Rencontre d’autres cultures

Être dans une école internationale permet d’aller à la rencontre d’autres cultures et de mieux comprendre comment vivent les uns et les autres. C’est aussi l’occasion de constater combien nous avons la chance, sur de nombreux points, d’être Français !

La vie des Coréens est, d’un point de vue travail, beaucoup moins exaltante que la notre. Les coréens travaillent beaucoup (44 heures minimun par semaine), et retournent souvent au bureau le samedi voire le dimanche sans supplément de salaires. Il est de bon ton de partir le soir après son patron, même si le travail est fini depuis longtemps. Les hommes vont ensuite boire avec leurs collégues et ne rentrent que tard dans la nuit chez eux, dans un état variable. La compétition est telle que les enfants eux même se couchent tard, après les inévitables cours particuliers (jusqu’à 2 heures par jour°). L’épouse traditionelle coréenne reste à la maison, et, après s’être occupée des enfants et des tâches ménagéres, partage son temps avec ses amies à faire du shopping…

Il y a néanmoins une activité totalement inédite pour nous : les « group blind date ». Ces rencontres se pratiquent généralement pendant les études supérieures (les universités ne sont pas toutes mixtes). Un petit groupe de garçons (de 3 à 5) se retrouve attablé face au même nombre de filles. Personne ne se connait et la rencontre se déroule dans un coffee shop. Après une vingtaine de minutes d’échanges pour faire connaissance, on compte jusqu’à 3, et chacun doit désigner par le doigt le partenaire désiré. Si un garcon et une fille se désignent mutuellement, alors ils passeront la soirée ensemble (diner, cinéma, ballades..). Ces formes de rencontres sont une véritable institution en Corée. Voilà une excellente pratique à importer en occident !

Ces français du bout du monde…

Il y a peu de français aux Philippines, et c’est toujours une surprise de rencontrer des compatriotes…

En visitant une maison historique de la ville, j’ai eu la chance de tomber nez à nez avec un groupe de religieuses animé par une sœur très énergique. Sœur Samuel fait partie de la Compagnie Saint Jean, un ordre contemplatif. Après avoir passé 3 ans à Taiwan à apprendre le mandarin, elle a rejoint l’une des maisons de la Communauté, à Cebu.

Ce jour là, elle assurait la traduction entre l’anglais et le mandarin avec une aisance déconcertante. Toutes les sœurs chinoises écoutaient « religieusement » toutes ses explications, y compris les termes techniques les plus compliqués… Je fus subjugué !
Ces francais de l’étranger sont vraiment formidables !!

Au royaume de l’outsourcing: visite d’un centre d’appels

Les Call Centers sont en plein essor aux Philippines. Si l’Inde est plutôt réservé aux appels techniques, les Philippines sont davantage généralistes.

ePerformax, société américaine, est un centre qui emploie 300 personnes à Cebu. Les clients sont des entreprises américaines, comme ebay.
Le salaire de départ démarre à 183 euros par mois pour le fixe, avec un montant variable qui peut doubler le salaire, et auxquels s’ajoutent des avantages dont un téléphone portable gratuit !
De nombreux jeunes diplômés se pressent à la porte des centres d’appels. Un équivalent Bac + 2 est nécessaire.
Le centre est ouvert jour et nuit, et ceux qui ne peuvent rentrer chez eux peuvent dormir dans un dortoir.
Pour être pleinement opérationnel, vous étes formés pour « neutraliser votre accent », apprendre la géographie américaine et acquérir le parfait profil américain…
Les employés savent parfaitement qu’ils sont les « esclaves » de nos pays riches, mais n’ont pas d’autres choix…

A noter que la société française Téléperformance est leader ici aux Philippines. Elle vient d’ouvrir un neuvième centre d’appels, à Cebu, équipé de 1000 postes de travail. 16000 personnes travaillent à présent pour Téléperformance ici….

Un peu de rêve…

Voici quelques photos d’une sélection de resorts de l’île de Mactan, près de Cebu City.

Voici le resort Crimson, mon préféré..

 

Vue de la jetée… Là, vous pouvez nourrir les poissons…

Au Shrangri-Là, tout y est plus grand, mais ça vaut le détour. Jardin magnifique, plage agréable, nombreuses piscines. Dans le même style, mais plus asiatique, l’Impérial Palace. En revanche, l’ancien Hilton, devenu récemment Movenpick, n’offre pas le même intérêt.

Le Be Resort, sur la pointe Engano, est plus accessible financièrement.

Des bateaux plus ou moins locaux, mais pas de voiliers…

Transport de marchandise…

… ou de passagers (vers Orlando Island)

La loi sur la limitation des naissances

La population des Philippines va bientôt atteindre 100 millions d’habitants. Elle n’était que de 50 millions il y a 30 ans !! Les Philippins sont la 12eme population du monde…
40% de la population vit avec moins de deux dollars par jour, et la situation du pays ne s’améliore pas vraiment. Pour beaucoup, on vivait mieux sous l’ére Marcos.

Cela fait des années qu’on débat ici sur un projet de loi sur la limitation des naissances, la « Reproductive Health Bill »..

L’objectif est de faciliter l’accès aux méthodes contraceptives voire de les rendre gratuites pour les nécessiteux, de renforcer l’éducation et l’information. Le nombre idéal d’enfants par famille est 2 et l’objectif de la loi est de freiner les naissances, sans les interdire. Il n’y aura pas d’incitations financières à le faire, ni de contraintes.

Le débat n’en finit pas et le texte de loi toujours pas voté…

La hiérarchie catholique, très influente, n’en veut pas. Rappelons que 85% de la population est catholique et (probablement) pratiquant. Une naissance est sacrée et rien ne doit entraver ce cadeau de Dieu…De plus, pourquoi lier la croissance de la population et la pauvreté, alors que le monde offre de nombreux exemples du contraire (vietnam par exemple).

Les défendeurs du projet de loi ont des arguments plus terre à terre. 44% des naissances issues de la population défavorisée seraient non désirées. Le taux d’avortement (illégal), élevé, en serait la preuve évidente. De même, on observe que le taux de fécondité est 2,5 fois plus élevé chez les « pauvres ». La stabilisation de la population est un pré requis pour un décolage économique. Comment en effet générer tous les ans plus d’un million d’emplois supplémentaires ?

Que penser de ce débat ?

L’église catholique utilise tous les moyens pour contrer ce projet de loi (menace d’excommunication du Président, sermons « orientés », arguments fallacieux comme le risque de cancer lié à la pilule, refus d’admettre la surpopulation annoncée….). Pour autant, je ne vois pas beaucoup d’actions pour combattre la pauvreté : les écoles et hôpitaux catholiques sont payants et inaccessibles pour le plus grand nombre. Doit on défendre le droit à la vie ou le droit à une vie meilleure ? La misére dans la rue m’est insupportable. Visiblement, ça ne choque pas tout le monde. Pour l’Eglise, c’est aux parents qu’incombe la responsabilité de l’éducation des enfants. Plus facile à dire qu’à faire quand on n’a pas de moyens !

Pour autant, une telle loi peut elle suffire à elle seule pour réduire la pauvreté ? Certainement pas. Un député disait recemment: à quoi cela va-t-il servir d’allouer des fonds supplémentaires si ceux-ci n’arrivent pas à destination ? Il a en effet constaté que les crédits actuels n’arrivent qu’à 50% de leur montant à destination ! La corruption est un fléau national et beaucoup pensent que rien ne peut fonctionner sans avoir réglé ce probléme majeur.

Les Philippins au travail

Les usines ne sont pas légions ici et trouver un emploi salarié pour un Philippin reste un sacré défi. La disposition de l’archipel, la chereté de l’électricité (3 fois plus cher qu’au Vietnam) et les fréquentes pannes de courant, la concurrence effrayée menée par la Chine ne plaident pas pour un développement industriel intensif. A Cebu City, le tissu industriel est un peu plus dense, avec quelques usines d’assemblage. Cela donne un peu de souffle à la région, en plus des activités de San Miguel et de Coca Cola.

Les femmes trouvent ici plus facilement des emplois, dans les usines, les centres commerciaux,et dans le secteur touristique. Pour les hommes, il reste les places de conducteurs de Jepney, chauffeur de taxis et de gardiens.

Dans l’école ou je suis, le ménage est fait par des garçons. Dans les supermarchés, aux caisses, ce sont des hommes qui mettent les produits dans les sacs plastiques…

Dans les grands magasins, « locomotives » des centres commerciaux, on est immpressionné par le nombre de vendeurs. En général, il y a toujours plus de vendeurs que de clients. Personnellement, je n’ai jamais compris à quoi ils servaient. Car, en plus d’être incompétents, ils deviennent rapidement apathiques à force de ne rien faire (les Philippins partagent mon avis sur ce sujet délicat..). C’est un vrai gachis de compétences. Dans les supermarchés, j’ai compté jusqu’à 5 employés pour 20 métres de linéaires…

La salaire minimun dans les usines est fixé à 268 pesos par jour (à Cebu), soit 4,5 euros. 6 jours par semaines, soit 48 heures. C’est nettement plus qu’au Vietnam. Lorsque vous étes « regular », vous bénéficiez généralement d’une couverture sociale (pour vous uniquement) et d’un plan de retraite (à l’américaine). Vous serez payés lors des fréquents jours fériés. Sinon, vous serez payés à la journée, sans garantie ni avantage. En général, les philippins ont le droit à une semaine d’absence par an, en plus des jours fériés. Bien sur, tout est négociable, car c’est le régne du contrat. Mais il faut être en position favorable pour négocier…

Le taux de sous emploi est élevé et beaucoup de Philippins ne font pas grand-chose de leur journée. Tous révent d’aller travailler à l’étranger. Pourtant, je trouve que les besoins sont immenses ici, à commencer par le secteur touristique. Manque de capitaux, manque d’esprit d’entreprise, crainte de la corruption ? Je n’ai pas la réponse. Beaucoup d’activités sont détenues par des étrangers…

 

Les salaires sont payés 2 fois par mois. Pour éviter les paiements en espèce, les entreprises remettent à leurs salariés une carte bancaire. La plupart des Philippins n’ayant pas de compte bancaire, c’est le compte de l’entreprise qui sera débité. Vous comprendrez mieux à présent les files d’attente aux distributeurs le vendredi soir…