Catégorie «Vivre au Vietnam»

Pour une école internationale de cuisine en France !

La diplomatie célèbre cette semaine la gastronomie française ! C’est le moment de rappeler en effet que la cuisine française est appréciée aux quatre coins de la planète.

Ainsi à Hué, les 2 établissements de « la carambole » ne désemplissent pas et offrent une cuisine « à la française » aux locaux et aux touristes de passage. Il existe aussi un centre de formation d’apprentis en boulangerie / pâtisserie dont les élèves, des enfants défavorisés, trouvent rapidement des emplois bien payés dans tout le Vietnam.

Ces lieux sont gérés ou mis en valeur par des français expatriés. C’est bien, mais ce n’est pas suffisant..

Car si des participants à cette semaine culinaire nous posent la question de savoir où ils peuvent se former en France, que pouvons nous répondre ? Le monde entier rêve de maîtriser les techniques françaises en cuisine, pâtisserie ou en panification mais il n’existe pas, à ce jour, d’endroits pour se former.

Les techniques qui nous paraissent « évidentes » pour nous sont loin d’être connues de tous. Je me souviens du regard admiratif de mes amis vietnamiens lorsqu’ils découvraient, pour la première fois de leur vie, la montée en neige d’un simple blanc d’œuf !


Un soufflé bien attractif !

Maitriser les techniques françaises serait déjà une grande satisfaction pour beaucoup.

Je parle de « techniques » et non pas de produits français.. car nos beurres, fromages, vins ne sont pas accessibles partout et pour tous. En revanche, la manière de cuisiner « à la française » permettrait à beaucoup de valoriser de manière différente les produits locaux et d’apporter ainsi une valeur ajoutée.

A une période ou la France se cherche des idées, pourquoi ne pas ouvrir les yeux sur nos « trésors » ?

Je plaide pour l’ouverture d’une grande école internationale de cuisine en France ! Elle serait sous l’égide de l’Etat, de manière à assurer une formation au juste prix, de qualité reconnue, accessible à tous et facile à promouvoir sur le plan international. Tout le monde en effet n’a pas les moyens d’aller se former chez Alain Ducasse ! Les cours seraient dispensés en plusieurs langues (une évidence !), avec de nombreux modules de formation suivant les besoins des uns et des autres. Et bien sur, des cours de tous les niveaux, avec des formations élitistes pour ceux qui rêvent de devenir de étoiles culinaires ou des formations de tutorats pour ceux qui veulent enseigner dans leur propres pays.. Des formations pour maitriser les techniques et d’autres pour devenir expert des produits français qui s’exportent, comme le vin et le fromage. Une vaste école qui pourrait être aussi un internat pour faciliter la vie des étudiants qui le souhaitent. On pourrait probablement accueillir plusieurs milliers d’étudiants de tout âge toute l’année, certains pour des cours du soir, d’autres pour des stages de quelques semaines à plusieurs mois. Sans oublier non plus une « université à distance » avec tutoriels en ligne. Pour en faire un lieu favorisant les échanges, on peut imaginer aussi des restaurants d’application ouverts à tous, des expositions, des conférences, un centre de collectes de recettes, un centre de recherche.. les idées sont sans fin !

Une telle école pourrait créer des centaines d’emplois directs et, à terme, favoriser les exportations de produits français à travers le monde.. Cela permettrait accroître le rayonnement de la France et de la région qui accueillerait l’école …

Cette réflexion est liée aussi à ma propre expérience. Avant de venir au Vietnam, j’ai suivi deux formations. L’une pour apprendre des glaces : rien n’existait en France et j’ai du aller en Italie.. L’autre pour apprendre la pâtisserie. Habitant Paris, j’ai eu la chance d’effectuer l’une des formations pour adultes de la ville. Mais, victime de son succès, ces formations ne pouvaient accueillir qu’une infime partie des inscrits.. C’est donc qu’il y a – y compris en France – une demande non satisfaite…

Quant on vit à l’étranger, on se rend mieux compte des formidables atouts de notre pays. Il est temps de transformer nos trésors culturels en richesses sonnantes et trébuchantes.

Hué: réouverture du palais An Dinh

Magnifiquement restauré mais longtemps fermé au public, le Palais An Dinh vient de réouvrir. Et l’entrée se fait désormais par la porte monumentale qui donne le long du canal An Cuu… Une visite à ne pas manquer !


La porte d’entrée du palais, coté canal

Ce palais fut construit par le roi Khai Dinh entre 1916 et 1920 sur l’emplacement de l’ancienne propriété qu’il occupait lorsqu’il était prince. Passionne d’architecture, Khai Dinh voulait se démarquer de ses ancêtres en utilisant principalement des matériaux occidentaux: briques, fer, acier et ciment. Il y ajoute des motifs en stuc et du papier peint. Le palais est décoré de colonnes corinthiennes et de frontons à la grecque avec des pignons néo-renaissance. La façade comporte des balustrades à la française et de petits motifs asiatiques autour des fenêtres du rez-de-chaussée. Le portail d’honneur est orné de céramiques en porcelaine. L’architecte Bang Hung est vietnamien.


Le palais, vue de la porte d’entrée. Une statue de Khai Dinh trônait autrefois dans le jardin (elle est à présent au mausolée du roi).

Dans cette propriété de 23000 m2, on trouvait des jardins à la française, un théâtre, un zoo et des étables.


Célébration en 1918 lors de l’ouverture du Palais. A l’origine, le palais ne comptait qu’un étage.

Ce palais servit de résidence de ville à la famille royale, plus agréable à vivre que l’austère Cite Interdite, située a 3 kilomètres et qu’on peut rejoindre en bateau. Il fut aussi le lieu de splendides fêtes privées. Khai Dinh préfère la vie au rez de chaussée, aimant jouer aux cartes, boire du cognac et s’adonner a l’opium. Son fils préfère vivre dans les étages plus lumineux. La mère de Bao Dai était vendeuse au marché An Cuu, tout proche, avant d’être servante au palais et de devenir concubine du roi.


L’une des pièces du palais

Dans le vestibule, on trouve 6 peintures des tombeaux royaux de Hue. Probablement réalisées par Le Van Mien (qui fit un séjour en France avant 1900), ces panneaux sont novateurs pour l’époque car on y introduit la perspective. Le papier peint est aussi une autre innovation: peinture sur soie au rez de chaussée et peinture sur papier aux étages.


Tombeau de Minh Mang


L’escalier menant à l’etage

En 1922, la palais fut transféré au fils de Khai Dinh, le futur roi Bao Dai. Apres son abdication en 1945, il y logea avec Nam Phuong et ses enfants ainsi qu’avec sa mère, Tu Cung. Celle ci y restera jusqu’à l’accession au pouvoir de Diem en 1955.
Restauré il y a quelques années grâce à des aides du gouvernement allemand, le palais a retrouvé une partie de sa splendeur, à l’exception du théâtre qui n’a pas été reconstruit. Plus récemment, du mobilier et des souvenirs de l’époque de Khai Dinh et Bao Dai ont été ajoutées. L’absence de documents photographiques ne permettent pas de connaitre avec précision le mobilier utilisé.


Vue du jardin

Chantier naval à Hué

La visite d’un chantier naval traditionnel est toujours une plongée dans le passé; on imagine facilement que les savoir-faires qui sont mis en oeuvre existent depuis plusieurs générations et que les techniques ont peu évoluées…

A Hue, c’est un petit chantier qu’on peut découvrir et visiter en toute simplicité.. une trentaine d’artisans travaillent la a construire et repérer les bateaux des marin pécheurs, des bateaux tout en bois.

Le bois devenant rare un peu partout, les immenses troncs proviennent a présent du laos. On imagine facilement la déforestation actuelle de ce pays au vue des quantités incroyables qui transitent ou aboutissement au Vietnam. Le bois utilisé pour la construction navale est le Hopea Pierrei (go Kien Kien en vietnamien, identifié par le célèbre botaniste Pierre fondateur du jardin botanique de Saigon dans les années 1860), un arbre très haut, une espèce asiatique résistante aux termites.

Pour l’anecdote, la résine de ce bois, lorsque projetée sur une source incandescente, était utilisée autrefois par les acteurs annamites pour simuler la fumée et la flamme des armes à feux dans les pièces de théâtre à Hué..

L’ossature d’un bateau de pèche coûte plus de 3 milliard de Dong, soit 120 000 euros. Le bateau termine coûte plus du double, 280.000 euros…

Je n’ai pas vu de différences sensibles dans les bateaux vietnamiens. Globalement, ce sont les mêmes d’un bout a l’autre du pays. La diversité d’autrefois n’existe plus.

7-8 janvier 2015: Non, nous n’avons pas peur !

Les 17 personnes tuées sont mortes comme victimes expiatoires de l’ostracisme, de l’extrémisme, de la folie humaine.. Ne les oublions pas…

En hommage, j’ai choisi de dessiner Cabu, car il a enchanté mes soirées avec le Grand Duduche.. Souriant, jamais bien méchant, il avait choisi l’humour au service de la liberté d’expression.

Le business des photos mariage…

Un domaine ou les vietnamiens sont très forts, c’est celui des photos de mariage..

Un succès qui s’explique déjà par la taille de la population en âge de se marier et par l’absence d’union libre.. au Vietnam, le mariage est la condition requise pour vivre ensemble.
L’autre clé du succès est l’association de deux activités distinctes mais pourtant parfaitement complémentaires: la photo et les robes de mariés. Le domaine de la photo est concurrentiel mais la location des robes de mariés est hautement rémunératrice. Car les vietnamiennes n’achètent pas leur robe, car elles aiment en changer plusieurs fois au cours des prises de vues ou des cérémonies (la chaleur y est aussi pour quelque chose..) Et le prix de la location est quasiment le prix d’achat d’une robe, mais ça, personne ne le sait… Le marié lui aussi loue en général sa tenue…


La photo avant Photoshop…qui se cache derrière la robe pour la maintenir ?

Les affaires sont donc souvent familiales. La femme s’occupe des robes, du maquillage et de la couture. Quant au conjoint, il s’occupe de la partie photo et vidéo.

Les mariés attendent au minimum 3 choses : un portrait grand format qui sera présenté à l’entrée du restaurant, un album photo souvenir et des photos du repas et de la cérémonie chez les parents. S’ajoute à cela une vidéo qui retrace tous les moments phares de la « plus belle journée de la vie».

Le photographe organise ainsi une ou deux séances de photos, à l’extérieur en général ou en studio pour les moins argentés. Les mariés choisissent les lieux de prises de vue. Les salaires étant faibles, le personnel est nombreux pour accompagner les mariés : un éclairagiste, une maquilleuse plus un aide-à-tout-faire.. La délinquance étant quasi nul ici, pas de risque de se faire voler son matériel.. un matériel toujours onéreux, le meilleur de la technologie importée..

Le prix se fait au forfait, en fonction du nombre de pages de l’album. Un album aux pages épaisses, ou les photos sont mises en forme par le talent personnel du photographes et de son équipe..

Différence notable avec la France, l’album est disponible le jour du mariage car toutes les séances de photos ont été prises plusieurs semaines avant.. Cela laisse le temps aux mariés de faire des séances de poses sans stress et de choisir les photos à mettre en avant pour le mariage.

Une constante au Vietnam, et pas seulement pour les photos de mariage : les retouches Photoshop sont systématiques. Un logiciel Photoshop que tout le monde peut acquérir pour un ou deux euros… Les vietnamiens sont devenus de vrais professionnels de la retouche.


La même photo après Photoshop..

La vidéo est aussi un vrai bijou. Certains sont équipés de camera HD.

De fait, les photographes ont pignon sur rue et les vitrines exhibent à la fois de jolies photos et les robes de mariées. Pas un village au Vietnam sans une boutique « mariage ».

Pour le budget, les couples cassent leur tirelire ou plutôt la tirelire de leurs parents… Pour notre mariage, nous avons dépensé 350 euros pour l’ensemble, avec un album de 30 pages, deux demi journées de prises de vues, plusieurs séquences de maquillages, une photo grand format, une vidéo, les robes de mariés, et plusieurs centaines de photos en numériques…

Il y a surement quelques idées a prendre…

Objets votifs

Les objets votifs sont omniprésents à Hué.. on les brûle lors de cérémonies familiales dédiées aux ancêtres ou lors de séances de spiritisme pour le culte de la déesse mère, par exemple (voir mes différents articles sur le sujet)..

Certains objets valent le détour car ce sont presque des œuvres d’art !

Ce cheval a demandé plus de 10 jours de travail et vaut 4 millions de Dong, soit 150 euros…

Les tenues complètes de mandarin en objet votif se font plus rares de nos jours (on rend le culte jusqu’à la 4eme génération). On remarquera que rien ne manque, ni l’épée, ni la coiffe ni les bottes.. Cette tenue sera brûlée pour honorer la mémoire d’un mandarin et, par ce geste, on lui transmet un tenue digne de son rang « pour que rien ne manque dans l’au delà.. » En retour, a charge pour lui de protéger la famille..

L’atelier de fabrication de ces objets, comme il en existe des dizaines à Hué.