Catégorie «Indochine»

Le film « Indochine » enfin sur les écrans vietnamiens

25 ans après sa sortie en France, le film Indochine arrive sur les écrans vietnamiens ! Catherine Deneuve et Régis Wargnier, le réalisateur, sont venus en personne célébrer cet événement à Hanoi. La version magnifiquement restaurée du film est projetée depuis le 4 novembre dernier dans quelques cinémas du pays…


L’affiche du film, à Hanoi.

Nous sommes donc allés assister à la projection de ce film culte à l’Espace, le centre culturel français de Hanoi. La salle était pleine, la plupart des spectateurs étaient vietnamiens. Différences culturelles obliges, on ne rie pas des mêmes choses. En revanche, l’émotion était palpable des deux cotés. Et à la fin, on a tous applaudi !

Cette projection intervient alors qu’on annonce le tournage d’un long métrage au Vietnam en 2017 avec Gerard Depardieu. Le film « les confins du monde » racontera l’histoire, débutant en 1945, d’un vietnamien qui deviendra un héros révolutionnaire au nord Vietnam, l’ancien Tonkin.

Maison mandarinale à Hoi An

Ce ne sont pas les belles maisons anciennes qui manquent à Hoi An, mais les maisons disposant d’un grand jardin sont plus rares et font l’objet d’une intense convoitise.. Cette maison mandarinale est située au 129 Phan Chau Trinh, non loin du centre historique. Elle était occupée jusqu’à présent par une boutique de brocante « bric et broc » gérée par des français. Elle vient d’être vendue et sera détruite prochainement… Tous les arbres du jardin ont été coupés, ce qui offre le seul avantage de pouvoir prendre des photos de la maison dans toute sa longueur..

Voici quelques photos pour rendre hommage à ces maisons d’autrefois.


Cette maison est typique des années 20/30.

L’intérieur vaut le coup d’œil ! La cheminée rappelle que les temperatures peuvent être fraîches en hiver…


Le carrelage..

Les vertiges de l’immobilier…

Les touristes pensent que tout est bon marché au Vietnam … En se promenant dans les centres historiques des villes, peu s’imagine passer devant des maisons qui valent plusieurs millions de dollars. Et pourtant !

Voici quelques exemples de prix relevés à Hué, simple ville de 300.000 habitants et plutôt pas très riche si on la compare à d’autres villes du Vietnam…

J’ai volontairement choisi des exemples de maisons anciennes, construites durant la période coloniale ou juste après. Mais qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas la maison qui a de la valeur, mais le terrain. Toutes ces maisons seront détruites pour laisser place à des immeubles, c’est le seul moyen d’amortir l’investissement. Les maisons elle mêmes sont sans grand confort (en général aucun changement n’ayant été apporté depuis la construction) et surtout trop petite, car sans étages.

Cette maison est la seule maison privée « coloniale » ayant encore un terrain respectable sur la rue Le Loi (autrefois rue Jules Ferry), en plein cœur du quartier touristique et face à la rivière des Parfums. Elle appartient à la famille d’un ingénieur agronome vietnamien qui eut des responsabilités importantes du temps des français au service de l’agriculture et de la foret. Il fit construire cette maison en 1936. Dans le jardin, des cacaoyers furent plantés pour tester leur acclimatation. Les arbres ont été perdus depuis. En revanche, la cheminée est l’une des dernières encore en service à Hué.


Détail du carrelage à l’entrée de la maison

Cette maison était en vente depuis plusieurs années et s’est finalement vendue pour 3 millions de dollars pour un terrain de 1000 m2 environ. Elle sera démolie d’ici peu. (Note de l’auteur: maison démolie en juin 2016)

Cette autre maison est située dans la rue Ly Thuong Kiet, autrefois rue Chaigneau, une avenue très large, encore en centre ville. Elle appartient à la même famille vietnamienne depuis sa construction, un entrepreneur de construction publique qui possédait aussi un atelier de fabrication de meubles. La propriété fait environ 600m2 et a été vendue 1,8 million de dollars. Cette rue est très prisée des banques et la maison sera détruite pour laisser place à un immeuble de bureaux. Il y avait autrefois de nombreuses villas coloniales dans cette rue et les fameux magasins Chaffangon. Heureusement, il en reste encore quelques une… (Note de l’auteur: maison démolie en mai 2016)>

Un peu plus loin du centre ville, dans la rue Tran Phu. Cette maison est à vendre 900.000 dollars pour 1400 m2. Maison traditionnelle avec, derrière, la cuisine, séparée du bâtiment principal par une cours. Le jardin est grand, mais l’environnement est ordinaire. Au fond du jardin, on peut profiter d’un peu de tranquillité.. La propriété était plus grande à l’origine, mais a fait l’objet de « saucissonnage » depuis quelques années ..(Note de l’auteur: maison démolie en déc 2016)

La célèbre maison jardin An Hien sur la route de la pagode Tien Mu est elle aussi en vente. C’est la seule maison jardin ouverte toute l’année à la visite. Le terrain est d’environ 4500 m2 et son prix est de 75 milliards de Dong, soit 3,1 millions d’euros (base 24000 Dongs pour 1 euro). A ce prix, vous avez un superbe bâtiment historique visité par au moins 200 visiteurs par jour (prix d’entree 1 usd). La propriétaire est une vieille dame franco vietnamienne.


La maison jardin An Hien

Pourquoi des prix aussi hauts ?
D’abord parce qu’il est rare aujourd’hui de pouvoir acheter de grands terrains propices à la construction d’immeubles. La parcellisation des terrains génère des terrains « ordinaires » de 3*12m, soir 36 mètres en général, trop petit pour faire des bureaux ou de grandes maisons.

Ensuite parce le pays est très peuplé et que le rêve de tout vietnamien est d’accéder rapidement à la propriété. On loue peu au Vietnam, on essaye toujours d’acheter, même petit… Dans l’ordre d’importance des choses, les vietnamiens doivent trouver un travail, se marier, avoir des enfants, acheter une maison. Investir dans leur outil de travail n’a jamais été un objectif, mais avoir un bien à soi, ça, c’est une obsession. Il faut dire aussi que sans bien à soi, les couples sont obligés de vivre chez leur parent, ce qui n’est pas très pratique.

Enfin, on ajoutera qu’il y a beaucoup d’argent au Vietnam et que cet argent fait monter les prix. Les étrangers ne peuvent pas acheter en direct (même si les choses s’adoucissent), mais les vietnamiens de l’étranger contribuent aussi à la hausse. Il y a beaucoup de gens riches au Vietnam et il y a peu d’investissements productifs. Alors on investit dans l’immobilier. Pour beaucoup, construire un hôtel est un bon moyen de se garantir des revenus pour la retraite.

De fait, les centres villes sont hors de prix, mais les prix redescendent dès qu’on s’en écarte, sans être aussi bas néanmoins que dans les campagnes françaises…

Rappelons qu’au Vietnam les salaires sont faibles..Le salaire médian mensuel doit être inférieur à 3 ou 4 millions de dongs, soit 150 euros. Je vous laisse calculer le nombre de vies nécessaire à l’acquisition d’un tel bien…

Faut il pleurer la destruction de ces maisons ? oui, bien sur, pour le plaisir des yeux. Ces maison contribuent au charme du Vietnam, surtout pour nous, français. Toutes ces maisons ont une histoire. Pour autant, qui voudrait habiter dans ces maisons aujourd’hui ? le Vietnam est tellement bruyant qu’il est impossible de profiter du jardin ou de vivre les fenêtres ouvertes. La poussière est permanente, et ces maisons sont trop petites pour le confort moderne.. Ne vaut il pas mieux reconstruire une maison de style coloniale dans un coin tranquille ?

L’Indochine en dessins…

Les dessins en couleur réalisés du temps de l’Indochine ne sont pas si nombreux pour qu’on les laisse dans l’ombre… C’est le Vietnam d’autrefois qui re-apparait pour notre plus grand plaisir.


Tireur de pousse faisant la sieste..

Ces dessins proviennent de l’école d’art de Gia Dinh (Saigon) et ont été publies en 1935 dans un ouvrage intitulé « Monographie dessinée de l’Indochine ». J’ai découvert pour la première fois cet ouvrage à Saigon lors d’une exposition organisée en 2007 avec le soutien de la France. Mais impossible de trouver la bibliothèque qui possédait ce précieux document.. Depuis, cet ouvrage fait courir tous les amateurs de l’Indochine. Jusqu’à la mise en ligne récente des dessins par un heureux amateur qui a pu consulter l’ouvrage dans une célèbre librairie à Paris. D’après lui, il existerait 8 portfolios comprenant chacun 40 dessins. Les 40 planches présentées en ligne sont déjà un trésor.

Les français ont créé aux environs de Saigon l’école de Bien Hoa en 1903, spécialisée sur le travail du bronze et de la céramique, l’école de Thu Dau Mot en 1911, dédiée au travail du bois. Toutes les deux sont des écoles de premier dégrée, des écoles techniques. Celle de Gia Dinh est créé en 1913 et a pour vocation de former des professeurs de dessins. La célèbre école des Beaux Arts de Hanoi fut créé bien plus tard, en 1924.

Vous trouverez l’intégralité de ces dessins sur le site: http://www.echronics.com/index.php/fr/photographie/ads-publication/177-monographie-dessin-indochine-university-fine-arts-hcmc#!prettyPhoto

Voici quelques extraits:


Le bain


Fumeur d’opium


Pharmacie traditionnelle

Vente aux enchères sur l’Indochine à Drouot

Le 23 mai prochain aura lieu une vente aux enchères à Drouot consacrée entièrement à l’Indochine. L’exposition publique aura lieu le samedi 21 mai et le 23 au matin.


Le pont tournant de Saigon et l’arroyo chinois (Illustration du dossier de présentation)


Ci joint le dossier de présentation de la vente.
VenteIndochineHD

Un catalogue sera publié.

Un courrier mémorable de 1933 !

Les vietnamiens, aujourd’hui comme hier, excellent dans l’art de le prose lorsqu’il s’agit de politesse.. La plainte qui suit a été envoyée en 1933 au gouverneur de la province suite à un regrettable incident de chasse où quelques plombs sont venus tuer le brave petit chat du signataire de la plainte…

La scène se passe à Ban Me Thuot, situé sur les haut plateaux du centre Vietnam. A l’époque de l’Indochine, cette province fut l’une des régions les moins fréquentées, car difficile d’accès et peuplée de tribus « sauvages ». L’émetteur de la plainte est un « Rhadé », pour qui les gongs (instrument de musique), les jarres ( pour l’alcool de riz..) et les buffles constituent les principales richesses matérielles…

Ce courrier a été transmis par la famille du « fautif », haut fonctionnaire de l’Indochine à l’époque. L’intitule du document  » plainte imaginaire d’un rhadé dont j’avais tué par mégarde le chat  » laisse peu de doute sur l’issue de la requête…
Bonne lecture !