Conduire une moto au Vietnam en connaissance de cause…

Le temps des vacances arrive et beaucoup vont au Vietnam pour l’aventure et l’exotisme. Le meilleur moyen de sortir des sentiers battus et découvrir le « vrai » Vietnam, c’est la moto ! la moto, c’est facile mais ça peut être risqué..
Loin de moi de jouer les rabat-joie mais il vaut mieux agir en connaissance de cause. Comme l’information est assez disséminée sur internet, et que les règles changent souvent, j’ai écrit ces quelques lignes pour vous aider à y voir plus clair.


Le permis de conduire vietnamien

Aucun problème pour louer une moto. Votre hôtel vous en fournira une facilement pour quelques dollars par jour. Aucun permis ne vous sera demandé, bien que ce soit la loi.

Car, pour qu’un francais puisse conduire une moto au Vietnam, il faut posséder :
– Soit un permis local, plutôt réservé pour les expats car il faut un visa de plusieurs mois. On l’obtient par équivalence, sans passer d’épreuves. Les formalités sont accessibles, et il faut compter 2 semaines de délais. Dans ce cas, le permis B français vous permettra d’avoir le permis auto et, si tout va bien, le permis moto vietnamien (jusqu’à 175cc) pour la durée de votre visa.
– Soit le permis européen + le permis international, à la seule condition que celui-ci fasse apparaitre un permis moto (A1 ou plus). Les certificats de conduite ne sont pas reportés sur le permis international, ni même les anciennes équivalences pour la conduite de motos.

Pour être bien couvert, il vous faut une assurance voyage qui inclus la conduite moto (option chez Avi pour quelques euros de plus par mois). Attention, les assurances « offertes » par votre carte de crédit ne couvrent pas le risque lie à la conduite.

Dans tous les cas, vous avez peu de chance que la police vous arrête, sauf à Saigon depuis Août 2019 (voir additif). Mais en cas d’accident, les choses se compliquent.


Verso du permis vietnamien

Sans permis valide, votre assurance sera invalide, quelque soit les options que vous aurez souscrites.

Cela signifie :
– Aucun rapatriement pris en charge,
– Une qualité de soin locale, aucun conseil médical de l’étranger,
– Une couverture sociale en cas d’hospitalisation à minima (la sécu française),
– Aucune avance de frais, vous aurez tout à payer d’avance,
– Des difficultés culturelles à surmonter (communication, nourriture, absence d’intimité à l’hôpital..),
– Des contrariétés assurées pour vos proches !

La responsabilité civile est prise en charge par l’assurance de la moto, obligatoire et souscrite par le loueur. Elle est plafonnée en général à 4000 dollars, car le coût de l’assurance ne vaut pas plus d’un dollar… En cas d’accident, quand vous êtes étranger, la partie adverse fera tout pour vous rendre responsable et payer. Dans la mesure du possible, faites venir la police et essayer d’immobiliser les véhicules impliqués.

Le risque au Vietnam, c’est la cherté des soins. Il s’est créé ces dernières années des hôpitaux dits « internationaux » où la qualité de soins est sans doute meilleure mais où les prix sont surtout très élevés. De quoi vous mettre sur la paille en quelques jours (les exemples ne manquent pas, même parmi les expats). Une opération chirurgicale, ce sera plusieurs milliers de dollars.. Rien à voir donc avec la vie bon marché que vous trouverez par ailleurs. Pour une raison simple, ces hôpitaux, même d’apparence publique, sont gérés sous un régime de droits privés. Et ici, on ne fait pas crédit. Vous devrez payer d’avance les soins, et sans argent, vous n’aurez pas les soins attendus.
Il y a quelques années, je suis resté dans le coma 2 heures à l’extérieur du service des urgences, le temps que mes amis rassemblent une centaine de dollars nécessaires à l’hospitalisation.. Forcement, ce type d’expérience fait réfléchir..
Sans couverture, pas question non plus d’imaginer un transfert dans un autre hôpital ou à l’étranger.. un transfert médicalisé de Hué vers Bangkok, pourtant juste à 800 km, c’est 30.000 usd minimum..De même, si vos proches doivent venir à votre chevet, ce sera pour leur poche..

De retour en France, vous pourrez vous faire rembourser une partie des frais engagés par la sécu. Mais le remboursement se fait à hauteur maximale de 80% et sur la base des tarifs français, qui peuvent être allégrement dépassé à l’étranger. Et bien sur, sur la base des factures, ce qui n’est pas toujours facile à obtenir ici.

Conseils :
– Passer le permis A1 en France, environ 700 euros pour 20 heures de formation,
– Ne pas oublier le permis de conduire international (valable 3 ans, fait par correspondance).

Assurance ou pas, il faut rester prudent !
Même si vous ne suivez pas mes conseils, ne tentez pas le diable.. Protéger vos bras, jambes et pieds, roulez moins vite que les vietnamiens et faites particulièrement attention aux priorités à droite… Évitez de rouler la nuit car les conducteurs éméchés sont nombreux. Et investissez dans un casque digne de ce nom ! il existe des casques à 15/20 euros qui sont autrement meilleurs que ceux du loueur .. Et lors de la location de la moto, mieux vaut signer un contrat avec le prix et la valeur de la moto en cas de perte ou de vol (une moto neuve type Honda wave taxes incluses vaut 1000 euros max)…

Que faire alors si vous avez vraiment envie de faire de la moto sans le permis ?
Vous pouvez opter pour un vélo / scooter électrique ou une 49cc type SuperCub qui ne nécessitent pas de permis moto. Mais je n’en ai jamais vus à la location.
Reste enfin la conduite en moto taxi (les fameux « xe om ») ou en Easy Riders.. là, dans tous les cas, en cas d’accidents, avec votre assurance internationale, vous serez pris en charge.. Parcourir le pays avec des professionnels équipés de bonnes motos, comme les Easy Riders, restent la meilleure formule pour les « prudents ».

A bon entendeur, salut !

PS: ce post est pour les français uniquement, les accords étant différents avec les autres pays, y compris européens.

PS2 : en cas de conduite d’une moto (<175 cc) sans permis de conduire valable, vous serez redevable d'une amende officielle de 1,2 millions de VND maximum en cas de contrôle de police. Le loueur de moto peut aussi être tenu responsable.

Compléments: en avril 2019, un américain de 42 ans a été condamné à 3 ans de prison à Saigon pour avoir tué un cycliste en moto. Il était en état d’ébriété et n’avait pas de permis de conduire valide.

Additif Août 2019: la police de Saigon a désormais ordre de contrôler les étrangers à moto. En cas d’absence de papiers en règle, le véhicule est immobilisée et une amende est due. Il est probable que d’ici peu, toutes les polices des grandes villes vont faire de même…

Festival de Hué 2018

Affluence des grands jours pour la nouvelle édition du Festival de Hué, qui a lieu tous les 2 ans du 29 avril au 2 mai. La France est aussi présente avec un super concert du groupe Berywam. Cette année, le festival est davantage hors les murs de la citadelle, avec de nombreuses animations sur scène ou dans la rue.


Troupe du Nord Vietnam ou l’on reconnait des Thai blancs et des hommes Dao rouges.. Les artistes peuvent avoir le sourire: ils ont été invités pour une tournée en Espagne et en Italie.


Une beauté Hmong au milieu de Thai blanc


Préparation de la coiffe d’une artiste chinoise

60 ans de sacerdoce pour le Père Etcharren

Les Vietnamiens ne font jamais les choses à moitié : pour le jubilé du Père Etcharren, il y avait dans la cathédrale Phu Cam de Hué plus de 12 évêques, 200 prêtres et séminaristes, quelques moines et beaucoup de religieuses.


Avant la messe, des enfants, déguisés en religieux, rejoue la vie du Père Etcharren.

Il faut dire que le Père Etcharren n’est pas un inconnu ici. Apres avoir été ordonné prêtre aux Missions Étrangères de Paris (MEP) à l’age de 25 ans, il arrive comme missionnaire la même année au Sud-Vietnam, 3 ans après le départ des français. Quel accueil les vietnamiens allaient-ils lui faire ? C’était sa grande préoccupation. Finalement, tout se passa bien.. Il apprend le vietnamien puis devient vicaire à Notre Dame de Lavang en 1959. Puis il passe quelques années comme professeur à Hué, d’abord au Collège de la Providence, puis au petit séminaire du diocèse. Il est ensuite nommé curé de Dong-ha et responsable du district du 17ème parallèle. En 1972, il accompagne les réfugiés de son secteur au camp de Hoa-khanh, près de Da-nang, puis, en 1973, s’occupe de la réimplantation de ces réfugiés dans la province de Binh-tuy. En 1975, il doit quitter le Vietnam. De retour en France, il s’occupe de l’accueil des réfugiés vietnamiens. Il occupe ensuite différentes fonctions au sein des MEP jusqu’à en devenir le Supérieur Général de 1998 jusqu’en 2010.

A présent, il prend sa retraite sur les terres de sa mission, à Hué. Il ne sera pas seul, car il existe de nombreuses congrégations religieuses ici, et notamment les Amantes de la Croix qui viennent de fêter leur 350 années de fondation par les MEP.

La Manufacture d’Opium de Saigon

L’un des bâtiments les plus emblématiques de la colonisation en Indochine est certainement celui de la Manufacture d’Opium. C’est d’autant plus intéressant qu’une partie des bâtiments existe toujours, et notamment le porche d’entrée avec sa grille en fer forgé. Sur celle-ci, on peut encore voir les 2 lettres entrelacées « M O », pour Manufacture d’Opium. L’entrée de ce site est située en plein centre de Saigon, à quelques pas de l’arrière du théâtre de la ville. Le « 42 rue Paul Blanchy » s’est mue aujourd hui en « 74 Hai Ba Trung ».
Pour combien de temps encore les vestiges de ce lieu survivront-ils à la pression immobilière et aux incessants soubresauts de la ville ? Probablement pas longtemps, raison de plus de s’attarder un peu sur ce lieu.


L’entrée de la Manufacture d’Opium. Photo collectée par Manhhai sur Flick.


L’emblème de la Manufacture

Avant que les français posent le pied en Indochine en 1858, l’opium était déjà fumé localement, essentiellement par les chinois présents sur place.

Les français comprirent vite le parti financier qu’ils pouvaient tirer de l’opium. Au tout début, faute de compétences et de moyens, un système d’affermage fut mis en place.
En 1881, le Gouverneur Général décida de substituer à la ferme de l’opium le régime de la Régie directe. Cette organisation devait enrichir davantage la colonie et soustraire aux corporations chinoises une activité sensible.


L’un des premiers fermiers de l’opium pour le Tonkin en 1887, René de Saint Mathurin. Source internet

L’achat, la fabrication et la vente de l’opium deviennent ainsi un monopole. On bâtit donc à cette date la Manufacture d’Opium de Saigon qui devient pleinement opérationnelle pour la Cochinchine le 1er janvier 1882.
Au gré des traités de protectorats signés en Annam, au Tonkin et au Laos, les fermes royales sont abrogées et les manufactures de Luang Prabang et de Haiphong sont fermées en 1897.
En 1899, l’exploitation de la manufacture de Saigon est confiée à l’Administration des Douanes. De là commence un commerce florissant qui ne cessera véritablement qu’au départ des français en 1955.


Photo prise en 2016

« Cette fabrique d’opium [..] est une des curiosités de Saïgon. Le promeneur qui, dans la quiétude des matins radieux, circule en pousse du haut de la ville vers la rivière, sous les arbres au ton vert de pastel, lorsqu’il approche des quais de la Marine, est saisi aux narines par une étrange senteur, humide et vireuse, troublante et délicieuse à certains. Elle trahit, pour l’initié, le voisinage de la paisible manufacture d’opium de l’Indochine, le seul établissement officiel de ce genre avec celle de Java ».

La manufacture d’opium comprend un entrepôt général, un laboratoire, une bouillerie, des ateliers de pesage, soudage et vernissage des boîtes de cuivre qui servent pour le conditionnement de l’opium.


Collection Life

Sur la porte d’entrée de la manufacture, on pouvait lire la devise républicaine « Liberté,Egalité, Fraternité » (Revue le Chistianisme social, 1926)

Lors de l’exposition coloniale de Marseille en 1906, une maquette de la manufacture avait été reproduite. On distribuait également une plaquette artistiquement imprimée et illustrée pour vanter la supériorité de l’opium national sur l’opium fabriqué dans les autres pays (Revue le Chistianisme social, 1926)


Fac similé de la brochure de 1906 (collection personnelle)

Le service des Douanes a seul le droit d’acheter l’opium soit à l’étranger, soit dans la Colonie où les particuliers qui désirent se livrer à la culture du pavot doivent obtenir l’autorisation administrative et sont tenus de vendre à la Régie la totalité de leur récolte.

Dans les 20 premières années de son exploitation, l’opium brut acheté par la manufacture de Saigon provient d’Inde et de Chine. En effet, l’Indochine ne produit presque pas d’opium à cette époque. L’opium dit « noir » est celui de Bénarès. Plus fort et plus odorant, il est le préféré des gros fumeurs, surtout des Chinois. L’autre provient du Yunnan, une province chinoise située jusqu’au dessus de l’Indochine. Cet opium est appelé « opium blanc ».Il est moins estimé et sa valeur marchande est plus faible.

L’opium est traité à Saigon suivant la méthode cantonaise. L’objectif est de transformer l’opium brut en opium à fumer (appelé « chandoo »). Pour avoir un ordre d’idée, il faut 350 kilos d’opium brut pour obtenir 250 kilos de chandoo

Les ouvriers, exclusivement chinois, se transmettent leur savoir faire année après année. On les appelle les « bouilleurs ». Ils sont au nombre de 60 environ, divisés en 2 équipes, l’une pour le matin, l’autre pour l’après midi. Tout se passe dans un silence presque absolu. La cloche de cuivre règle depuis 1900 la vie de la manufacture. Elle sonne l’heure de la relève et nulle interruption ne se produit dans le travail.


Arrivée des boules d’opium. Source internet

Il faut 3 jours pour transformer l’opium brut en un opium destiné à être fumé après vieillissement.

Dans le journal « Le Colon Français », paru en 1929, on peut lire:
« La fabrication de l’opium à fumer comporte une série d’opérations qui se répartissent sur trois journées :
1ère journée: ouverture des boules ; 2èmejournée ; cuisson de l’opium et son épuisement par l’eau ; 3ème journée : filtration des liqueurs »

« C’est dans un vaste hall que se déroulent, au sein d’une atmosphère saturée de chaude humidité et de l’entêtante odeur opiacée, ces diverses besognes. A l’une des extrémités de la grande salle, des caisses entassées pleines de boîtes d’opium apportées là pour différentes raisons : saisies de contrebande, fermentation ayant fait éclater les boîtes, etc. Des hommes accroupis vident celles-ci dans des récipients, d’où le liquide sirupeux sera transvasé dans les cuves semi-sphériques ou il devra subir un autre traitement. »


Sortie des ouvriers – photo internet

« A l’autre bout, une rangée de grandes cuves en cuivre, dont trois surélevées. Au milieu, sur l’un des côtés, d’autres cuves plus petites, au nombre de quatorze, mobiles celles-là, et posées sur des foyers. Le moment venu, dans ces ustensiles d’une singulière cuisine, des hommes au torse nu, armés d’une pelle en bois, pétriront, malaxeront, suant, à la lueur ardente des charbons, une pâte noire et visqueuse. » […]

« Il est décortiqué, dans une journée, dix caisses ou 400 boules d’opium. » […]

« On a quelque peine à s’imaginer que le produit sorti de cette calme et laborieuse petite usine fait l’objet dans le monde, de l’adoration des uns, de l’exécration des autres ».

On peut lire aussi en 1938 dans l’un des bulletins des Amis du Vieux Hue un article rédigé par le Docteur Gaide : « De toutes les manipulations, la plus ingénieuse et la plus essentielle est certainement celle du crêpage. C’est à ce moment, surtout, que l’opium perd complètement son odeur d’origine pour prendre un parfum spécial, fin, délicat, flagrant, qui rappelle à la fois celui de la violette et de la noisette. Cette senteur si agréable est tellement prisée par certains Chinois [..] que c’est une des causes qui attache le fumeur raffiné à l’usage de l’opium. »

« Son arôme ne sera donné que par la fermentation. C’est la dernière opération. On répartit l’opium dans des récipients cylindriques de 250 litres, où il vieillit quatre à six mois. L’action de l’emmagasinement sur la qualité de l’opium est très importante à considérer : l’opium augmente, en effet, de valeur avec l’âge, bien plus rapidement que le vin de Bordeaux le mieux réussi. Un opium de 3 ans […] est la chose la plus délicieuse que puisse se procurer un fumeur ».


Intérieur de la manufacture, source Archive Nationale d’Outre Mer

La Régie met l’opium à la disposition du public dans des petites boites en cuivre de 100, 40, 20, 10 et 5 grammes. Les couleurs bleue et rouge distinguent l’opium du Yunnan de celui de Bénares.

Les prix de vente au détail sont fixés par les autorités. Les débitants, dument habilités, bénéficient d’une remise de 4,50 % sur le prix de vente aux particuliers.

En 1931 ; il existe 5 qualités d’opium: « Concentré », « Luxe », « Indien », « Etoile » et « Local », chacune déclinée dans tous les conditionnements existants. 3 prix dérogatoires existent pour la qualité « Local » pour les zones de production, le haut Tonkin et le Laos, ou des zones facilement accessibles à la contrebande comme la baie d’Halong.

Les débitants habilités sont identifiés grâce à une signalétique extérieure, R.O pour « Régie d’Opium », qui se distingue des « R.A » pour « Régie d’Alcool », autre monopole mis en place par les français.

Un ancien aumônier militaire raconte en 1910 ses souvenirs : « Avec quelle joie, au cours de longues tournées dans ce pays [..], voyais-je d’abord au-dessus d’une case, dans un misérable village de la brousse, flotter un petit drapeau aux couleurs françaises : mais avec quel serrement de cœur, en approchant, pouvais-je lire sur la partie blanche les deux lettres : R. O. Régie de l’opium. Le débitant de poison était souvent, à bien des lieues à la ronde, le seul représentant (indigène en général) de l’administration française ! » (Foi et vie, 1910, jacques Pannier)

Mais qui sont donc les fumeurs ?

En 1930, la Douane estime à 54.000 fumeurs habituels d’opium en Indochine sur une population totale de 18 millions, dont 5 millions d’hommes en âge de fumer. Ce sont principalement les chinois qui fument. La moitié de la production d’opium est fumée dans la ville de Cholon qui concentre à elle seule 50% de la population chinoise de la colonie. Les autres fumeurs sont certains « indigènes » fortunés, quelques français et des habitués vivants à proximités des zones de production.


Extrait de l’annuaire de l’Indochine en 1934, ville de Saigon

D’autres sources estiment à 100.000 le nombre de fumeurs dans toute l’Indochine et 2500 fumeries d’opium en 1940.

On fume donc principalement en Cochinchine ou s’écoulent, en 1930, 38 tonnes, pour 15 tonnes au Cambodge, 6 tonnes au Tonkin, 5 tonnes au Laos et idem pour l’Annam.

La vente d’opium est surtout une bonne affaire pour les finances de l’Indochine, puisque le monopole contribue en moyenne pour 25% du budget, ce qui est considérable.

Bien évidemment, de nombreuses critiques se sont élèvés contre ce commerce atypique. C’est ce que nous verrons dans une seconde partie.

Nouvelle vente aux enchères dédiée à l’Indochine

Une nouvelle vente aux enchères aura lieu le 9 avril 2018 à Drouot, organisée par la maison Art Valorem.

On y trouvera de nombreux albums de photos que possédait la famille d’Eugene Charles, Gouverneur de l’Indochine et précepteur du futur Empereur Bao Dai. Des photos de Bao Dai et de sa femme, Nam Phuong, tout au long de leur vie en Annam ou en France. On y verra notamment des photos de l’intérieur du chateau de Thorenc, à Cannes, détruite en 1968.


Acceuil de Nam Phuong au Col des Nuages quelques jours avant son mariage. Echange croisé de regards entre Tu Cung, la mère de Bao Dai, et Nam Phuong, que tout oppose…

L’une des pièces la plus intéressante de la vente est un appel à la résistance contre les français signé du roi Ham Nghi. Cette pièce est une calligraphie sur soie saisie par les français quelques mois après l’arrestation de Ham Nghi en 1889. Le texte précise que les signataires disent avoir l’appuie de l’Allemagne pour chasser les français. Ils demandent le soutien du peuple et des mandarins de Cochinchine ainsi que des moyens financiers pour mener à bien la résistance. La traduction complète du document est fournie dans le catalogue de la vente. Adjugé pour 22.000 euros.

Un superbe manteau de cour en satin datant des années 1860-1880, offert à priori par l’ Empereur Tu Duc à un haut fonctionnaire français. On retrouve les motifs traditionnels de l’Annam, comme le dragon, les nuages et de nombreuses fleurs. Les 2 ailes à l’arrière sont typiques des tenues mandarinales d’apparat. Adjugé pour 3000 euros.

Sera mis en vente aussi ce tableau signé par Jean Adolphe Chudant (1860-1929). On ne lui connait pas d’autres tableaux de l’Indochine que cette petite toile (33cm * 41 cm). Peinture à l’huile très colorée sur un intérieur asiatique inspiré, semble-t-il, d’un séjour à Hanoï. Adjugé pour 2.800 euros.


Lien pour accéder au catalogue de l’exposition :

http://www.artvalorem.fr/html/index.jsp?ordre=2&npp=20&id=89954&lng=fr&np=1

Vive l’autocuiseur à riz !

L’humidité de Hué a eu raison de notre plaque électrique… Personne n’a pu la réparer et on n’avait pas envie de se précipiter pour en racheter une autre.. Alors j’en ai pris mon parti pour se familiariser avec un outil que toutes les familles asiatiques possèdent mais que personne ne connait en France.

Quand on discute avec les étudiants vietnamiens qui partent en France, on est surpris d’apprendre qu’ils emmènent leur « rice-cooker » dans leurs bagages ! Etonnant !

Alors il me fallait expérimenter cet appareil sous toutes les coutures..


Notre premier « enfant » lorsque nous avons enmenagé dans notre maison, il y a 4 ans..

D’abord c’est très simple, comme l’aiment les gens d’ici.. deux positions, cuisson et réchauffage. Lorsque le couvercle est fermé, on cuit à la vapeur mais sans les contraintes de la cocotte minute qui implique de connaitre les temps de cuissons. Ici, on ouvre le capot pour vérifier si c’est cuit ou non.. C’est rapide et efficace. Cuisson à la vapeur ou à l’eau des légumes, des patates, préparation des soupes, tout y passe !

Comme sa surface est anti adhésive, style téflon, on peut s’en servir comme une casserole. On peut cuire les pates, faire des currys ou préparer de la crème au chocolat.. Pour mijoter, on peut jouer avec l’interrupteur « cuisson / chauffage » pour éviter une trop forte température. Et si on laisse le capot fermé après avoir débranché l’appareil, la cuisson continue pendant de nombreuses minutes..

Comme une poêle, ca marche aussi. On peut cuire les aliments en ajoutant un peu d’huile.. Ses haut bords évitent les éclaboussures.. La cuisson est rapide. Pour les œufs aux plats, ca marche aussi même s’il faut aller à la pêche avec une spatule pour les récupérer..

Le nettoyage est rapide car le bol à l’intérieur s’enlève.. un coup sous le robinet avec une éponge, et c’est fini..

Ah, j’allais oublier ! On peut aussi faire cuire le riz !

Apres 3 mois d’utilisation quotidienne, je suis vraiment convaincu. Un outil multi taches qui se suffit à lui-même, d’où l’intérêt pour les étudiants qui n’ont qu’une chambre. Beaucoup moins salissant qu’une plaque électrique. Bon, bien sur, ça ne vaut pas un Thermonix…. mais le prix n’est pas le même.. Au Vietnam, un autocuiseur avec un vraie couvercle pour la vapeur coûte entre 12 et 20 euros…

A vous de tester !