Catégorie «Vivre au Vietnam»

Culte de la Déesse Mère, édition 2018

Affluence record pour les festivités liées au culte de la Déesse Mère qui se tiennent à Hué, au temple Hon Chen, le 8/9/10 du mois de juillet (calendrier lunaire).

C’est toujours un spectacle très coloré qui étonne nos yeux d’occidentaux. Les « médiums » portent des costumes très sophistiqués et se laissent facilement prendre en photo, pour notre plus grand bonheur. Cela reste pour moi l’événement le plus singulier de l’année. Les participants viennent de tout le Vietnam et des millions y sont dépensés pour s’offrir les services des meilleurs médiums. Sans oublier les offrandes, innombrables.

Pour plus d’explications sur ces cérémonies, se référer à mes articles parus précédemment.

Toutes les catégories de Vietnamiens y assistent, y compris les minorités ethniques.


Tous les « bateaux dragons » de la ville sont réquisitionnés pour l’occasion…


On y croise d’étonnants personnages, qu’on croirait venus d’ailleurs. Il ne faut pas oublier que la déesse vénérée ici est d’origine Cham.. Et des Chams à l’Inde, il n’y a qu’un pas.

Une si jolie petite guerre…

Voici une BD historique que je viens de découvrir, 6 ans après sa sortie ! Merci à la bibliothèque numérique de la ville de Paris de rendre plus accessible les livres français depuis l’étranger!

Marcelino Truong raconte l’histoire de la guerre du Vietnam à travers son histoire familiale. Une histoire racontée sous forme de BD. Une BD, certes, mais du lourd ! 270 pages pour chacun des 2 volumes …


Dessin issu du tome 1

L’histoire est d’abord celle de la guerre du Vietnam, principalement à partir de 1960. Le père est conseiller culturel du Sud Vietnam à Washington puis, après avoir rejoint Saigon, occupera le poste d’interprète pour le Président Ngo Dinh Diem et celui de directeur de l’agence Vietnam Presse. Une histoire vivante racontée de l’intérieur par ceux qui l’ont vécue. Mais avec le recul de 60 ans qui rend plus intelligible les faits. Tous les principaux événements sont donc racontés, comme l’attaque du Palais de l’Indépendance ou la crise Bouddhiste de 1963.

A cette Histoire avec un grand H vient se mixer l’histoire de la famille. Avec un père vietnamien et une mère française, le choc des cultures n’est pas loin ! La famille, c’est aussi les grands parents, les beaux parents et de nombreux enfants, 3 au départ puis un petit dernier au cours du récit. Et la famille au Vietnam, c’est sacrée. Elle est donc aussi au cœur des deux ouvrages.

D’abord les enfants qui, comme tous les enfants du monde, sont espiègles et jouent à la guerre.. 3 enfants et les petits copains, de quoi faire des batailles dont les scénarios sont tout trouvés dans un pays en guerre.

La mère, bien française, s’emporte facilement. Les annuaires volent en l’air, les enfants subissent toutes les colères. Le père, comme tous les vietnamiens, reste impassible et intériorise ses sentiments. Bien que très occupé par son travail, il passe une bonne partie de son temps libre avec ses enfants. Il n’en demeure pas moins anxieux pour le devenir de sa famille et de son pays.


Le Secrétaire d’Etat à la Défense américain McNamara semant le trouble linguistique- Tome 2

C’est cette crainte qui va faire partir la famille pour Londres. C’est le 2me tome de la BD. Les enfants découvrent alors une autre vie, plus contraignante à bien des égards, mais aussi plus riche pour des ados. C’est l’époque des Beatles, des hippies.. C’est aussi pour eux la stupéfaction de voir tout un occident encenser le régime nord Vietnam et condamner la politique américaine. De quoi déstabiliser les relations familiales.

Cette BD historique est donc largement mieux qu’un austère livre d’histoire. Vous y sortirez érudit tant sur la culture vietnamienne que sur la guerre du Vietnam.

Et il vous faudra quelques heures pour le lire et admirer chacun des dessins à sa juste valeur. Car du talent, Marcelino en a, c’est sur ! Toute la famille est « croquée » admirablement. Les dessins sont mis en aquarelle et les couleurs viennent sublimer l’ensemble. Textes et dessins se complètent à merveille.

Les amoureux de l’Asie adoreront voir dessiner les visages vietnamiens, les jeunes filles en ao dai, et les multiples scènes de rues. Les nostalgiques du Saigon des années 60 retrouveront avec enchantement l’animation des quais de la rivière Saigon, le cercle sportif et les cinémas…

Bonne lecture !


Le premier tome


La suite du récit (en français)

La magie des spectacles


Le spectacle des enfants qui s’est tenu à Hué, un festival de couleurs

Le Vietnam est très fort dans l’organisation de spectacles. Et si vous avez l’occasion d’assister à l’un d’entre eux, dans les festivals ou dans diverses célébrations, ne ratez l’événement sous aucun prétexte ! Vous serez épatés, tant par la féerie des costumes, de la mise en scène et surtout par la joie des acteurs ou figurants à jouer ou a chanter. Une joie qui gagne tous les spectateurs, une émotion qui irradie toute l’assemblée..Car la joie des vietnamiens est une joie faite de simplicité, de naturel, d’authenticité, ce qui la rend encore plus belle. Ces spectacles sont l’âme du Vietnam, c’est toute la fierté d’un peuple.

Hier soir à Hué avait lieu la cérémonie de clôture d’un festival pour enfants avec des troupes venues des 4 coins du pays.. chaque province est représentée et présente la meilleure performance des centres de loisirs de la région avec l’espoir de remporter la compétition.. des centaines d’enfants étaient donc la pour danser et chanter, un spectacle féerique pour les spectateurs. On apprécie d’autant plus quand on sait le travail que cela représente. Pour ce spectacle précisément, les enfants ont passé le plus clair de leur temps libre depuis des mois à préparer ces chorégraphies, la semaine après l’école et le week-end, dans des maisons de l’enfance (nha thieu nhi) qu’on trouve sur tout le territoire. Épuisés par ces apprentissages, les enfants sacrifient un peu l’école, ce qui ferait froncer les sourcils de plus d’un parent chez nous ! Dans ce cadre, on apprécie encore plus d’admirer les performances des enfants des autres !

Les enfants des haut-plateaux


Allez la fanfare!

Conduire une moto au Vietnam en connaissance de cause…

Le temps des vacances arrive et beaucoup vont au Vietnam pour l’aventure et l’exotisme. Le meilleur moyen de sortir des sentiers battus et découvrir le « vrai » Vietnam, c’est la moto ! la moto, c’est facile mais ça peut être risqué..
Loin de moi de jouer les rabat-joie mais il vaut mieux agir en connaissance de cause. Comme l’information est assez disséminée sur internet, et que les règles changent souvent, j’ai écrit ces quelques lignes pour vous aider à y voir plus clair.


Le permis de conduire vietnamien

Aucun problème pour louer une moto. Votre hôtel vous en fournira une facilement pour quelques dollars par jour. Aucun permis ne vous sera demandé, bien que ce soit la loi.

Car, pour qu’un francais puisse conduire une moto au Vietnam, il faut posséder :
– Soit un permis local, plutôt réservé pour les expats car il faut un visa de plusieurs mois. On l’obtient par équivalence, sans passer d’épreuves. Les formalités sont accessibles, et il faut compter 2 semaines de délais. Dans ce cas, le permis B français vous permettra d’avoir le permis auto et, si tout va bien, le permis moto vietnamien (jusqu’à 175cc) pour la durée de votre visa.
– Soit le permis européen + le permis international, à la seule condition que celui-ci fasse apparaitre un permis moto (A1 ou plus). Les certificats de conduite ne sont pas reportés sur le permis international, ni même les anciennes équivalences pour la conduite de motos.

Pour être bien couvert, il vous faut une assurance voyage qui inclus la conduite moto (option chez Avi pour quelques euros de plus par mois). Attention, les assurances « offertes » par votre carte de crédit ne couvrent pas le risque lie à la conduite.

Dans tous les cas, vous avez peu de chance que la police vous arrête, sauf à Saigon depuis Août 2019 (voir additif). Mais en cas d’accident, les choses se compliquent.


Verso du permis vietnamien

Sans permis valide, votre assurance sera invalide, quelque soit les options que vous aurez souscrites.

Cela signifie :
– Aucun rapatriement pris en charge,
– Une qualité de soin locale, aucun conseil médical de l’étranger,
– Une couverture sociale en cas d’hospitalisation à minima (la sécu française),
– Aucune avance de frais, vous aurez tout à payer d’avance,
– Des difficultés culturelles à surmonter (communication, nourriture, absence d’intimité à l’hôpital..),
– Des contrariétés assurées pour vos proches !

La responsabilité civile est prise en charge par l’assurance de la moto, obligatoire et souscrite par le loueur. Elle est plafonnée en général à 4000 dollars, car le coût de l’assurance ne vaut pas plus d’un dollar… En cas d’accident, quand vous êtes étranger, la partie adverse fera tout pour vous rendre responsable et payer. Dans la mesure du possible, faites venir la police et essayer d’immobiliser les véhicules impliqués.

Le risque au Vietnam, c’est la cherté des soins. Il s’est créé ces dernières années des hôpitaux dits « internationaux » où la qualité de soins est sans doute meilleure mais où les prix sont surtout très élevés. De quoi vous mettre sur la paille en quelques jours (les exemples ne manquent pas, même parmi les expats). Une opération chirurgicale, ce sera plusieurs milliers de dollars.. Rien à voir donc avec la vie bon marché que vous trouverez par ailleurs. Pour une raison simple, ces hôpitaux, même d’apparence publique, sont gérés sous un régime de droits privés. Et ici, on ne fait pas crédit. Vous devrez payer d’avance les soins, et sans argent, vous n’aurez pas les soins attendus.
Il y a quelques années, je suis resté dans le coma 2 heures à l’extérieur du service des urgences, le temps que mes amis rassemblent une centaine de dollars nécessaires à l’hospitalisation.. Forcement, ce type d’expérience fait réfléchir..
Sans couverture, pas question non plus d’imaginer un transfert dans un autre hôpital ou à l’étranger.. un transfert médicalisé de Hué vers Bangkok, pourtant juste à 800 km, c’est 30.000 usd minimum..De même, si vos proches doivent venir à votre chevet, ce sera pour leur poche..

De retour en France, vous pourrez vous faire rembourser une partie des frais engagés par la sécu. Mais le remboursement se fait à hauteur maximale de 80% et sur la base des tarifs français, qui peuvent être allégrement dépassé à l’étranger. Et bien sur, sur la base des factures, ce qui n’est pas toujours facile à obtenir ici.

Conseils :
– Passer le permis A1 en France, environ 700 euros pour 20 heures de formation,
– Ne pas oublier le permis de conduire international (valable 3 ans, fait par correspondance).

Assurance ou pas, il faut rester prudent !
Même si vous ne suivez pas mes conseils, ne tentez pas le diable.. Protéger vos bras, jambes et pieds, roulez moins vite que les vietnamiens et faites particulièrement attention aux priorités à droite… Évitez de rouler la nuit car les conducteurs éméchés sont nombreux. Et investissez dans un casque digne de ce nom ! il existe des casques à 15/20 euros qui sont autrement meilleurs que ceux du loueur .. Et lors de la location de la moto, mieux vaut signer un contrat avec le prix et la valeur de la moto en cas de perte ou de vol (une moto neuve type Honda wave taxes incluses vaut 1000 euros max)…

Que faire alors si vous avez vraiment envie de faire de la moto sans le permis ?
Vous pouvez opter pour un vélo / scooter électrique ou une 49cc type SuperCub qui ne nécessitent pas de permis moto. Mais je n’en ai jamais vus à la location.
Reste enfin la conduite en moto taxi (les fameux « xe om ») ou en Easy Riders.. là, dans tous les cas, en cas d’accidents, avec votre assurance internationale, vous serez pris en charge.. Parcourir le pays avec des professionnels équipés de bonnes motos, comme les Easy Riders, restent la meilleure formule pour les « prudents ».

A bon entendeur, salut !

PS: ce post est pour les français uniquement, les accords étant différents avec les autres pays, y compris européens.

PS2 : en cas de conduite d’une moto (<175 cc) sans permis de conduire valable, vous serez redevable d'une amende officielle de 1,2 millions de VND maximum en cas de contrôle de police. Le loueur de moto peut aussi être tenu responsable.

Compléments: en avril 2019, un américain de 42 ans a été condamné à 3 ans de prison à Saigon pour avoir tué un cycliste en moto. Il était en état d’ébriété et n’avait pas de permis de conduire valide.

Additif Août 2019: la police de Saigon a désormais ordre de contrôler les étrangers à moto. En cas d’absence de papiers en règle, le véhicule est immobilisée et une amende est due. Il est probable que d’ici peu, toutes les polices des grandes villes vont faire de même…

Vive l’autocuiseur à riz !

L’humidité de Hué a eu raison de notre plaque électrique… Personne n’a pu la réparer et on n’avait pas envie de se précipiter pour en racheter une autre.. Alors j’en ai pris mon parti pour se familiariser avec un outil que toutes les familles asiatiques possèdent mais que personne ne connait en France.

Quand on discute avec les étudiants vietnamiens qui partent en France, on est surpris d’apprendre qu’ils emmènent leur « rice-cooker » dans leurs bagages ! Etonnant !

Alors il me fallait expérimenter cet appareil sous toutes les coutures..


Notre premier « enfant » lorsque nous avons enmenagé dans notre maison, il y a 4 ans..

D’abord c’est très simple, comme l’aiment les gens d’ici.. deux positions, cuisson et réchauffage. Lorsque le couvercle est fermé, on cuit à la vapeur mais sans les contraintes de la cocotte minute qui implique de connaitre les temps de cuissons. Ici, on ouvre le capot pour vérifier si c’est cuit ou non.. C’est rapide et efficace. Cuisson à la vapeur ou à l’eau des légumes, des patates, préparation des soupes, tout y passe !

Comme sa surface est anti adhésive, style téflon, on peut s’en servir comme une casserole. On peut cuire les pates, faire des currys ou préparer de la crème au chocolat.. Pour mijoter, on peut jouer avec l’interrupteur « cuisson / chauffage » pour éviter une trop forte température. Et si on laisse le capot fermé après avoir débranché l’appareil, la cuisson continue pendant de nombreuses minutes..

Comme une poêle, ca marche aussi. On peut cuire les aliments en ajoutant un peu d’huile.. Ses haut bords évitent les éclaboussures.. La cuisson est rapide. Pour les œufs aux plats, ca marche aussi même s’il faut aller à la pêche avec une spatule pour les récupérer..

Le nettoyage est rapide car le bol à l’intérieur s’enlève.. un coup sous le robinet avec une éponge, et c’est fini..

Ah, j’allais oublier ! On peut aussi faire cuire le riz !

Apres 3 mois d’utilisation quotidienne, je suis vraiment convaincu. Un outil multi taches qui se suffit à lui-même, d’où l’intérêt pour les étudiants qui n’ont qu’une chambre. Beaucoup moins salissant qu’une plaque électrique. Bon, bien sur, ça ne vaut pas un Thermonix…. mais le prix n’est pas le même.. Au Vietnam, un autocuiseur avec un vraie couvercle pour la vapeur coûte entre 12 et 20 euros…

A vous de tester !

Hmong: du Laos à la Guyane, un documentaire sur Arte

En 1975, ils sont plus de 100.000 Hmong à fuir le Laos vers les camps de refugiés en Thaïlande. Apres bien des hésitations, la France fera un geste et décidera d’accueillir 500 d’entre eux. Ils n’atterriront pas en métropole comme ils l’espèrent tous, mais en Guyane, en pleine nuit, sous une pluie battante.. On leur offre un coin de terre en pleine jungle, à 50 km de Cayenne. Avec eux, ils n’ont gardé que leur langue, leurs croyances et leurs costumes traditionnels. Ils n’ont pas d’autre choix que de s’atteler à la tache. A coup de machettes, ils défricheront la forêt et planteront de quoi vivre. En 2 ans, ils arrivent à s’auto alimenter.. 2 ans plus tard, ils commencent à vendre leurs excédents sur les marchés de Cayenne. A présent, leur 1400 hectares d’origine fournissent tous les fruits de Guyane et permettent à cette communauté de vivre normalement. Leur coin de jungle du début est devenu un magnifique jardin.

A voir sur Arte !

https://www.arte.tv/fr/videos/080294-000-A/guyane-les-jardiniers-de-l-exil/