Catégorie «Vivre au Vietnam»

La ferme aux 45.000 vaches…

Alors que la France conteste l’intérêt d’une ferme de 1000 vaches, le Vietnam est fier d’avoir sur ses terres une ferme de plus de … 45000 vaches (22000 vaches en plein rendement) ! Tous les 50 jours, ce sont 1000 vaches de plus qui arrivent en bateau de Nouvelle Zélande ! Le monde tourne, et vite ! car cette mega-ferme est née en 2010 d’un projet privé de, excusez du peu, 1,2 milliards de dollars… Le savoir-faire vient d’Israël, l’équipement d’Europe, et le suivi vétérinaire de Nouvelle Zélande. A cela s’ajoute la luzerne déshydratées et du mais transgénique des Etats Unis.. car les 8000 hectares de terrain autour de la ferme (située dans une région peu fertile du centre Vietnam) ne suffisent pas à l’alimentation du bétail.. Pour la petite histoire, les experts israéliens ont aussi introduit de la musique classique à l’heure de la traite pour calmer les vaches.. Toutes les vaches sont équipées d’un bracelet électronique pour leur traçabilité.

La plus grosse ferme d’Asie a pour objectif de répondre aux besoins croissants du marché local. Les vietnamiens consomment à présent 15 litres de lait par an pour une population de 90 million d’habitants. Et 70% du lait consommé est importé. Il y a donc un gisement important à combler pour qui saura produire localement.

Comment peut on financer des projets aussi ambitieux ? on sait que les fonds de cette société privée vietnamienne, TH True Milk, viennent de la banque locale Bac A et que la présidente de la banque est aussi la présidente de la société…

« The True Milk » mise sur son nom pour séduire et rassurer les consommateurs suite aux scandales de la mélanine en Chine. La société possède tout un réseau exclusif de revendeurs dans les villes du Vietnam où l’on ne vend que du lait et des yaourts. De fait, la part de marché de «The True milk » est déjà de 30% du marché local et vise les 50% à moyen terme. Car l’expansion de la mega-ferme n’est pas terminée. L’objectif est d’avoir un troupeau de 200.000 vaches à l’horizon 2020 et 37000 hectares pour le fourrage..

Vinamilk, le leader, a quant à lui déjà 50% du marché.. Sa stratégie est différente car diversifiée : quelques fermes de seulement « 2000 » vaches, des milliers de petits producteurs locaux et surtout beaucoup de lait importé. Une stratégie sans doute payante, car le lait de Vinamilk est moins cher pour le consommateur : 27000 vnd le litre en moyenne contre 32.000 vnd pour son concurrent (1,13 euros / 1,33 euros). Le lait importé reste en effet pour le moment moins cher que l’élevage local.

Au delà des chiffres, nous avons voulu comparer les 2 laits. Le « True Milk » est plus léger, sans gout marquée et assez pauvre en vitamine… Pas besoin d’organiser un blind test, la différence est marquante.

Et les petits producteurs dans tout ca ? comme partout, ils subissent la fluctuation des cours mondiaux. On trouve aussi dans la presse une histoire « à la vietnamienne » : des paysans qui flairent le bon filon (ou qui font comme leur voisin) et qui s’endettent pour constituer un troupeau de quelques vaches. Mais ils ont « oublié » de signer un contrat avec l’usine de transformation locale qui, du coup, refuse leur lait.. alors ces paysans parcourent tous les matins en moto la campagne avec leurs bidons pour tenter de vendre leur production en porte à porte. Les acheteurs ne sont pas nombreux par manque de confiance.. Alors les paysans jettent leur lait..

Les mega-fermes sont elles l’avenir du Vietnam ? L’absence de terre au Vietnam rend onéreux tout investissement de cette nature. De fait, la rentabilité dépend du prix des aliments du bétail qui sont importés, soumis aux fluctuations mondiales.

Néanmoins, la ferme semble faire des émules car la société vient de signer un accord avec les russes pour construire une ferme de … 350.000 têtes à terme.. un projet de 2,7 milliards de dollars… L’embargo des russes vis a vis des produits européens n’aura pas seulement des impacts à court terme sur nos ventes de lait..

Alors, on fait quoi avec notre ferme à 1000 vaches ?

Hommage à la vieille dame du pont couvert de Hué

Tous les touristes qui sont allés visiter le pont couvert de Thanh Toan la connaisse : madame Tran Thi Dieu était la star locale et accueillait tous les visiteurs avec son anglais courant.. Vieille dame de 79 ans avec son visage gracieux, sa gentillesse extrême et son éternelle sourire, elle savait s’attacher l’amitié des touristes. Nombreuses sont les photos d’elle sur les réseaux sociaux et les blogs. Car madame Dieu avait aussi un autre don, la voyance.. Elle jouait les diseuses de bonne aventure et promettait à chacun d’heureux mariages et de nombreux enfants.


Madame Dieu en 2012

Madame Dieu a appris l’anglais aux contacts des américains durant la guerre. S’occupant de la lessive des militaires à la base aérienne de Phu Bai (Hué), elle a appris l’anglais sur le tas, en s’efforçant de retenir 5 nouvelles phases par jour.. Mais en 1975, son monde s’effondre et elle doit repartir de zéro.. Elle se mariera un peu plus tard et aura une fille.. depuis lors, elle vivait dans son village natale et aimait guider les touristes de passage..

Madame Dieu nous a quitté il y a quelques mois.. Je suis sur que son souvenir sera à jamais gravé sur le pont couvert de Thanh Toan.

Fête des enfants !

La fête des enfants – ou la fête de la mi-automne – vient de se terminer.. elle se déroule tous les ans au 15eme jour du 8eme mois lunaire. C’est une festivité à ne pas rater au Vietnam, car les rues sont envahies de danses de dragon dans une atmosphère de liesse pour les petits et les grands..

Autrefois, les pâtissiers préparaient des gâteaux en forme de lune et toute une panoplie de friandises sucrées, comme en témoigne cette photographie prise dans la rue du sucre à Hanoï dans les années 20:

De même, les jouets en fer blanc étaient nombreux et particulièrement attractifs auprès des jeunes enfants.

Le musée du Quai Branly conserve dans ses réserves quelques superbes spécimens visibles sur les photos et qui datent des mêmes années:

La caractéristique de cette fête reste quand même les lanternes en papier, accessibles à tous …

Un poisson lanterne en bambou et papier huilé…

Les danses du dragon étaient sans doute moins sophistiquées qu’aujourd’hui, mais peut être plus bruyantes avec les pétards qui sont dorénavant interdits…

Toutes les photos proviennent du site http://collections.quaibranly.fr/

Louer une maison au Vietnam

La première chose qui surprend au Vietnam quand on loue une maison est l’absence d’assurance.. ni pour l’incendie, ni pour le vol, ni pour la responsabilité civile…les maisons louées à des étrangers doivent posséder des extincteurs, maigre consolation.


Notre maison que nous louons moins de 150 euros par mois, 150 m2 de surface habitable et une terrasse de 50m2 !

Le marché de la location est peu organisé car la location reste l’exception. Les vietnamiens préfèrent posséder un bien, même si c’est une surface minuscule ou s’il faut le partager avec toute une famille. Il faut dire que les « ancêtres » s’accommodent mal de la location. On rend le culte dans un bien qu’on possède, c’est-à-dire qui s’inscrit dans la durée. Ceci est valable pour tous (sauf la police). Mariés depuis plus d’un an, nous n’avons pas droit au livret de famille. Toutes les factures de la maison – eau, électricité.. – sont au nom du propriétaire. Pour les étrangers, la question de l’achat ne se pose pas, puisque nous n’avons pas le droit (sauf exception) d’être propriétaire.
Il n’y a pas d’agences immobilières, donc on cherche sur internet ou le long des rues..
Les prix de location sont très variables, chaque propriétaire ayant son idée sur la valeur de son bien.. On paye pour 3 ou 6 mois d’avance et les closes du contrat sont libres.. Le point essentiel concerne les hausses des loyers qui peuvent galoper plus vite que l’inflation si on n’y prend garde..
Même si cela s’améliore, on ne peut pas dire que les maisons soient bien construites. Mal isolées, murs d’une simple épaisseur de briques, fenêtres très ordinaires, les maisons sont des fournaises en été et humides l’hiver (à Hué). Les cuisines sont conçues par des hommes.. qui n’ont jamais cuisiné. En général, la cuisine est dans une pièce sombre, mal agencée, mal ventilée.
Quand on emménage dans une nouvelle maison, on doit bien sur faire quelques offrandes aux génies protecteurs. On amènera pour cela du riz et du sel, base de la nourriture au Vietnam. On n’oubliera pas d’installer Ong Tao, le génie de la cuisine. C’est lui qui fera son rapport au ciel tous les ans sur la conduite de la famille..

Les charges sont mensuelles. On les paye directement au collecteur qui passe dans la rue, bien que le prélèvement commence à se répandre. Le tarif unitaire de l’électricité est progressif (plus on consomme, plus c’est cher). Il est conseillé de payer à temps.. je me rappelle avoir négligé un « rappel », 10 jours après l’échéance normale. 2 jours après, l’électricité fut coupée, et ce fut la panique. Je n’étais pas fier !
Pour les courses, en plus du marché, nous avons un hypermarché Big c (groupe casino) non loin.. C’est bien pratique et les livraisons sont gratuites au delà de 8 euros d’achats.

Voyons à présent l’équipement de la maison. Suivant l’adage « tout ce qui n’est pas indispensable est inutile », il est parfois difficile voire impossible de trouver certains objets très courants chez nous : thermomètre, draps, torchons en coton.. Peu de mobilier en général, décoration murale inexistante (à part la photo de mariage en format XXL). L’éclairage se limite à quelques tubes au néon, même si des emplacements pour des lustres sont souvent prévus sur les plafonds.. En revanche, on trouve facilement des rideaux, héritages des français. Autre chose qui surprend: l’absence de prises de terre.. l’electricité au Vietnam laisse songeur.. tout est comme branché sur le compteur principal..pas de risque que les plombs sautent..

Nos voisins vivent la porte extérieure ouverte, c’est l’habitude du pays. Les gens vivent dehors. Le karaoké peut démarrer à n’importe quelle heure, sonorisant tout un quartier, mais en général, tout le monde dort à 22 heures. A partir de ce moment la, la ville est calme jusqu’au lendemain 5h30. Même si le principe du karaoké est sympathique, cela peut vite devenir un enfer si vous avez une entreprise ou le calme est requis..
Si vous avez des travaux à faire, il est facile de trouver quelqu’un. Les vietnamiens travaillent toujours avec un ou deux outils, rarement plus. Sauf à le stipuler dès le début, les ouvriers ne nettoient jamais à la fin des travaux et laissent tous les déchets et poussières en plan…

Coté équipement en électroménager, on trouve à présent presque tout au Vietnam. Mais la surprise vient des machines à laver le linge. Presque toutes les machines, pourtant modernes et importées, lavent .. à l’eau froide ! Curieux…

Fête traditionnelle au village An Truyen

Chaque village au Vietnam possède sa « maison communale » (« Dinh »), lieu qui servait autrefois pour les réunions des notables, les banquets et surtout pour le culte des génies protecteurs. Ceux ci sont les personnages importants du villages (haut mandarins, fondateur du village, héros local, créateur d’un savoir faire faisant vivre le village..) et il convient tous les ans de les honorer..

Le village de An Truyen est à une dizaine de kilomètres de Hué, au bord de la lagune. Ce fut autrefois un village riche et important, comme en témoignent encore aujourd’hui les belles maisons traditionnelles qui ont subsisté et, bien sur, l’imposant Dinh dont l’origine remonte au 15eme siècle. C’est aussi le village natal de la famille Ho Dac, dont certains membres furent de célèbres ministres ou médecins pendant et après la dynastie Nguyen.

Les festivités durent 3 jours. Il s’agit essentiellement de séances de cultes qui sont tenus dans le Dinh ou au pied d’autels provisoires dressés pour l’occasion. Les officiants sont des hommes, les femmes et les enfants ne participent qu’accessoirement à ces festivités.


Préparation des autels…

Mais le plus spectaculaire est la procession du 17 juillet (calendrier lunaire) qui se déroule au levée du soleil… Il faut se lever tôt (la procession s’est terminée à 6h50), mais le spectacle fut au rendez vous!


De petits autels sont dressés le long du cortège par les riverains.


« Mung Thu Te » signifie « Célébrons le culte d’automne »


Photo panoramique de la procession vers la lagune…


Etape ultime de cette procession, de petits temples où sont rendus de nouveaux cultes..

Apres cette traditionnelle procession, tout le monde rentre au Dinh pour un traditionnel repas bien mérité !

On embauche des chauffeurs de taxi !

Au Vietnam, le prix des voitures est plus cher qu’en occident. C’est donc un bien de luxe que peu de gens peuvent encore s’offrir. Les taxis ont donc logiquement occupé le terrain.. Et c’est un secteur qui recrute, comme en témoigne cette pub a l’arrière d’un taxi, dont la société recherche 100 chauffeurs !

Nul besoin d’avoir de l’expérience pour postuler, il suffit d’avoir son permis de conduire et un peu d’argent pour la cauion (de l’ordre de 2000 euros).. De toute façon, les chauffeurs n’auraient pas les moyens d’acheter une voiture pour s’entraîner et les voitures de location sans chauffeur sont rares… Les taxis sont donc mis à leur disposition. En contrepartie, ils reversent entre 50% et 65% de leurs encaissements journaliers. Ils travaillent 15 jours par mois, 12 heures maximum par jour (soit 4 équipes par véhicules). L’assurance responsabilité civile est fournie par la société qui les emploie, mais en cas de dégâts, les chauffeurs sont, dans certaines sociétés, financement responsables.

A Hué, les salaires mensuels oscillent entre 150 et 200 euros par mois (3 et 5 millions de VND). Mais, comme toujours au Vietnam, la concurrence est rude, et l’on a vu apparaître pas moins de 3 nouvelles sociétés ces 2 derniers mois.. Nous avons aujourd’hui des taxis verts, jaunes, rouges, blancs et.. roses !

A chaque appel radio, c’est la course des taxis pour atteindre le client en premier.. dans ce cas, il vaut mieux s’écarter, car les chauffeurs prennent tous les risques.

Par rapport à la France, la notion de services est ici poussé à l’extrême. On ne traverse pas une route pour aller vers le taxi, c’est le taxi qui viendra à vous, quelqu’en soient les difficultés.

Pour les clients, le prix est d’environ 50 centimes d’euros par kilomètre, suivant le type de voiture. Pas de notion de « jours de fêtes » ou de tarif nuit ! Bien sur, il y a des arnaques, de faux taxis, des compteurs déréglés mais ça, c’est la vie !