Archives du mois octobre, 2017

Acheter un appartement ?

En dehors des grandes villes, les immeubles d’habitations sont encore rares au Vietnam.
Mais la hausse continue des prix des terrains poussent les promoteurs à tenter leur chance dans les villes de moyenne taille. A Hué, on a vu pousser ces dernières années quelques programmes immobiliers de ce type. On a voulu en visiter un.

Vivre en appartement reste une idée étrange pour la plupart des vietnamiens. Proche du monde rural, les vietnamiens aiment le plancher des vaches. Ils n’aiment pas se retrouver coincer entre 4 murs… ils aiment vivre prés de la rue quitte à installer sur le trottoir tables et chaises lorsqu’ils invitent leurs amis.. Mais les jeunes couples, cols blancs, se laissent parfois tenter.


L’appartement témoin (plein de poussière..)

A la télévision française, on parlait récemment des 11.000 euros le m2 à Shenzhen en Chine. Ici, c’est plus accessible : seulement 500 euros le m2 ! Les appartements visités font 50m2 pour 600 à 700 millions de vnd, soit 25.000 euros, dans une résidence de 9 étages avec ascenseur. C’est sur, pour ce prix là, on a un appartement lumineux mais simple, car les normes n’ont rien à voir avec celles de la France. Chose étonnante pour nous : plus vous montez, moins les appartements sont chers. Toute la tuyauterie est en plastique. Pas de gaz, pas de cave. Des fenêtres sans volet. Un local pour les véhicules. Dans la cuisine, nous constatons que les prises de terre ne sont toujours pas d’actualité. La résidence possède un petit jardin et une zone de jeux pour les enfants.


Deux chambres de ce type, une salle de bain avec un lavabo et un coin douche.

Même petit, les appartements ont au moins 2 chambres, car les appartements sont toujours conçus pour des familles avec enfants. Du coup, le living room est petit :

Le programme visité bénéficie aussi d’une aide de l’état pour les primo accédants d’environ 15% du prix. Il est possible d’emprunter à 8,4% de 3 à 30 ans pour 70% du prix.

Les étrangers peuvent-ils acquérir ces biens ? La terre appartient aux Vietnamiens. Mais il est dorénavant possible d’acquérir des appartements dans certains programmes habilités. Pour celui que nous avons visité, l’étranger, marié(e) à un(e) vietnamien(ne), peut être propriétaire au même tarif. De 2014, date de la loi, 750 étrangers auraient franchi le pas, principalement à Saigon. Un succès relatif.

Vivre dans un immeuble ici peut être difficile « culturellement » pour un étranger. L’absence d’isolation phonique, dans un pays ou les gens adorent le bruit et vivent porte ouverte, peut être un « enfer ». Plus amusant, les résidents laissent leurs chaussures devant la porte d’entrée de leur appartement.

Que pensent les vietnamiens de ces appartements ? Les gens d’ici pensent que c’est cher !
C’est vrai que l’immeuble est au milieu des rizières, à 3km du centre ville, sur un terrain qui n’a pas du dépasser 80 euros le m2. Alors, au vue de la construction, les profits doivent être assez considérables pour le promoteur.

Les gens sont plus enclin à acheter un lopin de terre (100 millions vnd pour 50 m2) et construire une petite maison d’un étage (200 millions vnd), soit un total 2 fois moins cher que le prix d’un appartement… On verra dans quelques mois si tout est vendu.

Les pommes françaises de retour…

Apres un essai concluant en début d’année, voila les pommes françaises qui reviennent au Vietnam. Vendues 39.900 vnd, soit 1,5 euros le kilo, les pommes françaises « Gala » sont moins chères que leurs concurrentes de Nouvelle-Zélande ou des Usa. On trouve aussi de la pomme de Chine, pleine de conservateurs. Ca reste cher pour la population locale (rappel, salaire moyen à Hué 140 euros par mois) mais en ligne avec beaucoup de fruits vendus ici. Les autres fruits importés sont des kiwis et du raisin. Les kiwis viennent de Nouvelle-Zélande et valent une fortune, entre 3 et 4 euros le kilo. On se demande d’ailleurs pourquoi le Vietnam ne se lance pas dans la production du Kiwi.. Le raisin vient des USA à des prix supérieurs à 5 euros, mais la région de Phan Thiet commence à en produire à un prix très abordable. Jusqu’ici, le raisin est principalement utilisé comme offrande sur l’autel des ancêtres (avant d’être mangé..).


Les pommes de France dans un hypermarché Big C

Vente aux enchères sur l’Indochine à Drouot le 23 octobre

Nouvelle vente aux enchères à Drouot par Art Valorem. Exposition le samedi et dimanche 21 / 22 octobre.

Le catalogue est disponible sur : http://www.tcomt.fr/catalogue_INDO_22x28_octobre2017.pdf


Affiche faite en 1930 par Alix Fautereau-Aymé, 110 cm *76 cm. Alix Aymé deviendra professeur des Beaux Arts à Hanoi. Estimation 2500/3000 euros.

Boissons à base de graines de basilic

Parmi les nombreux desserts sucrés au Vietnam, il en est un qui enchante les enfants car sa réalisation est presque magique ! c’est celui fait à base de graines de basilic. Une fois trempées dans l’eau froide, ces graines ont la particularité de faire apparaître un fin duvet gris-bleu translucide tout autour.

La recette existe depuis toujours ici et cela rappelle à nombre de vietnamiens leur enfance. De nos jours, l’industrie agroalimentaire locale s’est emparée de la recette et l’on voit apparaître de plus en plus de boissons fruitées mêlant ces fameuses graines.. Ainsi mélangées, celles ci n’ont pas vraiment de goûts, mais cela crée un effet visuel des plus amusants.

Étonnamment, ces boissons ne sont pas encore diffusées en France par la grande distribution… Raison de plus pour venir au Vietnam pour les découvrir!

La caravane, symbole de deux cultures différentes

Jusqu’à présent, je pensais qu’il n’y avait jamais eu de caravanes ni camping car au Vietnam.. J’avais tord, comme l’atteste cette extraordinaire photo dénichée sur internet (1). Une caravane à Hué en 1938 ! Cette caravane là appartient à un pasteur protestant, le révérend Irving Stebbins que l’on voit sur la photo. I.Steebbins fait parti des missionnaires américains venus en Indochine pour diffuser le protestantisme, sous l’égide du CMA (The Christian and Missionary Alliance).

Il est arrivé au Vietnam en 1918 à l’âge de 34 ans. Avec sa femme, ils vécurent à Tourane, Sadec, Vinh Long puis Hué à la veille de la 2éme guerre mondiale. Repartis aux USA, ils reviendront à Saigon en 1949 puis Hué en 1955 jusqu’à leur retraite en 1960. Ils auront eu 7 enfants.

Introduit en 1911, le protestantisme compte aujourd’hui 1,5 millions d’adeptes au Vietnam, soit 1,7 % de la population.

Au delà du personnage, c’est surtout la caravane qui retient l’attention ! La caravane est le symbole des vacances, des loisirs, de la découverte. Et force est de constater que sur ce sujet, il y a un immense fossé entre la culture asiatique et la notre. A presque un siècle d’écart, rien n’a vraiment changé.. Nous, les occidentaux, en particulier les français, passons notre temps à imaginer nos futures vacances. Dès le lundi matin, au bureau, je rêve au prochain weekend tandis que ma femme, vietnamienne, n’y pense jamais.
Au Vietnam. Il n’y a pas de séparation entre le travail et la vie privée. Vos fournisseurs ou vos clients peuvent vous solliciter à tout moment, de 7h a 21h, tous les jours. Et il serait mal venu de ne pas répondre. De fait, l’organisation du temps libre est difficile. Ici, le travail passe toujours en premier.
Alors les loisirs des vietnamiens sont, pour nous, bien pauvres. Dans bien des cas, ça se limite aux événements familiaux, à boire et manger en famille ou entre amis, faire des tours en motos. Et du sport, mais pour une petite partie de la population seulement. Ce n’est pas une question d’argent, mais bien de culture.

Les jeunes vietnamiens rigolent souvent lorsqu’ils voient passer les « Tay Balo », ces touristes portant de lourds sacs à dos sur leurs épaules. Ca ne leur viendrait pas à l’esprit de faire la même chose ! le temps libre ici, c’est pour ne rien faire de fatiguant !
Même aller pique niquer, c’est une pratique rare… A Hué, les gens ont peur des mauvais génies qui habitent dans les arbres.. alors, hors de question d’emmener ses enfants se relaxer au pied d’un arbre..
Autrefois, les français qui vivaient ici adoraient la chasse, les régates de voiles, la natation.. Hélas aujourd hui, il n’y a aucun voilier au Vietnam, la plupart des gens ne savent pas nager et les loisirs sont presque inexistants.

J’espère que les choses changeront à l’avenir et je souhaite qu’un jour tous les enfants vietnamiens puissent avoir la chance de découvrir et d’apprécier les « loisirs » occidentaux.

(1) collection manhhai, sur Flickr

Une maison exceptionnelle à Go Cong

Go cong est la première ville du delta du Mékong que l’on rencontre en venant de Saigon, située à 55km au sud. Autrefois, c’était une ville riche, car contrôlant le commerce du riz dans plusieurs provinces du delta. C’est aussi par cette province que les chinois commerçaient avec le Vietnam du sud, avant de s’installer à Cholon.

Dans cette petite ville se trouve une superbe maison ancienne, ouverte aujourd’hui au public. Il s’agit de la maison dite du « gouverneur Phu Hai », gouverneur de la province, mort en 1910. En réalité, la maison appartenait à la famille de sa femme depuis plusieurs générations. A noter d’ailleurs que l’un des ascendants eu la tête tranchée par les français lors de la conquête en 1860. On y voit encore son épée dans la maison. La femme du gouverneur vécut là jusqu’à sa mort, en 1934.


Le gouverneur Phu Hai et sa femme, marqueterie et photos


La maison, de face

Extérieurement, l’avant de la maison est la partie la plus récente. Elle est construite en brique dans une architecture mixte, avec des ouvertures en style roman. Cette partie date de 1909. Passé cette entrée, la maison traditionnelle qui s’y cache derrière est bien plus intéressante et plus ancienne. Toute l’ossature de la maison est en bois : colonnes, cloisons, éléments de décoration et mobilier.


Le passage vers l’intérieur


La partie principale

Suivant le plan traditionnel, une pièce est réservée pour la maîtresse de maison à droite et pour le mari à gauche. Mais les séparations peuvent être enlevées, libérant ainsi l’espace. Les gardiens actuels racontent ainsi qu’un repas fut donné un jour, à l époque du gouverneur, réunissant 500 convives. Chacune des places étaient agencées différemment et chaque convive avait une cuillère décorée avec une perle…

Les sculptures sur bois sont magnifiques. On y retrouve de nombreux oiseaux, fleurs, fruits, autant d’éléments qui existaient dans la région au moment de la construction de la maison. Rien n’a changé par rapport à l’origine. Autre élément bien intéressant : le lit, magnifiquement marqueté, et dont le style est chinois. Les jarres ont été faites à Bat Trang, le célèbre village du nord Vietnam. A noter aussi sur le mur des broderies sur soie qui valent le détour.


Le lit d’époque, style chinois de Canton

A l’arrière de la maison principale, on trouve 3 bâtiments en « u » : l’un pour la cuisine, l’autre pour le personnel, le 3eme, au fond, pour stocker le riz.


L’arrière de la maison principale

A l’origine, un canal passait devant la maison. La grille en fer forgé date aussi du début du siècle dernier. Le jardin était très bien entretenu.

En 1975, les occupants de la maison quittent le Vietnam pour la France. La maison est saisie. L’ancien propriétaire, un vieux monsieur de 90 ans environ, revient de temps en temps et prend plaisir à revoir son ancienne maison. Il aime raconter ses souvenirs aux gardiens. Le temple familial et les tombes des ancêtres sont dans un autre lieu.

A la différence des maisons du centre vietnam, il n’y a pas ici d’écran pour stopper les « mauvais génies ». Mais un puit a été creusé à l’arrière pour balancer les effets du yin et du yang…

Cette maison sert de cadre à de nombreux tournages de films.
Les photos ne donnent qu’imparfaitement compte de la beauté de la maison. Il faut la découvrir sur place! Ouvert pendant les heures de bureaux, centre ville de Go Cong.

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