Traditions locales de Hué : du pain cuit au four à bois

Certes, un four à bois n’est peut être pas la tradition la plus spectaculaire ou la plus spécifique à Hué, mais cela reste plaisant à voir.


Le boulanger en train de retourner les pains à mi cuisson. A l’arrière, le stock de bois.

C’est d’autant plus notable qu’à ma connaissance, il n’en reste plus qu’un en ville, dans le quartier de Kim Long.

Tradition amenée par les français, le pain s’est popularisé il y a quelques décennies seulement. Le pain est resté pendant longtemps un met d’exception, comme on peut encore le constater dans les repas de mariage. Dans ce cas là, le pain est présenté comme un accompagnement bien en vu pour certains plats en sauce.

Aujourd’hui, le pain est partout et popularisé avec 2 traditions bien ancrées : le fameux « Banh Mi O pla », pour le petit déjeuner (pain avec un oeuf « au plat »), et surtout avec le non moins fameux sandwich vietnamien.

Mais revenons à notre artisan qui travaille, comme toujours ici, en famille. Il y a 2 fournées par jour. La première commence à1h30 du matin. Il faut 1 heure pour préchauffer le four avec des buchettes de bois. Apres un long travail de préparation, les bâtons de pain sont enfin enfournés et cuisent pendant 15/20 minutes. L’expérience de l’artisan fait la différence car il n’y a pas d’indication de température sur le four. A mi cuisson, il faut retourner les pains car la chaleur ne vient que du bas…La deuxième fournée commence à 14h pour fournir en pain tous les petits écoliers qui sortent de l’école vers 16h. Notre boulanger utilise 2 sacs de farine par jour, soit 50 kilos. Son four à pain existe depuis 30 ans.

Il est notable de constater que le prix de son pain est le même qu’avec un four électrique, en usage partout ailleurs. Malgré l’inflation de ces derniers mois, un petit pain à Hué vaut 2000 dongs, soit moins de 8 centimes d’euros.

Son pain est il meilleur ? Cela reste un pain très léger, mais meilleur que les autres.


La boulangerie attenante, qui prépare les sandwichs à l’heure de pointe, vers 16h

Traditions locales de Hué : le Xam Huong, un jeu d’autrefois..

Avec cet article, j’ouvre une nouvelle page dans mon blog. Il s’agit d’évoquer les traditions locales, les petits métiers, les activités traditionnelles.. Car ici comme ailleurs, les traditions risquent de se perdre et il est important pour les futures générations de connaitre leurs racines!

Et je commence cette chronique avec un article sur un jeu autrefois populaire qui se nomme le « Xam Huong ».

On ne connait pas très bien l’origine du jeu, certains disent qu’il est né en chine, tandis que d’autres revendiquent sa création au Vietnam durant la dynastie Nguyen. Quoi qu’il en soit, il était très joué par la famille royale mais aussi par tous les enfants du quartier de la citadelle il y a encore 40 ans.

Mr Lo, aujourd’hui agé de plus de 70 ans, nous déclare y avoir joué durant toute son enfance. Et c’est en souvenir de ce bon vieux temps qu’il a décidé d’en re-fabriquer il y a une vingtaine d’années.

C’est un jeu de hasard pur sur le thème des concours littéraires. Rappelons qu’autrefois ces concours étaient ouverts à tous, étaient organisés tous les 3 ans et permettaient aux meilleurs d’obtenir le statut très envié de mandarins civils. Dans un pays ou l’instruction était hautement valorisée, ces concours étaient l’événement de l’année et réunissaient des milliers de candidats pour peu d’élus. Jugés archaïque par les français, ils ont finalement été supprimés et le dernier a eu lieu à Hué en 1919.

Mais revenons à notre jeu : il comporte 6 dés, et le chiffre 4 est en rouge. C’est la sortie de ce chiffre et certaines combinaisons des autres dés qui permettent d’obtenir des plaquettes de plus ou moins grandes importances. On joue à tour de rôle jusqu’à épuisement des plaquettes. Le vainqueur est celui qui obtient le score le plus élevé.


Durant le jeu, avec Monsieur To, seul à encore fabriquer ce jeu à Hué

Les niveaux des plaquettes sont les suivantes : lettrés du village (grade 1 et 2), de la province, puis les 3 niveaux de docteur (Tham Hoa, Bang Nhan et Trang Nguyen).

Pour plus de plaisir, il faut être 6 à jouer. Pour le tester, nous avons joué à 4 et un tour prend environ 10 minutes.. Nous avons joué pour le plaisir sachant que les vietnamiens jouent toujours de l’argent.

Les plaquettes étaient faites autrefois en ivoire pour la famille royale, en bambou pour les autres. A présent, on les fabrique principalement en os de buffle.

Le prix du jeu va de 20 à 100 euros suivant les matériaux utilisés (plastique, bois, os). A défaut d’être un jeu captivant, les plaquettes forment un bel ensemble esthétique.

Le climat de Hué

En ce mois de décembre, il pleut non stop depuis 4 jours, nous empêchant de sortir… C’est l’occasion pour moi d’écrire un article sur le climat à Hué, bien différent des autres parties du Vietnam.

On rencontre en effet trop souvent des touristes qui méconnaissent totalement les différences climatiques du Vietnam et qui pensent qu’ici, il fait beau et chaud toute l’année… la réalité est un peu différente !

Le Vietnam est un pays très étendu, plus de 1500 km du nord au sud. Cela explique que le climat de Hanoi soit très différent de celui de Saigon. Hué est encore un peu plus compliqué, car là encore différent des deux « pôles »..


La rivière des parfums, en novembre 2023

A Hué, le climat s’approche un peu des 4 saisons de la France mais pas avec la même intensité ou la même durée..

Saison des pluies et inondations

La saison des pluies commence début octobre. Depuis que je vis ici, la date de démarrage n’a jamais varié. Sa venue est très brutale, avec des pluies qui peuvent être diluviennes pendant plusieurs jours. Il n’est pas rare d’avoir des journées avec 200mm d’eau. Les nuages viennent du Nord Est, de Chine, et buttent sur la chaine annamitique, frontière avec le Laos, tout proche.

C’est aussi le temps des inondations. Entre début octobre et la mi novembre surviennent une à plusieurs inondations. La pire inondation de ces dernières années a eu lieu en 1999 avec de nombreux morts. Depuis, des travaux ont été faits, des barrages construits, et l’afflux d’eau est moins considérable que par le passé. De nos jours, on subit 1 à 2 inondations par an, toujours rapides, parfois provoqués par des lâchers de barrages. La mer est en effet à moins de 15km de la ville et les excès d’eau s’y jettent rapidement. Les gens ne se formalisent pas avec ces inondations. Ca les fait plus rigoler qu’autre chose, meme si parfois, cela entraine des catastrophes humaines. Dans certains quartiers, dont la citadelle, l’eau peut envahir l’intérieur des maisons sur une hauteur de plus d’un mètre. Des gens âgés, rencontrés dernièrement, nous disaient avec humour « c’est le grand nettoyage de l’année! ».. Ils subissent ces inondations avec un flegme bien local, ce que personne n’accepterait en France.

Pour se donner une idée, sachez que durant les dernières inondations en novembre dernier, d’un niveau moyen, plus de 17.000 maisons ont été inondées dans la province.

Entre ces averses, le temps peut être très beau, avec des températures encore chaudes. Ce sont des journées agréables pour se balader, mais difficile de les prévoir à l’avance.

Après le 15 novembre, les pluies diminuent en intensité. Il peut encore faire beau et nous sommes allés souvent nous baigner en mer à cette époque. Mais à partir de fin décembre, la température commence à baisser sensiblement, vers 18-15 degrés, ce qui correspond à 10 degrés en climat sec. Associé à une forte humidité, dans des maisons mal chauffées, le climat n’est agréable pour personne. Tout pourrit, l’électronique souffre. Les jours raccourcissent, il peut faire noir à 17h..

C’est aussi la saison des typhons. En général à Hué, il y a très peu de vent, juste une petite brise en provenance de la mer la nuit. Mais des typhons arrivent des Philippines et peuvent être dévastateurs.


Les bords du canal Phu Cam en novembre 2023

A partir de janvier, la température continue de baisser (jusqu’à 8 degrés..), l’humidité est extrême, les pluies fines continuent de tomber. Mais, à la différence de la France, le moindre rayon de soleil réchauffe très vite le fond de l’air et le ciel bleu peut revenir encore plus vite.

En général, à cette époque, nous partons vers les hauts plateaux (kontum ..) ou le temps est magnifique, ou bien au Laos, ou il fait beau et chaud (en journée).

Les coloniaux avaient des cheminées dans leurs maisons autrefois. Mais cette habitude n’a pas convaincu les vietnamiens. Eux continuent de vivre dans des maisons très mal isolées et prennent leur mal en patience.

Cette situation dure jusqu’au mois d’avril.


Après les inondations, le grand nettoyage!

La saison sèche

A partir de fin avril, la chaleur revient. Les mois d’été sont très chauds, presque insupportables en journée. La chaleur vient du Sud Ouest.

Ici aussi, on subit les changements climatiques. La hausse des températures est manifeste et la simple hausse de quelques degrés rend la vie beaucoup plus difficile. Pendant de nombreuses années, nous dinions sur notre terrasse le soir, c’est à présent très difficile. La climatisation est devenue quasi indispensable à toute heure du jour voire de la nuit.

En juillet / aout, comme en France, ce sont les vacances scolaires, et les habitants de Hué vont à la plage soit très tôt le matin (vers 5h) soit après 16h. Même si les jours sont un peu plus longs, cela n’a rien à voir avec la France. Ici, le soleil se lève à 5h et se couche à 18h30.

Il n’y aura quasiment aucune pluie jusqu’à la mi-septembre (1). A partir de ce moment là, on subit un temps lourd avec quelques orages. Septembre est un mois de transition, souvent avec des journées pas trop chaudes ou l’on peut circuler en journée.

Maintenant, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas!

(1) en 2024, il a plu souvent en aout; en 2025, en juillet et aout, on a eu droit à des pluies plus ou moins fortes quasiment tous les jours.. Changement climatique? Allez savoir!

Acheter un bien immobilier au Vietnam

Précisons tout de suite que les étrangers ne peuvent pas acquérir de biens fonciers au Vietnam, la terre appartenant aux vietnamiens uniquement. Il n’y a que quelques exceptions, les condominiums dont certains appartements peuvent être vendus aux étrangers et l’immobilier acquis par des sociétés.


Cette maison de l’époque coloniale (occupée par Raoul Desmarets, grand urbaniste de la ville de Hué) et son terrain associé (7081m2) sont mis aux enchères par la ville de Hué ce mois ci, prix de départ 8,8 millions d’euros…

Lorsque vous êtes marié à une vietnamienne, si vous souhaitez acheter quelque chose, il faut d’abord aller chez un notaire pour signer un document dans lequel il est stipuler que l’argent servant à l’acquisition provient uniquement de votre conjoint vietnamien, et que vous ne pouvez hériter du bien acquis. Un interprète est requis pour s’assurer que vous avez bien compris.. Cela dit, si le bien est revendu, et si l’argent provient en partie de vous, la banque est censée vous rétrocéder votre quote-part..

Il n’existe pas de notaires comme ceux qui nous avons en France. Ici, les notaires servent à rédiger des contrats ou remplir un certain nombre de documents administratifs, mais ils ne s’occupent pas de la vente proprement dit.

En fait, au Vietnam, comme toujours, c’est assez basique. Le titre de propriété est matérialisé par un « titre de propriété de couleur rouge », un vulgaire document papier avec le plan du bien, ses caractéristiques, le nom du propriétaire et plein de cachets officiels. Ainsi, comme dans le film « le jouet », vous pouvez acquérir un bien en 5 minutes, argent contre ce document… Il faut ensuite aller à l’administration pour changer le nom du propriétaire et payer les droits d’enregistrement. Si tout va bien, tout peut être réglé en quelques jours.

Les droits se montent à 2,5% de la valeur déclarée à l’administration.. Pas de vérification du montant réellement payé, car il s’agit d’un contrat privé entre 2 parties. De fait, j’imagine que ca doit tricher pas mal.. Il n’y a pas de fiscalité sur la plus value.

L’absence de notaire rend les choses stressantes pour un occidental comme moi concernant le règlement. Avec la légèreté qui caractérise les vietnamiens, le règlement se fait encore beaucoup en cash, bien que la loi exige un règlement par virement. C’est pour cela qu’il est courant de voir des gens quitter une banque avec des liasses de billets (l’équivalent de dizaines voire centaines de milliers d’euros..) mis dans des sacs plastiques au couleur de la banque.. de quoi faire rêver tous les malfrats de la planète !

Le règlement est donc très facile ici, on peut transférer des centaines de milliers d’euros en quelques minutes. Notre banque nous a proposé une apps ou l’on peut transférer nous même jusqu’à l’équivalent de 40.000 euros d’un seul coup.. L’absence de tiers-partis rend les choses stressantes. Si le vendeur a son titre de propriété en hypothèque et compte sur votre règlement pour le récupérer, l’échange contre paiement ne peut être simultanée.. Il y a d’énormes trous dans la raquette, rendant facile les arnaques.

Dans notre cas, on a préparé un contrat papier. Mais la plupart des vietnamiens signent en confiance sans lire quoi que ce soit et s’empressent, quelques jours après, de changer les règles.. Au final, contrat ou pas, rien ne s’est passé comme prévu mais tout s’est bien terminé quand même..


Exemple d’un titre de propriété.. (source internet)

La qualité d’un bien est aussi difficile à apprécier. En général, on ne vous donne même pas les plans de la maison, la nature des biens utilisés pour la construction, la qualité des fondations. C’est à vous de vous débrouiller. Oubliez également les éventuels diagnostics, il n’y a rien ici. Bref, cela s’apparente un peu à une loterie..

L’estimation d’un bien est encore un autre sujet de complexité. Il n’y a pas de prix de marché, car il n’y a pas de bases de données transmises par les « notaires » comme en France. Les annonces en ligne sont particulièrement pauvres en informations. Les vietnamiens ne s’intéressent qu’au terrain, sa surface et sa localisation. Les constructions sont accessoires. Etonnant, car la qualité du bâti est en constante amélioration et il serait temps de le valoriser.

Que trouve-t-on dans une maison vietnamienne ? On est loin de l’agencement des maisons françaises. En général, au rez de chaussée ou à l’étage, la plus belle pièce est réservée à l’autel des ancêtres. Certaines pièces ont trop de fenêtres, ce qui est bien inutile dans un pays tropical, ou, à l’ opposé, sans fenêtre du tout. Aucune fenêtre ne donne en général sur une « belle vue », une rizière ou un paysage, car le vietnamien ne s’intéresse qu’au coté « rue » ou il peut faire des affaires..

Y a-t-il alors des arnaques ? La plus facile est de reproduire un « titre de propriété rouge », dont les vrais vendeurs postent des photos sur les réseaux sociaux. Une fois le faux réalisé, il suffit de le donner contre paiement, puisque personne n’est la pour vérifier sa véracité. Facile comme bonjour !

Il y a aussi les gens qui vendent un titre de propreté familiale mais qui n’en ont pas le droit.. S’ensuit après des procès pour démêler le « qui peut faire quoi » et des animosités au sein des familles…

Mais le cas le plus habituel est le vietnamien qui cherche à convaincre ses « amis » de faire une affaire « en or » en achetant un terrain constructible à un prix « pas cher ». En fait, le terrain n’est pas constructible mais la pression pour finaliser rapidement la transaction empêche l’acheteur d’aller vérifier ce point. L’absence de moralité en affaire étonne ici..

Sans parler d’arnaques, la plus grande difficulté est d’acquérir un titre de propreté dont les mentions ont été mises à jour. Les gens héritent de leurs parents mais n’actualisent pas les documents. Le temps d’obtenir la signature de gens qui sont partis au fin fond du vietnam ou à l’étranger peut prendre des mois voire des années..Entre temps, les prix ont changé.

Pour terminer, quelques anecdotes vécues !

Un jour, on voulait acheter un terrain qui appartenait à une fratrie. Ma femme a longtemps négocié le prix avec chacun d’entre eux, sauf un, dont tous les autres frères et sœurs nous assuraient qu’il signerait sans problème, ayant l’habitude de faire ce qu’on lui disait de faire. Mais le jour de la signature, il est le seul à manquer à l’appel.. Malaise générale. Il avait passé la nuit à boire et ne voulait pas signer. La transaction n’a pas pu se faire…

Une autre fois, les vendeurs, encore des enfants d’une famille agricole, ne savent pas que la présence de leur conjoint était indispensable lors de la séance de signature. Cerise sur le gâteau, ils étaient tous venus à l’administration la fleur au fusil. “Ah bon, il faut une pièce d’identité ? » Le temps de récupérer conjoints et pièces d’identités, cela a pris toute une matinée..

Il y a aussi le cas ou le vendeur fait des rêves prémonitoires. Son père lui apparait et lui dit de ne pas vendre. Il en est tout secoué et il lui faut plusieurs semaines pour s’en remettre, à coup de pratiques superstitieuses. Combien de pauvres poulets ont été écorchés pour qu’enfin les esprits se soient apaisés et que la transaction puisse se faire ?

Dans les campagnes, il faut aussi convaincre les vendeurs d’ouvrir un compte bancaire pour la transaction. Pas toujours simple, le paysan aime palper les billets et le garder chez lui, dans une boite en fer cachée dans son jardin. Mais l’argent circule vite. Si les voisins sont au courant de la transaction, il faut organiser une fête avec abondance de plats et d’alcool. Après avoir remboursé les dettes, en général nombreuses, l’argent restant est souvent réparti entre les enfants. Notre vendeur, lui, a décidé d’offrir une moto de plusieurs milliers d’euros à son fils. Quelques semaines après, on a appris que le fils avait revendu la moto à vil prix pour ses besoins de toxico.. Et puis, comme on est dans un pays de joueurs effrénés, l’argent restant est en général perdu rapidement aux jeux de cartes…

Quoi qu’il en soit, difficile de rester à l’écart de l’immobilier au Vietnam. Pour beaucoup, c’est une source d’enrichissement énorme, comparée aux revenus du travail qui, eux, sont en général faibles. La hausse presque continue des prix et les niveaux atteints donnent le vertige. Dans bien des cas, c’est plus cher qu’en France, pour une qualité bien moindre et un environnement terrible.

Savez vous que le prix du mètre carré à Hanoi est, en moyenne (la ville est grande..), de 12.800 euros et de 8000 euros à Saigon ? A Paris, en cette fin d’année 2023, on est « seulement » à 10.000 euros..

Ainsi va la vie au Vietnam..

Quoi de neuf à Hué en 2022/2023 ?

Apres presque 3 années d’immobilisme (relatif) à cause du Covid, la vie a repris à Hué.
On pouvait craindre un net appauvrissement des gens en raison du Covid, mais non, l’argent a continué de couler à flot… Cependant 2023 est moins favorable. L’inflation, surtout sur les fruits et légumes, pèse sur le pouvoir d’achats des familles. La hausse des taux d’intérêt et du cout des matériaux de construction impacte le secteur du bâtiment. Les prix du foncier baissent, comme en France. Mais c’est surtout la baisse des exportations de produits textiles et de chaussures qui pèse sur la croissance économique. On parle de 250.000 emplois détruits dans le textile depuis le début 2023.


La baignade ou les activités aquatiques restent la grande nouveauté née durant le covid!

Sur le plan touristique, les touristes locaux ont afflué en 2022 et avaient largement compensé les touristes internationaux. Mais l’année 2023 est plus calme et les touristes étrangers se font encore attendre. Ces derniers ne représentent que 2/3 de leur nombre de 2019.

L’un des changements le plus visible est la location de tenues royales un peu partout autour de la citadelle. C’est un énorme succès et donne un petit coté rétro à la ville.


Touristes locaux en tenue d’autrefois…

On va vu aussi le long de la rivière la location gratuite de vélos mais en ce début d’année 2023, le service a disparu. Espérons que cela revienne vite.. En revanche, le cercle nautique, haut lieu créé par les français, a été rénové. Un bel endroit à redécouvrir le long de la promenade en bois de la rivière. La ville encourage aussi les bâtiments le long de la rivière à enlever les grilles d’enceinte. Une bonne idée dans un pays ou il n’y a pas de dégradations gratuites.

Dans la citadelle, les travaux continuent, avec la reconstruction du palais Kien Trung et du palais Thai Hoa. Mais l’humidite et la saison des pluies ne permettent pas de garder en l’état les restaurations faites ces dernières années. Même la porte d’entrée principale, la porte Ngo Mon, voit déjà la laque de ses boiseries tourner au rose… Autour de la citadelle, d’impressionnantes destructions de bâtiments pour dégager les remparts.

Dans le quartier touristique, on notera le succès du bar Tavet qui séduit les jeunes vietnamiens : tables basses, mobilier en bois, musique forte.. À défaut d’originalité, le bar et ses extensions font le plein chaque week-end, quand les rues sont piétonnes.

Les bords de la rivière s’embellissent toujours, avec la continuation des voies sur berge pour piétons et cyclistes, notamment pour aller à la pagode Thien Mu. L’ile Da Vien a été transformée avec succès en jardin public.

Un nouveau pont est en construction au niveau du quartier kim long. A suivre !

Du coté du quartier « francais », la rue Hai Ba Trung a été complètement refaite et devient une rue piétonne le week-end.


Déplacement d’un bâtiment dans la pagode Dieu De avec vérins hydrauliques

La grande nouveauté de cette année 2023, c’est l’arrivée des taxis électriques. L’unique constructeur vietnamien, Vinfast, a besoin d’un marché local solide pour pouvoir rayonner à l’étranger. Sa stratégie est la même qu’en chine: lancer sa propre flotte de taxi pour séduire les éventuels clients. Ici, pas d’aides de l’état, alors l’électrique est très en retard.

Ces taxis « SM Xanh » offrent de nouvelles formules pour les touristes, par exemple 30 euros pour 6 heures de disponibilités, ce qui permet de visiter les lieux les plus célèbres de la ville.. Voir leur apps.


Les taxis électriques, reconnaissables à leur couleur unique… (photo source internet)

Sans surprise, on voit de plus en plus de voiture, mais la nouveauté est le succès des Peugeot! Apparues il y a quelques années seulement, les voitures tricolores représentent plus de 2,5% de part de marché au Viêtnam en 2022 (10.000 exemplaires vendus)..
Le nombre de voitures commence à poser problème sur la question du stationnement. Il n’y a aucun parking d’envergure en ville et les rues, peu larges, ne sont pas faites pour ca.


Reconstruction en cours du palais Kien Trung dans la citadelle. Il fut détruit debut 1947. Photo prise en aout

En 2022, on a vu la translation d’un bâtiment d’une pagode sur une dizaine de mètres. On nous annonce un autre déplacement pour 2024, une maison historique de la rue Le Loi.

En ville, on notera la croissance exponentielle des lieux de ventes des « bubble tea » (thé aux perles). On note aussi un énorme succès pour les « ca phe muoi », les cafés salés. Une recette à base de lait concentré sucré, de café et de crème un peu salée. Un salé-sucrée très bon pour ceux qui n’ont pas peur des calories.. On les vend à 15kd, soit 0.70 euros.

Un nouveau pont de plusieurs kilomètres est aussi en construction pour rallier les lagunes du nord et du sud, le long de la mer.

On notera aussi l’ouverture d’un petit musée d’antiquités de style éclectique chez Cocodo, rue Ham Nghi. Il s’agit d’une collection privée, fruit de plusieurs années d’acquisitions.

L’attrait des vietnamiens pour les plats japonais ne se dément pas. On voit s’ouvrir de plus en plus de restaurants japonais. Si vous venez visiter le Viêtnam, profitez-en pour manger des sushis, c’est bon et beaucoup moins cher qu’en France !

Grace à notre ami richard, Hué a la chance d’avoir des concerts de jazz toutes les semaines ! Le mercredi et le vendredi soir, à l’hôtel Indochine.

En 2024, on nous annonce l’ouverture d’un grand centre commercial a capitaux japonais AEON, ce qui sera un vrai changement dans le commerce local.. A suivre !


Aménagement d’un parc sur l’ile Da Vien (ancien nom ile du roi), source photo vnexpress