Pourquoi le tigre a-t-il des rayures ?

Le Vietnam est Le pays des contes, pour le plus grand bonheur des petits et des grands….

Voici l’un d’entre eux, une histoire de buffle, de tigre et d’intelligence..

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« Un jour, après les travaux de labour, un jeune gardien laissa son buffle paître tranquillement à la lisière de la forêt. Survint le tigre, qui, en ce temps là, n’avait pas de rayures sur sa robe jaune.

Le féroce animal s’étonna de l’obéissance du puissant buffle que lui même craignait. Il lui demanda :

         Buffle, pourquoi obéis tu à ce frêle humain, toi dont la force égale la mienne ?

Le buffle répondit :

         Physiquement, le petit homme est faible, mais son intelligence est plus puissante que mes cornes et nos griffes !

Etonné, le tigre s’adressa alors au garçon :

         Dis moi, petit homme, où est ton intelligence qui fait peur même au puissant buffle ?

Le petit gardien lui répondit :

         Je n’ai pas apporté mon intelligence avec moi. Je l’ai laissé à la maison.

         Alors, va le chercher, lui suggéra le tigre.

         Mais tu va profiter de mon absence pour dévorer mon buffle ! Si tu acceptes que je t’attaches, j’irai chercher mon intelligence pour te la montrer.

Le tigre hésita, mais, poussé par la curiosité, accepta la proposition. Le garçon demanda au tigre de s’aplatir contre un solide tronc d’arbre, prit une longue corde et l’attacha en faisant plusieurs tours.

Une fois qu’il eut fini, il prit un gros gourdin et se mit à battre le tigre, en s’exclamant :

        Voici mon intelligence!

Sous les coups, le tigre se débattit de douleur et de rage. Il se débattit si violemment que sa peau fut brûlée, à force de frotter contre les cordes. Voici pourquoi les tigres ont des rayures noires sur leurs robe jaune.

Le buffle, qui assistait à la scène, fut pris d’un fou rire. Il riait en secouant si fortement sa lourde tête qu’il cogna sa mâchoire par terre à s’en casser les dents. C’est ainsi que les buffles n’ont plus de dent à la mâchoire supérieure. »

Histoire tirée de l’ouvrage « 30 contes du Vietnam » de Nguyen Xuan Hung, Castor Poche 

Retour sur les cérémonies Jaraï

Sur les hauts plateaux (centre du Vietnam et périphérie), les Jaraïs intriguent avec leurs coutumes, et notamment celles liées aux funérailles. Photo : tombe catholique aux environs de Pleiku.

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Le mort est d’abord placé dans un cerceuil découpé à la hache dans un tronc d’arbre choisi en fonction de la taille du défunt.

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Les objets personnels l’accompagnent dans sa tombe, après avoir été brisés pour symboliser la détérioration du cadavre .. mais aussi pour éviter les pillages ! En photo, une sépulture modeste aux environs de Pleiku.

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Après la veillée mortuaire, le cercueil est enseveli dans la tombe recouverte d’un tumulus, ou l’on plante des bambous pour nourrir et faire boire le défunt…

En moyenne 2 ans après, se déroule la cérémonie d’adieu au défunt. L’abandon a pour but de payer un tribut au génie afin d’obtenir sa libération. Car, tant qu’un mort n’est pas abandonné, il est retenu prisionner par le génie qui l’a fait mourrir (d’après l’ouvrage « Jarai », de B. Goy et JY Coué). Cette cérémonie n’a rien de triste. Elle s’accompagne de fortes  libations d’alcool de riz. 

Les potaux funéraires sont faconnés à l’occasion des cérémonies. Ils sont réalisés à l’aide d’une hache à balancier et terminés au couteau. Ici, au musée ethographique de Hanoi.

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Boire à la jarre reste aujourd’hui encore une coutume très suivie, pas seulement chez les Jaraî. La recette ? Du riz cuit à l’étuvée puis séché à l’air, mélangé à de la farine de riz, des écorces d’arbres, du paddy. Ces jarres, commes les gongs, étaient des produits d’importations. Plus que les éléphants ou les buffles, les jarres étaient le signe de l’oppulence de celui qui les possédait.  

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Votre serviteur à l’épreuve ! Impossible de s’y soustraire, puisqu’un niveau vous indique la quantité à boire.. On rajoute ensuite de l’eau pour retrouver le niveau initial. Les invités et les hommes d’abord, puis les femmes. 

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Autres activités manuelles : la fabrication des maisons communes et, plus modestement, des hottes.

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Je n’ai pas vu de sacrifices de buffles, mais on voit parfois des trophées à l’intérieur des maisons communes.

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Village traditionnel au nord vietnam

La modernisation a changé la physionomie de bien des villages et villes du vietnam, mais il reste, ici et là, quelques exemples de villages traditionnels.

A quelques kilométres de Son Tay, à l’ouest de Hanoi, la région de Duong Lam offre un panorama intéressant de ce que furent les villages tonkinois.

Les villages sont riches en pagodes, maisons communales, temples confucéens ou taoistes, maisons de culte familial…

Portail monumental d’un cimétiére catholique

Tombes de missionnaires des Missions Etrangéres de Paris, qui datent des années 1885-1905

 Le long de la route TR 32, une pagode entourée d’arbres multi centenaires, le lim, bois de fer

Les villages sont constitués d’un labirynthe d’allées et de sentiers bordés de murs en blocs de latérique ou de briques qui entourent les maisons. Certains porches sont de vrais chefs d’oeuvre.

Les haut parleurs sont plus récents… Ils diffusent bruyamment les informations à l’heure où tout le monde est censé se préparer pour aller au travail, le matin à 5h30 ou 6h et pendant une heure… Cette mesure est appliquée dans tout le vietnam, avec plus ou moins d’intensité et de convictions.. Pas de grasse matinèe ici.

L’art de la propagande…

Les panneaux de propagande sont encore nombreux au Vietnam. Lorsqu’ils sont peints à la main, ce sont parfois de vraies oeuvres d’art. Aujourd’hui, ils sont de plus en plus remplacés par des toiles synthétiques imprimées.  

L’oncle Ho reste l’exemple à suivre. Sa vie, son combat, son histoire sont connus de tous. On retrouve son buste un peu partout, des batiments publics aux salles de conférence dans les hotels. « Apprendre et travailler en suivant l’exemple vertueux d’Ho Chi Minh »

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 Tous unis pour la construction du pays

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Panneau décrivant les objectifs économiques dans le cadre du plan.

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Le Parti, le Peuple, la Troupe pour construire des villes plus riches, plus belles…

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Des peintres à l’oeuvre à l’entrée d’une casene, à Hué

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Surchauffe économique …

Article paru dans Le Monde le 10 juin dernier

« Le chiffre a dû en faire grimacer plus d’un. Rien qu’au premier trimestre, la fière machine économique vietnamienne, dont la croissance a dépassé les 8 %, a été perturbée par 300 grèves. Une mobilisation en hausse de 52 % par rapport à la même période de 2007. Les salariés, touchés comme tout un chacun par la flambée des matières premières agricoles et énergétiques, réclament des hausses de salaires. En avril, plus de 20 000 travailleurs ont ainsi bloqué une usine de sous-traitance de Nike, propriété d’un Taïwanais, où sont fabriquées les chaussures de la marque de sport. Après une semaine, la direction a décidé de concéder une augmentation de 10 % afin que le travail reprenne. Quelques semaines plus tard, ce fut au tour des employés de Panasonic Communications Vietnam de manifester leur mécontentement, exigeant une hausse salariale de 25 %…

Tout cela n’a rien de très rassurant pour les investisseurs étrangers qui voient, depuis plusieurs années, le pays communiste comme une alternative avantageuse à la Chine, dont les attraits se terniraient un peu. Selon une étude du cabinet Booz Allen Hamilton et de la chambre de commerce américaine de Shanghaï, 54 % des entreprises étrangères présentes en Chine estiment que l’empire du Milieu « est en train de perdre sa compétitivité par rapport aux autres pays à faible coût ». Parmi les raisons à l’origine de ce désamour, 52 % des industriels interrogés avancent la question de l’inflation salariale provoquée par les hausses de rémunération accordées aux ouvriers et aux cadres qu’il faut réussir à fidéliser. Du coup, selon le bon principe que l’herbe est toujours plus verte ailleurs, 63 % des interviewés regardent le Vietnam avec insistance, le considérant comme « la première alternative à la Chine », suivie de l’Inde (37 %).

Est-ce toujours le cas ? Pour le moment, oui. Le 26 mai, le ministère du plan et de l’investissement d’Hanoï annonçait que les investissements directs étrangers avaient doublé au cours des cinq premiers mois de l’année. 320 projets ont été approuvés par le gouvernement communiste, représentant 15,3 milliards de dollars (9,7 milliards d’euros). Une tendance plus favorable qu’en 2007 où, sur les douze mois de l’année, l’Etat asiatique avait attiré 20 milliards de dollars de projets étrangers. Se maintiendra-t-elle ? Ou le taux de 21 % d’inflation publié en mai – en rythme annuel – découragera-t-il les entreprises étrangères en quête de bas coûts, toujours prêtes à continuer leur ronde planétaire ? »

Entrée d’une usine, près de Dalat, de thé à l’artichaut (excellent !)

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La francophonie au Vietnam

On croise encore régulièrement des personnes qui parlent notre langue au Vietnam. Des gens âgées, certes, mais pas seulement. La passion pour notre pays et sa culture est leur point commun. Plutôt que de s’apitoyer sur la baisse d’influence de la langue française, j’ai préféré illustrer mon propos par 3 portraits de vietnamiens, rencontrés au cours de mon périple. 

Minh Mang est étudiante à l’université de Hanoi. Elle a un réel talent pour apprendre notre langue et la pratique avec beaucoup de facilité. Son rêve : découvrir Paris et visiter la France…Mais sa préoccupation du moment, c’est d’arriver à trouver un travail en rapport avec ses études de français. Elle n’aurait pas cette appréhension avec l’anglais, dont elle vient de commencer l’apprentissage…

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Sœur Marie Quy est religieuse chez les sœurs de Saint Paul de Chartres, à Hué. Elle s’occupe d’enfants issus de familles pauvres. Par amour pour notre langue, elle offre à ses petits protégés des cours après l’école. Je l’ai rencontré en décembre dernier alors qu’elle faisait répéter les chants de noël. Entendre une chorale d’enfants chanter en français à 10000 km de chez soi, c’était tout simplement merveilleux.. Avec peu de moyens, elle arrive à redonner le sourire et un peu d’espoir à tous ces enfants. Si vous passez par Hué, n’hésitez pas à la rencontrer et la soutenir dans son action.

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 D’une manière générale, les communautés religieuses d’origine française continuent de promouvoir l’apprentissage de notre langue. Les « anciennes » apprennent aux « plus jeunes » à travers des cours souvent ouverts aux personnes extérieures. Cela reste un solide relais dans la promotion de la francophonie.   

Monsieur Chlea Lim Trech est aujourd’hui loueur de vélo à Kratie, au Cambodge. « Pourquoi même les français qui viennent me voir veulent me parler anglais ? ». L’ancien instituteur de la ville s’exprime dans un français parfait. Comme toute la population à l’époque des Kmers rouges, il a été contraint d’abandonner son métier au profit des travaux des champs. Et pendant plus de 10 ans ! Il y aura perdu une partie de sa famille, dont sa mère et sa sœur, mais aujourd’hui il a le bonheur d’avoir 5 enfants – tous instituteurs- et 7 petits enfants. Les cambodgiens aiment la France, car, pour eux, c’est grâce à elle que le Cambodge existe encore.

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  Que tous ces ambassadeurs soient félicités !