Têt 2020: les produits français tentent leur chance !

La préparation du Tet au Vietnam, c’est un peu comme la folie de Noel chez nous. Les vietnamiens repeignent leur facade, payent leurs dettes mais surtout font leurs emplettes alimentaires pour ne manquer de rien.. Les grandes entreprises rivalisent d’imagination pour séduire les consommateurs.


Operation commerciale pour les biscuits Lu dans les hypermarchés Big C

Offrir une boite de biscuits à ses amis fait partie des incontournables. Ce juteux marché était le domaine presque réservé de la marque Danisa (entreprise Danoise), arrivée premier au Vietnam en 2002.. Mais les concurrents sont de plus en plus nombreux et cette année, on peut noter la forte présence des biscuits Lu avec une jolie boite rouge et le symbole de la France bien en évidence.

D’une manière générale, ces boites de gateaux sont souvent offertes plusieurs fois avant d’être consommées ! On dépose les boites de gateaux sur les autels des ancêtres et elles y restent en général assez longtemps. les vietnamiens ne sont pas de gros mangeurs de biscuits comme nous. Pour le Tet, ils ont leur propres gateaux.. mais pas d’aussi belles boites!

La Vache Qui Rit n’est pas en reste pour le Tet! Très appréciée au Vietnam, la marque a lancé il y a quelques années une belle boite en fer avec 3 boites de portions à l’intérieur. Les boites changent de design tous les ans. Le prix de vente pour l’ensemble est un peu plus de 3 euros. Les amateurs de boites originales seront comblés! Et qui sait, ce sera sans doute une valeur en hausse sur ebay dans quelques années..

Festival de Hué 2020

Le prochain festival de Hue se déroulera du 1er au 6 avril 2020. Attention, c’est plus tot que les autres années! il s’agit cette année du festival international, un événement à ne pas rater !

Anniversaire des 170 ans du diocèse de Hué

Le 1er janvier 2020 a eu lieu une procession impressionnante entre l’évêché et la cathédrale de Hué pour célébrer la fondation en 1850 du diocèse de Hué. Plusieurs centaines de paroissiens, de religieuses, de moines, de séminaristes et de prêtes se sont joints à cet événement.


la bannière des 170 ans


Les tambours de Bui Chu et la cathédrale dans le fond


Les paroissiens


Les religieuses des Sœurs des Amantes de la Croix, très présentes à Hué


L’archidiocèse de Hué est sous la protection de Notre Dame de Lavang

A noter aussi qu’il y avait plus de 200 séminaristes, des religieuses des Sœurs de Saint Paul de Chartes, des moines bénédictins de monastère de Thien An (fondé en 1940), pour ne citer que les communautés les plus connues.

Cette procession a été organisée par l’archevêque de Hué, Mgr Nguyen Chi Linh. Mgr Marek Zalewski, nonce apostolique non résident au Vietnam, était également présent.

Ci joint la video de quelques minutes de la procession:

De Nam Dinh à Phat Diem, voyage en terre d’églises (partie 5 et fin)

Avant de partir de Hai Hau, nous nous rendons à l’église Giao Ho Dat Vuot qui est en pleine reconstruction. L’église d’origine date de 1924. La reconstruction est typique de ce qui se fait au Vietnam. Elle est financée entièrement par les paroissiens et les vietnamiens du village partis vivre à l’étranger. Un grand tableau recense le montant individuel des dons, souvent en argent, parfois en nature comme l’achat des immenses colonnes en bois de fer. N’est pas recensé l’important travail manuel fourni par les artisans de la paroisse. Le bois provient depuis plusieurs années d’Afrique du sud. Une colonne vaut plus de 10.000 dollars. Inutile de dire que les paroissiens se sacrifient financement pour leur église dont ils sont, bien sur, très fiers.


L’église d’origine


L’église en cours de travaux


Le tableau d’honneur des dons…

A une dizaine de kilomètres de Hai Hau, au nord ouest, se trouve aussi le ravissant pont couvert de Hai Anh. Il fait parti des 3 plus beaux ponts couverts du Vietnam avec ceux de Hué et Hoi An. Ce pont daterait du XVI éme siècle.

Un peu plus loin, l’église de Pham Phao. Son intérieur, tant la charpente en bois que le retable de l’autel, est magnifique. La paroisse a été créée en 1766 et la présente église date de 1905. L’église de Hai Giap (Giap Phu) est aussi intéressante, mais a été refaite.


L’église de Pham Phao et le riz en train de sécher sur le parvis..


L’intérieur de l’église de Pham Phao

Hai Hâu (Yên Dinh) est aussi non loin de la mer, et c’est l’occasion d’y aller..

Les ruines de l’église de Hai Ly (« église effondrée ») attirent du monde le week end. Cette église, construite en 1943, était à l’origine dans les terres au milieu d’un village de pécheurs. Mais la mer a envahi le rivage à partir des années 1990 et a submergé le village qui s’y trouvait. De ces bâtiments, il ne reste aujourd hui que les ruines de l’église du Sacré Cœur.

Les pécheurs continuent leurs activités et c’est une ballade plaisante de les observer.

Les plages, quant à elles, sont des plages du delta et n’offrent guère de sable fin.. le tourisme est local et le site n’est pas mis en valeur.


Groupe de touristes vietnamiens en plein action avec un drone, devant ce qui reste de l’église


Pêcheurs le long de la plage, à quelques métres de la ruine de l’église du Sacre Coeur

Non loin de la, nous tombons sur une maison à toit de paille. C’est la même famille catholique qui vit la depuis la construction de la maison, il y a près d’un siècle. A l’origine, il n’y avait qu’une couche de paille et c’était une maison ordinaire. Au fil du temps, d’autres couches ont été ajoutées, ce qui donne aujourd hui une épaisseur significative. De gros bambous servent de charpente. Dans la région, nous en avons croisé plusieurs, toujours avec un toit très caractéristique.


La maison en toit de chaume et ses occupants

C’est dimanche et nous voyons plusieurs offices. Comme on le voit sur cette photo, les pratiquants sont nombreux et les églises trop petites. On comprend que les gens aient envie de reconstruire ces églises devenues trop petites…


La messe du dimanche après midi

Nous partons vers l’Ouest. Il est temps de rejoindre Phat Diem, qui est à 25km à l’Ouest.

L’histoire de la cathédrale de Phat Diem est intrinsèquement lie à celle du Père Six, un curé vietnamien à la vie extraordinaire, mort en 1899. Il faut lire mes autres articles sur le sujet ou la réédition du livre « Le Père Six : Curé de Phat-Diem, Vice-roi en Annam », vendu en France.


Vue du clocher


L’autel de l’église principale de Phat Diem

L’église de Phat Diem est devenue un lieu de visite pour les catholiques du nord Vietnam. Il y a des messes presque en continue de 5h du matin à 17h30. Des séminaristes font office de guides et parlent plusieurs langues. La visite guidée vous permet d’accéder au clocher et d’avoir une vue panoramique sur le site. C’est aussi ici qu’a été tournée une scène du film « Indochine ». Le site de Phat Diem vaut à lui seul la visite. C’est le génie artistique religieux du Vietnam catholique qui s’exprime ici.

Devant l’église, on y trouve plusieurs cafés. C’est sans doute le seul endroit de la province ou vous pourrez en boire. Au delà, les abords de l’église et du village sont pauvres et décevants. Si les autorités s’en donnaient la peine, cela pourrait devenir un haut lieu du tourisme au Vietnam.

Dans le village, on trouve aussi d’autres églises construites récemment, mais en conservant le meme style.


Eglise ayant le meme style que Phat Diem, à quelques kilométres.

En repartant vers Nam Dinh, nous passons devant un bâtiment ancien qui sert pour le catéchisme. Je l’avais pris en photo en 2015 et posté sur ce blog.. Dans un Vietnam ou tout change vite, je suis heureux de constater que le bâtiment existe toujours ! C’est à l’église de Tan Ly.


L’ancien bâtiment du catéchisme

Ainsi s’achève ce reportage sur les églises de la province de Nam Dinh. La beauté architecturale de ces églises, la force de la foi des catholiques qui y vivent, l’histoire du catholicisme au Vietnam mériteraient qu’on y consacre un beau livre ou une thèse. J’espère que ce souhait verra le jour avant que tout cet héritage historique disparaisse au profit de la modernité.

Rendez vous en août 2020 pour un nouveau reportage à l’occasion de l’Assomption!

Video sur la cathédrale de Phat Diem :

De Nam Dinh à Phat Diem, voyage en terre d’églises (partie 4)

Hai Hâu (Yên Dinh) est à 36 km au sud est de Nam Dinh. D’un point vue historique et religieux, cette petite ville fut le site du premier synode (réunion des religieux du Tonkin) organisé en 1670 par Mgr Lambert de la Motte, fondateur des Missions Etrangères de Paris et, localement, de la Congrégation des Amantes de la Croix. Cette dernière est encore très dynamique au Vietnam.


L’église de Quan Phuong

Arriver dans une petite ville catholique le dimanche sous le soleil est une chance pour la découvrir. De belles églises, un marché aux fleurs animé, un quartier ancien agréable et des rencontres sympathiques nous ont comblés.

La partie la plus intéressante se situe autour de l’église Quan Phuong. On suit ensuite la rue Dong Bien qui suit un petit canal jusqu’au marché du meme nom. On se perd ensuite dans les ruelles pour rejoindre l’église Dong Cuong.

En ce dimanche matin, c’est catéchisme ! Il est 6h30 et les enfants convergent vers la paroisse. D’autres adolescents sont la pour les accueillir, en chantant. Un monument rappelle, à coté de l’église, les nombreux martyrs de cette localité. Il y a encore les bâtiments d’un ancien petit séminaire.


Arrivée des enfants pour le catéchisme, sous l’œil observateur du curé de la paroisse

Ce dimanche, c’est aussi le jour du marché aux fleurs. Il se tient le 5-9-15-19-25-29 de chaque mois (calendrier lunaire).

Dans cette rue, plusieurs maisons anciennes construites pendant la période coloniale. D’après les explications recues, c’est le missionnaire français qui les a fait construire dans les années 20 et 30 pour ses paroissiens, à charge pour eux de rembourser progressivement. Sauf que la guerre est arrivée, et le prêtre a du partir. Beaucoup de catholiques d’ici sont partis au Sud après les accords de Genève en 1954.

Un couple nous invitent à visiter leur maison. Ils avaient vendu leur maison dans les années difficiles en 1982 à la ville pour finalement la racheter récemment. Ils sont admiratifs de leur maison, si bien construite du temps des français, notamment pour l’isolation. Il était tailleur avant de devenir peintre sur verre. Son père est organiste et nous a accueilli aussi dans sa maison, un peu plus loin dans la rue. Tous les habitants du quartier parlaient français autrefois et restent admiratifs de notre culture.


Un joli couple, de surcroît collectionneurs d’horloges et de céramiques


Leur maison datée de 1929.

Je tombe en admiration devant une maison dont la facade ressemble à un décor en sucre. Elle est datée de 1937. L’artisan qui y travaille la journée fait des miroirs. Son père, qui vivait donc dans cette maison, était horloger. La maison n’a pas changée depuis sa construction.


La maison de l’horloger puis du faiseur de miroir.

C’est vrai que les gens du quartier aiment encore beaucoup les horloges. Souvenirs des français ? Comme hier, certains artisans sont encore horlogers, d’autres tailleurs…


Réparateur de montres russes, allemandes, japonaises, françaises et suisse !


Enseigne peinte d’un tailleur. C’est la transcription vietnamienne des mots « complet, veston, chemise »

On arrive au marché qui est different de ceux de Hué. C’est l’occasion de faire quelques photos.


Une vendeuse de sel !


Dans et autour de cette ancienne banque, des vietnamiens passionnés ont eu la bonne idée de faire un hotel (Eco Host). Pour y loger ou pour y boire un café, la visite est vivement conseillée!

Notre coup de cœur porte sur l’église de Dong Cuong, située un peu plus loin dans le quartier. Un beau bâtiment traditionnel « protége » l’entrée de l’église. Elle servait de lieu pour les réunions des notables. A 19h, nous assistons à une procession en l’honneur de la Vierge à laquelle une centaine de personnes participent.


Eglise de Dong Cuong


Batiment « protégeant » l’église de Dong Cuong


Eglise de Dong Cuong, début de la procession

De Nam Dinh à Phat Diem, voyage en terre d’églises (partie 3)

Il est temps de mettre le cap au sud, après la visite de Nam Dinh.

Le delta du fleuve rouge est le berceau du catholicisme au Vietnam. Des jésuites puis des missionnaires, qu’ils soient portugais, français ou espagnols sont arrivés ici dès le 16eme siècle pour évangéliser la population. Alexandre de Rhodes, jésuite français, est aujourd’hui le plus connu d’entre eux au Vietnam : c’est lui qui a publié la première transcription de la langue vietnamienne en caractères romain en 1651. C’est la langue utilisée de nos jours. C’est aussi une terre de martyrs liés aux persécutions qui ont eu lieu jusqu’en 1886. Beaucoup des 117 canonisations faites par Jean Paul 2 en 1988 viennent de cette région.


La facade de l’église Hung Nhuong

Sur notre route, les églises ne tardent pas à apparaître ! A une bonne dizaine de km de la ville, par de petites routes, on rejoint une église perdue dans la campagne. C’est l’église Hung Nhuong à Vinh Thuong. Elle date de 1910, avec 30 m de long, 17 m de large et 14 m de haut. Les deux clochers sont séparés de l’église, comme c’est souvent le cas ici. L’intérieur est en bois, avec des colonnes magnifiques. Cette église est tout à fait représentative du style des églises d’autrefois dans cette région.


Facade latérale de l’église Hung Nhuong


Intérieur de l’église Hung Nhuong

Un peu plus loin, vers le fleuve rouge, on découvre la petite église de Xoi Thuong. Elle a été construite en 1909. Les clochers ont été terminés 10 ans après la construction de l’église. Ils portent chacun une cloche très lourde.
Le sacristain qui nous accueille est un jeune garçon d’une vingtaine d’années. Ses remarques sont assez proches de celles des gens de sa génération. Il n’aime pas l’ancien, il a peur que les églises s’effondrent du fait de leur âge. Il aimerait bien voir cette église démolie et reconstruite en plus moderne.. Les vieilles pierres ont du souci à se faire au Vietnam… Pour l’instant, le curé cherche 120.000 euros pour la réparer.


L’église de Xoi Thuong


Détail sur la facade latérale de l’église Xoi Thuong

Il est temps pour nous de traverser un bras du fleuve rouge en bac.


Sur le fleuve rouge..

Nous arrivons ensuite à la pagode Keo Hanh Thien, qui est la 2eme plus ancienne pagode du Vietnam ; fondée en 1063. Le site est magnifique, et le calme est propice au recueillement. Les reflets dans l’eau du bassin sont magiques. L’architecture est caractéristique du nord Vietnam : des colonnes très massives, des toits retroussés. C’est très différent du style de Hué.


L’entrée de la pagode Keo Hanh Thien

Il se tient ici un festival tous les ans, le 10 Septembre (calendrier lunaire). Une foule considérable converge vers ce lieu pour des processions très colorées.


Dans l’enceinte de la pagode Keo Hanh Thien

L’église de Ngọc Tiên est notre prochaine étape. Cette église fut construite en 1894: 40 m de long, 17 m de large, 15 m de haut. Jusqu’à présent, l’église a été préservée d’une reconstruction moderne….


L’église de Ngoc Tien


Détail de la facade latérale de l’église de Ngoc Tien

Tout au tour de cette église, dans un rayon de quelques kilomètres, il y a plus d’une quinzaine d’églises. Car nous sommes dans le cœur historique du catholicisme au vietnam, symbolisé par la cathédrale de Bui Chu ( Notre-Dame-Reine-du-Rosaire).. Toute cette region était autrefois sous la responsabilité des dominicains espagnols. Une ancienne église, celle de Trung Lao, a été détruite par le feu en 2017.


La cathédrale de Bui Chu

Bui Chu est officiellement devenue une paroisse en 1670. L’église a été inaugurée en 1885, avec une longueur de 78m, 27m de large et 15m de haut. Elle est devenue cathédrale en 1960. Le diocèse de Bui Chu dépend à présent de celui de Hanoi.


Intérieur de la cathédrale


Carrelage à l’intérieur de la cathédrale


Détail de la facade latérale de la cathédrale

Cette église est très connue car intrinsèquement liée à l’histoire de l’église vietnamienne. Tout autour, on y trouve des congrégations religieuses et un séminaire.

On parle beaucoup de cette église depuis quelques mois. En effet, elle devait être démolie en mai 2019 pour cause de vétusté et de risques pour les paroissiens. Devant le tollé provoqué par cette annonce, la destruction a été suspendue. Il n’y a plus d’office dans les lieux, mais elle reste ouverte à la visite. Non loin de la, pourtant, on s’affère à préparer les pièces de charpente de la future église.. Sa destruction n’est donc qu’une question de temps…

De notre coté, on continue notre avancée vers le sud. En longeant le fleuve, on voit de nombreux chantiers de déconstruction de navires. Un petit air de Chittagong au Vietnam !


Chantier de deconstruction de navires le long du fleuve rouge

On arrive ensuite à Hai Hau (Yen Dinh)