Catégorie «Indochine»

Une jolie canne en bambou ouvragée…

Voila un bel objet comme on aimerait en voir plus souvent: une canne en bambou dont le pommeau est habilement travaillé. Cette canne a été acquise au tout début du siècle dernier par un compatriote lors d’un séjour à Saigon. Le motif est traditionnel: un dragon à 4 griffes entouré de nuages stylisés. Et, sur la partie supérieure du pommeau, le caractère chinois (la langue des lettrés) du bonheur, « Phúc » en vietnamien. Merci à Eugène Vandebeulque d’avoir partagé avec nous ce souvenir de famille.

La belle vie en Indochine : la naissance de la plantation de Suzannah

C’est en 1897 qu’arrivèrent en Indochine les premiers plans d’Hévéa Brasiliensis. Les graines furent distribuées à quelques colons et au fameux docteur Yersin. Et l’on doit au docteur Belland la création de la première plantation privée de la Cochinchine, à Phu Nhan, aujourd’hui quartier de la ville de Saigon. C’est à lui que l’on doit l’engouement pour l’hévéas, car ses arbres donnèrent après 7 ans de mises en culture un latex qui valait de l’or sur les marchés.


« L’usine » de Suzannah en 1926

Mais la première grande plantation d’Indochine fut créé sous l’impulsion de Monsieur Cazeau, alors directeur des chemins de fer Saigon – Mytho. La création de la ligne de chemin de fer entre Saigon et Phan thiet, prémisse du Transindochinois, facilita l’accès aux fameuses terres rouges, si propices aux hévéas. En 1905, Monsieur Cazeau constitua alors une société d’études sur des terres situées à 70 km de Saigon, le long de la ligne de chemin de fer. Là, il planta les premiers arbres et d’autres variétés. Moins de 2 ans après, la ferme expérimentale laissa place à ce qui allait devenir une immense plantation dédiée exclusivement à la monoculture de l’hévéas : la plantation Suzannah.


La plantation, en 1926

Comment financer une plantation de 3200 hectares ?

La concession obtenue est immense : 3200 hectares ! En 1910, une société anonyme est créée. Malgré l’importance des besoins en capitaux, ceux-ci sont fournis en totalité localement. La flambée des prix du caoutchouc en 1910 a du facilement convaincre la bonne société coloniale locale. Des fonctionnaires, des commerçants, des professions libérale de Saigon y souscrivent à titre personnel. Mais l’essentiel des capitaux sera fourni par les Missions Etrangères de Paris (MEP).

Arnaud de Vogüé, directeur de la plantation dans les années 30, écrit dans ses souvenirs : « Avec leur souscription, les Missions étrangères apportaient également, ce qui était au moins aussi important, une caution morale particulièrement appréciable pour l’entreprise naissante. La réputation et le prestige — dans le domaine des affaires principalement immobilières — qu’elles s’étaient acquises à travers tout l’Extrême-Orient à l’époque, principalement à Shanghaï, avaient atteint un degré qu’on a peine à imaginer aujourd’hui.
Gestionnaires avisés d’un patrimoine qu’elles avaient, au fil des années patiemment constitué dans nombre de grandes villes asiatiques, de Singapour à Pékin, les Missions étrangères, on le savait, n’avaient pas coutume d’aventurer leurs capitaux au hasard. Leur nom, associé financièrement à une entreprise, quelle qu’elle fût, constituait à lui seul une garantie : si les Missions « en étaient », l’entreprise méritait qu’on lui fit confiance. »


Le marché annamite au sein de la plantation

Le nom « Suzannah »

La fille de Monsieur Cazeau s’appelait Suzanne et le nom fut « américanisé » pour rester dans l’air du temps … Nom qui allait être porté très haut dans les décennies qui suivirent grâce à la notoriété de la plantation..

Le rôle bien utile des Missions Etrangères de Paris

Posséder des terres, c’est bien, mais pour les mettre en valeur, encore faut il avoir du personnel. Les minorités ethniques qui vivaient la n’étaient pas suffisantes. Il fallait faire venir des « indigènes » des autres régions.

Arnaud de Vogue précise:
« Par l’effet des sollicitations du R.P. Artif [MEP] une communauté de catholiques de l’Annam du Sud accepta de venir s’installer sur place. Une véritable paroisse fut créée à leur intention avec un curé autochtone et un petit groupe de bonnes sœurs, mi-partie indigènes, mi-partie d’origine européenne. Une église en pierre fut construite tout à proximité, à laquelle on adjoignit un dispensaire — qu’on devait longtemps appeler la « maison des Sœurs » — et pour loger les familles de coolies, selon l’usage à l’époque, un certain nombre de « traïs » en bois, recouverts de paillote, sortes de baraquements longs chacun d’une trentaine de mètres ou davantage, dans lesquels s’entassaient les occupants en une promiscuité totale. »


L’église de Suzannah en 1926

La visite dominicale de la plantation…

Arnaud de Vogüé écrit avec beaucoup de détails ce qui apparaît comme un rêve aujourd’hui: visiter sa plantation en train privé… :

« On faisait chauffer aux dernières heures de la nuit, en gare de Saïgon, un train spécial, dans lequel étaient embarqués, par les soins de l’hôtel Continental, les éléments constitutifs d’un plantureux déjeuner, avec les volumes de liquides divers indispensables afin que pût être étanchée la soif des visiteurs tout au long de la journée et, bien entendu, les blocs de glace correspondants, ainsi que les « beps » et les boys nécessaires pour préparer le repas et en assurer le service.

Le départ se faisait sans attendre le lever du jour pour que l’arrivée à la gare de DauGiay — simple halte au bord de la voie ferrée — ait lieu avant que la relative fraîcheur du matin ait commencé à se dissiper. Selon l’effectif des visiteurs — qui dépassait cependant rarement la douzaine —, le nombre voulu de charrettes à bœufs19 attendait devant la gare.

Messieurs et dames y prenaient place, les ombrelles se déployaient et, au pas tranquille de paisibles attelages qui, les jours de semaine, servaient à labourer dans les lots, on accomplissait sans hâte le tour du domaine, s’arrêtant quand il le fallait pour quelque observation sur le vif, ou une controverse jamais close sur les mérites comparés de l’écartement espacé et de l’écartement rapproché dans les lots d’hévéa, cependant que le soleil montait peu à peu sur l’horizon.
Lorsque la chaleur commençait à devenir insupportable, le cortège des charrettes prenait la direction de la « maison du Conseil », où le personnel du « Continental » s’était déjà mis à la besogne.
Sous les pales des ventilateurs, on retrouvait une fraîcheur relative. L’apéritif se prolongeait en conversations, suivies parfois de quelque prise de bec. Le déjeuner servi remettait généralement — mais pas toujours — les antagonistes d’accord. C’était l’heure agréable de la journée. Mais dehors, la chaleur sévissait : il fallait donc s’efforcer de prolonger l’après-déjeuner. Pour meubler au mieux un temps qui risquait d’être creux, quelqu’un avait eu un jour l’heureuse idée de faire venir de Saïgon un piano qui resta ensuite installé à demeure dans la grande salle de la « maison du Conseil » .
[…] Le soleil commençant à s’abaisser, un second tour de plantation devenait enfin possible. On connaît la brièveté des crépuscules tropicaux : Ce second tour ne pouvait guère être long. La nuit venue, le « train spécial » qui avait attendu patiemment tout le jour sur la voie de garage de Dau-Giay, était remis sous pression. On y rembarquait paniers vides, vaisselle, couverts, nappes et serviettes, boys et beps, visiteurs et visiteuses, et une heure et demie plus tard (la voie étroite ne permettait pas de grandes vitesses), tout le monde se retrouvait, après une partie de campagne au grand air, sur le quai de la gare de Saïgon. »

C’est sur, la vie à l’époque de la colonie, c’était autre chose…

La société échappa à la crise des années 30, puis fusionna avec la plantation de An Loc en 1935.
L’ensemble se transforme en SIPH en absorbant Ben-Cui, (Sicaf) et Long-Thanh (ex-La Souchère) qui a auparavant avalé la CASI (Agricole Sud Indochine).


Quelques hévéas plantés en 1906 sont conservés en souvenirs .. (photo Fabienne Julien, 2014)


L’église en 2014 (photo Fabienne Julien)


Maison souvenir sur la plantation (photo Fabienne Julien, 2014)


bac de décantation du latex de l’ancienne usine (photo Fabienne Julien, 2014)

Sources :
– Arnaud de Vogüé, « Ainsi vint au monde..la SIPH », Amicale des anciens planteurs d’Heveas 28480 Vicheres, 1993, repris sur le superbe site http://www.entreprises-coloniales.fr/
– Photos de l’Annuaire des Planteurs, 1926 et 1933, site www.belleindochine.free.fr
– Souvenirs de Lucien Thiollier, transmis par son arrière petit fils Clement Morel

Peter Hauff , un aventurier norvégien en Indochine (1873-1951)

C’est grâce à sa petite fille que l’histoire de Peter Hauff est sortie de l’oubli avec un livre publié il y a quelques années à Bangkok. Et c’est grâce à la persévérance de Jean Michel Strobino que ce récit est parvenu jusqu’à nous. Une belle histoire faite d’aventures, de succès et de beaucoup d’épreuves, à chaque fois surmontées grâce à une grande force de caractère et une détermination sans faille. Un bel exemple pour les générations futures.


Peter Hauff au Laos en 1899

Car la vie de Peter Hauff est d’une incroyable richesse. Pas moins de 38 pages sont nécessaires à JM Strobino pour en faire le résumé !

A mon tour d’en effleurer le sujet que vous pouvez lire en totalité en cliquant sur le lien qui suit (pdf 1,4 meg)…
article-peter-hauff-2013-05-26

Peter Hauff est norvégien, né en 1873. Son père est capitaine au long cours. Sans surprise avec une telle parenté, Peter va voyager ! Il part très vite à Londres pour travailler dans une maison de commerce. A 20 ans, il embarque à Marseille pour le grand large, cap vers Saigon ! La bas, il découvre les habitudes des coloniaux français, apprend les langues locales (annamite, malais..). Il est l’un des rares à pouvoir s’introduire dans la communauté chinoise de Cholon.

A 25 ans, il décide d’aller explorer le Mékong à la recherche de débouchés commerciaux. Certes, l’expédition Doudard de Lagree a eu lieu 30 ans auparavant, mais le Mékong et ses terres associés restent encore des territoires largement inconnues. Il parcourt ainsi le Laos jusqu’à l’actuel Pakse.Il découvre que l’essentiel du commerce est détourné vers le Siam (actuel Thailande) au dépend de la Cochinchine. Il décide donc de se lancer dans le commerce le long du fleuve. Pour cela, il s’associe avec un suisse. Tout deux retournent en Europe pour acheter des marchandises. De retour à Saigon fin 1898, ils démarrent leur campagne commerciale en chaloupe, suivi de 9 petits bateaux transportant une centaine de grosses caisses. Ils arriveront 3 mois plus tard à Vientiane qui ne compte, à cette époque, que 2 résidents français permanents. Leur entreprise est un succès total.


La maison de Peter Hauff a Vientiane en 1902

De 1899 à 1905, en plus de s’être marié à une laotienne, Peter parcourt le pays dans tous les sens, à travers de véritables aventures humaines et exploits techniques. En 1899, il descend le fleuve jusqu’à Khone sur un immense radeau de bambou construit par lui pour transporter 40 tonnes de marchandises ! En 1901, à la tête de 14 éléphants, il entreprend une exploration du haut Laos pour trouver une route plus directe entre Vientiane et le port de Haiphong.

En 1902, pour concurrencer les Messageries Fluviales, il entreprend de construire son propre bateau, un vapeur de 14 mètres. Ce bateau sera construit en Angleterre et acheminé en segments jusqu’à Saigon. Désertion de l’équipage, obstruction des Messageries qui font tout pour empêcher l’émergence d’un concurrent, Peter Hauff est bloqué aux chutes de Khone. Avec une détermination incroyable, il va réussir l’impossible : le passage des chutes de Khone. Il sera le premier à le faire après les nombreuses tentatives infructueuses des français.


Le plan du bateau vapeur (photo transmise par la famille à JM Strobino)

Hélas en 1902, une révolte éclate et il perd beaucoup d’argent. Ses associés meurent de maladies, leur maison de commerce, autrefois si prospère, est liquidée. Peter Hauff rebondit en se faisant confier le transport par le Mékong jusqu’à Saigon de 1200 troncs de tecks. Il mettra plus d’un an à accomplir sa tache.
Il laisse le Laos de coté pour s’installer à Saigon ou il vivra avec sa nouvelle famille pendant 20 ans. Il occupera plusieurs fonctions, notamment comme directeur de la maison de commerce Mottet et Cie, bien connue des amateurs de cartes postales anciennes.


Peter Hauff en 1925 à Saigon

En 1929, à 56 ans, il décide de rentrer en Norvège puis s’installera à St Raphael en France. Il se lance alors dans de nouvelles affaires prospères. Mais la guerre stoppe net ses ambitions et sa villa est occupée par les allemands. Apres guerre, harcelé par ses créanciers, il vivra presque misérablement. Il meurt en 1951. A sa succession, sa fille récupère les souvenirs de son père et les emmène avec elle. Presque 50 ans plus tard, la petite fille de Peter Hauff publiera l’histoire de sa vie..

Sources: les photos proviennent toutes de l’article de JM Strobino, paru en primeur dans un hors série de l’Association Internationale des Collectionneurs des Timbres Poste du Laos (AICTPL). Lire l’article pour l’exhaustivité des sources.
Cet article est présenté sur ce blog avec son aimable autorisation.

Quand les Chinois honorent Paul Bodin, ingénieur hors pair …

Si Gustave Eiffel est passé à la posterité dans le monde entier, d’autres ingénieurs français ont eu un génie tout aussi remarquable mais sont restés méconnus. L’ingénieur Paul Bodin fait parti de ceux la. La venue en France d’une délégation chinoise nous donne l’occasion de rappeler son œuvre et de célébrer son talent.


Le fameux pont du Yunnan


Au fond, le pont

Apres avoir fait l’école Centrale, Paul Bodin entre dans la Société de Construction des Batignolles en 1873, à l’âge de 26 ans. Il se spécialise dans la construction des grands travaux de ponts et de charpentes métalliques. Il remporte la construction du pont ferroviaire de Viaur sur un certain … Gustave Eiffel. Construit en 1895 et 1902, ce pont est situé à la limite du Tarn et de l’Aveyron, sur la ligne reliant Rodez à Albi. C’est, à l’époque, le plus long pont de fer construit en porte à faux. On parle de cette technique de construction (cantilever) lorsque seule une partie de l’ouvrage est fixée, l’autre reposant en équilibre.


Le pont de Tanus sur la Viaur (photo source internet)

Au même moment, mais à 9.000 km de la, Paul Doumer, Gouverneur de l’Indochine, rêve d’accéder aux richesses du sud de la chine, le Yunnan. Les ressources de cette province sont vues comme considérables mais mal exploitées: on y trouverait de l’étain, du cuivre, de la lignite, de la houille, du zinc, du fer, de l’or, de l’argent, du mercure, du jade, du sel gemme ! Sans oublier l’opium ! En 1898, la France obtient de la chine la concession d’un chemin de fer du Tonkin (nord Vietnam) à Yunnanfou. Une ligne de 855 km au total dont 465 km coté chinois va être construite, du port de Haiphong jusqu’à la ville de Yunnanfou (aujourd hui Kumming). La construction commencera en 1903. Riche de 3600 ouvrages d’art (8 au kilometre !), elle durera seulement 6 ans malgré les immenses difficultés rencontrées.

Mais le pont le plus extraordinaire est celui imaginé et construit par Paul Bodin.

Au km 111, cote chinois, deux tunnels percés débouchent sur une muraille calcaire verticale, de 100 mètres de haut, au dessus d’une rivière. La distance qui sépare les 2 murailles est de 70 mètres. L’altitude à cet endroit est proche de 1000 mètres.

Photos prises par un employé passionné de photos lors des travaux.. (site fleuverouge, voir reference en fin d’article):

Comment franchir un tel obstacle ? Impossible d’utiliser de la maçonnerie ou même des poutres droites, car les 2 tunnels sont en courbe. Paul Bodin imagine 2 arbalétriers triangulaires reposant sur 2 rotules à la base, qui vont s’arcquebouter au sommet. Une fois en place, on fixe deux petits pylônes puis 3 segments de poutres droites. Il ne reste plus qu’a poser la ligne de chemin de fer. Tout a fonctionné parfaitement et l’ensemble n’a pris que quelques mois en 1908 pour être finalisé.

A la différence du pont en dentelle du km 83, le pont de Paul Bodin n’a jamais été détruit par la guerre et continu de trôner fièrement sur la ligne de chemin de fer. Les chinois en sont fiers et c’est pour cela qu’ils sont venus en délégation sur le site du pont français de Viaur. Sous l’impulsion de ces représentants, un jumelage devrait être signé prochainement entre les 2 localités.

Gabrielle Vassal, qui vit en Indochine, écrira en 1928:
« On est plein d’admiration pour les ingénieurs qui ont su réaliser des conceptions aussi audacieuses. [..] Ici, on avait tout contre soit : la nature du pays, le climat, les maladies, les coutumes, le langage. Malgré les épidémies, les révolutions, les hostilités, et des complications extraordinaires, l’énergie et la bravoure des ingénieurs ont triomphé. Il y a peu d’œuvre dans le monde qui ne méritent davantage d’être louées. On ne sait ce qu’il faut le plus admirer, l’habilité et la persévérance des exécutants ou la foi des promoteurs. »

Rendons hommage enfin à tous ceux qui sont morts pour construire cette ligne de chemin de fer : Les épidémies et un paludisme meurtrier firent des milliers de victimes. Pendant 5 années, 60.700 hommes furent recrutés, 12.000 en mourront dont 100 européens.

On doit aussi à Paul Bodin la construction d’un pont à partie mobile à Saint Petersbourg (1897) puis un autre en Grèce (asopos, 1908). Il fut ensuite professeur à l’école Centrale à Paris et président de diverses sociétés de construction et d’organisations professionnelles. Il fut fait officier de la légion d’honneur et une rue porte son nom à Paris. Il est mort en 1926.


Un amenagement permet d’acceder maintenant non loin du pont

Si on en croit internet, le pont est toujours en état, mais le service se limite à present au transport de marchandises, sur une partie seulement du tracé.

Une video de 6 minutes pour tout savoir sur la visite de la delegation chinoise et l’histoire des 2 ponts.

Ci dessous, le plan du pont :

Merci à Jean Pierre Hua pour ce sujet !

Tout savoir sur le chemin de fer du Yunnan :
http://belleindochine.free.fr/Yunnan.htm

Sources ;
– Association Tanus Decouvertures et Loisirs,
– Ouvrage « Le Chemin de fer du Yunnan », publie en 1910,
– le tres beau site https://fleuverouge.culturalspot.org/exhibit/chemin-de-fer-du-yunnan/rgJSvt-qUt9iLw

Vente d’un sceptre royal du roi Thieu Tri (1841-1847)

L’un des sceptres royal du roi sera mis en vente aux enchères le 24 janvier 2017 à Drouot par la maison Artvalorem.

Les rois Nguyen sont familiers de ces sceptres riches en dragon et en nuages stylisés. Le musée des antiquités royales de Hué en expose un en jade. D’autres existent aussi en argent voire en or. Celui qui sera mis en vente est en bronze à patine sombre. Il semble qu’il ait été offert par l’empereur à un haut mandarin. Les caractères chinois, la langue des lettrés d’autrefois, indiquent que « L’empereur et les officiels ont le même voeu et la même motivation » et [qu’]« Ils dirigent ensemble le pays et permettent au peuple de profiter des actes de l’empereur ». La date indiquée est 1842.

Rappelons que le roi Thieu Tri est le fils ainé de Minh Mang. Il accede au trone en 1841 à l’age de 33 ans. Il hérite d’un pays bien organisé et suivra une politique faite de conservatisme et d’isolement. Vis-à-vis des catholiques, il continue la persécution mais, moins hardi que son pére, il accepte de libérer des missionnaires francais. Le 15 avril 1847, les français déclenche une bataille navale en baie de Tourane (Danang) pour obtenir, entre autre, le libre exercice de la religion chrétienne. Face à 2 bateaux, Thieu Tri en perdra 5 et plus de 1000 hommes d’équipage… Il est furieux et veut éliminer tous les européens (les missionnaires) présents dans le pays. Dans la citadelle, il fait détruire tous les objets occidentaux. L’annonce éronnée d’une nouvelle expédition des francais provoque chez lui une attaque d’apoplexie dont il meut le 4 novembre 1847. Il laissait 26 enfants. Son tombeau est l’un des plus romantiques de Hué car non restauré !

Gageons que cet objet pourra revenir à Hué, comme le fut le pousse pousse de la Reine-Mére sous Than Thai, acquis en 2014 en France et exposé à nouveau dans la citadelle après un bon siècle d’absence !