Le Festival de Hué va démarrer le 7 Avril pour durer une semaine… Retrouver sur ce blog la chronique quotidienne des évènements historiques et culturelles liées au Vietnam.
Archives du mois mars, 2012
Hué : ré-ouverture du Musée des Antiquités Royales
L’ex musée Khai Dinh a retrouvé une nouvelle jeunesse après une longue période de travaux… C’était aujourd’hui l’inauguration de la fin de la restauration du palais Long An. Ce palais a été initialement construit en 1845 sous le règne de Thieu Tri. Il servit de lieu de culte avant d’être transformé en bibliothèque puis en musée.

Musique traditionnelle à l’occasion de la cérémonie d’ouverture

C’est grâce à l’Association des Amis du Vieux Hué que ce musée à vu le jour en 1923. L’écran de bois de l’association figure à présent en bonne place dans le musée.
Parmi les objets exposés, ce palanquin qui servit à la famille royale. Les objets sont à présents mieux mis en valeur, et la signalétique refaite.

Bottes de l’Empereur Khai Dinh (1916-1925)
Un jeu « royal » organisé pour les invités, un jeu de dés.. La chance m’a souri ! j’ai surtout eu de la chance de pouvoir faire des photos librement dans tout le musée !

Sphère en bois ajouré dite « aux 9 dragons », dynastie Nguyen

Vue d’une partie du palais après la restauration
(Voir également l’article sur le même sujet rédigé en 2009)
Avis de recherche !
Les séparations dues à la guerre sont nombreuses et les cicatrices pas toujours refermées… J’ai été sollicité dernièrement pour aider une personne de Hué à retrouver son frère qui habite probablement en France.
François Martin Lol Chicol est né en 1953 d’une mère vietnamienne et d’un père français, officier mécanicien à Tourane. Il recherche son frère, Jean Martin (prénom à confirmer), son aîné de 2 ans. Le père a emmené son fils aîné en France peu avant les événements de Dien Bien Phu. Suite aux accords de Genève, ils n’ont jamais eu l’occasion de revenir au Vietnam.
On recherche donc la trace de la famille Lol Chicol en France, probablement dans la région de Bordeaux, et plus spécifiquement d’un « Jean Martin Lol Chicol » âgé d’environ 60 ans aujourd’hui.
J’espère que le bon référencent de ce blog permettra un jour de réunir les deux frères…
Hué: Fête de la Francophonie !
Fête de la francophonie cette semaine ! C’est l’occasion pour le Centre Culturel Français d’organiser des festivités à l’attention des étudiants francophones de la ville… La concurrence entre les langues est rude, mais le français résiste bien à Hué.. Hélas, les débouchés pour les élèves sont assez restreints au Vietnam et peu arrivent à valoriser leur diplôme (mais il ne dépend que des autorités de faciliter leurs implantations…).
Le lycée Quoc Hoc, qui possède des classes bilingues, est un pôle d’excellence. Les étudiants rêvent bien sur de la Tour Eiffel et de Paris, mais aussi et surtout de pouvoir décrocher une bourse qui leur permettrait de continuer leurs études en France. Supprimer ou réduire ces aides financières porterait un coup fatal au rayonnement du français.
Spectacle donné au cours de la soirée d’élections des Ambassadeurs Francophone de Hué, le 24 mars
Voici les deux Ambassadrices 2012, toutes les deux venant du lycée Quoc Hoc. Une centaine de candidats a participé à ce concours, organisé pour la première fois.
Ces trois étudiantes sont aussi la fierté de la francophonie d’Hué. Elles sont de l’université de langues étrangères et ont remporté une épreuve nationale organisée par l’Ambassade de France. Prochaine étape: Ventiane, au Laos, fin mars, pour le challenge inter-régional.
Même l’Oncle Ho semble apprécier !
Les étudiants jouent au guide touristique pour s’entraîner… 95% des effectifs de l’université de langues étrangères sont des filles. Certaines seront guides volontaires durant le festival qui aura lieu dans 2 semaines…
Ici, on aime la France !
Les 95 ans du lycée Dong Khanh de Hué
On vient de fêter à Hué le 95éme anniversaire du lycée pour jeunes filles Dong Khanh, aujourd’hui appelé Hai Ba Trung.
A l’époque de la fondation, en 1917, il n’existait que 3 lycées de jeunes filles « indigénes » en Indochine (Hanoi, Saigon et Hué). C’est peu, et celles qui ont la chance d’en faire partie sont conscientes de leur « privilège ». Les jeunes filles sont, pour la plupart, issues d’un milieu favorisé : mandarins, haut fonctionnaires, aristocratie royale, médecins, riches commerçants… Mais, pour y rentrer, l’origine sociale ne suffit pas : il faut réussir un concours d’entrée sélectif (toujours en vigueur aujourd’hui). L’obtention du diplôme primaire supérieure franco indigène, à la sortie, est lui aussi un objectif difficile, surtout pour les rédactions en français et les mathématiques..
Les cours étaient en français. L’ambiance y était excellente et même les punitions collectives étaient vécues comme des moments d’intense plaisir.. On y rit, on plaisante, on chante.. Autant de plaisirs permis par cet enseignement venu de France où la liberté tranche avec le confucianisme d’alors qui interdit ou limite fortement tous ces plaisirs. « La vertu féminine consiste en l’absence de talent » pourrait-on ainsi résumer les 4 vertus confucéen : habilité aux travaux ménagers, sérieux du visage et de l’apparence, parole douce et soumise, virginité puis fidélité à l’époux. « Les livres de dédicaces », ces cahiers de souvenirs que chaque éléve fait remplir par ses camarades et professeurs puis garde jalousement comme trésors, sont des rélévateurs de ces années de bonheur…
Cette vie privilégiée, presque hors du temps, n’empêchait pas les jeunes filles de manifester un fort soutien aux idées révolutionnaires et aux appels patriotiques. Sans renier leur éducation « à la Française », la plupart participeront aux luttes engagées contre les Français puis les Américains.
Aujourd’hui, le lycée est mixte (depuis la fin des années 60) et, sans atteindre la réputation du lycée national (Quoc Hoc), son voisin prestigieux, il reste dans le trio de tête des meilleurs lycées de la ville.
Pour en savoir plus, lire l’article « souvenirs de collégiennes » mis en ligne par Clio (lecture payante)
En visitant les salles de classe, je tombe sur un curieux cours de français… l’école compte aujourd’hui 2 professeurs de français, mais les cours sont proposés dorénavant en cours du soir.
Vietnam: le culte de la Déesse Mère
La vénération de la Déesse Mère reste très vivace au Vietnam, principalement à Hanoi et dans le Nord Vietnam.
Les croyants sont convaincus que la Déesse est la Mère de tous, et que sa vénération apporte réconfort, santé, prospérité, bonheur… Elle protége des calamités naturelles, de la malchance, des maladies.. A la différence des autres cultes, les vœux sont exaucés durant la vie du croyant.
Son culte se pratique un peu partout, aussi bien dans de vastes temples ou palais que dans simples pagodes ou modestes autels familiaux… Sur les photos présentées, la cérémonie se déroule à Hanoi, dans l’une des nombreuses pagodes du quartier des corporations. Le culte est pratiqué par toutes les classes sociales.
A noter également le rôle central de la femme dans ce culte : la femme est au centre de l’univers, elle règne sur les éléments des 4 mondes: ciel, terre, eau, montagne et forêt. La Déesse Mère est la divinité suprême qui s’est réincarnée en plusieurs déesses pour régner sur tous ces éléments.
Le 10e prince a une robe jaune symbolisant le Palais de la Terre. Selon la légende, il était général de l’armée de la dynastie des Lê. Il excellait en arts martiaux, et en littérature et il a réalisé de grands exploits. Il apparaît comme un personnage majestueux et intelligent.
La Déesse Mère recommande d’avoir un « cœur pur » c’est-à-dire de vivre honnêtement, d’être généreux, de se comporter dignement, de vénérer les ancêtres, d’être reconnaissants… Pour symboliser ce respect envers la Déesse Mère, les adeptes lui offrent des offrandes: fleurs, objets votifs, plateaux d’offrandes..
L’autel est toujours riche en offrandes. Les adeptes espèrent ainsi recevoir la bénédiction des différentes déesses (Mère du Ciel, Mère des Eaux, Mère de la forêt et de la montagne).
Devant l’autel, des médiums pratiquent l’interpellation, rite principal du culte.
Les offrandes sont reçues par les divinités puis offertes à ceux qui assistent à la cérémonie. On les appelle des « faveurs ». En recevoir beaucoup est le signe d’avoir un jour de la chance. Ces « faveurs » sont conservées chez soi, ou parfois offerts à d’autres..
L’interaction entre médiums, assistance, chanteurs et musiciens génère une excitation enthousiaste. Les adeptes en oublient leurs soucis quotidiens et éprouvent une sensation de joie.
36 tableaux au maximum rythment la cérémonie, à la manière d’une petite pièce de théâtre.. Les différents personnages – incarnation de la Déesse Mère – se succèdent. Les costumes, les objets utilisés, la musique, les danses permettent de les différencier.
Un médium entre en contact avec la divinité, et relais les demandes des adeptes. A coté de lui, deux assistants l’aident à accomplir sa tâche.
Les costumes sont très soignés. Ils symbolisent les incarnations en Princes, Princesses, Mandarins, Page.

Détail du costume du Grand Mandarin Tuan Tranh (musée de la femme, hanoi)
A noter qu’une exposition consacrée à ce culte se déroule actuellement au musée de la Femme de Hanoi.






















