Catégorie «Vivre au Vietnam»

Les verres de la bière pression de Hanoi

Hanoï est la capitale de la bière pression au Vietnam, la « bia hoi » ou « bia Tuoi »..Une bière faiblement alcoolisée et vendue bon marché (9000 dongs en ce moment, soit 35 centimes d’euros le grand verre). Mais pas de bière sans les traditionnels verres artisanaux!.


Dans les rues de Hanoi..


Le fameux verre de bière..

Car ces verres eux mêmes sont une institution ! Ils sont fabriqués par quelques familles dans un village près de Nam Dinh, à 100 km au sud de la capitale. Des verres qui sont faits à partir de verres cassés achetés pas cher, un dollar les 10 kilos. Le verre est ensuite recyclé puis soufflé à la main par des ouvriers habiles qui font ça depuis plusieurs décennies.


Fabrication des verres, (photo journal Tuoi Tre)

On reconnait ces verres à la couleur un peu verdâtre, aux multiples bulles, parfois aux impuretés mais surtout à son poids: 450 grammes ! Difficile dans ces conditions d’en mettre un dans ses bagages…

L’invasion des produits chinois a épargné ces verres grâce aux commandes des gargotes de Hanoï et au faible prix auquel ils sont vendus: 6000 dongs l’unité, soit environ 0,25 euros. Pas de quoi enrichir ces familles qui continuent ce travail juste pour pouvoir survivre.. Pourtant, avec un peu d’idées, on pourrait en faire un objet design interessant..

Des produits souvenirs pour le Vietnam

Pour ceux qui, comme nous, aiment le Vietnam, nous avons créé des sous verres colorés et attractifs. Plus de 30 designs originaux ont été dessinés pour l’occasion, de quoi répondre aux souhaits de chacun.. Pour plus de détails et pour suivre les créations de produits, rendez vous sur le site www.ledragondannam.com

Sortir en bars…

A Hué, on a vu s’ouvrir de nouveaux clubs ces derniers mois, ce qui est le signe d’une nouvelle tendance et, probablement, de profits importants. Je ne parle pas des bars pour étrangers dont la forme ne change pas radicalement de ce nous connaissons en occident.


Hôtesse et service d’ordre

Les bar-night clubs pour vietnamiens sont différents. Le volume sonore, en premier lieu, qui n’est pas insupportable mais insoutenable. Les vietnamiens aiment le bruit, ils sont servis ! Impossible de savoir combien de décibels vous explosent dans les oreilles, mais ce qui est certain, c’est qu’il est impossible de communiquer. Je me demande d’ailleurs comment les parents – qui contrôlent tout des faits et gestes de leurs enfants – acceptent de voir leur progéniture travailler dans ce genre d’établissement, c’est la surdité assurée…

On ne se vautre pas dans un canapé tout autour de la piste de danse comme chez nous. Ici, on est debout autour de tables rondes avec son groupe d’amis. Les jeunes vietnamiens sont timides et ne savent pas danser. Alors ils aiment se prendre en photo et se trémousser au son de la musique tout en restant scotcher à la table et boire.

Le staff est omniprésent et il y a parfois autant de personnel que de clients.. Les serveurs sont en embuscade pour remplir vos verres dès que vous avez le dos tourné.. Certains sont là juste pour changer le glaçon de votre verre.. Un service d’ordre est tout autour de la table pour faire en sorte que chaque groupe reste en place sans gêner le groupe d’à coté.. VIP sous protection ou sous surveillance, c’est selon. Mais dans tous les cas c’est très désagréable (pour nous).

On est là aussi pour frimer (très important ici..). Passe encore que la bière consommée soit la plus chere, Heineken pour ne pas la citer, et que le whisky coule à flot. Mais c’est la honte de voir que tous ces alcools sont servis dans des verres…en plastique ! La presse rapporte aussi que les alcools étrangers sont souvent des copies, car les jeunes n’y connaissent rien et se font avoir par les tenanciers!

Le public est essentiellement jeune, 20-25 ans, garçons-filles. On y vient surtout pour fêter les anniversaires. Chaque groupe apporte un ou plusieurs gâteaux d’anniversaire. Ces gâteaux à la crème immangeable, y compris pour les vietnamiens, que personne ne finira.. Je me demande combien d’années il faudra pour faire cesser ces traditions ridicules, que l’on retrouve aussi dans tous les mariages..


Le fameux gâteau d’anniversaire qui n’a jamais fait rêver personne…

La musique est occidentale, techno surtout. Les jeunes semblent apprécier. Pourtant, sorti de ces night clubs, on n’entend jamais de musiques occidentales. Même chez les jeunes, on préfère la musique locale, nettement plus soft et romantique.

Les bars restent ouverts assez tard le soir. Il y a encore quelques années, ce type d’établissement fermaient assez tôt, contraint par la police.. les temps changent.. Mais les jeunes sont bien calmes et il n’y a jamais de débordement, c’est le point positif..

Fêter Noël à Kontum

Kontum est une excellente destination pour célébrer Noel. Les minorités qui vivent dans les villages environnants viennent jusqu’à la cathédrale de la ville pour cet événement. Certains arrivent la veille, assistent à la messe en plein air puis dorment sur place avant de repartir. Il faut dire que c’est l’été sur les hauts plateaux, avec un air chaud et sec.
Ce fut l’occasion de voir quelques tenues traditionnelles portées par des jeunes filles qui ont animé avec beaucoup de grâce la cérémonie.. Environ 500 personnes étaient présentes dont quelques étrangers. Une partie de la messe était dans la langue Banar.


Messe de Noel à la cathédrale de Kontum

Tradition oblige, nous sommes allés « boire à la jarre » dans une petite fête donnée dans une paroisse le 25 décembre. L’église est fort simple mais riche d’une jolie crèche.


Petite église de village..


Crèche de Noel version locale

Depuis mon dernier passage en 2007 (voir mes articles), la ville de Kontum s’est beaucoup transformée. Les minorités sont toujours visibles et leur situation économique semble s’être améliorée. Finis les corvées de bois à pied, et les chars à bœuf ont fortement diminué. On voit de plus en plus de tracteurs. Les jeunes ont découvert les joies de la moto et font des courses nocturnes a grande vitesse, sans casque… La ville s’est, quand a elle, agrandi et densifiée. Mais ce sont les vietnamiens qui l’occupent. Comme partout ailleurs au Vietnam, des commerces, des restaurants, des hôtels ont pousse comme des champignons.. On dit que les minorités ont vendus avantageusement de nombreux terrains mais qu’ils ont tout dépensé en alcool..


La hotte est très courante; on peut voir une barque traditionnelle sur le coté

Quoi qu’il en soit, ils semblent mieux s’intégrer qu’en 2007 et sont accueillants. Des programmes de télévisions dans leur langue leur sont aussi dédiés.. A noter l’existence d’un nouveau musée avec une belle collection d’objets traditionnels.
Il y a peu d’arbres sur les collines qui entourent la ville, mais le documentaire (voir ci après) semble montrer la même chose dans les années 60. Bizarrement, il est toujours possible d’aller couper du bois, chose très réglementée au nord Vietnam. C’est la désolation car on ne replante pas.


Paysages autour de Kontum


La rivière qui longe Kontum

Les fameuses maisons « nha rong » sont toujours aussi nombreuses et sont magnifiques.

On voit toujours des pirogues. Nous en avons vu des dizaines, c’est très impressionnant. Le travail du bois est toujours une activité très prospère sur les hauts plateaux, essentiellement pour faire du mobilier à destination du marche local.

Le mode de vie de ces minorités est toujours très simple. Certaines femmes continuent de tisser. Elles utilisent des teintures qui viennent de plantes trouvées en foret.

Nous avons rencontré une famille Banar dont le grand père est ne en 1922. Il était fier de nous montrer les objets utilisés durant sa vie: une hotte pour aller en foret, des pièges pour les oiseux, un plateau en bois bien lourd, un arc, et un bel instrument de musique avec lequel il a courtisé sa femme..

Ma femme a profité de ce séjour pour « essayer » quelques tenues qui ne sont utilisées aujourd’hui que pour les fêtes et festivals..

Le visite des villages aux alentours de Kontum est très plaisante. Les routes sont bonnes et la campagne est calme. On rencontre de plus en plus d’occidentaux à moto qui remontent ensuite la piste Ho Chi Minh.

Je vous conseille très fortement de visionner le documentaire sur Kontum et les minorités ethniques tourné dans les années 60 par le Père Simonnet, des Missions Étrangères de Paris. 45 minutes d’images d’autrefois très instructives et filmé avec beaucoup d’humour.

Version en français :https://www.youtube.com/watch?v=pCzP_80Dz1c
Version en vietnamien, avec des images parfois différentes : https://www.youtube.com/watch?v=JQzMlxSNsLE&feature=youtu.be
Merci à dominique Foucher de m’avoir indiqué ces chef-d’œuvres !

Vivre pour manger !

Quand une famille vietnamienne invite des étrangers à manger, ceux ci sont émerveillés de voir le nombre de mets servis ! Les plats sont aussi nombreux que différents : poissons, viande, nems, légumes, soupes et bien sur, le riz.
Ces repas sont le fruit d’une patiente préparation, car l’on cuisine tout soi même. Il y a bien des surgelés au Vietnam, mais rare sont ceux qui les utilisent. Même chose pour les réfrigérateurs : la culture dominante est celle de l’ultra frais et la grande majorité des femmes vietnamiennes va tous les jours au marché.

Il faut ensuite passer de longs moments à cuisiner et présenter chaque plats dans de petits bols puis sur un plateau rond, autrefois en bois.


Si la forme n’a pas beaucoup varié, le contenu s’est enrichi !

Inutile de dire que dans la société traditionnelle vietnamienne les femmes sont celles qui font tout. Un lourd travail qui prend facilement plusieurs heures par jours. Pour les anniversaires de décès et les repas de culte (2 à 3 fois par mois a Hue..), c’est pire…

Je me suis souvent demandé comment nos repas occidentaux, où l’on se contente d’une entrée-plat-dessert, étaient perçus par les vietnamiens. La semaine dernière, dans le cadre de nos activités professionnelles, nous avons invité une famille traditionnelle de Hué avec deux jeunes enfants et nous leur avons préparé un « fish and chips » avec un excellent poisson et une mousse au chocolat en dessert..Tous ces plats, pris individuellement, sont appréciés par les vietnamiens, nous en avons fait l’expérience antérieurement..
Comme il n’est pas toujours aisé de connaitre l’opinion des asiatiques, nous avons utilisé des amis communs pour connaitre leur sentiment. Bien nous en a pris ! Malgré la passion dévorante du gamin pour la mousse au chocolat, les parents ont trouvé que nous ne savions pas cuisiner et que nous étions « radin » d’avoir préparé aussi peu de plats.. Ils s’attendaient à une orgie de nourritures.. Sous des sourires radieux, ils sont partis en réalités déçus et ont déclarés qu’ils ne reviendront pas..

Cette passion pour la nourriture est devenu, au fil des ans et avec l’élévation du niveau de vie un véritable plaisir débordant. Voire même une obsession et une compétition entre les familles, chacun voulant faire mieux que les autres, question de prestige… Aucune autre activité n’a cette ferveur. La culture, les loisirs, le sport sont loin derrière.. seule la nourriture rallie a elle seule toute la population, dans les campagnes comme à la ville et quelque soit le niveau de richesses.. Comme on peut l’imaginer, des montants énormes sont consacrés aux dépenses de bouches et les restaurants poussent comme des champignons..

Même au quotidien, les vietnamiens ont les yeux plus gros que le ventre et, au sein de notre couple, il m’a fallu beaucoup de temps pour adapter les repas à notre appétit..Avec un succès très relatif ! Car il est difficile de lutter contre la culture dominante… d’ailleurs, on ne dit pas « bonjour » comme en France mais « an com chua ? » qui signifie « avez-vous pris votre repas ? »..

La richesse des produits naturels au Vietnam contribue ainsi au bonheur des foules… heureux soient ils ! Et quelle chance ont-ils de ne pas être sujets à l’obésité !

Un peu de rêve maintenant.. savez vous que vous pouvez embaucher une cuisinière qui ira tous les jours au marché, préparera vos repas du midi et reviendra le soir pour vous préparer le dîner.. tous les jours du mois, pour … 60 euros ! (1,5 millions de dong a hue en 2015).