Cambodge: douceur de vivre à Kampot…

Non loin du Bokor, cette petite ville construite par les francais va probablement se transformer rapidement dans les prochaines années… Un peu à la manière de Savannaket, sa lointaine cousine du Laos qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau (même architecture, même mode de transport, même plan urbain)..

Les étrangers sont de plus en plus nombreux à s’installer dans cette bourgade. Il y fait bon vivre, au bord du fleuve, et la ville a conservé jusqu’ici une bonne partie de son architecture coloniale.

Savez vous qu’il y avait ici 13 fumeries d’opium en 1934?

Certaines maisons sont transformées harmonieusement en restaurants voire en hotels de charme…

Même la prison n’a pas changé d’affectation..

Quant au pont en fer, même s’il est à présent doublé par un autre plus solide, il sert toujours..

Le poivre de Kampot, dont la qualité était reconnue sur toutes les tables françaises autrefois, renait tout doucement..

La douceur de vivre de Kampot…

Sur les traces de Marguerite Duras au Cambodge

Les touristes qui passent au kilomètre 184 sur la route de Phnom Penh à Sihanoukville savent-ils que la famille Donnadieu habitait là régulièrement entre 1924 et 1935 ? Cet endroit est le lieu d’inspiration du livre « Des barrages contre le pacifique » publié par Marguerite Duras en 1950. La mère de Marguerite, veuve depuis peu, obtient une concession en bordure de mer. Elle y construit des « barrages » avec des moyens de fortune pour protéger ses terres de l’eau salée.. Mais un jour, la mer finit par gagner la bataille et la famille est ruinée..

Une stèle est apposée en mémoire de Marguerite Duras, le long de la route, sur l’emplacement du bungalow. Les rizières obtenues en concession sont, elles, situées à plusieurs kilomètres de là, proche de la mer.

Mais pourquoi diable la mère de Margerite Duras a –t-elle décidé de se lancer dans la culture du riz ? C’est la question qui me taraude depuis la visite des lieux.

Dans la littérature coloniale de cette époque, on peut lire « les terrains du Cambodge ne sont encore que très faiblement mis en valeur. Sur une superficie de 10 millions d’hectare, il n’y a pas encore 1 million d’hectares mis en culture tant par les indigènes que par les Européens.. ». Et encore « La colonisation européenne au Cambodge est presque exclusivement réservée aux grandes sociétés dotées de moyens financiers d’exploitation puissants et travaillant sur des concessions étendues. La petite concession de moins de 300 hectares est rare. Cela provient de ce que le Cambodge avec son climat chaud et épuisant n’est pas un pays de colonisation pour l’Européen. Il n’est pas possible de voir naître ici le petit colon qui s’installe définitivement comme cela se produit dans d’autres colonies. Les seules cultures faites dans les conditions industrielles par l’Européens sont le riz et le caoutchouc. » (L’indochine Moderne, 1934)

Dans ce coin perdu, peu de colons. Le plus connu est Henry Chavigny de Lachevrotiére, journaliste, homme politique, ardant défenseur de la présence française en Indochine. Mais lui est riche (il possède d’importants hôtels à Saigon) et a obtenu une concession de 1100 hectares, dont à peine 10% sont mis en culture en 1934…

Les rendements eux même sont, toujours à cette époque, 3 fois plus faibles que ceux de la région de Battambang … La région de Réam est excentrée. Il n’y a que 2 bus par semaine pour aller à Phnom Penh et la province ne compte que 71 européens…

N’était il pas plus simple de s’installer à Saigon et d’ouvrir un petit commerce ?

La dureté du verbe utilisé par Marguerite Duras contre les colons qui obtiennent d’importantes concessions est aussi totalement incompréhensible. Elle défend les petits paysans qui sont expulsés de leur terre, mais en même temps, la famille rêve d’obtenir une concession de « qualité » sans bourse délier…

L’échec est donc avant tout lié aux mauvaises décisions prises par Madame Donnadieu. Mais paix en son âme, car sans cela, il n’y aurait sans doute pas eu de succès littéraire !


Image tirée du film de Rithy Panh sorti en 2008

Aujourd’hui, les « barrages » ont été construits, grâce aux aides européennes et la région est l’une des plus fertiles du Cambodge. Ainsi, avec un peu de décalage, le « pari » de Madame Donnadieu a réussi…


Les rizières aujourd’hui.. au fond, le massif de l’Eléphant.. le Bokor n’est pas très loin…

Festival Hué: rendez vous en 2014!

Ainsi s’est achevé hier soir le festival avec une cérémonie de clôture où une place importante était donnée à Cuba, la Mongolie et la Russie… Il ne manquait plus que la Corée du Nord !

L’édition 2012 aura été un grand cru: temps exceptionnel, organisation parfaite, programmation de qualité.. La plupart des visiteurs sont des vietnamiens ou des asiatiques, avec un nombre encore restreint d’occidentaux. J’espère que ce blog contribuera à encourager les européens à venir plus nombreux lors des prochaines éditions. Seul regret, une programmation presque exclusivement en soirée, où il est impossible de « tout voir ». Un festival annuel, moins ambitieux, serait à mon avis beaucoup mieux…

Parmi les grands « show », j’ai bien aimé la nuit impériale (20 euros inclus le repas « royal ») et les défilés d’ao dai (6 euros)… La reconstitution de la cérémonie du Nam Giao a été un peu décevante, car sans défilé ni éléphants cette année…

L’accès à la citadelle (2 euros) permet de voir une quantité impressionnante de concerts et de danses, tant vietnamiennes qu’étrangères. Il y a aussi de nombreux spectacles gratuits à travers la ville.

Feu d’artifice pour la cérémonie de clôture.

Festival Hué: diversité des cultures…

Ce samedi fut la journée des familles !! Ce festival est d’abord vietnamien, et nombreux ceux qui viennent assister aux spectacles par curiosité. Cela est parfois comique, un peu agaçant quand même lorsqu’il s’agit de concerts de musique sacrée… ainsi, la troupe française Stradivaria a eu bien du mérite d’interpréter une oeuvre baroque chantée (Stabat Mater de Giovanni Battista Pergolesi du XVIIIéme siècle) au milieu du va et vient incessant des spectateurs.
Mais c’est oublier que le théâtre annamite était autrefois un lieu où les spectateurs riaient avec force, mangeaient, entraient et sortaient constamment…

Ci dessous, spectacle Philippin avec une troupe venue de l’île de Mindanao

Décors magique pour sublimer les chansons de Trinh Cong Son, artiste vietnamien très populaire, mort en 2001.

Festival Hué: Soirée Orientale

La nuit Orientale est une présentation des costumes traditionnels des pays asiatiques. Ce spectacle est particulièrement apprécié et se déroule chaque soir dans le cadre majestueux de la cité interdite.

Les visiteurs sont accueillis par de jeunes Vietnamiennes richement dotées de lanternes..

Le Japon et ses ombrelles…

Le Vietnam et ses Ao Dai..