Archives du mois août, 2017

Le Vietnam prend de la hauteur

Depuis quelques mois, on voit progresser en hauteur une tour en plein centre de Hué.. La hauteur atteinte actuellement dépasse déjà le bâtiment le plus haut qui existait jusqu’ici, l’Indochine Hôtel, avec ses 17 étages. Car c’est une tour de 39 étages qui est en construction ! On a du mal à croire que la ville traditionnelle de Hué va s’étoffer d’une tour de 160 mètres de haut, mais on n’est jamais au bout de ses surprises au Vietnam !

La Vincom Hung Vuong, c’est son nom, sera riche d’un centre commercial sur 5 étages et d’un hôtel 5 étoiles sur 10 étages… Pour le reste, on ne sait pas.. L’ouverture est prévue pour janvier 2018, après 18 mois de travaux.. On a hâte de voir d’en haut la citadelle et le magnifique écrin de collines qui entoure la ville !

Parmi les 500 hotels et guesthouses de Hué, il existe déjà 3 hotels 5 étoiles. L’hotel Indochine, de style américain, possède une belle piscine. Mais impossible pour le quidam de profiter de la vue du haut des 17 étages. L’hotel Impérial, de style asiatique, est mieux situé. Depuis quelques jours, il y a même un temple privé bouddhique en haut des 16 étages! Une vue 360 degrés accessible à tous qui vaut le détour! L’hotel La Résidence, de style Art déco, est très « french touch » car géré par le groupe Accor. Mais tous ces hotels souffrent d’un taux d’occupation faible. Le groupe Accor vient de jeter l’éponge et un management japonais va bientôt remplacer le groupe français. Car les japonais pourraient venir en masse à l’avenir à Hué, grace à la mise en place de vols directs. C’est la stratégie réussie de Danang qui pourrait bien profiter aussi à Hué.


Etat de la construction en mai dernier, photo Le Hoang Nam, sur Facebook

A Saigon, la 3éme plus haute tour de la ville, nommée « Saigon one », est depuis 2011 à l’arrêt. Les français pouvaient être fiers de voir Bouygues construire cette tour de 42 étages. Hélas, le chantier s’arrêta brutalement, en raison d’une crise immobilière qui toucha Saigon à cette époque. La tour inachevée de 195 mètres de hauteur a été saisie par les créanciers et un nouvel investisseur a été trouvé. Les travaux devraient reprendre prochainement. Il est prévu d’y loger des commerces, des bureaux et des appartements.


La tour photographiée en juin 2017 depuis l’Hotel Majestic

Une tradition toujours bien vivante : la sculpture sur bois

Si vous vous baladez à Hué en vélo dans le quartier de Kim Long, vous découvrirez de nombreux ateliers de travail du bois. Cette activité séculaire est toujours dynamique, mais reste néanmoins très traditionnelle. Les formes et les motifs sculptés n’ont pas beaucoup variées depuis la dynastie Nguyen : des meubles pour le culte des ancêtres, des bouddhas en bois parfumé pour les pagodes ou de riches propriétaires, des maisons traditionnelles toutes en bois qui seront ensuite démontées et remontées chez leur acquéreur final.


Sculpture sur une charpente de maison traditionnelle

Hué compte plusieurs dizaines d’ateliers, certains ayants plus de 20 artisans. Mais la sculpture du bois n’est pas propre au centre Vietnam. Il existe de nombreux villages de métiers près de Hanoi, qui allient souvent outils électriques et finition manuelle. Et autrefois, il y avait la fameuse rue des éventails dans le quartier des corporations à Hanoi.


Apprentis dans un atelier à Hué

Il n’existe pas d’écoles professionnelles et la formation se fait par l’apprentissage pour une durée de 3 ans. Les apprentis viennent de la campagne et sont contents de trouver un travail. A Hué, après 3 ans, un sculpteur peut espérer gagner 5 millions de Dong (200 euros environ) par mois, un salaire un peu supérieur à la moyenne. Les meilleurs se lancent dans la création de leur propre atelier, mais, n’ayant reçu qu’une formation technique, le risque d’échec est grand. Il faut aussi disposer de capitaux pour acheter le bois, dont le prix ne cesse de monter.


Atelier dans le quartier de Kim Long, Hué

Ces sculpteurs peuvent être des artisans très brillants mais ne sont pas des artistes. Ils font et refont les mêmes motifs et sont souvent incapables de créations. Les motifs sont imprimés sur du papier qui est ensuite collé sur le bois à sculpter. Autrefois, c’était peint, mais le principe est resté le même. Les écoles des Beaux Arts produisent néanmoins de vrais artistes dont certains excellent dans la sculpture. Le prix élevé du bois ne facilite pas la prise de risque : une erreur de l’exécution et c’est tout le travail qui est à refaire. Il est donc plus simple de reproduire plutôt que de créer. De fait, peu de sculptures s’exportent. A ma connaissance, tout est à destination du marché local.


Village de métier près de Hanoi

Le Laos a été un gros fournisseur de bois ces dernières années. Il semble que les frontières soient à nouveau fermées. L’atelier que nous avons visité à Hué avait du bois local (notamment le jacquier, de couleur jaune, qui est très courant) et d’Indonésie.

Nous avons fait faire une sculpture d’un buste de mandarin. Taille 24cm de hauteur. Le bois est à forte densité (gỗ gṍ) et il va s’assombrir en quelques mois. Un joli travail d’artiste!

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