Hanoi: vive la bière pression « bia hoi » !

L’été est chaud à Hanoi et rien ne vaut une bonne bière pression prise dans les gargotes le long des rues.. Cette tradition avait tendance à disparaître ces dernières années mais elle est revenue en force depuis quelques temps… Une brasserie alimente désormais les distributeurs, préservant les clients de tout défaut de qualité..


La pression … est manuelle, et la réfrigération est assurée par un gros bloc de glace sur le fut !

La bière est légère, pas chère (7000 vnd le verre, soit 30 centimes d’euros), assez fraîche.. Les habitués en raffolent et les établissements font le plein à toute heure de la journée… On y vient aussi avec ses bouteilles en plastique pour ravitailler ses collègues… Ah la belle vie… Pourquoi donc cela n’existe pas en France ?

Le Parti fait le Printemps..

Au Vietnam, les panneaux de « propagande » ne manquent pas d’imagination …
Le slogan de ce panneau est « le Parti [communiste] c’est le Printemps, le soleil qui façonne [bâtit, construit] la vie nouvelle.. »

Festival d’art traditionnel de Hué

Quelques photos de ce festival qui se déroule tous les 2 ans. C’est l’occasion de découvrir l’artisanat local et de revoir quelques jolies visages…


Les « miss » sont de sortie, pour le plaisir des yeux !


Défilé de cloture, en ce 1er mai, sous la pluie…


Grosse affluence locale durant les 4 jours du festival, le long de la rivière des parfums..


Bel exemple de marqueterie


Les enfants ont participé aussi à leur manière au festival en imaginant ces ao dai de papier..


Exposition de cerf-volants dans l’enceinte des très belles maisons coloniales dorénavant ouvertes au public


Superbe expo organisée par la France sur le thème du textile d’ici et d’ailleurs..


Et comme nous sommes à Hué, pas de manifestations sans rendre hommage aux ancêtres. Ici, on remercie les « anciens », tous les artistes et artisans, d’avoir transmis leurs savoir-faire aux générations futures.

J’ai testé la médecine traditionnelle…

La médecine traditionnelle est encore très populaire au Vietnam. Il suffit de voir le nombre de pharmacies le long des rues pour s’en rendre compte. Mais elle est aujourd’hui en perte de vitesse, concurrencée par la médecine occidentale.


Une pharmacie traditionnelle

En général, les médicaments occidentaux ont des effets immédiats, et couvrent tout type de maladies, tandis que la médecine orientale agit plutôt sur les causes et donc dans la durée.

En parler, c’est bien, le tester, c’est mieux ! je suis donc allé (accompagné..) dans un centre très connu à Hué, qui dépend de la pagode à coté du restaurant Liên Hoa, où opère un bonze très réputé en matière de médecine traditionnelle (également en acupuncture).

Comment souvent au Vietnam, plusieurs patients partagent la même salle de consultation. L’intimité n’est pas la spécialité de l’Asie. L’auscultation porte uniquement sur le pouls. Le « maître » prend votre pouls longuement et à plusieurs reprises. Cela prend plusieurs minutes. Son appréciation de la situation terminée, il pianote sur son ordinateur pour sélectionner les produits et le dosage adaptés à votre situation. Pendant ce temps là, ses assistants prennent à leur tour votre pouls pour « se faire la main »… Souffrant d’un diabète de type 1, j’y suis allé par curiosité, pour voir si des produits naturels pouvaient se substituer à l’insuline. Le « maître » a trouvé que je souffrais du cœur, de l’estomac, de la moelle ( !), du foie et même des poumons !! Un bilan de santé prouvait tout le contraire récemment..

La consultation est gratuite mais pas les médicaments. L’ordonnance d’une quinzaine de produits a donc été donc transmise à la « pharmacie » qui dépend du centre de consultation. La plupart des produits viennent de Chine.


Préparation d’une ordonnance

Le préparateur puise dans chacun des bocaux en verre les différents produits puis les répartit suivant le nombre de prises, deux fois par jour en général, sous forme de petits paquets.


Les petits paquets

La préparation peut se faire chez soi sous forme d’infusion. Mais dorénavant cette contrainte peut être levée : dans ce cas, c’est le pharmacien qui procède à l’infusion puis vous délivre des petits sachets plastiques à ouvrir puis à boire. Pratique !


Les préparations toutes prêtes

L’ordonnance est faite pour un traitement de 10 jours. Cela m’a coûté 800 Kd, soit 30 euros environ, ce qui est très cher pour les vietnamiens, d’autant plus que cette médecine doit être utilisée sur le long terme.

Pendant donc 10 jours, j’ai consciencieusement pris mes médicaments. Le gout est assez curieux mais pas totalement désagréable. J’ai essayé de déchiffrer l’ordonnance, et j’ai trouvé des produits toniques, rafraîchissants, des dépuratifs, des produits masticatoires…

Après prise de renseignement auprès des plusieurs vietnamiens, il s’avère que la médecine traditionnelle est inopérante en matière de diabète de type 1… Mais en Asie, bonze ou pas bonze, maladie égale souvent business et soigner un étranger est un bon moyen de gagner de l’argent facilement!

Certains vietnamiens de ma connaissance utilisent cette médecine, mais après plusieurs mois, succès ou pas, ils sont souvent obligés d’arrêter, faute de moyens suffisants.

Si vous souhaitez en savoir plus sur la médecine traditionnelle, je vous conseille de visiter l’excellent musée privé Fito à Saigon, situé 41 rue Hoang Du Khuong, quartier 12, district 10 (http://www.fitomuseum.com.vn).

Se soigner, mais à quel prix ?

Pour se rendre compte de l’importance de la classe aisée dans un pays en voie de développement, il faut aller se promener dans les cliniques privées. Au Vietnam, il en existe de plus en plus à Saigon et à Hanoi, cherchant à séduire les riches vietnamiens et les quelques expatriès. Là ou une consultation ordinaire en ville coûtera 3 euros maximum (70 kd), il vous en coûtera au moins 37 euros dans une structure privée (1000 kd), donc plus cher qu’en France.. C’est le prix pour entendre parler sa langue, se faire ouvrir la porte d’entrée par un voiturier et être accueilli par un personnel en nombre.. pour la qualité des soins, difficile de juger, mais on n’est jamais sûr de rien..


L’hopital Franco Vietnamien de Saigon

A l’hopital Franco Vietnamien, on y trouve aussi une boutique souvenir. Et des conditions de travail à faire rêver plus d’un hospitalier en France ! Coté médicament, admettons que c’est parfois le seul endroit où l’on trouve ce qu’on cherche.. mais l’absence de prix fixés par l’administration fait valser les étiquettes.. Ainsi, une boite d’aiguilles que j’achète ordinairement à Saigon à 7 euros est vendue à l’hopital FV 37 euros … En France, elle est tarifée à 19 euros. Quand on a la sécu francaise ou une mutuelle basée sur les prix français, on a donc tout intérêt à être vigilant…
Quand aux prix des chambres, on voit des journées à 1000 dollars, soit 4 fois le salaire moyen mensuel à Saigon…

Sur la route de Dalat, en passant par Bellevue…

La route de Tour Cham à Dalat a été construite au début des années 20 pour rallier la nouvelle station d’altitude de Dalat située à presque 1500 mètres d’altitude. Un peu plus tard, à la fin des années 30, c’est le train qui amènera les voyageurs jusqu’à la bas, dont une partie du tronçon est à crémaillère…

Durant l’été 1943, la jeune claudie Beaucarnot voyage en voiture avec ses parents à travers l’Indochine. Son pére, directeur de la société « Les Tuileries d’Indochine », emmène sa famille de Hanoi à Saigon à la faveur d’une tournée d’inspection. Claudie y tient à jour un merveilleux petit journal de vacances…

Le récit complet, ainsi que de nombreux additifs, est disponible sur le site http://www.bucknell.edu/Beaucarnot/diary.shtml

Voilà l’occasion de découvrir cette route qui existe toujours sous son tracé d’origine, et de suivre une partie de l’itinéraire à travers le récit de claudie Beaucarnot

« Nous attaquons la montée de Bellevue. On s’arrête à l’ombre d’un banian, dans un coin charmant. Plus bas coule un torrent. On prend de l’eau. Papa s’étonne de l’absence de votiques dans l’arbre. Car pour les Annamites, le banian est un arbre sacré. On voit toujours des pots de chaux accrochés aux branches des banians et souvent on trouve un petit autel devant. Mais c’est qu’ici, nous sommes en pays Moï: les croyances sont différentes. Les Moïs vénèrent d’autres divinités. »


Un pont de fer, sans doute construit par la société Eiffel qui en a vendu des milliers ici… Ce pont était celui du train.

« Un tournant et nous voyons la route en lacet que nous venons de grimper. Et dans la plaine, au milieu de la forêt, on voit
une longue traînée grise. C’est la route que nous avons prise. On aperçoit la crémaillère de temps en temps au dessous. Voilà, le kiosque de Bellevue écrasé sous les bougainvilliers. Quelle vue splendide d’ici ! »


Sur la route qui mène à Bellevue. Hélas, à Bellevue, je n’ai pas vu trace du kiosque …

« Nous arrivons à l’Arbre Broyé, but de notre voyage et où nous devons passer quelques jours dans un chalet que nous
avons loué pour les vacances. Il y a des cabanes en bois. On se croirait dans la forêt canadienne. Notre petit chalet ne
paie pas de mine extérieurement: il est en bois recouvert de paillote. Mais l’intérieur est mignon, propre et coquet. Tout est clair: les meubles, les rideaux aux fenêtres etc. … Malheureusement, il n’y à ni l’eau ni l’électricité. Papa s’empresse de nous mettre des lampes qu’il branche sur les accus de la voiture. Nous voilà éclairés.
Pour l’eau, ce sera plus long et plus difficile, la source étant assez éloignée. Mais nous y pourvoirons. »


Des maisons en bois, il en reste beaucoup ..

« Par ici toutes les maisons sont en bois: planches ou rondins. Dans la forêt, on fait des coupes de bois. Après la forêt, ce sont des vallons tous cultivés (thé).


Le charme de l’altitude….

La plantation de thé de l’arbre broyé..

« Voici Entre-Rays. Sa petite église en bois ressemble de loin à un jeu de construction. Nous dominons partout les
montagnes couvertes de pins qui ont l’aspect de cèdres »

La petite gare d’Entre-rays.. un bâtiment qui existe toujours, même si les rails ont été démontés depuis longtemps…

« Puis c’est la petite gare du Bosquet au milieu des pins avec ses petites maisons de bois de chaque côté de la route. Nous passons au milieu des plantations de quinquina de l’Institut Pasteur.

La gare du Bosquet, terminus de la ligne qui fonctionne toujours pour les touristes au départ de Dalat.

« Papa vient me chercher et nous retournons à la gare attendre notre train. Nous entrons dans le fourgon postal juste
derrière la locomotive. Et la montée s’effectue, lente, toute cahoteuse à cause de la crémaillère. Par la voie ferrée la vue
est beaucoup moins belle que par la route. Nous arrivons juste avant la nuit à l’Arbre-Broyé. Quel chic dimanche »

« Papa me montre les deux collines entre lesquelles on devait construire un barrage pour inonder la plaine de Dran. Cela aurait fait un lac immense dont le niveau serait monté jusqu’à la cheminée de la scierie Aviat. Les Grands Travaux d’Extrême-
Orient devaient exécuter ce travail dont le projet avait été fait plusieurs années avant cette guerre. Tout est cultivé dans cette vallée qui s’étend sur une cinquantaine de kilomètres de longueur »

Ce barrage sera finalement construit en 1962 avec des capitaux japonais. Les autorités coloniales, en la personne de l’Amiral Decoux, lanceront néanmoins le barrage d’Ankrouet, près de Dalat. Il sera inauguré en 1945.


L »arrivée à Dalat….