine que nos gateaux Lu ne sont que pour le marché vietnamien..

Bref, et on l’aura compris, c’est l’image de la France qu’on cherche à véhiculer à travers ces gateaux, pas les gateaux eux meme… A 4 euros la boite de 310 grammes, ce qui est très cher pour le Viêtnam, on se dit que les dividendes des actionnaires de Mondelez doivent être assez généreux…

Mais bon, si l’image de la France peut encore faire vendre, c’est un moindre mal…

Voir aussi cette video commerciale pour les biscuits Lu:
‘https://www.youtube.com/watch?v=u9h48L_9n9g